Une «marche des salopes» s’invite à la fête catholique à Rio

Le Monde 27 juillet 2013

Brandissant des affiches proclamant «Retire ta croix de mon utérus !», un millier de personnes ont manifesté samedi à Rio en faveur de l’avortement et du mariage gay sur la plage de Copacabana, devant des milliers de jeunes pèlerins catholiques.

Dans cette «marche des salopes» convoquée sur Internet, se mélangeaient des hommes vêtus en femmes et des femmes en soutien-gorge, short et talons aiguilles, la bouche maquillée en rouge vif. Des milliers de pèlerins qui affluaient sur la plage pour participer à la veillée géante de prières avant la messe de clôture, dimanche, des Journées mondiales de la jeunesse, ont croisé la manifestation, certains atterrés.clip_image001

«Nous croyons que le pape a les moyens d’utiliser toute cette solidarité qu’il dit éprouver pour considérer les femmes comme ses égales», a déclaré à l’AFP Gisèle Barbosa, une professeur d’histoire de 31 ans, du mouvement «Catholiques pour le droit de décider !» qui défend l’avortement. Sur les trottoirs aux petits pavés noirs et blancs du bord de mer gisaient des morceaux de crucifix cassés par les manifestants.

Certains pèlerins ramassent outrés les morceaux de bois : «c’est absurde; ils ne peuvent pas nous manquer de respect comme ça !», dit une jeune femme. «Nous voulons montrer à tous ceux qui ont les yeux tournés vers le Brésil à cause du pape que c’est un pays où les femmes ont très peu de droits, où il semble normal de se faire agresser et où l’avortement est loin d’être garanti», déclare Ana Carolina Castro, 24 ans, en short et talons hauts.

Gabriela Mayall, 25 ans, est venue avec sa fille Flora, âgée de 4 ans, participer à la marche qui devait aller jusqu’à la plage d’Ipanema. «Elle doit voir que ce monde est plein d’injustice contre les femmes, que les petites filles ne sont pas seulement des princesses», dit-elle.

Habillé en femme avec un collier de perles, Erick Araujo manifeste en faveur des droits de la femme. «L’oppression qui existe depuis toujours doit avoir une limite; nous sommes en 2013 et les femmes luttent pour la même chose depuis 1960», déplore-t-il.

Pour l’heure, l’avortement, est seulement autorisé au Brésil en cas de viol jusqu’à huit semaines de grossesse ou quand la vie de la mère est en danger.

 

Monsanto au centre d’une nouvelle bataille juridique en France

Le Monde.fr | 12.06.2013

 

C’est un nouveau revers contre Monsanto en France. Le tribunal administratif de Montpellier a suspendu, mardi 11 juin, les travaux d’extension d’une usine de production de semences du géant américain dans la ville de Trèbes (Aude). Un site régulièrement visé par les collectifs anti-OGM qui le soupçonnent de produire des graines génétiquement modifiées.

L’entreprise, implantée dans la commune depuis 1997 sur une zone de 7 hectares (avec une capacité de stockage de 24 000 m3), projettait d’étendre ses installations de production et de conditionnement de semences de maïs et de colza sur 2 hectares supplémentaires, pour un investissement de 50 millions d’euros, en raison d’“une croissance de la demande du marché”.

Depuis janvier, elle avait commencé les opérations de terrassement puis, en mai, les travaux de construction d’une soixantaine de nouveaux silos et séchoirs, après avoir obtenu un permis de construire de la mairie. En tant qu’installation classée pour la protection de l’environnement (IPCE), elle devait ensuite obtenir de la préfecture une autorisation d’exploitation avec enquête publique, pour une deuxième phase de travaux prévus d’ici la fin de 2014, visant à créer une nouvelle unité de traitement des semences et une nouvelle unité d’ensachage et de stockage.

NON-RESPECT DES HAUTEURS RÉGLEMENTAIRES

La justice, qui a statué en référé, a stoppé le chantier au motif d’un non-respect des hauteurs réglementaires des bâtiments en construction – le plan local d’urbanisme prévoit un maximum de 15 mètres. Le tribunal va maintenant examiner le dossier de demande d’annulation du permis de construire. La multinationale, de son côté, n’a pas encore décidé si elle ferait appel du jugement devant le Conseil d’Etat.

“C’est une victoire pour les riverains, susceptible de remettre en cause l’ensemble du projet ou au minimum le bloquer pendant une longue période, se réjouit Me Hélène Bras, avocate des riverains, constitués en association, à l’origine du référé – et par ailleurs avocate de José Bové, député européen et fer de lance du mouvement anti-OGM. Les riverains sont très incommodés par cet énorme site industriel qui arrive maintenant au fond de leur jardin.”

 

“Le bruit, la poussière et les odeurs sont incessants, sans compter les pelures de graines qui se déposent partout”, témoigne Marie-Thérèse Viburni, dont le jardin donne sur le chantier. Quand cette retraitée a acheté, il y a un peu plus de deux ans, une maison dans la zone pavillonnaire du Caïrat, alors séparée de l’usine par un terrain vague, elle ne savait pas que l’entreprise comptait étendre son site. “On a vu Monsanto racheter progressivement les terrains autour de l’usine, mais c’était officiellement pour limiter les nuisances. La mairie s’est bien gardée de nous informer des projets d’extension. Sans ça, je n’aurais jamais acheté là, soupire-t-elle. En cas de problème dans l’usine, on sera aux premières loges…”

CRAINTES SUR LES OGM

Mais si le site de Monsanto suscite tant de craintes et d’oppositions, c’est moins en raison de son caractère industriel que de la question controversée des OGM. Officiellement, l’usine, l’une des plus grosses d’Europe, produit chaque année des dizaines de milliers de tonnes de semences traditionnelles, pour moitié à destination de la France, et pour l’autre vers une trentaine de pays de l’Union européenne (essentiellement l’Espagne et le Portugal), d’Europe de l’Est et du Moyen-Orient.

