Jan112019

Gilets jaunes et Syndicats

Gilets jaunes et syndicats : il n’y a que les montagnes qui ne se rencontrent pas !

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Les gilets jaunes des Hauts-de-France ont lancé un appel en direction des syndicats, pour qu’ils soutiennent, et prennent part à leur lutte. Le 10 janvier, dans plusieurs villes, l’action des gilets jaunes consiste à aller à leur rencontre pour discuter de convergence et de grève générale.

 

Du côté des gilets jaunes, ou du moins d’une partie d’entre eux, il s’agit clairement d’un dégel des relations. Fini les refus catégoriques de toute présence syndicale aux côtés ou au sein d’un mouvement se revendiquant apolitique. L’heure est plutôt à une tentative de convergence. L’appel à cette journée d’action en direction des organisations de travailleurs a pris son origine à Lille dans une assemblée générale de 300 gilets jaunes. Depuis, il a fait des émules au moins à Toulouse, Grenoble, Bordeaux, Montpellier, Lyon et Marseille.

« Sous notre gilet jaune, nous sommes bien souvent des travailleurs, chômeurs, retraités, précaires, mères isolées, personnes en situation de handicap », rappelle en préambule le texte servant d’appui à leur initiative. Une façon de se placer dans la défense de la même classe sociale que leurs interlocuteurs syndicaux. Ensuite, tout en affirmant être conscient qu’il n’existe pas de bouton pour lancer une grève générale, les gilets attendent des directions syndicales qu’elles prennent leur responsabilité : « Si dans la situation explosive actuelle, tous les syndicats, ensemble, appelaient à une grève générale […], s’ils mobilisaient l’ensemble de leurs militants […] pour bloquer toute l’économie en France […], alors il y aurait un énorme rapport de force pour imposer l’ensemble de nos revendications ».

 

Se parler pour se comprendre

 

Si l’hostilité n’est plus de mise, la défiance et le choc des cultures n’ont pas totalement disparu. Le communiqué signé le 6 décembre par toutes les organisations syndicales, à l’exception de Solidaires, condamnant « les violences dans l’expression des revendications », sans condamnation des violences policières restent présent dans les esprits. Même si la CGT a publié un second communiqué, quelques heures plus tard, prenant le contre-pied de celui en commun, le mal était fait. Pourtant, ce 10 janvier à Montpellier, une petite trentaine de gilets jaunes s’invite dès 9 h devant la maison des syndicats. Prévenue la veille au soir, la CGT accepte la rencontre à laquelle se joint une représentante du syndicat des instituteurs de la FSU. Les échanges commencent. Une quadragénaire, gilet jaune depuis le 17 novembre, note des incompréhensions en début de mouvement, une colère expliquant le refus d’une présence des syndicats, et la nécessité d’un travail commun aujourd’hui. Une autre pointe un besoin ressenti d’organisation d’une partie des gilets jaunes. Elle espère la trouver ici.

Pourtant au cours de la discussion, le ressentiment refait surface par moment. « Pourquoi vous n’êtes pas avec les gilets jaunes ?», interpelle abruptement un retraité qui admet avoir été souvent hostile aux syndicats pendant sa vie professionnelle, tout en confessant « avoir fermé sa gueule au boulot ». Les échanges pour se comprendre reprennent, coupés par une intervention amère : « si c’est pour que nous soyons dans la rue, et que vous alliez discuter ». Pourtant dans l’ensemble les points de vue se rapprochent. Les accusations d’inaction des syndicats sont relativisés. Une gilet jaune rappelle à ceux de ses compagnons qui s’échauffent, qu’au départ, ce sont eux qui n’ont pas voulu des syndicats. De son côté, la CGT, engoncée dans ses habitudes et références, regrette l’absence d’interlocuteur pour s’organiser ensemble et récuse l’inaction dont elle aurait fait preuve. « Nous ne sommes ni à côté, ni en dehors de ce qu’il se passe dans le pays », explique le responsable de l’union départementale. Pour appuyer son propos, il égrène les moments de mobilisations syndicales des derniers mois : 9 octobre, retraités, 14 décembre.

Interpellé par un de ses syndiqués portant le gilet jaune et accusant la CGT de passer à côté du mouvement, la réponse se fait tempétueuse : « je vais voir les militants pour leur dire que c’est le moment de secouer le patron et de mettre leur boîte en grève ». Avec des effets limités pour le moment. Malgré ces petits moments de frictions, une participation de la CGT à la manifestation déclarée de ce samedi s’esquisse et sera discutée le lendemain dans les espaces de décision du syndicat. Mais, quelle qu’en soit la décision, un processus s’engage. L’idée d’une manifestation rassemblant gilets jaunes, vert et rouge le 27 janvier se dessine. En attendant, la CGT se rendra à la prochaine assemblée des gilets jaunes et ceux-ci seront invités si le syndicat confirme l’organisation d’un débat sur l’urgence sociale.

 

Se comprendre pour s’unir

 

À Toulouse, la réunion est programmée jeudi à 18 h. Dans la ville rose, les manifestations des gilets jaunes et des syndicats se sont déjà rencontrées à deux reprises avant les fêtes de fin d’année. Pour l’entrevue de ce soir à la Bourse du travail, la CGT a invité toutes les organisations syndicales à venir. Mais Toulouse n’est pas la seule ville où des actions en commun ont déjà lieu. À Martigues, gilets jaunes et gilets rouges ont appelé ensemble à la manifestation du 5 janvier avec un tract unitaire. Dans le Doubs, les unions locales de Montbéliard de la CGT, la FSU et de Force ouvrière se joignent au défilé des gilets jaunes pour protester contre la répression et les mesures d’interdiction de manifester prises dans leur commune. Les initiatives locales se multiplient comme hier pour le déplacement d’Emmanuel Macron à Créteil, où syndicalistes et gilets jaunes ont réservé un accueil houleux au chef de l’État.

Pourtant, à l’échelle nationale, seule l’Union syndicale Solidaires appelle à une mobilisation de l’ensemble de ses adhérents, dans tous les départements, afin de renforcer le mouvement. De son côté, Philippe Martinez renvoie la décision au niveau local, en fonction des contacts noués. Interrogé jeudi matin sur LCI, il justifie ce choix par l’absence de coordination nationale des gilets jaunes. Cependant, comme Solidaires, la CGT ne se rendra pas à Matignon vendredi pour discuter du « Grand débat ». Pour lui, Emmanuel Macron est revenu sur sa parole du 10 décembre où il s’engageait à l’écoute. Lors des vœux du 31 décembre le message était clair : « je ne change rien ». Par contre, la CFDT, dont les positions sur les gilets jaunes ressemblent sur bien des points à celles du pouvoir, se rendra chez le Premier ministre. Elle ne sera pas la seule, rendant illusoire un appel de tous les syndicats à la grève générale, souhait de l’appel lillois des gilets jaunes.

 

Jan112019

Quand tout remonte à la surface

Avec les « gilets jaunes », un pouvoir trop sûr de lui et prétendant servir de modèle à l’Europe a dû céder devant la révolte de groupes sociaux jusque-là peu mobilisés collectivement. En un mois, transports, fiscalité, environnement, éducation et démocratie représentative ont été remis en cause.

