Oct292017

Session décentralisée du 29 mai au 02 juin 2017 à Etretat

 

     Encore une session décentralisée qu’il ne fallait pas manquer !

 

Toujours avec le même procédé de réflexion et de détente, tous les participant(e )s sortent enrichi(e )s de la session. Avec un emploi du temps très chargé, les 4 jours en Normandie sont très vite passés et nous devons remercier toute l’équipe animatrice de la parfaite réussite à tout point de vue dans la réalisation de son programme.

A la cinquantaine de retraité(e )s SUD Rail c’est rajoutée une vingtaine d’actifs de Paris St Lazare en formation, logés dans le même bâtiment et avec nous à tous les repas. Et c’est dès 9h chaque jour, dans le même local que commençaient les différents débats, avec à chaque fois, un militant spécialisé sur le sujet abordé.

Côté Réflexions :

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               30 Mai : CNL             

 

 

 De nombreux participants ont fait connaissance de la Confédération Nationale du Logement et son président Eddie Jacquemart accompagné de Gérard Morel.  C’est Alex Dryburgh du syndicat de Lille qui a animé les débats au sujet des aides qu’apporte la CNL concernant les logements et plus particulièrement les défenses qu’elle propose aux locataires. La CNL se révolte contre les loyers et les charges qui ne cessent d’augmenter. L’offre de logement est indigente et le manque de logements sociaux est scandaleux. Des formes d’habitat précaires se développent et permettent à des propriétaires, marchands de sommeil, de s’enrichir sur la misère des autres. A retenir aussi que les expulsions sont de plus en plus fréquentes, rien qu’en 2015 elles ont augmenté de 24 % et cette tendance est à la hausse. A la SNCF et dans notre région, nous enregistrons des loyers trois fois plus chers que lorsque nous étions actifs ! A différentes reprises des adhérent(e )s nous ont informé de leurs difficultés financières. Des dossiers peuvent être établis. Nous pourrions intervenir et pourquoi pas avec la CLN.

 

 

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Durant toute la session Marie Renée et Gilles Le Loupp ont tenu un stand de souvenirs du Burkina Faso. Comme nous l’avions annoncé à différentes reprises nous sommes engagés à la construction de la 3ème classe dans l’école Primaire de Kouaré et restons persuadés d’atteindre cet objectif.  Gilles nous a lu une lettre touchante de remerciements de Philippe Ilboudo (notre principal correspondant du Burkina). Rappel : il est toujours possible de faire un don avec un chèque à l’ordre de l’UFR SUD-Rail (au dos du chèque « solidarité Burkina) et l’adresser à Fédération SUD –Rail -17, Boulevard de la Libération-93200 St Denis.

 

 

 

 

 

31 mai : « Ecran Total »

 

 

 

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C’est de nombreux débats qu’apporte le collectif « Ecran Total » et ses représentants Claude Carré et Mathieu Amiech présents à notre session. Michel Jacquin est bien placé pour animer les débats. Le collectif met en évidence l’évolution de l’informatisation qui nous concerne tous. Quel progrès y a-t-il dans cette injonction à normaliser, à quantifier, à chiffrer, à informatiser, à ficher ? Comment pouvons-nous nous unir pour refuser les incessantes compromissions qu’on nous demande au travers du management, du fichage généralisé et de l’informatique ? Même les résultats dans les bureaux de vote peuvent être douteux ! Ecran Total nous informe sur la déshumanisation du travail et nous entraine à réflexions sur la disparition de nombreux métiers et la dégradation des relations sociales qu’entraine cette évolution ! Adresse Mail : ecrantotal@riseup.net

 

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  1er juin : Nucléaire 

 

 

 

Sans aucun doute la matinée de débats la plus impressionnante pour les participants. Philippe Billard était bien placé pour nous en parler puisqu’il a travaillé dans le nucléaire et est maintenant militant pour en sortir Eric Marchiando animait les débats. Nous avons longtemps parlé des risques, des solutions pour en sortir mais aussi des souffrances et des maladies dont en sont victimes les employés. Nombreux travaillent dans des entreprises des sous-traitants et ne sont présents que pour « gagner » leur vie. Non seulement très mal payés, nombreux n’arriveront pas à la retraite.  Les rejets radioactifs des centrales sont censés ne pas être dangereux. Mais à ce jour aucune réelle étude n’est menée. Certaines enquêtes indépendantes ont révélé une augmentation avérée des taux de leucémies autour de La Hague, mais ces résultats ont été attribués au hasard…On décrit souvent la radioactivité naturelle comme dépourvue d’effets sanitaires. Pourtant, le radon (gaz radioactif naturel) est la 2ème cause de cancer du poumon après le tabac. Bien qu’aucune dose ne soit inoffensive, des seuils sont admis par les normes internationales.
L’exposition à la radioactivité artificielle (y compris les essais nucléaires) a induit de nombreux cancers dans le monde. Le Comité européen sur les risques de radiation, annonce le chiffre de 61,1 millions de morts depuis 1945. Nous sommes tous, encore plus convaincus qu’il faut sortir du nucléaire. N’est-il pas honteux à notre époque de se retrouver au travail avec de tels risques pour la santé ? Même les CHSCT ne peuvent intervenir ne serait-ce qu’en application du droit d’alerte ! Nous pouvons même affirmer que les risques des employés dans le nucléaire sont tout aussi importants, si ce n’est plus qu’à l’époque des mines de charbon puisque contagieux. La source radioactive du nucléaire fait également peser un risque sur les descendants des personnes exposées : les enfants à naître présentent plus de problèmes de croissance, de malformations, voire de troubles mentaux.

 

                                                                 

Côté détente :               

Chaque après-midi, nombreux étaient les participants à visiter la côte Normande, et pour commencer l’escalier le plus abrupt pour accéder à la falaise et à la chapelle Notre Dame de la Garde (Fig. 1).

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Et c’est ainsi que nous sommes retournés au sommet de l’autre falaise peut-être plus facile d’accès et avec toujours face à la vaste étendue de la Manche et en compagnie de Goélands. (Fig. 2).

 

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C’est en bus que nous sommes allés à Fécamp et en visite guidée au Palais Bénédectine.

Nous avons longuement suivi et écouté notre guide et devrions nous rappeler de ces trois centres d’intérêts :

.Une collection d’objets d’art religieux des XVème et XVIème siècles, présentés dans une succession de salles néo-gothiques et néo-renaissance tels qu’ils étaient au début du siècle.
. Une galerie d’art contemporain.