Toutefois, lors d’une intrusion sur le site, en janvier 2012, des militants anti-OGM avaient découvert des sacs de maïs OGM MON 810 – interdit à la culture en France depuis le 18 mars 2012 – ainsi que des réserves de Poncho, l’un des insecticides systémiques de Monsanto dont l’utilisation est elle aussi prohibée dans l’Hexagone – et dont le principe actif, la clothianidine, sera interdit à partir de décembre dans l’Union européenne en raison de ses effets sur les abeilles.

“Notre site est habilité à produire, stocker et faire transiter des semences OGM. Il y a eu une production de maïs MON 810, notamment destinée à l’Espagne, mais nous l’avons stoppée l’an dernier afin de ne pas exposer nos salariés à des actions violentes de militants anti-OGM”, rétorque Yann Fichet, directeur des affaires institutionnelles de Monsanto France. Nous utilisons les produits chimiques autorisés dans les pays destinataires de nos semences.”

AGRICULTEURS SOUS CONTRAT

Les affirmations de l’entreprise ne rassurent pas les ONG. “La stratégie de Monsanto est de s’implanter petit à petit quelque part. On craint qu’ils distribuent des échantillons de semences OGM aux agriculteurs de la région et qu’ils finissent par nous contaminer”, explique Michel David, responsable départemental et national de la Confédération paysanne, qui a participé à de nombreuses actions contre le site, notamment en mai, lors de l’appel international contre Monsanto.

 

Pour fabriquer ses semences, l’entreprise a passé des contrats avec des agriculteurs locaux – entre 1 000 et 2 000 selon Monsanto. Les graines sont semées dans leurs champs, avant d’être récoltées, séchées, calibrées, nettoyées et enfin traitées, c’est-à-dire enrobées de pesticides ou insecticides.


 

Les 500 plus fortunés de France se sont enrichis de 25% en un an !

Le Monde.fr 10.07.2013

Les 500 premières fortunes de France ne connaissent pas la crise et ont même vu leur richesse globale augmenter de près d’un quart en un an, rapporte l’hebdomadaire Challenges à paraître jeudi 11 juillet.

Leur richesse cumulée s’établit désormais à 330 milliards d’euros et n’a jamais été aussi élevé depuis 1996, année où Challenges a lancé le classement des “500”. Elle a quadruplé en une décennie et représente 16 % du produit intérieur brut du pays. Elle compte aussi pour 10 % du patrimoine financier des Français, “soit un dixième de la richesse entre les mains d’un cent-millième de la population”, affirme Challenges.

Ce groupe de 500 compte 55 milliardaires, soit 10 de plus que l’année dernière, précise l’hebdomadaire. Le plus petit des 445 millionnaires affiche, pour sa part, quelque 64 millions d’euros de patrimoine.

Et la tendance ne semble pas faiblir. Les dix premiers du classement ont vu leur fortune croître de 30 milliards en douze mois, à 135 milliards (40 % du total). Une embellie qui permet même aux riches français de s’inscrire dans le nouveau palmarès des 100 premières fortunes européennes, publié par le magazine suisse Bilan.

ARNAULT, BETTENCOURT, MULLIEZ…

En tête de liste, Bernard Arnault, PDG de LVMH, affiche une fortune de 24,3 milliards d’euros, en hausse de 3,1 milliards. Il est suivi de l’héritière de L’Oréal, Liliane Bettencourt, avec une fortune de 23,2 milliards, qui a fait un bond de 7,9 milliards d’euros. Gérard Mulliez, du groupe de distribution Auchan, arrive non loin derrière, avec 19 milliards (+ 1 milliard), suivi de Bertrand Puech (Hermès), dont la richesse s’est maintenue à 17,4 milliards.

Les suivants sont Serge Dassault, du groupe industriel Marcel Dassault (12,8 milliards d’euros), François Pinault (Kering, 11 milliards), Vincent Bolloré (Bolloré, 8 milliards), le “roi de la bière et du vin”, Pierre Castel (7 milliards) , qui fait cette année son entrée dans le top 10, Alain Wertheimer de Chanel (7 milliards) est lui aussi un nouveau membre du club des 10.

Enfin, le dernier du top 10 est le fondateur de l’opérateur Free, Xavier Niel, entré dans le classement des 500 plus grandes fortunes de France en 2003 avec 80 millions d’euros et qui pèse actuellement plus de 70 fois plus (5,9 milliards).

 

 

Forum Social Mondial: Tunis 2013

Déclaration de Tunis : assemblée de convergence sur la protection sociale

Les participants réunis dans le cadre de l’assemblée de convergence sur la protection sociale, à Tunis le 30 mars 2013 Après avoir revu les développements sur le plan international à partir de Porto Alegre et les divers forums sur la santé et la protection sociale et sur les impacts des politiques néolibérales pour l’accès à la protection sociale et aux services de santé

Après avoir examiné les initiatives prises par les organisations du système des Nations Unies et par certaines institutions internationales et régionales, politiques et financières en matière de l’accès universel aux services sociaux et en matière du socle de protection sociale, Affirment:

  1. L’attachement au droit humain à la protection sociale et aux soins de santé qui doit être promu par les organisations internationales, protégés dans les institutions nationales et garantis par les États. L’approche par les droits – individuels et collectifs – doit prévaloir dans les débats aux divers niveaux (international, régional, national, local);
  2. Le soutien critique aux organismes des Nations Unies qui défendent l’accès universel mais soulignent que la protection sociale ne doit pas être au service des politiques néolibérales et du marché. La conception de la couverture universelle doit être globale, incluant les diverses dimensions politiques, sociales, économiques et écologiques ainsi que la dimension de genre;
  3. Le soutien aux initiatives visant à impliquer les populations concernées dans le choix visant la protection sociale à travers une éducation et une prise de conscience politique;
  4. Que le problème écologique constitue un déterminant fondamental de la santé et doit être abordé de façon prioritaire
  5. Que la pauvreté, en tant que rapport social, représente un déterminant social de la maladie et de l’exclusion et doit être considérée comme illégal par les diverses juridictions;
  6. Que la marchandisation des services publics, renforcée par les politiques néolibérales représente une menace pour l’accès à la santé, aux divers services sociaux et à la protection sanitaire;
  7. Que la proposition d’un revenu de base inconditionnel, indépendamment de son âge, de ses origines, de son lieu de résidence, de sa profession, etc. doit être examinée de façon urgente;
  8. Qu’un des moyens d’assurer la protection sociale de la population est d’assurer à toutes et à tous l’accès à la syndicalisation, de revendiquer le droit d’association et le pluralisme syndical;
  9. Que l’amélioration des droits des travailleuses et des travailleurs, que ce soit dans le secteur formel ou informel, ainsi que dans le secteur domestique, ont toujours un effet positif sur l’ensemble de la population; Lire la suite »

De nos jours, même les Papes veulent faire la révolution.

Aur̩lie Vialette РThe Ohio State University

Les annonces du Pape François ne cessent de surprendre. Voilà un chef d’Etat qui se fait à manger, refuse d’habiter dans ses appartements et n’utilise pas la papamobile –il roule en jeep décapotable sur la place Saint Pierre… serait-ce pour rester fidèle à son opposition sur le sujet de la capote ? Trèves de plaisanteries, son apparente simplicité n’est pas sans implications pour le politique et le social, tout particulièrement en ce qui concerne la lutte de l’individu pour ses droits sociaux.

Dire que l’on souhaite une église pauvre pour les pauvres n’équivaut pas à la mettre en œuvre. Pour l’instant, les actions de Jorge Mario Bergoglio ne sont qu’un souffle parmi les nombreuses tempêtes internationales dont l’objectif a été de redistribuer l’ordre social tout particulièrement en ce moment, lorsque nous commémorons les printemps arabes, le 15M (les indignés) en Espagne, le mouvement « Occupy » aux Etats-Unis, et voyons les citoyens descendre dans la rue afin d’apporter leur soutien aux droits des familles dont les parents sont homosexuels. Néanmoins, ce souffle papal a des répercussions qui peuvent être de grande ampleur dans l’imaginaire social international.

D’une part, il présente le chef de l’église comme un élément qui s’ajoute aux mouvements de protestations peuplant la planète depuis la crise économique de 2008. Il fait de l’Eglise un groupe social parmi tant d’autres, qui se voit affecté par le capitalisme et les modes de vie outrageux des hommes d’Etat et de leurs représentants.

D’autre part, il établit un chef d’Etat, le Pape, comme étant le premier à montrer, face aux médias tout du moins, l’exemple concret d’une certaine redistribution du fonctionnement des hiérarchies sociales que les indignés, les occupants, les anonymes demandent aux dirigeants politiques.

L’idée de redistribution des actes de la vie quotidienne n’est pas une nouveauté dans le discours d’un homme politique. Le dernier en date est certainement le président français, François Hollande, dont la campagne a reposé sur la construction d’un chef de l’Etat normal, qui se rapprocherait le plus possible de ses concitoyens électeurs par son mode de vie et son usage des transports en commun. Les médias ne cessaient de se demander, après son élection, si le président pourrait tenir ses promesses de normalité, mais Le Parisien a annoncé en janvier que, hélas, le président normal ne voyage plus en train (http://www.leparisien.fr/politique/le-president-normal-ne-voyage-plus-en-train-26-01-2013-2514347.php).

Alors que l’Espagne proteste sans cesse contre les expulsions des propriétaires endettées par la crise, l’Eglise continue à être la propriétaire des plus beaux palais du monde. Alors qu’en France et aux Etats-Unis le débat sur les droits des homosexuels fait fureur, que le Sida se répand à nouveau en Afrique, que les viols font la une des journaux dans le monde entier, les idées du Pape pour la famille traditionnelle, contre l’avortement ou l’usage du préservatif restent dans l’opinion publique comme des ramifications presque anodines face aux grands mouvements que sa Sainteté met en marche afin de réformer le fonctionnement de l’Eglise. Et il est là le problème. Cette réforme de l’Eglise n’a pas pour but d’en faire une institution adaptée à notre époque. Au contraire, elle n’est qu’un subterfuge afin de mieux imposer cette grande machinerie de pouvoir traditionnel qu’elle représente. Le subterfuge est mis en place grâce à l’usage d’un procédé qui, traditionnellement, est réservé aux mouvements de protestations : la rue. Que l’Eglise descende dans la rue, voilà le message que le Pape a transmis en ce jeudi saint. Que l’Eglise occupe la rue elle aussi, afin d’acquérir une nouvelle visibilité.

La révolution du Pape enlève tout crédit aux vrais mouvements de réforme et libération qui, eux, restent actifs mais se retrouvent noyés face à ce subterfuge organisé par le haut. L’action révolutionnaire, dont le principe est de produire des espaces urbains de revendications pour les plus faibles, se voit maintenant ramenée au même niveau que l’une des Institutions les plus puissantes du monde.

La révolution du Pape n’en est pas une. Sa descente dans la rue ne veut pas dire qu’il épouse les coutumes du peuple, qui lui, reste en bas de l’échelle, sans possibilité de gravir les échelons que sa Sainteté peut parcourir avec aise. Que le Pape n’utilise pas la papamobile ou lave les pieds de certains détenus (qui après cela le resteront, avec les pieds propres cependant) ne veut pas dire que le peuple accède à de meilleurs modes de vie. La descente dans la rue n’a d’autre but que de désactiver les processus de solidarité et de manifestations sociales qui apparaissent et se transforme dans la rue, et sont, eux oui, le germe d’une redéfinition des structures sociales construites par le système capitaliste.

Sa révolution n’en est pas une !