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À Paris, le 15 décembre 2018, trois « gilets jaunes » se relaient place de l’Opéra pour lire une allocution adressée « au peuple français et au président de la République, Emmanuel Macron ». Le texte annonce d’emblée : « Ce mouvement n’appartient à personne et à tout le monde. Il est l’expression d’un peuple qui, depuis quarante ans, se voit dépossédé de tout ce qui lui permettait de croire à son avenir et à sa grandeur. »

En moins d’un mois, la colère inspirée par une taxe sur les carburants a ainsi débouché sur un diagnostic général, à la fois social et démocratique : les mouvements qui agrègent des populations peu organisées favorisent leur politisation accélérée. Au point que le « peuple » se découvre « dépossédé de son avenir » un an et demi après avoir porté à sa tête un homme se targuant d’avoir balayé les deux partis qui, depuis quarante ans justement, s’étaient succédé au gouvernement.

Et puis le premier de cordée a dévissé. Comme, avant lui, d’autres prodiges de son acabit, eux aussi jeunes, souriants, modernes : MM. Laurent Fabius, Anthony Blair et Matteo Renzi, par exemple. Pour la bourgeoisie libérale, la déception est immense. L’élection présidentielle de 2017 — un miracle, une divine surprise, une martingale — lui laissait espérer que la France était devenue une île heureuse dans un Occident tourmenté. À l’époque du couronnement de M. Macron sur fond d’Hymne à la joie, l’hebdomadaire britannique The Economist, parfait étalon du sentiment des classes dirigeantes internationales, le représenta, tel Jésus, marchant sur l’eau, en costume éclatant et le sourire aux lèvres.

La mer a englouti l’enfant prodige, trop confiant en ses intuitions et trop méprisant de la condition économique des autres. Pendant une campagne électorale, la détresse sociale n’intervient que comme un décor, en général pour expliquer le choix de ceux qui votent mal. Mais, ensuite, quand les « colères anciennes » s’additionnent et que, sans considération pour ceux qui n’en peuvent plus, on en suscite de nouvelles, le « monstre », comme l’appelle M. Christophe Castaner, ministre de l’intérieur, peut surgir hors de sa boîte (1). Alors, tout devient possible.

L’effacement d’une mémoire de gauche en France explique qu’on ait si peu relevé les analogies entre le mouvement des « gilets jaunes » et les grèves ouvrières de mai-juin 1936. Déjà, la même surprise des classes supérieures devant les conditions d’existence des travailleurs et devant leur exigence de dignité : « Tous ceux qui sont étrangers à cette vie d’esclave, expliquait alors la philosophe et militante ouvrière Simone Weil, sont incapables de comprendre ce qui a été décisif dans cette affaire. Dans ce mouvement, il s’agit de bien autre chose que telle ou telle revendication particulière, si importante soit-elle. (…) Il s’agit, après avoir toujours plié, tout subi, tout encaissé en silence pendant des mois et des années, d’oser se redresser, se tenir debout. Prendre la parole à son tour (2).  » Évoquant ensuite les accords de Matignon, qui accouchèrent des congés payés, de la semaine de quarante heures et d’une augmentation des rémunérations, Léon Blum rapportera cet échange entre deux négociateurs du patronat : « J’ai entendu M. Duchemin dire à M. Richemond, tandis qu’on lui mettait sous les yeux les taux de certains salaires : “Comment est-ce possible ? Comment avons-nous pu laisser faire cela ?”  (3)  »

Un univers de contraintes technologiques, de questionnaires à remplir, de productivité à mesurer

  1. Macron aurait-il eu la même révélation en entendant les «gilets jaunes » raconter leur quotidien ? Les yeux rivés sur un prompteur, tendu, plutôt pâle, il a en tout cas admis que « l’effort qui leur a été demandé était trop important » et qu’il « n’était pas juste ». La « pédagogie » peut être joyeuse quand elle change de destinataire.

« Comment avons-nous pu laisser faire cela ? » Chacun connaît mieux, grâce aux « gilets jaunes », la liste des injustices commises par l’actuel gouvernement : 5 euros de moins par mois en 2017 pour les bénéficiaires de l’aide personnalisée au logement (APL) et, en même temps, la suppression de la progressivité de la fiscalité sur le capital ; l’élimination de l’impôt sur la fortune (ISF) et, en même temps, la baisse du pouvoir d’achat des retraités. Sans oublier le plus coûteux : la « simplification comptable » du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) versé aux entreprises. L’an prochain, le Trésor public le paiera donc deux fois à M. Bernard Arnault, première fortune d’Europe, propriétaire de Carrefour et de LVMH, du Parisien et des Échos. Cette seule mesure va coûter près de 40 milliards d’euros en 2019, soit 1,8 % du produit intérieur brut (PIB) ou, si on préfère… plus de cent fois le montant de la réduction des APL. Dans une « vidéo coup de gueule » de cinq minutes qui contribua au déclenchement du mouvement des « gilets jaunes », Mme Jacline Mouraud interrogeait M. Macron à plusieurs reprises : « Mais qu’est-ce que vous faites du pognon ? » Voilà la réponse.

Un plein d’essence exorbitant, un contrôle technique automobile encore plus tatillon, et tout est remonté à la surface. Les banques qui se gavent sur chaque crédit qu’elles octroient, mais qui, par souci d’économies, « regroupent » leurs agences, c’est-à-dire les ferment, et clôturent les comptes de leurs clients lorsqu’ils rédigent un chèque sans vérifier leur solde pour boucler une fin de mois. Les retraites, déjà trop faibles, que le gouvernement ponctionne comme si elles étaient sa caverne d’Ali Baba. Les femmes qui élèvent seules leurs enfants et qui peinent à toucher la pension alimentaire de leurs anciens compagnons, souvent aussi pauvres qu’elles. Les couples qui doivent cohabiter malgré leur mésentente parce qu’ils ne peuvent pas payer deux loyers. Les nouvelles dépenses obligatoires, Internet, ordinateur et smartphone, qu’on règle non pas pour le plaisir de regarder des films sur Netflix, mais parce que la rationalisation des services de La Poste, du fisc, de la SNCF, la disparition des cabines téléphoniques aussi, ont détruit toute possibilité de vivre sans. Et les maternités qui ferment, les commerces qui s’étiolent, Amazon qui partout étale ses entrepôts. Tout cet univers d’anomie sociale, de contraintes technologiques, de questionnaires à remplir, de productivité à mesurer, de solitude, aussi, existe peu ou prou ailleurs qu’en France (lire « Sur les pas de George Orwell ») ; il s’impose sous des régimes politiques très différents, et il a précédé l’élection de M. Macron. Mais le président français semble aimer ce nouveau monde et en avoir fait son projet de société. C’est aussi pour cela qu’il est haï.

François Bard. – « Cours ! », 2018

© ADAGP, Paris, 2019 – Galerie Olivier Waltman, Paris, Londres, Miami

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Pas par tous, cependant : ceux qui s’en sortent bien, diplômés, bourgeois, habitants des métropoles, communient dans le même optimisme que lui. Aussi longtemps que le pays est calme, ou désespéré, ce qui revient au même, le monde et l’avenir leur appartiennent. Propriétaire d’un de ces pavillons qui, dans les années 1970, représentaient un symbole d’ascension sociale, un « gilet jaune » ironisait avec amertume : « Quand les avions passent à basse altitude au-dessus du lotissement, on se dit : “Tiens, c’est les Parisiens, qui, eux, peuvent partir en vacances. Et, en plus, ils nous lâchent du kérosène.” (4)  »

  1. Macron peut toutefois compter sur d’autres appuis que celui des bourgeois nomades de la capitale, journalistes compris. Celui de l’Union européenne, par exemple. Avec un Royaume-Uni qui retourne à son insularité, une Hongrie qui renâcle, une Italie qui désobéit, elle ne peut pas se passer de la France ni la punir comme la Grèce quand ses comptes dérapent. Car, pour affaibli que soit M. Macron, il reste l’une des rares pièces encore vaillantes sur l’échiquier de l’Europe libérale. Bruxelles et Berlin veilleront donc à ce qu’il tienne.