. Une distillerie dans laquelle s’élabore la célèbre liqueur*

*Tous les participants ont eu la possibilité de gouter cette liqueur. Très sucrée et assez forte mais qui se boit facilement !… On comprend mieux pourquoi certains sont repartis avec des petites bouteilles achetées en souvenir !…

 

C’est ensuite qu’une balade nous a entrainé sur la digue touristique de Fécamp et jusqu’à la plage. Un seul souci, récupérer tout le monde au bus pour repartir.

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Différents compte-rendus de ce séjour seront sans aucun doute diffusés. Comme à chaque session un carnet de photographies vous sera également proposé. Les participants remercient tous les bénévoles qui ont parfaitement rempli leur projet. Une note particulière à nos cuisiniers qui nous ont chaque jour proposé des repas de rois !…

 

 

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Comme à Chaque Session, c’est Éric Marchiando qui s’est chargé de tout nous expliquer sur l’évolution des transports SNCF, mais cette fois dans le pays de Caux en Normandie. Avec cette mémoire phénoménale, il n’a pas hésité à nous informer des lignes actuelles tout en précisant les différentes suppressions et les arrêts dans les gares. En détaillant les dessertes anciennes et même les différents projets sur toute la région.

Et c’est ainsi que nous restons convaincus qu’il n’est toujours pas possible de se passer du train et pas seulement en Normandie !

 

                            Une grande région sans voiture.

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    Toute une équipe d’adhérents SUD-Rail en Normandie        

 

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Compte rendu proposé par la section des retraité-e-s

Région des Pays de La Loire.

Oct242017

Répression à la SNCF (Révolution Permanente)

Quand la SNCF organise la chasse aux cheminots combatifs

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Comme nous vous en informant à différentes occasions, la liaison des Retraités (Le Lien n°66 page 3) suit attentivement l’application de la notion de « dialogue social » de la direction SNCF et des représentants du personnel. C’est pourquoi en cette fin d’année nous vous proposons un condensé des réflexions de militants SUD Rail  qui n’hésitent pas à mettre en garde les actifs face aux objectifs des « patrons » vis-à-vis des syndicats et plus particulièrement à la SNCF.  Avec la participation de différentes sections de retraité-e-s avec les actifs, cet article nous présente également les premiers résultats face à la répression et notre appel à des réactions légitimes de toutes les organisations syndicales. 

 

Une transformation à marche forcée du ferroviaire

Dans sa logique de transformation à marche forcée, pour faire de la SNCF le nouveau Orange façon ferroviaire, la direction SNCF a adopté depuis la fin des luttes du printemps 2016 contre la Loi El Khomri et la refonte du « RH077 » une guerre ouverte aux militants et militantes les plus combatifs chez les cheminots. Les militants et militantes de Sud Rail ont été celles et ceux à qui la direction SNCF a voulu faire payer le plus lourd tribut : Edouard Postal, Alain Leclercq, Nathalie Pradelle, Arnaud Bellettre, Christophe et Mathieu Relin, Anasse Kazib et Nathalie Lemaire, Pierre Vincent. Voilà quelques-uns des militants Sud Rail qui ont fait les frais de cette répression, parfois au prix de leur vie dans le cas d’Edouard…

 

Un faux dialogue social pour mieux imposer la casse

Même si la direction affiche une communication de façade sur l’importance du dialogue social, il n’en est rien sur le terrain. En témoignent les attaques contre près de 400 militants syndicaux et les nombreuses procédures disciplinaires à l’encontre de centaines de cheminots.

Les fédérations syndicales ont été prises de court ou n’ont pas voulu mesurer l’ampleur de l’attaque et de la répression qui s’est installée petit à petit. C’est là où la politisation des cheminots est importante pour réfléchir, préparer et organiser très tôt la contre-offensive, en ayant en tête le projet de long terme que la direction veut mettre en place et qui voit la répression des militants combatifs comme un passage obligé. Car avoir du retard sur le sujet de la répression nous fait dépenser une énergie monstrueuse : avocats, rassemblements, pétitions, tournées syndicales, communications etc. Dans les faits, cela nous occupe alors que de nombreuses attaques contre nos conditions de travail se préparent dans l’entreprise. Cela joue à l’avantage du patron qui, pendant qu’il occupe les militants à défendre leurs camarades, en profite pour accélérer ses projets de libéralisation et privatisation.
Se coordonner contre la répression et pour la défense de nos conditions de travail, passer à l’offensive !

A ce sujet Sud Rail est globalement le syndicat le plus en pointe, menant une politique de lutte contre les cas de répression à l’échelle nationale avec l’objectif de rendre visible la politique de la direction. Mais cela ne s’est hélas pas fait sans douleur, car le suicide du camarade Edouard Postal, a été un électrochoc pour l’ensemble des cheminots et des militants. Avant ce drame, les mobilisations se faisaient à l’échelle locale. Mais aujourd’hui Sud Rail a fait un point d’honneur à mobiliser la totalité des syndicalistes et des adhérents pour établir, à chaque nouveau cas de répression, le rapport de force le plus large possible, souhaitant par tous les moyens qu’aucun militant ne soit laissé à l’abandon. Le dernier en date s’appelle Pierre-Vincent, militant sur Saint Lazare : il était sous la menace de deux procédures de licenciement. La mobilisation a déjà permis d’éviter le pire et aujourd’hui la direction propose comme sanction 6 jours de mise à pied.

Mais la mobilisation doit continuer pour qu’aucun militant ne soit sanctionné.
Le syndicat a fait la démonstration à plusieurs reprises cette année en déposant systématiquement des préavis nationaux et régionaux, la création de pétitions sur internet, des communiqués de presse, ainsi que la diffusion de tracts dans tous les secteurs syndicaux pour mobiliser dans chaque rassemblement et mettre la pression sur les directions. Nous l’avons vu encore très récemment en mars pour Arnaud Bellettre ou pour Nathalie Pradelle : des rassemblements par centaines le 6 juin de cheminots actifs et retraités venus de Toulouse, Marseille, Lille, Bordeaux, Paris, Strasbourg et d’ailleurs pour soutenir leurs camarades dans ces moments difficiles. Des scènes qui font plaisir à voir tant les rassemblements habituels contre la répression ne mobilisaient parfois pas plus de 20 ou 30 militants, expression d’une sorte de banalisation. Ces mouvements pèsent sur l’entreprise qui se retrouve à devoir gérer des préavis de grève nationaux, une médiatisation de chaque évènement dans l’entreprise et en dehors : en somme tout ce que déteste le patronat qui aime réprimer dans le secret. Et cela pèse aussi sur la stratégie de communication de la SNCF que les médias interrogent de plus en plus sur ses méthodes de management agressif : rappelons-nous de la chronique d’Audrey Vernon sur France Inter après l’annonce du suicide d’Edouard Postal.