 

Aurélie Vialette – The Ohio State University

 

Non à l’austérité accrue pour les retraités

COMMUNIQUE DE L’UNIRS

Le Président de la République annonce l’austérité pour une grande majorité de la population et la baisse du pouvoir d’achat des retraité-es, actuels et nouveaux.

Augmenter la durée de cotisation ? C’est décider une baisse de la pension des futurs retraités. Selon le rapport du COR du 22 janvier 2013 (page 80), les pensions sont calculée, aujourd’hui et demain, sur une durée moyenne de cotisation de 37 ans : les calculer sur une durée de plus en plus longue diminue la pension du futur retraité.

Une évolution des pensions inférieure à l’inflation ? Depuis 1993 pour le privé, 2003 pour les fonctionnaires, 2008 pour les régimes spéciaux, les pensions ne sont plus indexés sur le salaire moyen qui augmente plus que l’inflation et perdent du pouvoir d’achat : plus de 20% depuis 1994.

Pourtant les statistiques de ce même gouvernement montrent que :
– la pension moyenne est aujourd’hui de 1 216 € (et de seulement 899 pour les femmes), soit 23% de moins que le salaire moyen. Et la moitié des nouveaux retraités, victimes des contre-réformes depuis 1993, auront moins de 850 €, donc en dessous du seuil de pauvreté,
– 17% des retraités survivent avec moins de 600 €,
– chaque année, près de la moitié des nouveaux retraités ont une pension tellement faible qu’elle est portée au  minimum contributif qui est au maximum de 665 € si toutes les années ont été cotisées.

Et cette situation se dégrade rapidement sous l’effet des contre-réformes cumulatives, nous en voyons déjà les effets, cités par la Cour des Comptes :
– les retraités recevant une allocation du fait d’une faible pension ont connu une baisse de 5% de leur pension en 7 ans,
– le montant moyen des pensions de base du régime général, versées aux allocataires à la carrière incomplète touchant le minimum vieillesse, est passé de 314 € en 2006 à 294 € en 2010.
Et ces évolutions dramatiques ne peuvent que s’amplifier avec l’arrivée en retraite de salariés ayant connu des carrières incomplètes, cas de plus en plus fréquent avec le développement du chômage et de la précarité depuis près de trente ans.

L’Union syndicale Solidaires dit non à l’austérité, y compris pour les personnes retraitées, non à des mesures spécifiques les visant et oui à une réforme fiscale globale faisant participer effectivement, et de façon progressive, tous les revenus et tous les patrimoines importants.

Nous appelons tou-tes les retraité-es à manifester mardi 9 avril 2013 pour le rappeler au gouvernement.

DE LA NEIGE…OU DE LA POUDRE AUX YEUX ?

Une  chose  est  sûre,  c’est qu’on  ne  s’ennuie  pas  en retraite.  Il  suffit  d’allumer son  poste  de  télévision  ou  une radio pour qu’une information plus incroyable,  plus  époustouflante chasse chaque jour la précédente.
Un scoop parmi d’autres : il neige en hiver, et c’est 20 minutes de palabres  sur  les  conditions  atmosphériques  entre  deux  annonces de fermetures d’usine, de licenciements,  d’augmentation  des prix ou des taxes. Marre des intempéries et du froid ?

Un scoop : tempête de sable à Gao ou à Tombouctou, où la France, à défaut de remporter des victoires su le front du  chômage,  réussit  à  chasser (provisoirement  ?)  les  obscurantistes qui oppriment les peuples du Sahel,  et  particulièrement  les femmes. Avec les religions, on ne s’ennuie décidément pas : nous venons  d’apprendre  le  départ  en retraite à 85 ans du PDG du Vatican au bout de seulement 8 ans de cotisations. Là encore, les médias en font des tonnes en réservant la quasi-totalité du journal télévisé sur les chaînes publiques, à grand renfort  de  consultants    auxquels  on donne  du  «  Monseigneur  »  avec déférence.  Vive  la  laïcité  sur  les chaines publiques !

S i ce genre d’informations prémâchées vous gave, passez à  table.  Grâce  à  Findus, Spanghero et autres consorts européens, champions de la traçabilité,  bon  appétit.  Miracle  !  Ils  ont réussi  à  transformer  le  bœuf  en cheval, et les consommateurs en pigeons ! Tout ça au nom d’une Europe de la libre concurrence  et du  marché  unique  pour  le  plus grand bien du cochon de payant.

Nous prendrait-on pour des moutons ?

Pendant  que  cette  comédie sans  cesse  renouvelée amuse  le  bon  peuple,  les salariés et les retraités continuent de trinquer au nom de la nécessaire austérité, seule garante du bonheur  collectif.  Après  Goodyear, Petroplus, Florange, (et on en oublie !) Peugeot annonce des pertes record, et c’est le personnel qui paiera les pots cassés, pas  les  actionnaires  ni  les  dirigeants, confortés dans leurs fonctions,  efficacité  oblige.  Et  toute cette farce grinçante ne peut malheureusement  que  se  terminer par des drames, à preuve la dernière affaire sordide d’un chômeur en fin de droits qui s’immole par le feu  devant  le  pôle  emploi  de Nantes. Si nous ne faisons rien pour combattre enfin cette dérive ultra-libérale  qui  pervertit  la  société  entière,  ce  genre  de  faits dramatique  risque  de  devenir hélas courant. Pour nous, il n’y a rien  à  espérer  de  cette  Europe ultra-capitaliste et anti-démocratique, soutenue par les gouvernements  complices  des  27  états membres,  quelle  que  soit  leur « couleur » politique bien délavée.

Aux  citoyens  de  s’emparer d’une salutaire réaction avant que nous soyons tous plumés

Grands projets inutiles ?