La bourgeoisie, qui a le sens de ses intérêts, sait faire bloc quand la maison brûle

Au point de concéder à Paris quelques péchés capitaux. Quatre jours avant que le président français annonce qu’il acceptait plusieurs demandes des « gilets jaunes », ce qui entraînerait une révision à la hausse du déficit budgétaire au-delà de la sacro-sainte limite des 3 % du PIB, le commissaire européen aux affaires économiques et financières Pierre Moscovici, au lieu de le gronder et de le menacer dans l’espoir de le dissuader de faire preuve d’une aussi folle imprévoyance, fit savoir qu’il n’y verrait aucun inconvénient : « Mon rôle à moi, qui suis le gardien du pacte de stabilité et de croissance, n’est pas de dire à tel ou tel pays : “Vous devez couper dans telle ou telle dépense sociale, vous devez toucher à tel ou tel impôt. ” (…) Cette règle des 3 %, ce n’est pas la principale. Gérald Darmanin [le ministre des comptes publics français] disait, je l’entendais : “2,9 ou 3,1, ce n’est pas l’enfer ou le paradis” ; là-dessus, il n’a pas totalement tort, et c’est à la France de décider de ce qu’elle doit faire. Moi, je ne vais pas dire aujourd’hui : “La France est menacée de sanctions, elle est sortie des procédures de déficit” » (France Inter, 6 décembre 2018). On ne saurait trop conseiller aux Espagnols, aux Italiens, aux Grecs de traduire un tel passage (nos éditions internationales s’en chargeront…), et à un prochain gouvernement français, dont la souveraineté économique serait plus contestée et les dérapages budgétaires moins bien acceptés, d’en conserver la transcription dans ses dossiers.

« Dans les moments de crise, le chiffrage est secondaire », a plaidé M. Macron devant les parlementaires de sa majorité pour justifier la dizaine de milliards d’euros de déficit supplémentaire à laquelle il venait de se résoudre. Et Mme Angela Merkel a presque aussitôt appuyé le recul de son partenaire, destiné, selon elle, à « répondre aux plaintes des gens ». L’opposition de droite française s’est également empressée d’appeler à l’arrêt des manifestations. La bourgeoisie, qui a le sens de ses intérêts, sait faire bloc quand la maison brûle. Pour « sauver le soldat Macron », le patronat a même encouragé les entreprises à verser une prime exceptionnelle à leurs salariés — son président allant jusqu’à réclamer une hausse du smic ! Et les médias ont cessé de persifler un pouvoir aux abois. Un économiste et un politologue bien introduits les avaient prévenus : « Les journalistes doivent se rappeler qu’ils ne sont pas de simples observateurs mais qu’ils font partie des élites dont le rôle est aussi de préserver le pays du chaos (5).  » Message reçu par l’éditorialiste du Figaro après le discours du président de la République : « Pour l’heure, il faut reconnaître à l’exécutif le mérite d’avoir préservé l’essentiel. (…) Les mesures fiscales en faveur de l’investissement (suppression partielle de l’ISF, flat tax sur l’épargne…) sont maintenues, ainsi que les baisses de charges et d’impôts pesant sur les entreprises. Pourvu que cela dure (6)  ! »

Un sentiment de défiance absolu envers les canaux habituels de représentation

On ne saurait exclure que ce vœu soit exaucé. Le pouvoir a vacillé, il n’est pas à terre ; il s’est ressaisi, protégé par les institutions de la Ve République et par une majorité parlementaire qui lui restera d’autant plus fidèle qu’elle lui doit tout. Il a aussi fait comprendre que son libéralisme d’affichage ne l’empêcherait pas de déployer des véhicules blindés à Paris et d’interpeller préventivement des centaines de manifestants (1 723 le 8 décembre), comme il l’avait déjà fait deux semaines de suite. Il n’a reculé ni devant la fabrication de la peur — l’Élysée évoquant un « noyau dur » venu à Paris « pour tuer » — ni devant l’invocation d’un complot étranger — russe, bien entendu. Enfin, en mettant lui-même en avant la « question de l’immigration », M. Macron a confirmé sa disposition au cynisme politique.

Le pouvoir pourra également se prévaloir de la faible prise en compte par les « gilets jaunes » de l’ordre économique international. Les fanfaronnades « jupitériennes » du président de la République, sa symbiose avec l’univers financier et culturel des riches ont en effet favorisé l’illusion selon laquelle sa politique relevait d’un caprice personnel, et qu’il lui était donc loisible d’en changer radicalement sans remettre en cause toutes sortes de verrous. Mais la France ne dispose plus de sa monnaie, ses services publics sont subordonnés à la politique européenne de la concurrence, son budget est scruté ligne à ligne par les responsables allemands, et c’est à Bruxelles que se négocient ses traités commerciaux. Pourtant, dans la liste des quarante-deux demandes les plus diffusées par les « gilets jaunes », le terme « Europe » et l’adjectif « européen » ne figurent pas une seule fois.

De la même manière, les occupants des ronds-points et leurs partisans ont semblé plus soucieux de protester contre le nombre de parlementaires et les privilèges des ministres que de mettre en accusation l’impuissance de leurs gouvernants. Or, on vient de l’observer dans le cas de Ford, le patron d’une multinationale américaine peut refuser de prendre un ministre français au téléphone, y compris après que sa société a annoncé la fermeture d’une usine à Blanquefort, près de Bordeaux, et la mise au chômage de ses 850 salariés (7).

Analysant, il y a vingt ans, le mouvement des chômeurs de l’hiver 1997-1998, Pierre Bourdieu y voyait un « miracle social », dont la première conquête était son existence même : « Il arrache les chômeurs, et avec eux tous les travailleurs précaires, dont le nombre s’accroît chaque jour, à l’invisibilité, à l’isolement, au silence, bref à l’inexistence (8).  » Le surgissement des « gilets jaunes », aussi « miraculeux » et beaucoup plus puissant, témoigne de l’appauvrissement graduel de franges toujours plus larges de la population. Mais aussi d’un sentiment de défiance absolu, proche du dégoût, envers les canaux habituels de représentation : le mouvement n’a ni dirigeants ni porte-parole, il rejette les partis, écarte les syndicats, ignore les intellectuels, combat les médias. D’où, probablement, sa popularité, qu’il a conservée y compris après des scènes de violence dont n’importe quel autre pouvoir aurait tiré profit. Il pourra également mettre en avant la satisfaction d’une partie de ses revendications. À l’exception des détenteurs de fortunes, qui peut en dire autant depuis dix ans ?

Inutile de prétendre lire l’avenir d’un mouvement aussi culturellement étranger à la plupart de ceux qui font ce journal et de ceux qui le lisent. Ses perspectives politiques sont incertaines ; son caractère hétéroclite, qui a contribué à son audience, menace sa cohésion et sa puissance : l’accord entre ouvriers et classes moyennes intervient plus facilement quand il s’agit de refuser une taxe sur les carburants ou la suppression de l’ISF que quand une revalorisation du smic ferait craindre à un petit patron ou à un artisan l’augmentation de ses cotisations. Toutefois, un ciment unificateur possible existe, dans la mesure où bien des demandes des « gilets jaunes » découlent des transformations du capitalisme : inégalités, salaires, fiscalité, déclin des services publics, écologie punitive, déménagement des territoires, surreprésentation de la bourgeoisie diplômée dans les instances politiques et dans les médias, etc.