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Il va dorénavant falloir que l’ensemble des syndicats cheminots agissent ensemble et de manière offensive pour mettre un frein à cette politique dévastatrice de l’entreprise. Car au-delà de la simple sanction ou du licenciement, la répression joue dans le subconscient de l’ensemble de la classe ouvrière, et surtout dans les secteurs les moins combatifs qui déserteront les luttes à venir, ne voulant pas perdre leur travail à cause du militantisme. C’est là le fond de cette méthode : casser l’avant-garde ouvrière pour empêcher toute forme de contestation future et de montée en puissance de la radicalisation chez les ouvriers.

Les cheminots sont reconnus par l’ensemble des travailleurs comme l’un des secteurs où le militantisme est le plus combatif et où les salariés ne se laissent pas faire. Pour beaucoup, les cheminots c’est encore les grèves de 95 et cette tornade qui a entrainé dans son sillage de nombreux secteurs à l’époque contre les réformes de Juppé.

C’est pour cela qu’il est vital pour l’ensemble de notre camp social, que les fédérations syndicales comme Sud Rail ou la CGT Cheminots élargissent et créent des passerelles avec d’autres secteurs du public et du privé qui croulent sous les attaques depuis 15 ans et où la répression prend une tournure particulière, comme à La Poste ou à PSA par exemple.

Notre histoire ne s’est faite que par des luttes unitaires, interpro et non corporatistes. Les classes dominantes et le gouvernement « En marche » à leur service veulent nous cantonner chacun dans nos usines, nos chantiers ou nos gares, laissant chaque secteur se débrouiller par lui-même. Ils ont horreur de voir se créer ces liens de convergence et de solidarité par-delà les frontières des entreprises. Et c’est cette stratégie-là qui gagnera à terme ! La stratégie du tous ensemble, d’organisation de la classe ouvrière, du rapport de force et de la lutte des classes.

 

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Juin302017

Un paysan a été tué par les gendarmes

24 juin 2017 / Marie Astier (Reporterre)

Jérôme Laronze a été abattu il y a un mois de trois balles tirées par un gendarme. Cet agriculteur de 36 ans était en fuite après un contrôle de l’administration dans sa ferme de Trivy, en Saône-et-Loire. Ses proches se battent pour que justice soit faite dans cette affaire où erreurs de la gendarmerie et de l’administration pourraient se cumuler.

  • Trivy (Saône-et-Loire), reportage

Six coups de feu, dont trois qui l’ont atteint. Jérôme Laronze, agriculteur de 36 ans, est mort le samedi 20 mai 2017, sur un chemin de Sailly, en Saône-et-Loire, tué par les balles d’un gendarme. Il était au volant de sa voiture, aurait foncé sur les deux agents qui s’approchaient, et qui ont tiré. L’auteur des coups de feu mortels est mis en cause dans une information judiciaire pour « violences avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner », suivie au tribunal de Chalon-sur-Saône.

Une issue dramatique, après une traque de neuf jours dans les collines bocagères de la campagne charolaise. Le paysan était recherché depuis le jeudi 11 mai, date à laquelle des agents de l’administration étaient venus contrôler sa ferme, accompagnés de plusieurs gendarmes. Jérôme Laronze les aurait alors menacé avec son tracteur, avant de s’enfuir.

La Direction départementale de la protection des populations (DDPP), qui menait les contrôles, et les gendarmes le considéraient donc comme dangereux. La famille et les proches de Jérôme Laronze, eux, le décrivent comme quelqu’un d’engagé, de brillant, qui défendait ses idées, mais par les mots. Jamais par la violence.

« Un grand gaillard jovial, gentil, disponible »

« Aucune situation d’irrégularité administrative en agriculture ne peut justifier qu’un paysan soit abattu comme un criminel », s’indignait l’appel pour la veillée qui a eu lieu le mardi 20 juin, un mois après la mort de Jérôme. Le mot d’ordre, ce soir-là : « Mémoire et justice pour Jérôme », inscrit en larges lettres sur une banderole autour de laquelle environ 300 personnes se sont rassemblées. Le lieu de rendez-vous était symbolique, fixé au square de la Paix, à Mâcon, non loin du palais de justice.

L’événement était organisé à l’appel de la famille, de la Confédération paysanne — le syndicat auquel Jérôme adhérait —, et des antennes locales d’associations comme la Ligue des droits de l’homme (LDH), Alternatiba, Attac, etc. Dans l’assemblée, beaucoup de paysans, d’adhérents de ces organisations, et aussi des proches, des voisins, des amis. Par exemple, Frédéric : « On a été à l’école ensemble, a-t-il raconté. Après mon divorce, il m’a beaucoup aidé, moralement et financièrement. Il avait le cœur sur la main. » Ou encore Antoine, qui venait tous les mardis en tant qu’ouvrier agricole travailler à la ferme. Les larmes aux yeux, le jeune homme s’est rappelé les journées passées en compagnie du paysan : « Il m’a appris tellement de choses. La politique, le savoir-vivre. Il savait parler de tous les sujets. Le mardi, c’était la journée d’éveil… » Chantal et Jean-Claude, eux, avaient rencontré Jérôme Laronze à la fête de la Confédération paysanne locale, en août 2015. « Il avait cuisiné une blanquette délicieuse pour 200 personnes. C’était un grand gaillard jovial, gentil, disponible. » « Quels qu’aient pu être ses démêlés administratifs, le dénouement est inadmissible, a ajouté Guy, qui s’était joint à la discussion. Il a été abattu comme un chien. »

Un demi-cercle s’est formé autour de la banderole et du micro. L’une des sœurs de Jérôme, Marie-Pierre Laronze, a commencé. « Jérôme était une personne harcelée », a-t-elle expliqué, reprenant une longue lettre envoyée par son frère à la DDPP l’année passée, décrivant une série de contrôles menés « dans des conditions traumatisantes et indignes », selon les mots de l’agriculteur.

Mardi 20 juin, lors de la veillée pour Jérôme Laronze, à Mâcon.

« Cela fait un mois que quelque chose s’est passé, qui n’aurait jamais dû arriver », a repris ensuite Laurent Pinatel, porte-parole national de la Confédération paysanne, dénonçant l’immense pression subie par les agriculteurs lors des contrôles. « Il y a des gens qui sont venus avec un fusil-mitrailleur dans une ferme pour voir si des vaches avaient bien une boucle à l’oreille. (…) Une espèce de chape de plomb est en train de s’installer tranquillement sur cette affaire. Il faut se mobiliser pour que justice soit faite. » Christian Celdran, président de la LDH de Chalon-sur-Saône, s’est interrogé : « Une enquête menée par les gendarmes sur les gendarmes peut-elle vraiment faire toute la lumière ? »

« La façon dont cela s’est terminé, ce n’est pas passé »

Si les médias nationaux en ont peu parlé, dans le coin, l’affaire a beaucoup secoué. Dans le village de Trivy (Saône-et-Loire), où vivait Jérôme Laronze, la chaleur écrasante de cette journée de rassemblement a imposé un calme qui n’était qu’apparent. Un peu au-dessus du bourg, un plan d’eau bordé de fleurs précède la grande maison familiale aux volets bleus, désormais fermés. Personne ne circule dans les imposants bâtiments agricoles, mais la bordure de pierres calcaires du potager semble avoir été refaite récemment. Des outils sont posés là. Les vaches pâturent.