Du site BASTA : http://www.bastamag.net/article2848.html

Lyon-Turin : comment Hollande s’apprête à dépenser 11 milliards pour que les businessmen prennent le train

Par Sophie Chapelle (21 janvier 2013)

Relier Lyon et Turin en deux heures, une belle idée… au coût pharaonique de 26 milliards d’euros ! C’est pourtant bien ce que comptent dépenser les gouvernements français et italien pour creuser une ligne à grande vitesse sous les Alpes. Prévisions de trafic marchandises à la baisse, conflits d’intérêts, perte de foncier agricole, absence de débats publics, pollutions de la vallée de l’Isère et de la Maurienne… Les opposants dénoncent un « grand projet d’inutilité publique ». Enquête.

C’est un projet d’infrastructure gigantesque, déjà vieux de vingt ans. La réalisation de la ligne ferroviaire à grande vitesse Lyon-Turin prévoit notamment de creuser sous les Alpes le plus long tunnel d’Europe (57 km). Initié au début des années 90 par François Mitterrand, le projet a été remis au goût du jour ces derniers mois par François Hollande. Le 3 décembre, aux côtés du président du conseil italien Mario Monti, il a réaffirmé l’intérêt du projet transalpin avec la signature d’une « déclaration commune relative au tunnel Lyon-Turin ». François Hollande vient ainsi d’engager l’État français à financer 42 % du projet. Soit 11 milliards d’euros ! Objectif de cette dépense : relier Lyon et Turin en 2h, Paris et Milan en 4h30.

Côté italien, le projet suscite une vaste opposition de la part des « No Tav » (pour Treno a alta velocità, train à haute vitesse). Entre occupations de chantier, batailles rangées contre les forces de l’ordre et manifestations de milliers de personnes, ils sont parvenus à retarder de plusieurs années le lancement des travaux. « Notre-Dame-des-Landes et No Tav sont deux luttes sœurs. On retrouve le même activisme des gouvernements à empêcher toute expression par la force militaire », estime Paolo Prieri, l’un des coordinateurs italiens de la lutte. En France, la contestation monte. Mais la militarisation de la répression va bon train.

 

Des milices privées pour protéger le chantier ?

Le gouvernement italien, soucieux de démarrer rapidement le chantier – à cause d’une possible annulation de subventions européennes – a mobilisé 2 000 carabinieri en juin dernier pour protéger les débuts des travaux : le percement de la galerie de la Maddalena, à proximité de Suse. Le coût du dispositif policier avoisinerait les 868 millions d’euros, pour 56 mois de travaux, rapporte le site La voix des Allobroges. Les travaux sur cette galerie sont estimés à 143 millions d’euros…

Le chantier de la ligne Lyon-Turin pourrait-il prendre la tournure d’une « zone militaire d’intérêt stratégique » des deux côtés de la frontière ? Une filiale commune de Réseau Ferré de France (RFF), qui gère le réseau ferré national, et de son homologue italien Rete Ferroviaria Italiana, la société LTF (Lyon Turin Ferroviaire) est « en charge des études et des travaux de reconnaissance » pour la section transfrontalière de la ligne de chemin de fer. Ses prérogatives semblent aller plus loin. En septembre 2012, cette société a émis un appel d’offre d’une valeur d’1,8 million d’euros pour « le support logistique aux forces de l’ordre présentes dans la zone de chantier ».

Via ce marché, RFF va donc contribuer à la rémunération de forces de l’ordre privées pour sécuriser le chantier côté italien. « C’est très grave, souligne Paolo Prieri, d’autant que cela se fait dans l’opacité la plus totale. Mais les pressions n’auront pas de prise sur nous, nous sommes résolus. »

Un coût similaire au déficit de la Sécurité sociale

Le coût de la sécurité du chantier alourdit une note déjà bien salée. Le tunnel entre l’Italie et la France a été d’abord évalué à 8,5 milliards d’euros. Mais les « coûts prévisionnels sont en forte augmentation », pointe la Cour des comptes, qui a adressé un référé au Premier ministre Jean-Marc Ayrault, en août dernier. L’estimation du coût global est passée de 12 milliards d’euros, en comptant les accès au tunnel côté français et le renforcement des règles de sécurité dans les tunnels, à 26 milliards !

Le coût de la seule partie française serait supérieur à 11 milliards d’euros, soit l’équivalent des prévisions du déficit de la Sécurité sociale en 2013. La Cour des comptes prévoit une réévaluation, car ce budget ne prend pas en compte les difficultés géologiques, révélées par les premiers forages. Plus grave : « Les données disponibles concernant le projet ferroviaire Lyon-Turin ont difficilement permis d’apprécier l’évolution des coûts », relève la Cour des comptes. Plus de dix millions d’euros auraient été versés pour le creusement de la galerie de Venaus qui n’a jamais vu le jour, pointe l’hebdomadaire Politis. Une illustration de la gestion douteuse du projet par son maître d’ouvrage, la société Lyon-Turin Ferroviaire.

Malgré ces réserves, Jean-Marc Ayrault persiste et signe. Dans sa réponse à la Cour des comptes, datée du 8 octobre, il réaffirme la volonté du gouvernement de réaliser le tronçon de ligne grande vitesse. Il reconnaît pourtant que « le budget nécessaire à la réalisation de ce grand projet est considérable, spécialement à un moment où le niveau des dépenses publiques doit être maîtrisé. En conséquence, une participation importante de l’Union Européenne au financement du projet est indispensable ». La participation financière européenne dépend du futur budget européen 2014-2020. Parallèlement, l’Élysée envisagerait un recours aux crédits de la Banque européenne d’investissement et à des emprunts obligataires. Bref, s’endetter davantage dans le seul but de relier Lyon et Turin en 2h…

Un projet écologique ?