Deux cortèges qui se croisent sans se répondre, deux gauches qui s’ignorent

En 2010, le journaliste François Ruffin évoquait l’image de deux cortèges progressistes qui, à Amiens le même jour, s’étaient croisés sans se rejoindre. D’un côté, un défilé des ouvriers de Goodyear. De l’autre, une manifestation d’altermondialistes contre une loi antiféministe en Espagne. « C’est, écrivait Ruffin, comme si deux mondes, séparés seulement de six kilomètres, se tournaient le dos. Sans possibilité de jonction entre les “durs” des usines et, comme l’ironise un ouvrier, “les bourgeois du centre qui font leur promenade” (9).  » Au même moment, le sociologue Rick Fantasia relevait lui aussi, à Detroit, aux États-Unis, l’existence de « deux gauches qui s’ignorent », l’une composée de militants sans perspective politique, l’autre de réalistes sans volonté d’action (10). Même si les clivages d’Amiens et de Detroit ne se superposent pas tout à fait, ils renvoient au gouffre croissant entre un univers populaire qui subit des coups, essaie de les rendre, et un monde de la contestation (trop ?) souvent inspiré par des intellectuels dont la radicalité de papier ne présente aucun danger pour l’ordre social. C’est aussi ce divorce que le mouvement des « gilets jaunes » a rappelé à sa façon. Il ne lui appartient pas seul d’y porter remède…

Serge Halimi

(1« Un monstre qui est né de colères anciennes », Christophe Castaner, Brut, 8 décembre 2018.

(2) Simone Weil, « La vie et la grève des ouvrières métallos », La Révolution prolétarienne, Paris, 10 juin 1936.

(3) Cité dans Quand la gauche essayait. Les leçons du pouvoir (1924, 1936, 1944, 1981), Agone, Marseille, 2018.

(4) Cité par Marie-Amélie Lombard-Latune et Christine Ducros, « Derrière les “gilets jaunes”, cette France des lotissements qui peine », Le Figaro, Paris, 26 novembre 2018.

(5) Elie Cohen et Gérard Grunberg, « Les Gilets jaunes : une double régression », Telos, 7 décembre 2018.

(6) Gaëtan de Capèle, « L’heure des comptes », Le Figaro, 11 décembre 2018.

(7Cf. collectif, Ford Blanquefort même pas mort !, Libertalia, Montreuil, 2018.

(8) Pierre Bourdieu, Contre-feux, Raisons d’agir, Paris, 1998.

(9) François Ruffin, « Dans la fabrique du mouvement social », Le Monde diplomatique, décembre 2010.

(10) Rick Fantasia, « Ces deux gauches américaines qui s’ignorent », Le Monde diplomatique, décembre 2010.

 

Oct052018

Points et pourcentages

Un point de pourcentage est une unité utilisée pour désigner la différence arithmétique entre deux pourcentages. Par exemple, passer de 5 % à 10 % est une augmentation de 5 points de pourcentage, et non une augmentation de 5 % mais une augmentation de 100 %.

Enfumage = fait de donner de fausses informations ou indications.

Non, en fait la CSG n’a pas augmenté de 1,7 %   comprenez bien 1,7 POUR CENT.

Ce n’est pas une augmentation de 1,7%,  mais un ajout de 1,7 points !

Pour exemple une retraite genre CNAV d’environ 1270 € BRUT.

En 2017 la CSG était de 6,60 %

soit une retenue de 1270 x 6,6% = 83,42 €.

Après les 1,7% (de points) supplémentaires…

En 2018 la CSG devient à 8,3%

la retenue devient 1270 x (6.6% + 1.7%) = 105,41 €

 Donc 1,7% / 6,6 % = augmentation de 25,76 %

Passer de 83,42 € à 105,41 €  c’est « de facto » une augmentation de 25.76% !

Il faut faire très attention au vocabulaire employé par les journalistes et les ministres qui souvent laissent dire des choses comme une augmentation de 1,7% alors qu’ils savent très bien que ce sont des POINTS d’augmentation du pourcentage et non l’augmentation concrète qui résulte du changement en question.

Donc si vous additionnez deux nombres comme 6,6% et 1,7% ce sont des POINTS que vous manipulez et non des pourcentages.

Si la CSG n’avait été augmentée que de 1,7% le nouveau taux serait :

6,6% x (1 + 1,7%) = 6,712 %

La différence de taille du “suppositoire” doit vous inciter à ne plus jamais confondre POINT et POURCENTAGE.  (Suppositoire plutôt de la taille d’un cigare)

Beaucoup de retraités n’ont pas internet, et certains qui sont équipés n’utilisent pas les réseaux sociaux et ce ne sont pas les médias qui vont les informer efficacement sur les actions qui sont en préparation.

Pour preuve, le nombre de retraités qui n’ont découvert l’impact de la hausse de la CSG sur leur pension qu’en février alors qu’il était possible de calculer ce montant dès l’annonce de cette mesure par Macron lors de la campagne de l’élection présidentielle.

SIMPLE MISE AU POINT !

 Donc le prélèvement au titre de la CSG a augmenté de 25,76%

 

(Soit 1,7 par rapport à 6,6)

 

Fév162018

Démantèlement de la SNCF

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Fév092018

NON A LA BAISSE DES PENSIONS !

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Fév052018

Des trains à l’abandon en gare de Caen : ils sont à vendre !

 

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Sept rames sont livrées à l’humidité et aux vandales sur des voies de garage en gare de Caen / © France 3 Normandie

Depuis un peu plus d’un an, sept rames pourrissent sur des voies de garages. Ce matériel financé par l’ex région Basse-Normandie a pourtant été acquis il y a moins de vingt ans. L’actuelle région Normandie n’y voit rien à redire. La SNCF espère les vendre.

Par Pierre-Marie Puaud Publié le 02/02/2018 à 12:05 Mis à jour le 02/02/2018 à 15:55

Lorsqu’ils entrent en gare de Caen, les voyageurs en provenance de Paris ne manquent rien du spectacle (pour peu que les vitres de leur wagon ne soient pas trop sales). Sur des voies de garage, des trains en apparence presque neufs, toujours les mêmes, sont stationnés les uns à côté des autres. Ils sont là depuis plus d’un an. Manifestement, ils ne bougent plus.

Reportage de Guillaume Le Gouic, Eric Aubron et Cyril Duponchel

Ce matériel est en fait à l’abandon. Des images amateurs montrent les moisissures sur les fauteuils, des vitres brisées, des tags. “Quand vous voyez des trains comme ceux-ci en plein milieu du triages, à quelques mètres des quais de la gare de Caen, c’est choquant, surtout si votre train a été supprimé, ironise Alan Bertu du syndicat CGT Cheminots. Si on était dans le cadre d’un vrai service public, ce matériel pourrait au moins être en réserve pour pallier les problèmes techniques”.

“Ces rames sont à vendre, répond Jean-Philippe Dupond, le directeur mobilité Saint-Lazare / Normandie à la SNCF. On espère trouver preneur en 2018“, précise-t-il. À l’en croire, les moisissures et les vitres brisées ne constitueront surtout pas un obstacle : “ce qui intéresse un acheteur, ce sont les caractéristiques techniques de ces rames et le moteur. En général, les compagnies qui rachètent des rames refont l’intérieur”.