La ferme familiale de Jérôme Laronze.

Une voisine refuse de parler. Le maire, lui, hésite. « On savait qu’il y avait un problème agricole dans cette ferme, mais la façon dont ça s’est terminé, ça, ce n’est pas passé », lâche l’élu, Bernard Seigle-Vatte, depuis son bureau en face de l’école communale. À moins d’un kilomètre de la mairie, en bas de la côte, le tenancier du Restaurant du midi montre immédiatement une lettre manuscrite, écrite après la mort de Jérôme. Bernard Descaillot connaissait l’éleveur depuis tout petit. « Pendant la traque, on ne parlait que de ça, il y avait des flics partout, on avait l’impression qu’ils cherchaient Mesrine », raconte le restaurateur. Qui a gardé tous les exemplaires du Journal de Saône-et-Loire parlant de l’affaire. Son fils Sébastien : « Regardez la photo du chemin où il a été abattu, il y avait largement la place à côté de la voiture, il n’y avait pas de risque pour les gendarmes. »

Bernard Descaillot et son fils Sébastien.

En effet. L’enquête préliminaire a exclu la légitime défense pour les deux gendarmes présents ce jour-là. La famille, qui s’est rendue à la gendarmerie locale le soir même, s’interroge. Ce samedi après-midi fatidique, « quand les gendarmes l’ont trouvé, il semble qu’il était assoupi dans sa voiture. A-t-il eu vraiment le temps de la démarrer ? » se demande Marie-Noëlle, une de ses sœurs. Par ailleurs, pendant les neuf jours où il était recherché, « il est revenu plusieurs fois chez lui », assure-t-elle. Pourquoi les gendarmes n’ont-ils pas réussi à l’intercepter à ces occasions ? Pourquoi ne surveillaient-ils pas mieux la ferme ?

Autre partie essentielle de l’enquête, celle concernant les contrôles réalisés par la DDPP. Ils avaient commencé en 2010, a expliqué sa famille dans un long message sur la page Facebook qu’elle a créée, « Justice pour Jérôme ». Il avait environ une centaine de bovins, pour une centaine d’hectares, en bio. Il lui était essentiellement reproché de ne pas être à jour dans le suivi de ses vaches, qui doivent toutes être identifiées dès leur naissance, ou de ne pas respecter les « contraintes vétérinaires », affirme encore ce texte. « Puis plus rien jusqu’en 2014, où les contrôles ont repris », poursuit-il. Pourquoi à ce moment-là ? Ses sœurs rappellent que c’est le moment où Jérôme a adhéré à la Confédération paysanne, syndicat critiquant fortement le système agricole actuel. « Son engagement et sa liberté de ton pouvaient déranger », estime encore leur message sur Facebook.

Autres informations délivrées : depuis 2015, Jérôme n’avait plus le droit de vendre ses bêtes, et il avait reçu cette même année une condamnation pénale — dont on ne connaît pas la teneur — à la suite d’une action de la DDPP pour opposition à contrôle et maltraitance animale. Par ailleurs, il fustigeait « ces réglementations à foison [qui] pénalisent les plus faibles sans véritablement empêcher les scandales sanitaires et apporter au consommateur final les garanties espérées ».

Les trois sœurs et les nièces et neveux de Jérôme Laronze, mardi 20 juin, à Mâcon.

L’éleveur avait peu partagé ses problèmes. Et surtout pas avec ses collègues de la Confédération paysanne, qui en ont eu connaissance tardivement. Ce n’est qu’en juin 2016, à la suite d’un contrôle s’étant mal passé — quelques bovins effrayés par les contrôleurs se seraient précipités dans un ruisseau et en seraient morts —, qu’ils ont été mis au courant. Lors de la visite suivante de la DDPP, Jérôme n’était pas seul, car accompagné d’une de ses sœurs et de trois personnes de la Confédération paysanne. « Ce jour-là, on a presque tout remis à plat », se rappelle Agnès Vaillant, animatrice de la Confédération paysanne 71. « Il n’y avait que deux gendarmes, il sont partis avant la fin du contrôle parce que ça se passait bien », ajoute Marc Grozellier, l’un des syndicalistes présents.

« Il avait besoin de soins, et l’administration le savait »

Mais les tracasseries administratives n’étaient pas terminées pour autant. Les papiers permettant de reprendre les ventes de bovins ont mis des mois à arriver. Jérôme a continué de perdre pied, comme en témoigne une longue lettre envoyée début mai au Journal de Saône-et-Loire, qui en a publié des extraits. Il y écrit avoir alors pensé au suicide : « Muni d’une corde et d’un tabouret, je me mis en route en direction de la résidence de l’agent de la DDPP. » Et encore : « Moi l’Al Capone de l’élevage qui nécessite d’être mis sous le joug de huit gens en armes, moi le faussaire qui doit prouver ses déclarations par des tests ADN. »

Un désarroi identique à celui de nombreux agriculteurs, souligne d’ailleurs la Confédération paysanne dans un communiqué annonçant la mort tragique : « Nous mettons ici en question, l’absence de prise en compte de la détresse des hommes, souvent seuls dans leur ferme, confrontés à l’humiliation d’un contrôle qui peut parfois faire agir les paysans au-delà de la raison. »

Dans le cas de Jérôme Laronze, « il avait besoin de soins, et je suis en colère parce que l’administration le savait », dit Marc Grozellier. « On avait aussi alerté le maire de Trivy, la gendarmerie de Cluny », rappelle sa sœur Marie-Noëlle Laronze. Pourquoi la famille et la Confédération paysanne n’ont-elles pas été sollicitées pour le contrôle du 11 mai 2017 ? Seul Bernard Taton, agriculteur adhérent du syndicat, a eu un appel la veille. « Mais je partais à un enterrement, je n’ai pas compris, d’après ce qu’on m’a dit, que c’était pour le lendemain ! »

Mardi 20 juin, lors de la veillée pour Jérôme Laronze, à Mâcon.