Le gouvernement Ayrault justifie cet investissement faramineux par sa volonté de réduire le trafic routier – et les émissions de CO2 – avec un transfert vers le rail. « Toutes les études ont tablé sur une croissance inéluctable du trafic routier. Mais dans les faits, le trafic des marchandises diminue sur l’axe Lyon-Turin », rétorque Daniel Ibanez, de la coordination des opposants. En 2011, le transport des marchandises était effectivement équivalent à celui de 1988 [1]…

« Le risque de saturation des infrastructures existantes n’est aujourd’hui envisagé qu’à l’horizon 2035 », confirme la Cour des Comptes. De quoi remettre sérieusement en question la pertinence du projet. La ligne existante n’est utilisée qu’à 20 % de sa capacité, renchérissent les opposants. Qui suggèrent de construire des plateformes de chargement, de favoriser le transport combiné, ou d’imposer le remplissage des camions… La Cour des comptes va dans le même sens en proposant « de ne pas fermer trop rapidement l’alternative consistant à améliorer la ligne existante ». Les opposants à la LGV Lyon-Turin soulignent que 90 % des émissions de CO2 en Savoie et Haute-Savoie proviennent des automobiles et poids lourds de desserte régionale, contre 10 % pour le trafic poids lourds franco-italien. « Il ne s’agit pas de ne rien faire mais au contraire de faire immédiatement, en commençant par investir dans les transports collectifs de proximité », estiment les No Tav. Les 11 milliards n’y seraient-ils pas mieux investis ?

Utilité publique pour business privé

Le jour où la Cour des comptes confirmait un coût supérieur à 11 milliards d’euros pour la France, la commission d’enquête rendait son avis favorable. L’aspect financier étant essentiel pour l’appréciation de l’utilité publique, pourquoi la commission d’enquête n’a-t-elle émis aucune réserve ? Plusieurs conflits d’intérêts entachent le dossier. Dans son rapport, la commission d’enquête incite fortement RFF, le maître d’ouvrage, à passer un marché avec une entreprise de travaux publics dirigée… par le frère d’un des commissaires enquêteurs ! Le Canard enchaîné, qui a révélé l’affaire le 3 octobre dernier, indique que le coût de cette opération pourrait générer « un chiffre d’affaires de 20 à 50 millions d’euros ».

Les opposants pointent d’autres conflits d’intérêts chez les membres de la commission d’enquête [2]. Son président, Pierre-Yves Fafournoux, a également participé au travail sur le contournement ferroviaire autour de Lyon (CFAL), dont la rentabilité dépend de la réalisation de la LGV Lyon-Turin [3]. « Comment avoir une appréciation impartiale des projets CFAL et Lyon-Turin en ayant instruit dans une décision récente une forte dépendance économique entre les deux projets d’investissements d’un même maître d’ouvrage ? », interrogent les opposants. Dans son référé du 5 novembre, la Cour des Comptes rappelle que les intervenants ne devaient avoir « eu à travailler sur le dossier et [n’avoir] pas de conflit d’intérêt au regard des suites du projet ». Les No Tav demandent l’annulation de l’enquête publique.

3 millions de m3 de déchets entassés dans les villages

Trois descenderies et des couloirs de forage ont déjà été creusés sur le territoire français, dont une à Villarodin-Bourget (Savoie). « 400 000 m3 de déblais sont stockés en contrebas de notre commune alors qu’il ne devait en rester aucun », s’emporte le maire Gilles Margueron. « Avec le creusement de la ligne de train, on va se retrouver avec 3 millions de m3 sur les bras ». Résultat : un paysage défiguré, avec des conséquences sur l’activité économique et touristique du village. « Quand on demande à ce que ces déblais soient entreposés plus loin, on nous répond que cela alourdirait le bilan carbone du projet », ironise le maire, désabusé.

Sur la commune savoyarde d’Avressieux, on se demande aussi où seront stockés les millions de mètres cubes de remblais. Certaines maisons de la commune ont été détruites, d’autres deviendront invivables. « Des voies avec 100 mètres d’espacement vont être construites dans la zone humide afin de protéger les grenouilles », remarque Richard Mangeolle engagé dans le collectif local d’opposition. « Franchement, il vaut mieux être une espèce protégée qu’un être humain pour ce projet ! En saucissonnant les financements par tronçons, ils saucissonnent aussi les luttes ».

11 milliards d’euros pour 3 000 emplois précaires

Les défenseurs de la LGV ont annoncé jusqu’à 30 000 emplois directs générés par le chantier, entre 2014 et 2021 [4]. Des chiffres revus à la baisse par Louis Besson, président de la Commission intergouvernementale Lyon-Turin : après avoir promis 10 000 emplois, il a admis qu’il n’y aurait que 3 000 emplois créés. Soit, rapporté au coût du projet, 3,7 millions d’euros par emploi… Des emplois qui ne dureront que le temps du chantier, quand ceux dans le tourisme et l’agriculture seront détruits. « Le foncier est l’outil de travail des paysans, souligne dans un communiqué la Confédération Paysanne de Savoie et de Haute-Savoie, fermement opposée au projet. Il en va dans le cas du projet Lyon-Turin de la dévastation de 1 500 hectares sur l’ensemble d’un tracé qui éliminera les paysans, détruira l’activité économique et la vitalité d’un territoire ».

Ce front agricole s’est élargi fin novembre aux Jeunes agriculteurs et à la FDSEA de Savoie qui « confirment leur position de rejet du projet Lyon-Turin et mettent en cause le bien fondé de ce projet inutile ». Des organisations environnementales rejoignent l’opposition, comme France Nature Environnement, pourtant inflexible défenseur du transport ferroviaire de marchandises. Dans une lettre, ils demandent au ministère de l’Écologie l’ouverture d’un débat public sur les transports alpins.