Jean-Philippe Dupond, directeur SNCF Mobilité Saint-Lazare / Normandie

Ces sept rames ont pourtant tout juste vingt ans. Elles ne sont peut-être même pas totalement amorties. C’est l’ex-région Basse-Normandie qui en a financé l’achat en 1998 moyennant une facture de 400 millions de francs, soit un peu plus de 60 millions de nos euros d’aujourd’hui. Ce train de type 72 500, conçus et fabriqués par Alsthom, a d’abord été affecté à la ligne Paris-Granville. Mais le bel engin a souvent déçu. Il n’est pas très fiable.

Les sièges de ces automoteurs 72 500 moisissent peu à peu / © France 3 Normandie
Des trains encore presque neuf en retraite anticipée

En 2015, la région Basse-Normandie a donc choisi de le remplacer par du matériel Regiolis plus adapté, plus moderne. Une partie des 72 500 a été affectée à la ligne Caen-Tours. Une partie seulement. Sept rames n’ont trouvé d’utilité nulle part. Mais l’actuelle région Normandie n’y voit aucun mal. “Des trains qui ne sont plus utilisés, vous en avez dans toutes les gares, souligne Jean-Baptiste Gastinne, vice-président Conseil Régional. C’est la modernisation du matériel. Si ces trains ont été remplacés par d’autres plus confortables, je ne vois pas où est le problème, au contraire !”

REPORTAGE: Pour les usagers du train Paris-Caen-Cherbourg, le quotidien c’est duraille ! 

“On pourrait les rénover, ils pourraient être utilisés pour le service public. Si on ne les rénove pas, ils finiront à la casse”, se désole le syndicaliste Alan Bertu. Pour mémoire, les passagers en provenance de Paris, qui assistent à l’agonie de ce matériel, voyagent à bord d’antiques rames, dont le renouvellement n’est pas prévu avant 2020. Pas de doute au moins concernant les légendaires Corail, il a déjà été amorti : les wagons accusent souvent quarante-cinq ans d’âge

 

Jan242018

Sauvons la ligne Grenoble-Gap !

Journée d’actions pour sauvegarder la ligne Grenoble-Gap, à Grenoble (Isère)

Le vendredi
26
janvier

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Vendredi 26 Janvier à 09:30 – 18:30
Gare de Grenoble (Isère)

Toute une équipe de bénévoles, usager.e.s et cheminot.e.s, vous ont organisé un rassemblement convivial et festif !! Ainsi, au fil de la journée, avant ou après votre train, avec ou sans vos enfants, entre deux rdv, ….rejoignez nous !

*Soyez nombreux à participer à nos jeu-concours* (1) réalisation du plus grand nombre de voyages dans le train du vendredi 26 janvier au dimanche 11 février 2018, (2) de la plus belle photo « témoignage » de femmes et hommes qui prennent le train Grenoble-Gap, du train et des paysages, et gagner de nombreux lots (activités en montagnes, restaurant, hébergement, journal du Trièves, etc.) offerts par des professionnels du tourisme tout autour de la ligne pour vous faire découvrir tout le charme des escapades en train,

*Venez vous informer sur les nombreuses activités touristiques accessibles depuis le train (et sans voiture !),

*Venez également discuter avec tous ceux et celles qui défendent cette ligne pour vous présenter les enjeux,

*Venez partager une belle part de galette, et pour celles et ceux qui auront la fève, vous gagnerez également un des nombreux lots !

D’autres part, ne manquez pas les deux temps forts de la journée :
de 12h09 à 16h09, « railwail art » avec Nessé ;
à 16h09, lâcher de ballons avec le dernier train en direction de Gap.

Et pour les plus courageux (moins frileux.ses), venez participer au « déshabillez-vous » (enfin pas tout ! sans pantalon ou en maillot de bain) dans toutes les gares, qui commencera avec un départ avec le dernier train de 16h09 de la gare de Grenoble vers Gap. Vin chaud et soupe assurés en certaines gares…

Au plaisir de vous y retrouver !

(*) le règlement du jeu-concours sera très prochainement en ligne sur le site https://traindesalpesgre.wixsite.com/2018

 

Jan182018

LE CEVENOL

Le Cévenol : la SNCF s’acharne contre un train vital

3 janvier 2018 / Marie Astier (Reporterre)

 

 

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À une époque, elle était la principale liaison de chemin de fer reliant Paris à Marseille. Désormais, elle est un tronçon régional que les acteurs locaux tentent de sauver. La ligne des Cévennes est emblématique du combat pour la sauvegarde des lignes secondaires, abandonnées de la SNCF. Elles sont pourtant essentielles aux territoires reculés, et une solide alternative à la voiture.

  • Alès (Gard)-Langogne (Lozère), reportage

« Halte de Chamborigaud » : le lieu n’a plus droit à l’appellation de gare. Le panneau, récent, est accroché à un abri aménagé de quelques sièges, permettant au voyageur de s’abriter du froid venteux et piquant des montagnes cévenoles. Une petite dizaine de voitures stationnent sur le parking voisin. Sans cela, on pourrait se croire à un arrêt fantôme. Le bâtiment, qui a autrefois abrité un guichet et même un logement, est barricadé, soulignant la fermeture définitive. Sur le quai d’en face, les herbes prennent la place du béton. Impossible d’acheter un billet sur place, il n’y a pas d’automate. Pas d’autre voyageur à l’horizon non plus.

Microsoft Word - Photos article cévenolLa halte de Chamborigaud.

Heureusement, le soleil vient baigner la vue sur le village qui s’étale au pied de la gare, donnant un air paisible et plus que triste à l’ensemble. Le train arrive à l’heure. Un peu moins de la moitié des places y sont occupées, soit environ 25 personnes.

Microsoft Word - Photos article cévenolLa gare de Chamborigaud, dont le bâtiment est définitivement fermé.

Le décor majestueux des montagnes défile, ponctué des dernières couleurs rousses subsistant de l’automne. Bientôt, ponts et tunnels s’enchaînent. Ils font la réputation de la ligne des Cévennes : bâtie grâce à la sueur de nombreux travailleurs dans la deuxième partie du XIXe siècle, les passionnés y comptent plus de 171 « ouvrages d’art » — ponts, viaducs, tunnels. La partie la plus spectaculaire se trouve dans les gorges de l’Allier, entre la Lozère et la Haute-Loire, où seul le rail est parvenu à se frayer un chemin dans un paysage où aucune route ne passe. Tant d’efforts ne visaient pas à construire une ligne pittoresque ou touristique, mais à relier Paris à Marseille, via le tracé le plus court : celui du Massif central plutôt que celui de la vallée du Rhône. Le train qui effectuait ce trajet a été appelé « le Cévenol » en référence à cette portion spectaculaire.

Microsoft Word - Photos article cévenolLe village de Chamborigaud et les Cévennes vus depuis la gare.

À la grande époque, les trains Intercités qui empruntaient la ligne reliaient directement Paris à Marseille, dans la journée ou en train de nuit. « Je prends la ligne depuis que je suis tout petit pour aller voir la famille à Génolhac », raconte Gabriel Tonel, un passionné du Cévenol. « Il y a eu un déclin au fil des ans », explique-t-il, avant de poursuivre : « Cela a vraiment commencé il y a une dizaine d’années. Le trajet a été réduit à un Clermont-Marseille [en 2007], puis à un Clermont-Nîmes il y a cinq ans. Et là, la SNCF fait sauter la correspondance à Nîmes vers Marseille : depuis le 10 décembre, il faut attendre trois heures contre trente minutes auparavant ! »

Microsoft Word - Photos article cévenolEn gare de Chamborigaud.