Ce jour-là, les inspecteurs de la DDPP sont arrivés accompagnés de gendarmes. Combien ? On ne le sait pas encore exactement, probablement une dizaine. « Ils étaient d’une brigade spéciale, le peloton de surveillance et d’intervention », croit savoir sa sœur Marie-Noëlle. « Ils venaient faire l’inventaire des bovins afin de saisir le troupeau quelques jours plus tard », révèle-t-elle. Quand la tension est-elle montée ? Pourquoi a-t-il fui ? L’enquête est en cours. Pour la famille, il n’y a pas de doute, il y a à la fois eu bavure de la gendarmerie, et erreur de la DDPP de Saône-et-Loire. Cette dernière n’a d’ailleurs pas pipé mot depuis la mort de Jérôme Laronze.

Afin de pouvoir suivre l’enquête de près, et demander si nécessaire des investigations complémentaires, la famille de Jérôme et la Confédération paysanne ont décidé de se porter partie civile. Mardi soir, à la fin de la veillée, les personnes présentes avaient dessiné en lettres de lumière le prénom de Jérôme. Et elles se promettaient de revenir, en ce square de la Paix, à Mâcon, tous les 20 de chaque mois.

Avr072017

Notre action au Burkina Faso

Solidarité Burkina Faso

 

Depuis 2011, la Liaison des retraité(e)s SUD-Rail finance par les dons de ses adhérents un projet de construction de 3 classes en dur au Burkina Faso dans un village perdu (Koaré) à plus de 200 kms de la capitale Ouagadougou. Ce pays est un des plus pauvres de la planète et les problèmes de santé, d’accès à l’eau et d’éducation sont importants. Le fort taux de natalité, l’augmentation de la  scolarisation des filles font que les besoins en classes, en enseignants sont énormes et comme en France, les politiques ont toujours été plus préoccupés par leur enrichissement ou celui d’une minorité que par l’amélioration des conditions de vie de l’ensemble de la population.

Nous avons depuis l’initiation de cette action construit deux classes, la seconde venant d’être inaugurée en février 2017 en présence d’une délégation de retraités de notre fédération. Cette réussite, une goutte d’eau dans un océan de besoins, est une réalisation concrète de ce que tous ensemble nous sommes capables de réaliser en Solidarité avec un pays pauvre. Solidarité Internationale mais aussi dans notre pays pour des personnes dans le besoin, dans le malheur ou en attente d’un travail, d’un logement ou de papiers, telle est notre devise !

IMG_1022Dans notre quête aux dons, le Syndicat régional de Paris St Lazare est un exemple :

  • tous les congrès, les AG se font en présence d’un stand Burkina, les bénéfices allant à la construction de ces classes,
  • Le syndicat a instauré dès 2013 le versement de un euro une fois par an par adhérent, somme qui semble dérisoire mais qui représente 1000 € par an dans le financement de notre action.

D’autres syndicats versent sur des principes différents, certains ne le font pas et enfin quelques uns sont contre ce projet, c’est leur choix !

Le coût d’une classe est d’environ 9000€ auxquels il faut ajouter 1500€ d’équipement en tables/ bancs, bureau, armoires et fournitures scolaires.

Chaque euro versé est scrupuleusement reversé là-bas pour l’achat des matériaux, pour la main d’œuvre et le transport.

Chaque voyageur se rendant au Burkina pour une visite de l’école, une inauguration finance son voyage et tous les frais relatif à celui-ci.

Sans la participation active du Syndicat de Paris St Lazare, nous n’en serions pas encore à ce stade d’avancement. Ce financement ne concerne pas uniquement les retraité(e)s, les actifs peuvent aussi y participer à titre individuel

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La 3ème classe, c’est pour bientôt ! Vous pouvez y participer en faisant un chèque, au dos Solidarité Burkina à l’ordre de l’UFR SUD-Rail, adressé à la Fédération SUD-Rail , Liaisons Retraités , 17 Boulevard de la Libération, 93200 ST DENIS.

 

Avr052017

DES TRAINS DE FRET…ICI ET MAINTENANT !

 

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Nous étions près de 400 militant-e-s de SUD-Rail réunis le mardi 4 avril dernier à Ambérieu, dans l’Ain. Le choix de ce site était judicieux, car c’est un carrefour ferroviaire de premier ordre, à la jonction des lignes venant du Nord (Paris, Dijon…), allant vers le sud (Lyon, la Méditerranée), ainsi que sur les Alpes, la Suisse et surtout l’Italie. C’est l’axe fret par excellence sur le trajet Lyon-Turin, et de ce fait, il a été très tôt équipé d’un grand triage et d’un dépôt. Mais voilà, c’était avant, avant le libéralisme, les cars Macron, la dérèglementation des transports ; et donc le dépôt est un champ de ruines, le triage fonctionne au ralenti, servant uniquement de relais pour un maigre trafic fret où les privés ont pris le dessus sur l’opérateur historique, et les trois lignes qui se rejoignent, quoi que remarquablement équipées (électrification, garages actifs, installations de contre-sens, bloc automatique) sont hélas très loin d’être saturées. A preuve, lors des différentes interventions, et alors que nous étions à quelque mètres des voies principales, la voix des orateurs n’a été perturbée par aucun passage de trains de fret. On ne peut pas en dire autant du trafic incessant des camions sur les autoroutes environnantes. Seul le trafic TER apporte encore un peu d’animation en gare.

C’est pourquoi il y a urgence à agir pour remettre les trains de marchandises sur les rails sous-utilisés, et ce pour des impératifs économiques, sociaux, écologiques, sans oublier la sécurité que seul le rail peut offrir pleinement. Et ce sans attendre, ni même souhaiter, la réalisation de projets pharaoniques tels le tunnel de base Lyon-Turin, qui ne bénéficierait qu’aux actionnaires privés, pour un coût financier et écologique démesuré et qui ne serait supporté que par les citoyens. Le trafic existe, les installations aussi, alors, où est le problème, sinon le diktat des choix économiques et politiques uniquement guidés par le lobby routier. Des trains sur des rails, ici et maintenant, c’est possible, et c’est nécessaire! C’est ce que nous sommes venus crier avec force et conviction. Merci aux orateurs, tant syndicaux que politiques, merci aux organisateurs de cette journée qui redonne le moral, et un coup de chapeau à Daniel Ibanez, président de l’association contre le tunnel de base du Lyon-Turin, pour son érudition ferroviaire et ses propos lucides et pertinents.