EELV, le Parti de gauche et des élus UMP s’inquiètent

Côté PS, on demeure inflexible. « Il serait incompréhensible que la France renonce au Lyon-Turin pour lequel 800 millions d’euros ont déjà été mobilisés », peste Jean-Jacques Queyranne, le président (PS) de la région Rhône-Alpes. Autant donc dépenser les 10,2 milliards d’euros qui restent. Plusieurs élus et partis politiques commencent cependant à sérieusement s’inquiéter. Les écologistes de la région Rhône-Alpes, d’abord favorables au projet, font volte-face. « Les infrastructures nouvelles sont prédatrices d’espace, d’énergie et de deniers publics, déclare Europe Écologie dans un communiqué, elles doivent être proportionnées aux besoins présents et raisonnablement estimables à l’avenir. » Le Parti de Gauche demande un moratoire sur le projet. Le député UMP de Savoie Dominique Dord, maire d’Aix-les-Bains, se demande aujourd’hui s’il n’y pas eu « abus de conscience ». Il demande à RFF de se prononcer sur les hypothèses d’augmentation du trafic de marchandises. « S’il n’y a pas d’augmentation, voir même une légère baisse, je considérerai que j’ai été abusé par les experts ».

Un projet « très ambitieux », « un pilotage insuffisant », des coûts prévisionnels « en forte augmentation », des prévisions de trafic « revues à la baisse », une « faible rentabilité socioéconomique », un financement « non défini » : autant de réserves émises par la Cour des comptes et appuyées par le travail de fond mené par les membres de No Tav. Si le projet n’a fait jusqu’ici l’objet d’aucun débat public, François Hollande devra néanmoins passer par le Parlement pour ratifier l’accord signé entre Mario Monti et Nicolas Sarkozy en janvier 2012. Pour l’italien Paolo Prieri, « le problème qui est posé n’est pas seulement celui d’une ligne à grande vitesse mais d’un grand projet d’inutilité publique ».

Sophie Chapelle

@Sophie_Chapelle sur twitter

Photos : © Tempi / © Romain388

© Carte : Ministère de l’Ecologie

Notes

[1] Selon l’Office fédéral des transports suisse, le tonnage de marchandises transportées entre la France et l’Italie en 2011 est égal à celui de 1988 dans les Alpes du Nord. Lire à ce sujet la contribution rédigée par le collectif BOLGV, membre de la coordination contre la ligne nouvelle.

[2] Les membres de la commission d’enquête sont les suivants : Pierre-Yves Fafournoux (Président), Anne Mitault (remplaçant le Président en cas d’empêchement), Pierre Blanchard, Raymond Ullamann, Guy De Vallée, Claude Chevrier, Gérard Blondel, Guy Truchet, Yves Cassayre, Philippe Gamen, Alain Kestenband, Guy Gastaldi, Jean-Paul Gout.

[3] Le rapport d’enquête qui en est issu donnait un avis favorable en estimant que le taux de rentabilité interne du CFAL était « très dépendant (…) en particulier de la réalisation de la voie Lyon-Turin »

[4] Source : Journal Rhône-Alpes – N°25 – été 2012. Numéro spécial Grands projets.

Chômeurs, mal-logés et précaires seront dans la rue le 1er décembre

http://www.bastamag.net/article2812.html

Une manifestation des chômeurs et précaires aura lieu le 1er décembre à Paris, à l’appel des associations et collectifs de chômeurs et précaires, de Stalingrad à Place de Clichy. « Aujourd’hui, la proportion de chômeurs non indemnisés n’a jamais été aussi élevée pendant que l’on subventionne les entreprises avec des milliards de dégrèvements et de cadeaux fiscaux », alerte le collectif Les CAFards. Basta ! relaie leur appel.

Ce rendez-vous du premier samedi de décembre est organisé depuis la fin des années 90. A l’époque déjà, la gauche était aux manettes. Des mobilisations successives exigeant l’indemnisation de tous les chômeurs, une hausse de 1 500 Frs des minima sociaux et l’ouverture du droit au RMI aux moins de 25 ans, avaient culminé lors de l’hiver 1997/98, avec des occupations d’ASSEDIC, d’ANPE, de mairies, de CAF, de centres d’action sociale municipaux et d’autres locaux partout en France.

Le gouvernement avait alors concédé la création d’un « fonds d’urgence sociale » [1] avant d’envoyer partout la police expulser les occupants. Devançant les surenchères travaillistes de Sarkozy [2], le premier ministre de l’époque, Lionel Jospin, avait osé déclaré : « Je préfère une société de travail à l’assistance »… [3]

Aujourd’hui, la proportion de chômeurs non indemnisés n’a jamais été aussi élevée (seuls 41% des chômeurs reçoivent une alloc’ de Pôle emploi), pendant que l’on subventionne les entreprises avec des milliards de dégrèvements et de cadeaux fiscaux, au nom de la « compétitivité », Hollande annonce que l’austérité sera mise en œuvre par les collectivités territoriales, et, déjà, des présidents socialistes de conseils généraux se vantent de supprimer le RSA à des centaines de personnes, comme en Ariège

Formatés par la haute école de commerce, défenseurs acharnée de l’économie, c’est-à-dire de la politique du capital, nos dirigeants préfèrent financer des grands projets à la fois inutiles et nuisibles, tel l’aéroport de Notre Dame des Landes, rendre plus « productifs » les outils d’un contrôle social destiné à nous enfermer dans la concurrence [4] et à clore l’horizon que de subordonner leur action aux besoins et aux aspirations de la population.

Bien que cette manifestation du 1er décembre, devenue « traditionnelle », fasse principalement figure de rituel mémoriel un peu vide, désincarné, cette échéance reste pour les vaincus que nous sommes, comme le montre chaque jour, un moment qui témoigne de l’existence d’une dissension face à la barbarie inégalitaire qu’implique la domination de l’argent roi. Un jour, à nouveau, c’est sur la tête des rois que nous marcherons.

En solidarité avec le « Collectif des mal logés acharnés », soyons nombreux à participer à la MANIFESTATION de CHÔMEURS et PRÉCAIRES du 1er Décembre.

Rendez-vous Samedi à 14h, à la rotonde de Stalingrad, M° Jaurès ou Stalingrad. Amenons pancartes, musique, casseroles, tracteurs…

Les CAFards, collectif de chômeuses et précaires

Source : Cip-Idf

Notes

[1] La création de ce fonds d’urgence avait permis de constater que des centaines de milliers de pauvres qui en faisaient la demande étaient totalement inconnus des services sociaux, pour un aperçu de cette réalité aujourd’hui : Économie du non-recours : 1 650 000 pauvres boudent le RSA.