Chaque jour, trois trains dans chaque sens relient Nîmes à Clermont-Ferrand. Quelques trains régionaux supplémentaires n’effectuent qu’une partie du parcours et s’arrêtent aux terminus intermédiaires d’Alès, Génolhac ou Langogne, ou bifurquent vers Mende, la préfecture de Lozère.

« Cette ligne, pour nous, c’est un problème de désenclavement »

Gabriel Tonel m’avait prévenue : dans le train, impossible d’acheter un billet. La contrôleuse reste enfermée dans la cabine. Quand je parviens à la croiser, elle m’assure qu’elle repassera… J’ai finalement voyagé gratuitement. En ce lundi, étudiants et retraités se partagent les sièges. Salomé va justement à Mende, comme Vanessa, elles étudient toutes les deux le tourisme. « Le vendredi et le dimanche soirs, c’est l’horreur », indique la première. Le train des élèves pensionnaires est plein à craquer. « Je m’organise pour ne pas le prendre à ces horaires, et pour acheter les billets à 1 euro », ajoute-t-elle. Ce programme de la région Occitanie finance les billets de TER (train express régional) afin d’inciter les habitants à le prendre. Vanessa, elle, a opté pour l’abonnement à 60 euros par mois, qui permet aux étudiants de prendre tous les TER de la région. « C’est beaucoup moins cher que d’avoir une voiture. Et puis, le souci sur les routes ici, c’est qu’elles sont étroites et que plein de gros camions y roulent. »

Josette, la soixantaine, a choisi le train pour la même raison. « En vieillissant, j’évite de descendre en voiture quand le temps est mauvais. Aujourd’hui, ils annonçaient de la neige », précise-t-elle. Elle revient de Montpellier, où elle est allée voir ses enfants. Françoise voyage pour la même raison. Et puis, ça ne lui coûte pas cher : « Je suis femme de cheminot ! » À ce titre, elle est bien renseignée sur le sort réservé par la SNCF à la ligne. « Mon mari n’a pas été remplacé quand il est parti à la retraite, regrette-t-elle. Il travaillait à Villefort. Et justement, la gare y est fermée depuis quinze jours parce qu’un agent est malade et qu’il n’y a personne pour le remplacer ! »

Microsoft Word - Photos article cévenolUn des 171 ouvrages d’art (ponts, viaducs et tunnels) de la ligne du Cévenol.

Bientôt, on quitte le Gard pour passer en Lozère, où le blanc hésitant des premières neiges parsème le paysage. Josette est encore du voyage jusqu’à Langogne, 3.000 habitants. Cette fois-ci, un agent tient la gare. Mais le nombre de voies paraît démesuré au regard des quelques trains qui passent chaque jour. « Pourtant ici, avant, il y avait du monde, avec un lotissement de logements de cheminots », se rappelle Josette.

Étape suivante, l’hôtel de ville. « Cette ligne, pour nous, c’est un problème de désenclavement », explique le maire, Guy Malaval, président de l’Association des élus pour la défense du Cévenol. Cheveux gris, physique de randonneur dynamique, il glisse ses longues jambes sous la table et explique : « On est loin de tout. La première autoroute est à plus d’une heure. Pareil pour le TGV. Nous n’avons qu’une nationale à une voie dans chaque sens dans la direction est-ouest. Et la ligne des Cévennes pour aller du nord au sud. Avant, c’était une ligne nationale. Aujourd’hui, avec la suppression des correspondances vers Marseille, elle se retrouve déclassée et cela nous inquiète beaucoup, car cela contribue à vider les trains sur la ligne. »

« On dirait que tout est fait pour que ça ne fonctionne pas normalement »

Scolaires et étudiants dans l’année, touristes à la belle saison, développement des filières bois et agroalimentaires (le territoire est par exemple connu pour ses salaisons) : les besoins et le potentiel sont là. Et puis, au-delà, « c’est une question d’égalité entre tous les citoyens d’avoir accès au réseau de déplacement national », souligne de son côté Gabriel Tonel. Joffrey Martinez, secrétaire de la CGT cheminots d’Alès (Gard), confirme : « Il faut maintenir le service public. On ne peut pas faire un chemin de fer à deux vitesses. »

Guy Malaval, le maire de Langogne.

C’est pourtant le choix qui semble avoir été fait par la SNCF. L’histoire décrite par les défenseurs du Cévenol est la même que pour beaucoup d’autres lignes : le manque d’entretien oblige à ralentir les trains, donc entraîne une baisse de fréquentation, ce qui plaide en défaveur de l’entretien des voies, etc. Joffrey Martinez, conducteur sur le trajet Alès-Nîmes, détaille : « La priorité est donnée à la ligne principale de la région, Avignon-Montpellier-Perpignan. Toutes les lignes autour sont en danger. Par exemple, pour faire des économies d’effectifs, la SNCF envoie les agents d’Alès chargés de l’entretien des voies sur le site de Montpellier. » La ligne des Cévennes a même failli être fermée. Une forte mobilisation locale a permis de la sauver, et l’ex-région Auvergne a financé des travaux, jusqu’en 2015, qui ont permis de la maintenir.

Mais la partie est loin d’être gagnée. Aujourd’hui le trajet Nîmes-Clermont (ou l’inverse) dure cinq heures. « Il y a une trentaine d’années, c’était moins, et pourtant le passage à Nîmes prenait plus de temps car, pour entrer en gare, il y avait un rebroussement obligatoire », assure le syndicaliste. « Sur des portions où la vitesse était auparavant de 70 km/h, la SNCF n’a remonté la vitesse après les travaux qu’à 40 ou 60 km/h », déplore Guy Malaval. « Certains arrêts en gare sont trop longs », regrette aussi Gabriel Tonel.

Microsoft Word - Photos article cévenolLa gare de Langogne.

De son côté, la SNCF semble redoubler d’efforts pour vider les trains. L’impossibilité d’acheter des billets à bord fait baisser la fréquentation officielle. L’achat de billets sur internet semble aussi fait pour dissuader les voyageurs : les utilisateurs rapportent que le site de la SNCF incite à passer par Lyon pour aller de Nîmes à Clermont plutôt que de proposer la ligne des Cévennes. Les billets sont mis en vente bien plus tard que ceux du TGV. « Les guichets ferment un à un, et ceux qui restent n’ouvrent que quelques heures par jour, mais pas au moment où les trains passent, et ils sont fermés le weekend alors que c’est à ce moment qu’il y a le plus de fréquentation », poursuit Gabriel Tonel. « Le service est totalement dégradé, on dirait que tout est fait pour que ça ne fonctionne pas normalement », déplore Guy Malaval. Son association répertorie les incidents sur la ligne : depuis début 2017, on comptabilise douze semaines où les trains ont été remplacés par des bus pour cause de travaux, cinq semaines où le train du soir a été supprimé, sans compter les retards (au minimum deux par semaine) et les suppressions de trains aléatoires pour cause d’« intempéries », « manque de contrôleur », « neige » ou « grève ». En 2015, un éboulement a nécessité une interruption de… six mois. « Si cela s’était passé en région parisienne, cela aurait été réparé en quelques heures, sinon quelques jours », assure le maire.

La région Occitanie assure vouloir perpétuer et investir dans la ligne

La prochaine bataille des associations d’usagers et d’élus se mènera à Villefort (Lozère), dont la gare est menacée de fermeture. Cela ferait un lieu de moins où les trains peuvent se croiser, et donc au minimum 15 minutes supplémentaires de retard en cas d’incident. L’affaire des toilettes de Génolhac (Gard), entretenues par la mairie mais volontairement fermées par la SNCF, a aussi mobilisé les troupes, qui se battent pied à pied pour maintenir un guichet ici, un service par là.