 

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Mar202017

SOLIDARITE AVEC LE BURKINA

 

Inauguration de la deuxième Classe de Koaré

 

Le 04 février 2017 une délégation du syndicat SUD-Rail et de retraités dona-teurs pour la réalisation et construction de 3 classes d’enseignement primaire dans le secteur de Fada-N’gourma a été tout d’abord reçue par le chef du village puis par les autorités régionales du Burki-na Faso. Après les hommages et les sa-lutations de Monsieur le Maire de Fada-

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N’Gourma, Monsieur Jean Claude Loari, et celles de Monsieur le Député Idani-Omar, ceux-ci ont respectivement remercié l’ensemble de notre délégation et par de-là même l’action du Syndicat SUD-Rail et ses donateurs pour la réalisation et la construction de 3 classes à Kouaré ou Koaré (les deux se disent).

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La classe avant notre financement

 

Nous avons donc  inauguré la deuxième phase du projet de construction de cette école primaire avec la présence de Monsieur le Directeur de cette même école Théophile Coulidiati. Lors des différents discours Monsieur le Maire de Fada-N’Gourma a insisté sur le fait de la nécessité de construction d’un collège de proximité, argumentant notamment certaines difficultés pour

les filles de poursuivre leur enseignement après le primaire.

Monsieur le Maire dans son discours et face à la population du village annonce officiellement pour fin 2017 la construction d’un Lycée à Koaré ! Le financement sera donc réalisé par la région de Fada N’Gourma. Par la suite le représentant de la délégation SUD-Rail dans son discours a souligné également l’importance des relais locaux au Burkina Faso, qui constituent dans le projet global l’interface nécessaire à notre action de solidarité au Burkina Faso dans son ensemble. Notre représentant pour cela a remercié les personnes locales,  Philippe Ilboudo et son épouse Elise, tous les deux à l’origine du projet de construction de cette école primaire à Koaré et sans qui la réalisation aurait été difficile.

 

Cette construction de trois classes à Kouaré est aussi complétée par l’équipement de matériel de classe (bureaux, armoires, tableaux, tables banc pour les élèves) et une réserve de financement est déjà en place pour le dernier tiers du projet (la 3ème classe) qui reste à réaliser. Nous ne devons pas passer sous silence l’importance du Chef coutumier du village de Kouaré. Ce personnage est en effet la plus haute autorité du village et de ses alentours. Cette « chefferie » traditionnelle est très respectée par la population et les politiques. En effet, cette personnalité joue un immense rôle dans les médiations à tous les niveaux de la région et de la vie dans son ensemble pour toutes les ethnies du Burkina-Faso. Ce Chef dans cette région devant lequel tout le monde se prosterne nous remerciera par des offrandes (6 volailles) ce qui constitue un énorme sacrifice pour le village!

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 Pour que cela change et grâce à l’enseignement, donne-moi envie de me battre !

 

Le 06 février 2017, notre délégation retournera dans le village de Kouaré, pour cette fois ci offrir à la population et à son école primaire,des médicaments, stylos, cahiers, dictionnaires ballon de foot, vêtements.

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Lors de cette visite nous apprendrons que l’école que nous finançons comporte 190 élèves en primaire et 9 enseignants et que les rythmes de travail sont: les lundi, mardi, jeudi et vendredi de 7h30 à midi et de 14 h à 16h. Pour le mercredi de 7h30 à midi.

Après une visite complète du dispensaire et de la maternité de ce village de Kouaré et après avoir écouté les besoins de cet établissement par sa responsable, nous avons offert un sac de médicaments de premiers soins, et des vêtements de bébé.

La maternité et la structure hospitalière restent tout de même très vétustes dans leurs équipements ! Nous avons également été invités à nous rendre dans un autre secteur « Koapandi » qui dépend de Koaré. Son école primaire est aussi dans une extrême précarité et en dessous de tout ce que nous pouvions imaginer pour les 150 élèves de cette école sous paillotte en période de forte chaleur et sous la pluie en période d’hivernage. Malheureusement nous n’avons pas les moyens matériels de venir en aide à toutes les écoles dans cette situation, cependant notre action est déjà salutaire.

 

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Inutile donc de mentionner l’intérêt de notre projet et sa réalisation, les besoins sont immenses, et notre solidarité envers la population dans cette partie du globe démontre que nos valeurs ne s’arrêtent pas à nos frontièr es, mais qu’elles sont bien internationales.

 

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La deuxième classe après notre financement

Il est aussi important de souligner que notre délégation SUD-Rail (Gilles Le Loupp et sa femme Marie-Renée, Bernard Weckel,  Xavier Carreaud,  Georges Larrieu, Rémy Florenty et Françoise Faillières) ont tous financé leur voyage et leur séjour sur leurs propres deniers.

 Xavier Carreaud

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Mar192017

JUSTICE pour EDOUARD !

Environ 2000 personnes se sont réunies devant la gare St Lazare mercredi 15 mars dernier pour rendre un dernier hommage à Edouard, 42 ans, militant SUD-Rail, qui s’est jeté sous un train le vendredi d’avant. Poussé, devrait-on dire, au désespoir par sa hiérarchie SNCF revancharde et criminelle. C’est pour cela que nous étions déjà nombreux sur le même site en octobre 2016 pour lui apporter notre soutien entier et massif lors d’un conseil de discipline scandaleux et biaisé, avec un dossier à charge monté de toutes pièces. C’est lui qui était accusé, harcelé par sa direction parce que soi-disant « il parlait fort, il faisait peur ». Hélas c’est lui qui n’aura pas supporté ce harcèlement incessant, qui devait trouver sa finalité par un déplacement disciplinaire loin de son domicile, de ses collègues de travail, malgré l’avis défavorable du corps médical et notre soutien sans faille, avec l’issue fatale dont la SNCF porte l’entière responsabilité

Parmi la foule, nous étions de nombreux retraités SUD-Rail, de Paris comme de province, venus hurler notre colère, notre dégout, crier « plus jamais ça ! » afin que la peur change de camp. Après une minute de bruit (demande d’Edouard) et de nombreuses prises de parole, cette cérémonie empreinte de douleur et de dignité s’achevait par un jeter de roses sur la voie où la méchanceté d’une direction autiste l’a poussé à mettre fin à ses jours, pendant que les sifflets des rames banlieue exprimaient la solidarité de tous les cheminots présents.

Photos  rassemblement Edouard

https://drive.google.com/file/d/0B8m2p0Ixu8XJb0dwbndBbmRPZzg/view

 

Le billet d’Audrey Vernon  du 17 mars 2017 sur France Inter « Edouard ou la mort d’un cheminot… »

https://drive.google.com/file/d/0B8m2p0Ixu8XJb0dwbndBbmRPZzg/view

 

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Fév242017

Halte aux violences policières !

A Paris, des milliers de personnes demandent la fin des violences policières

20 février 2017 / par Emilie Massemin (Reporterre)

Samedi 18 février, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées à Paris pour témoigner de leur soutien à Théo et dénoncer les violences policières. Le constat est unanime : la police tue, en toute impunité.