[2] Abjecte sarkophagie travailliste : « Le travail, c’est la liberté, le plein emploi est possible »

[3] Voir un tract de l’époque : À gauche poubelle, précaires rebelles.

[4] Contre « Pôle emploi 2015 », des deux côtés du guichet

Communiqué de l’UNIRS

Monsieur Moscovici d’accord pour donner satisfaction à Moody’s.
Les salariés, les retraités, les consommateurs, etc, peuvent craindre le pire.

 

  Le 13 janvier 2012, l’agence de notation Standard and Poor’s avait supprimé à la France sa notation AAA, au grand dam du Président de la République Nicolas Sarkozy qui avait quasiment sacralisé la notation de la France. Depuis, la France a encore pu emprunter auprès des « marchés financiers » (les grands détenteurs de fonds) à des taux bas, voire, particulièrement pour les prêts à court terme, à des taux d’intérêt négatifs. Il ne faut pas en conclure pour autant que ces notations sont sans effets sur le « coût » de l’endettement du pays. En effet, les taux actuels très bas sont essentiellement la conséquence d’une accumulation de fonds sans précédent par les banques et les fonds d’investissements, lesquels ne savent qu’en faire. De nombreux Etats devenus fortement « à risques », d’autres Etats (dont la France) deviennent alors, dans le relatif, une valeur refuge auxquels il paraît encore possible de prêter sans prises de risques.
 
  Le 19 novembre, c’est l’agence de notation Moody’s qui baisse à son tour la notation de la France. Cette agence estime que la France a encore trop de « défis structurels » et qu’elle doit mieux combattre les « rigidités des marchés du travail, des biens et des services ». Très concrètement, ceci veut dire que Moody’s demande au gouvernement français de faciliter encore les possibilités de licenciements, de réduire les aides et allocations versées aux chômeurs, d’être encore plus contraignant à leur égard en instaurant des « contreparties » aux allocations qui leur sont versées, d’élargir encore le champ de la précarité et de réduire le
nombre de contrats de travail à durée indéterminée, de réduire les garanties contenues dans le Statut de la Fonction publique, de réformer le système des retraites afin d’en alléger encore le « coût ». Autrement dit, Moody’s demande au gouvernement français « d’assouplir »  encore  les  marchés  des  biens  et  des  services :  à  savoir,  réduire  les  services  publics,  les  ouvrir  davantage  à  la concurrence,  réduire  un  peu  plus  les  réglementations,  les  contraintes  et  les  contrôles  exercés  sur  les  entreprises  (législations sociale, fiscale, environnementale, de sécurité sanitaire, de protection des consommateurs, etc). Enfin l’agence demande au gouvernement français d’assainir ses finances publiques et de favoriser la compétitivité du pays. Plus clairement, Moody’s demande
au gouvernement une réduction drastique des dépenses publiques et un allégement significatif de la contribution des entreprises aux budgets publics.
 
  La réponse du ministre des Finances, Pierre Moscovivi, n’a pas traîné. Le jour même il intervenait. A aucun moment il n’a contesté le « droit » d’une agence de notation de noter la France, ni le « droit » de dire à la France, à son gouvernement, à son Parlement, à son peuple, théoriquement souverain, quelle politique économique, sociale, budgétaire, doit être menée… au lendemain  d’un  vote  démocratique  contre  l’ancien  Président  et  l’ancienne  majorité  parlementaire  qui  défendaient  cette  politique d’austérité. Lorsque les agences de notation s’expriment, il faut se rappeler que ce sont les principaux détenteurs de fonds qui
parlent. En réponse aux remontrances de l’agence de notation, Monsieur Moscovici s’est empressé de dire « c’est pas moi, ce sont les autres, ceux d’avant ». Tout en ajoutant que la politique maintenant engagée par le gouvernement (PS / EELV) devrait plaire à l’agence de notation. Le ministre des Finances déclare, en fait, que les demandes des « marchés financiers » « nous incitent à mettre en œuvre rapidement nos réformes ». Et Moscovici cite notamment le récent « pacte de compétitivité » (celui qui a été salué par le MEDEF) et les « discussions engagées sur le marché du travail ».  
 
  L’avertissement des détenteurs de fonds, des agences de notation, et du ministre des Finances, va encore se préciser dans les prochaines semaines et dans les prochains mois. Retraités, salariés, chômeurs, malades, consommateurs, attendez-vous à ce qu’ils veuillent vous faire payer plus de TVA, plus d’impôts locaux, des cotisations à vos mutuelles plus élevées, à être moins remboursés par l’assurance maladie, à voir vos salaires et vos retraites stagner, vos allocations chômages diminuer, vos conditions de travail se dégrader, le chômage augmenter. Actuellement, la Grèce sert de terrain d’expérience afin de tester jusqu’où les
financiers peuvent  aller pour saigner la grande majorité de la population d’un pays pendant qu’une minorité continue d’accaparer avantages et  privilèges. Le Portugal et l’Espagne sont sur la même voie. Et les citoyens des autres pays d’Europe sont progressivement préparés psychologiquement à subir les mêmes sacrifices.  
Le gouvernement français se met donc clairement au service des financiers ; il abandonne toute idée de souveraineté politique comme le signal en a déjà été donné récemment par la confirmation de la signature du traité Merkel-Sarkozy. Dans l’histoire de notre pays, ce n’est pas la première fois qu’une majorité de la classe politique abandonne sa souveraineté pour se rallier à la puissance dominante. Et ce ne sera donc pas non plus la première fois que la résistance ne pourra venir que de la population elle-même. Dans cette démarche, l’action convergente des organisations syndicales, ou, tout au moins, de certaines d’entre elles, ne
peut qu’être un élément décisif.