Microsoft Word - Photos article cévenolAffichage en gare de Langogne relayant la mobilisation en faveur de la ligne.

Un espoir d’amélioration, tout de même : la région Occitanie assure vouloir perpétuer et investir dans la ligne. Sur les trois aller-retour journaliers, l’un est reconnu « train d’équilibre du territoire ». L’État a préféré en déléguer la gestion à la région à partir de 2018, et, à ce titre, lui versera une compensation financière pour l’exploiter, et va financer du « matériel roulant » neuf. Les deux autres horaires — ceux du soir et du matin — sont déjà des TER. « Nous voulons rétablir la correspondance à Nîmes vers Marseille », assure Jean-Luc Gibelin, vice-président aux transports de la région Occitanie. Il est d’ailleurs en train de négocier la convention avec la SNCF pour l’ensemble des trains régionaux. L’un des buts affichés est de rouvrir six lignes. De refaire ce qu’a défait la SNCF, en somme. « Il est vrai que nous lui demandons l’inverse de ce qu’elle a été amenée à faire à un moment donné. Ce n’est pas simple. Mais elle est prestataire, et nous sommes le donneur d’ordres », répond-il.

La région Auvergne-Rhône-Alpes (Aura), autre acteur important sur cette liaison, a quant à elle décidé de laisser le leadership à l’Occitanie. « Il n’ont pas fait le choix de développer le rail », comprend Jean-Luc Gibelin. « La ligne cévenole fait partie de notre plan de sauvetage des petites lignes », rétorque le cabinet de son homologue en Aura, la vice-présidente aux transports, Martine Guibert.

La SNCF Occitanie, relancée plusieurs fois par Reporterre, n’a quant à elle pas répondu à nos questions… La région réussira-t-elle à la faire obtempérer, afin d’améliorer le service ? Une première réponse sera apportée en mars, lorsque les négociations entre la SNCF et la région Occitanie aboutiront. Mais, cela ne signifie pas que les amoureux de la ligne des Cévennes n’ont plus qu’à attendre. Même Jean-Luc Gibelin reconnaît que la volonté régionale ne fera pas tout. « Nous comptons sur la mobilisation citoyenne », assure-t-il.

AIDEZ REPORTERRE DANS SON ENQUÊTE SUR LE RAIL

Nous souhaitons réaliser une carte qui recenserait les lignes de chemin de fer qui vont mal : celles fermées récemment, menacées de fermeture, sur lesquelles le service se dégrade, les ralentissements, les retards, les suppressions de trains ou de correspondances sont de plus en plus fréquents. Celles aussi pour lesquelles une bonne rénovation pourrait grandement améliorer les choses.

Pour cela, vous pouvez nous envoyer un courriel à astier(arobase)reporterre.net avec pour sujet [TRAIN]. Ou remplir ce questionnaire en téléchargement, et nous le renvoyer à cette même adresse.

Merci d’avance pour votre aide !

Jan172018

PEPY doit partir !

Le gouvernement doit revoir sa politique ferroviaire …
PEPY doit partir !

Le Président de SNCF est convoqué par la ministre des transports (ex directrice stratégique de la SNCF) pour s’expliquer sur les incidents qui ont émaillé cette fin d’année. La question
de son maintien semble se poser comme un écran de fumée devant les responsabilités
profondes. Pour SUD-Rail, le bilan nécessaire, que doit assumer le Président de la SNCF mais également le gouvernement, va au-delà des événements récents : la catastrophe de Brétigny, le déraillement du TGV en Alsace, conséquences de la fragilisation de la
production et des boucles de rattrapage sont autant de drames qui eux aussi auraient poussé le dirigeant de la SNCF à poser la question de son maintien. Par le passé, des
prédécesseurs sont partis dès que la responsabilité de la SNCF était engagée.
Pour la Fédération SUD-Rail, la cause réelle de ces dysfonctionnements et des conséquences induites sur le trafic réside bien dans la structuration de la SNCF elle-même,
mise en place par la loi du 4 Aout 2014 et par l’absence d’investissement dans le réseau classique au profit du développement irréfléchi de la grande vitesse (logique portée en interne par le Président PEPY depuis de longues années).
Aujourd’hui, avec ces incidents, doit s’imposer le bilan que seule une structuration intégrée et unifiée permet une gestion à court comme à long terme qui soit à même de garantir un
service public ferroviaire de qualité où sécurité et régularité ne sont pas de vains mots…
Le Président PEPY a comme feuille de route des décisions étatiques qui ont précipitées la dégradation du système ferroviaire. Force est de constater qu’il les a assumés mais
également parfois impulsés. Les choix managériaux et organisationnels du Président de la SNCF remettent en cause au quotidien le service public ferroviaire et font souffrir les
salarié(e)s et les usagers. Ses positions pour la destruction de l’entreprise historique unifiée,l’abandon du service public ferroviaire de proximité et du Fret au profit de la route, pour une politique globale tournée vers une logique financière du rail ne peuvent le dédouaner de sa
responsabilité.
Avec plus de 2000 suppressions d’emplois en 2017 (des dizaines de milliers depuis sa prise
de fonction. Le plus grand plan social de la dernière décennie), plus d’une cinquantaine de suicides de salariés de SNCF, des restructurations qui font souffrir les cheminots ; des choix
dictés par la rentabilité qui font baisser la qualité de service ainsi qu’une politique sociale indigne, notamment sur la répression antisyndicale.
Pour la Fédération SUD-Rail, ces éléments ainsi que son rôle dans les choix schizophréniques d’un état avec sa politique d’aménagement du territoire clientéliste et ses
choix politiques contestables (PPP Liséa, CDG express, Lyon-Turin) font partie de son bilan et doivent poser la question de son remplacement. Pour SUD-Rail, Cela doit impérativement
s’accompagner d’un changement d’orientation de la politique ferroviaire du gouvernement pour un service public de proximité permettant un aménagement du territoire au service des citoyens et garantissant l’accès au transport pour tous ainsi qu’une politique plus écologique du transport de marchandises en permettant une vraie relance du fret ferroviaire le tout dans une gestion unifiée de l’ensemble du système par l’entreprise publique historique.

FEDERATION SUD-Rai l – 17 BOULEVARD DE LA LIBERATION 93200 ST DENIS
TEL : 01 42 43 35 75 @ : sud.rail.federation@gmail.com FACEBOOK : @sudrailofficiel
FAX : 01 42 43 36 67 INTERNET : www.sudrail.fr TWITTER : @ Fede_SUD_Rail
FEDERATION DES SYNDICATS DE TRAVAILLEURS DU RAIL
SOLIDAIRES, UNITAIRES, DEMOCRATIQUES
C O M M U N I Q U É D E P R E S S E
Saint-Denis, le 30 décembre 2017

Oct292017

Session décentralisée du 29 mai au 02 juin 2017 à Etretat

 

     Encore une session décentralisée qu’il ne fallait pas manquer !

 

Toujours avec le même procédé de réflexion et de détente, tous les participant(e )s sortent enrichi(e )s de la session. Avec un emploi du temps très chargé, les 4 jours en Normandie sont très vite passés et nous devons remercier toute l’équipe animatrice de la parfaite réussite à tout point de vue dans la réalisation de son programme.

A la cinquantaine de retraité(e )s SUD Rail c’est rajoutée une vingtaine d’actifs de Paris St Lazare en formation, logés dans le même bâtiment et avec nous à tous les repas. Et c’est dès 9h chaque jour, dans le même local que commençaient les différents débats, avec à chaque fois, un militant spécialisé sur le sujet abordé.