 

Paris, reportage

Ils étaient 2.300 selon la police, 4.000 à 5.000 selon les organisateurs, a avoir bravé le barrage de CRS pour participer au rassemblement contre les violences policières, samedi à 15 heures place de la République, à Paris. Cette mobilisation de soutien à Théo, violé par la matraque télescopique maniée par un policier lors d’une interpellation le 2 février à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a été organisé par des associations antiracistes (SOS Racisme, Cran, Ligue des droits de l’Homme, Mrap…), des syndicats (CFDT, CGT, FSU), des organisations lycéennes et étudiantes (Fidl, Unef, UNL, Fage…), auxquelles s’est associé le Syndicat de la magistrature.

Omar Slaouti, du collectif du 19 mars, brandit une bannière « Urgence, notre police assassine » avec ses amis. Il n’est pas venu par adhésion pour les associations organisatrices, mais pour défendre les victimes et leurs familles et « faire s’exprimer la voix des invisibles ». Son organisation œuvre pour que justice soit faite à Ali Ziri, un retraité de 69 ans mort le 9 juin 2009 à l’hôpital d’Argenteuil (Val-d’Oise), après être tombé dans le coma pendant sa garde à vue. « La procédure contre le policier a débouché sur un non-lieu alors qu’on a retrouvé vingt-sept hématomes sur le corps de la victime et que le rapport médico-légal explique le décès par une technique d’immobilisation typique employée par la police, dénonce le militant. On estime qu’il ne s’agit pas de bavures mais de violences quasi structurelles commises en toute impunité. »

fotosOmar Slaouti : « Il ne s’agit pas de bavures, mais de violences quasi-structurelles commises en toute impunité 

Au nord-ouest de la place, les prises de parole officielles s’enchaînent sur une petite estrade. Louis-George Tin, du Conseil représentatif des associations noires (Cran), énumère la longue liste « des jeunes gens maltraités, tabassés, trucidés » par les forces de l’ordre. « Chaque mois, un jeune, souvent noir ou arabe, décède de manière suspecte dans un contexte policier. Le plus souvent, les policiers coupables s’en sortent sans encombre, souligne-t-il. Amnesty international a appelé ça la culture de l’impunité. Il est temps que cela cesse ! »

Mais le pouvoir reste inflexible : comme le rapporte un représentant du syndicat des avocats de France, « cette semaine a été votée à l’Assemblée nationale une nouvelle loi sur la sécurité publique, obtenue par quelques policiers séditieux à la tête de manifestations non autorisées. Elle permet à certains policiers de rester anonymes dans les procès-verbaux et autorise les policiers à tirer sans qu’il y ait de péril imminent. » Et de souligner, sous les applaudissements, l’injustice flagrante entre le traitement accordé aux forces de l’ordre et celui infligé aux habitants des quartiers populaires et aux manifestants : « Nous-mêmes ici nous n’obtenons rien, même pas de récépissé alors qu’il s’agissait d’une promesse électorale. Nous voulons une égalité devant la justice ! »

Cette injustice, Emmanuel Gordien, du Comité marche du 23 juin 1998 (CM98), l’a vécue personnellement. « Il y a 38 ans, en février 1979, mon frère Jacques, 20 ans, rentrait tranquillement le soir après ses cours quand quatre policiers l’ont interpellé à la station Stalingrad. Dans un sous-sol du métro, ils lui ont dit de se déshabiller. Quand il a été tout nu, il a reçu des gifles, on l’a frappé avec une serviette mouillée, à plusieurs reprises. Mon frère, qui était étudiant ingénieur, a abandonné ses études. Il a dit qu’il ne se sentait pas chez lui en métropole, et il est parti en Guadeloupe dès le mois de juin. »

Document4Emmanuel Gordien : « Quand mon frère a été nu, il a reçu des gifles, on l’a frappé avec une serviette mouillée »

Un témoignage glaçant, accueilli par un tumulte de cris de colère. « Alors on fait quoi ? On fait des bisous ? », s’énerve un grand type noir, encouragé par les huées. Au milieu de la foule, un groupe de jeunes encapuchés, aux visages couverts d’écharpes et de foulards, lance un choeur de « Tout le monde déteste la police ! Tout le monde déteste la police ! » et chahute Abdoulaye Diarra, vice-président de l’Unef, pendant son allocution.

« Des policiers tuent, mentent et criminalisent la victime à titre posthume »

Il faut attendre l’intervention d’Amal Bentounsi pour qu’un calme relatif revienne. La fondatrice du collectif Urgence notre police assassine revient sur la mort de son frère Amine, 28 ans, tué d’une balle dans le dos par un policier à Noisy-le-Sec en avril 2012. « Le processus est exactement le même à chaque fois : des policiers tuent, mentent et criminalisent la victime à titre posthume ! Damien Saboundjian a d’abord menti en essayant de nous faire croire qu’Amine était un braqueur et le menaçait d’une arme, avant qu’on découvre qu’il lui avait tiré dans le dos. Malgré ça, Jean-Marc Hellere, le même magistrat qui avait prononcé un non-lieu dans l’affaire d’Ali Ziri, a influencé les jurés pour acquitter le policier au nom de la légitime défense », se révolte-t-elle. Le feuilleton judiciaire n’est toutefois pas terminé : « Un procureur a décidé de faire appel de cette décision, en disant que si ce policier n’était pas condamné, autant lui accorder un permis de tuer. » Le procès en appel aura lieu du 6 au 10 mars.

4Amal Bentounsi : « Le processus est toujours : des policiers tuent, puis criminalisent la victime »

Franco Lollia, de la brigade anti-négrophobie, proteste quant à lui contre « l’appellation de casseurs en parlant de manifestations contre l’injustice. Alors que quand des agriculteurs lancent des pneus enflammés sur les CRS, on les appelle des manifestants ! Nous exigeons que nos révoltes soient reconnues comme légitimes ».

Malgré ces témoignages poignants, Radija refuse de se laisser abattre. « Je suis maman d’un enfant de 16 ans. Dans notre banlieue des Ulis, en Essonne, l’affaire Théo a entraîne des incidents. Il y a un sentiment d’injustice très fort. C’est pour ça que nous avons décidé, en tant que papas et mamans, de descendre dans les rues pour appeler au calme », explique cette agent de sécurité incendie en montrant sa pancarte « les mamans de banlieue pour la justice et la paix ». Longtemps militante à SOS Racisme, elle a quitté l’association, puis s’en est récemment rapprochée. « Le rôle des organisations est important, pour créer un observatoire de ce qui se passe et faire des propositions pour avancer. »

6Radija : « Nous avons décidé, en tant que mamans et papas, de descendre dans les rues pour appeler au calme »

« La question des violences policières va être centrale à l’élection présidentielle »

Sabrina ne partage pas cet enthousiasme pour l’action des grandes organisations anti-racistes. « Ce rassemblement est une mascarade, gronde-t-elle en regardant les derniers drapeaux s’éloigner au fur et à mesure que se vide la place. Aucune famille de victime n’était invitée, ni la famille de Théo, ni celle d’Adama Traoré, ni celle d’Amine Dieng, alors qu’elles ont des choses à dire et sont légitimes à le faire. Amal Bentounsi s’est imposée de force sur l’estrade. » Elle appelle néanmoins à un rassemblement massif pour la marche du 19 mars prochain pour la justice et la dignité. « Avec ce qui s’est passé pour Adama Traoré et Théo, cette question des violences policières va être centrale dans l’élection présidentielle, prédit-elle. Les politiques vont devoir se positionner. Le seul à l’avoir fait pour l’instant est Benoît Hamon – un peu. François Hollande, qui est allé au chevet de Théo, peut refuser de signer le décret d’application de la nouvelle loi sur la sécurité publique, pour qu’elle ne soit jamais appliquée. »

5Sabrina : « Les politiques vont devoir se positionner sur les violences policières »

Mourad, réalisateur de documentaires, acquiesce gravement. « Un de mes oncles a été jeté dans la Seine par des policiers en 1961, témoigne-t-il. Le gouvernement explique tout par l’état d’urgence, mais ça ne justifie rien. On ne peut pas accepter que des personnes soient tuées ou mutilées par des agents dépositaires de l’autorité publique. »

Soulé et son fils Abdoul, 14 ans, [photo de tête de l’article] regardent s’envoler les fumigènes et les bâtons contre les lignes de CRS. « On est venus protester parce qu’on ne trouve pas normal que la police se croit tout permis », lâche Abdoul. Lui-même, qui habite aux Ulis, observe « parfois des tensions entre les jeunes et la police, mais rien de très grave ». Soulé est néanmoins préoccupé. « Quand on voit comment la police traite les jeunes des quartiers issus de l’immigration… Du coup, on en parle en famille, pour prémunir nos enfants. Ce n’est pas normal de devoir parler de ça, mais malheureusement ça fait partie de l’éducation. » Pour lui, rien ne sera réglé tant que les mentalités n’auront pas évolué, notamment en matière de racisme. « Quand on voit un syndicaliste dire que l’insulte Bamboula est convenable, pas si grave que ça, on est exaspéré, soupire-t-il. C’est normal qu’on ait peur »

 

Jan122017

Transports : La route progresse au détriment du rail

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Une étude sur vingt-cinq ans des modes d’acheminement des marchandises souligne la difficulté à faire croître le ferroviaire et le fluvial

Malgré les engagements fermes des différents gouvernements depuis le Grenelle de l’environnement (2007) en faveur du développement des modes de transport « doux », fluvial et ferroviaire, le routier progresse. Pour les marchandises et les voyageurs, près de 90  % du transport se fait par la route, explique le Commissariat général au développement durable (CGDD), qui dépend du ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer, dans une étude, « Les infrastructures linéaires de transport : évolution depuis 25 ans », publiée le 3  janvier.

Si les chiffres relatifs aux transports en France sont publiés chaque année dans le cadre des comptes des transports de la nation présentés à l’Assemblée nationale, cette étude réalisée par le service de l’observation et des statistiques permet de montrer l’évolution sur un quart de siècle. Et celle-ci ne va pas dans le sens du report modal destiné à permettre le passage sur rail et sur fleuve du fret.
Fin de la sidérurgie
Depuis vingt-cinq ans, le transport de marchandises s’est développé essentiellement sur les infrastructures routières, en dépit de la loi d’août  2009 de mise en œuvre des engagements du Grenelle de l’environnement, qui avait fixé l’objectif, d’ici à 2020, d’augmenter à 23  % la part du transport non routier et non aérien de marchandises. En  2007, les transports alternatifs à la route représentaient 12,8  % du transport terrestre intérieur de marchandises. Huit ans plus tard, ce pourcentage n’atteint que 12,9  % (2,3  % pour le fluvial et 10,6  % pour le ferroviaire). Ces modes représentaient 23,2  % du fret en  1990.

La fin de la sidérurgie et du charbon et la crise économique de 2008 peuvent expliquer la baisse du recours au fluvial et au ferroviaire, très utilisés pour transporter les minerais et les matériaux lourds.” Le ferroviaire n’a pas gagné de parts par rapport à la route, résume Véronique -Paquel, économiste à la sous-direction des statistiques des -transports. Au total, en vingt-cinq ans, le transport routier de marchandises, mesuré en tonne-kilomètre, s’est accru de 44  %, le fluvial de 4  %, quand le ferroviaire baissait de 34  %. “

Ce recul s’explique notamment par les prix bas des carburants ces dernières années ainsi que par l’abandon de l’écotaxe, le dispositif destiné à taxer les camions sur les routes. « Quand on transporte des marchandises par le rail, on doit payer l’électricité, le service du transport, l’amortissement de

Août022016

NDDL

             BILAN MORAL

NOTRE DAME DES LANDES 2016

–          Météo excellente les 09 et 10 juillet

–          Importante présence militante sur notre stand (environ 25 bénévoles)

–          Nous avons servis environ 1900 repas et vendu 200l de St Emilion Bio

–          Nous avons croisé et débattu avec de nombreux militants d’associations, de syndicats et mouvements politiques

–          Il faut souligner cette année encore la participation financière solidaire du syndicat Sud-Rail de Paris St Lazare d’un montant de 1538 € correspondant à la location d’un fourgon de 20m3, ainsi que du règlement du gazole et des péages d’autoroutes.

–          Une fois de plus notre présence a été remarquée et appréciée par la coordination des opposants au projet de Notre Dame des Landes

 

BILAN FINANCIER

 

RECETTES……………………………11 238,00 €

 

Dont 3000 € de contribution solidaires des syndicats de la fédération Sud-Rail

Dont 600 € de restauration des bénévoles intervenants sur le stand

 

DEPENSES……………………………7019,00 €

 

Nous avons réglé pour le compte de l’ACIPA 30 factures, dont le détail est à la disposition de tous au syndicat de Paris St Lazare

 

BENEFICES…………………………..4219,00 €

 

Dès le 11 juillet et au matin nous avons remis 4000 € en espèces à l’ACIPA et nous leur avons fait parvenir par voie postale le 25 juillet, un chèque d’un montant de 219,00 €.

 

 

Paris le 25 juillet 2016