Côté Réflexions :

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               30 Mai : CNL             

 

 

 De nombreux participants ont fait connaissance de la Confédération Nationale du Logement et son président Eddie Jacquemart accompagné de Gérard Morel.  C’est Alex Dryburgh du syndicat de Lille qui a animé les débats au sujet des aides qu’apporte la CNL concernant les logements et plus particulièrement les défenses qu’elle propose aux locataires. La CNL se révolte contre les loyers et les charges qui ne cessent d’augmenter. L’offre de logement est indigente et le manque de logements sociaux est scandaleux. Des formes d’habitat précaires se développent et permettent à des propriétaires, marchands de sommeil, de s’enrichir sur la misère des autres. A retenir aussi que les expulsions sont de plus en plus fréquentes, rien qu’en 2015 elles ont augmenté de 24 % et cette tendance est à la hausse. A la SNCF et dans notre région, nous enregistrons des loyers trois fois plus chers que lorsque nous étions actifs ! A différentes reprises des adhérent(e )s nous ont informé de leurs difficultés financières. Des dossiers peuvent être établis. Nous pourrions intervenir et pourquoi pas avec la CLN.

 

 

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Durant toute la session Marie Renée et Gilles Le Loupp ont tenu un stand de souvenirs du Burkina Faso. Comme nous l’avions annoncé à différentes reprises nous sommes engagés à la construction de la 3ème classe dans l’école Primaire de Kouaré et restons persuadés d’atteindre cet objectif.  Gilles nous a lu une lettre touchante de remerciements de Philippe Ilboudo (notre principal correspondant du Burkina). Rappel : il est toujours possible de faire un don avec un chèque à l’ordre de l’UFR SUD-Rail (au dos du chèque « solidarité Burkina) et l’adresser à Fédération SUD –Rail -17, Boulevard de la Libération-93200 St Denis.

 

 

 

 

 

31 mai : « Ecran Total »

 

 

 

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C’est de nombreux débats qu’apporte le collectif « Ecran Total » et ses représentants Claude Carré et Mathieu Amiech présents à notre session. Michel Jacquin est bien placé pour animer les débats. Le collectif met en évidence l’évolution de l’informatisation qui nous concerne tous. Quel progrès y a-t-il dans cette injonction à normaliser, à quantifier, à chiffrer, à informatiser, à ficher ? Comment pouvons-nous nous unir pour refuser les incessantes compromissions qu’on nous demande au travers du management, du fichage généralisé et de l’informatique ? Même les résultats dans les bureaux de vote peuvent être douteux ! Ecran Total nous informe sur la déshumanisation du travail et nous entraine à réflexions sur la disparition de nombreux métiers et la dégradation des relations sociales qu’entraine cette évolution ! Adresse Mail : ecrantotal@riseup.net

 

            4  

     

 

  1er juin : Nucléaire 

 

 

 

Sans aucun doute la matinée de débats la plus impressionnante pour les participants. Philippe Billard était bien placé pour nous en parler puisqu’il a travaillé dans le nucléaire et est maintenant militant pour en sortir Eric Marchiando animait les débats. Nous avons longtemps parlé des risques, des solutions pour en sortir mais aussi des souffrances et des maladies dont en sont victimes les employés. Nombreux travaillent dans des entreprises des sous-traitants et ne sont présents que pour « gagner » leur vie. Non seulement très mal payés, nombreux n’arriveront pas à la retraite.  Les rejets radioactifs des centrales sont censés ne pas être dangereux. Mais à ce jour aucune réelle étude n’est menée. Certaines enquêtes indépendantes ont révélé une augmentation avérée des taux de leucémies autour de La Hague, mais ces résultats ont été attribués au hasard…On décrit souvent la radioactivité naturelle comme dépourvue d’effets sanitaires. Pourtant, le radon (gaz radioactif naturel) est la 2ème cause de cancer du poumon après le tabac. Bien qu’aucune dose ne soit inoffensive, des seuils sont admis par les normes internationales.
L’exposition à la radioactivité artificielle (y compris les essais nucléaires) a induit de nombreux cancers dans le monde. Le Comité européen sur les risques de radiation, annonce le chiffre de 61,1 millions de morts depuis 1945. Nous sommes tous, encore plus convaincus qu’il faut sortir du nucléaire. N’est-il pas honteux à notre époque de se retrouver au travail avec de tels risques pour la santé ? Même les CHSCT ne peuvent intervenir ne serait-ce qu’en application du droit d’alerte ! Nous pouvons même affirmer que les risques des employés dans le nucléaire sont tout aussi importants, si ce n’est plus qu’à l’époque des mines de charbon puisque contagieux. La source radioactive du nucléaire fait également peser un risque sur les descendants des personnes exposées : les enfants à naître présentent plus de problèmes de croissance, de malformations, voire de troubles mentaux.

 

                                                                 

Côté détente :               

Chaque après-midi, nombreux étaient les participants à visiter la côte Normande, et pour commencer l’escalier le plus abrupt pour accéder à la falaise et à la chapelle Notre Dame de la Garde (Fig. 1).

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Et c’est ainsi que nous sommes retournés au sommet de l’autre falaise peut-être plus facile d’accès et avec toujours face à la vaste étendue de la Manche et en compagnie de Goélands. (Fig. 2).

 

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C’est en bus que nous sommes allés à Fécamp et en visite guidée au Palais Bénédectine.

Nous avons longuement suivi et écouté notre guide et devrions nous rappeler de ces trois centres d’intérêts :

.Une collection d’objets d’art religieux des XVème et XVIème siècles, présentés dans une succession de salles néo-gothiques et néo-renaissance tels qu’ils étaient au début du siècle.
. Une galerie d’art contemporain.

. Une distillerie dans laquelle s’élabore la célèbre liqueur*

*Tous les participants ont eu la possibilité de gouter cette liqueur. Très sucrée et assez forte mais qui se boit facilement !… On comprend mieux pourquoi certains sont repartis avec des petites bouteilles achetées en souvenir !…

 

C’est ensuite qu’une balade nous a entrainé sur la digue touristique de Fécamp et jusqu’à la plage. Un seul souci, récupérer tout le monde au bus pour repartir.

http://gp16-prod.crtnmgwww.vm.aiprod.com/pcu/palais-benedictine/fecamp/fiche-PCUNORM00FS0008D-1.html

Différents compte-rendus de ce séjour seront sans aucun doute diffusés. Comme à chaque session un carnet de photographies vous sera également proposé. Les participants remercient tous les bénévoles qui ont parfaitement rempli leur projet. Une note particulière à nos cuisiniers qui nous ont chaque jour proposé des repas de rois !…

 

 

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Comme à Chaque Session, c’est Éric Marchiando qui s’est chargé de tout nous expliquer sur l’évolution des transports SNCF, mais cette fois dans le pays de Caux en Normandie. Avec cette mémoire phénoménale, il n’a pas hésité à nous informer des lignes actuelles tout en précisant les différentes suppressions et les arrêts dans les gares. En détaillant les dessertes anciennes et même les différents projets sur toute la région.

Et c’est ainsi que nous restons convaincus qu’il n’est toujours pas possible de se passer du train et pas seulement en Normandie !

 

                            Une grande région sans voiture.

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    Toute une équipe d’adhérents SUD-Rail en Normandie        

 

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Compte rendu proposé par la section des retraité-e-s

Région des Pays de La Loire.