LE CEVENOL

Le Cévenol : la SNCF s’acharne contre un train vital

3 janvier 2018 / Marie Astier (Reporterre)

 

 

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À une époque, elle était la principale liaison de chemin de fer reliant Paris à Marseille. Désormais, elle est un tronçon régional que les acteurs locaux tentent de sauver. La ligne des Cévennes est emblématique du combat pour la sauvegarde des lignes secondaires, abandonnées de la SNCF. Elles sont pourtant essentielles aux territoires reculés, et une solide alternative à la voiture.

  • Alès (Gard)-Langogne (Lozère), reportage

« Halte de Chamborigaud » : le lieu n’a plus droit à l’appellation de gare. Le panneau, récent, est accroché à un abri aménagé de quelques sièges, permettant au voyageur de s’abriter du froid venteux et piquant des montagnes cévenoles. Une petite dizaine de voitures stationnent sur le parking voisin. Sans cela, on pourrait se croire à un arrêt fantôme. Le bâtiment, qui a autrefois abrité un guichet et même un logement, est barricadé, soulignant la fermeture définitive. Sur le quai d’en face, les herbes prennent la place du béton. Impossible d’acheter un billet sur place, il n’y a pas d’automate. Pas d’autre voyageur à l’horizon non plus.

Microsoft Word - Photos article cévenolLa halte de Chamborigaud.

Heureusement, le soleil vient baigner la vue sur le village qui s’étale au pied de la gare, donnant un air paisible et plus que triste à l’ensemble. Le train arrive à l’heure. Un peu moins de la moitié des places y sont occupées, soit environ 25 personnes.

Microsoft Word - Photos article cévenolLa gare de Chamborigaud, dont le bâtiment est définitivement fermé.

Le décor majestueux des montagnes défile, ponctué des dernières couleurs rousses subsistant de l’automne. Bientôt, ponts et tunnels s’enchaînent. Ils font la réputation de la ligne des Cévennes : bâtie grâce à la sueur de nombreux travailleurs dans la deuxième partie du XIXe siècle, les passionnés y comptent plus de 171 « ouvrages d’art » — ponts, viaducs, tunnels. La partie la plus spectaculaire se trouve dans les gorges de l’Allier, entre la Lozère et la Haute-Loire, où seul le rail est parvenu à se frayer un chemin dans un paysage où aucune route ne passe. Tant d’efforts ne visaient pas à construire une ligne pittoresque ou touristique, mais à relier Paris à Marseille, via le tracé le plus court : celui du Massif central plutôt que celui de la vallée du Rhône. Le train qui effectuait ce trajet a été appelé « le Cévenol » en référence à cette portion spectaculaire.

Microsoft Word - Photos article cévenolLe village de Chamborigaud et les Cévennes vus depuis la gare.

À la grande époque, les trains Intercités qui empruntaient la ligne reliaient directement Paris à Marseille, dans la journée ou en train de nuit. « Je prends la ligne depuis que je suis tout petit pour aller voir la famille à Génolhac », raconte Gabriel Tonel, un passionné du Cévenol. « Il y a eu un déclin au fil des ans », explique-t-il, avant de poursuivre : « Cela a vraiment commencé il y a une dizaine d’années. Le trajet a été réduit à un Clermont-Marseille [en 2007], puis à un Clermont-Nîmes il y a cinq ans. Et là, la SNCF fait sauter la correspondance à Nîmes vers Marseille : depuis le 10 décembre, il faut attendre trois heures contre trente minutes auparavant ! »

Microsoft Word - Photos article cévenolEn gare de Chamborigaud.

Chaque jour, trois trains dans chaque sens relient Nîmes à Clermont-Ferrand. Quelques trains régionaux supplémentaires n’effectuent qu’une partie du parcours et s’arrêtent aux terminus intermédiaires d’Alès, Génolhac ou Langogne, ou bifurquent vers Mende, la préfecture de Lozère.

« Cette ligne, pour nous, c’est un problème de désenclavement »

Gabriel Tonel m’avait prévenue : dans le train, impossible d’acheter un billet. La contrôleuse reste enfermée dans la cabine. Quand je parviens à la croiser, elle m’assure qu’elle repassera… J’ai finalement voyagé gratuitement. En ce lundi, étudiants et retraités se partagent les sièges. Salomé va justement à Mende, comme Vanessa, elles étudient toutes les deux le tourisme. « Le vendredi et le dimanche soirs, c’est l’horreur », indique la première. Le train des élèves pensionnaires est plein à craquer. « Je m’organise pour ne pas le prendre à ces horaires, et pour acheter les billets à 1 euro », ajoute-t-elle. Ce programme de la région Occitanie finance les billets de TER (train express régional) afin d’inciter les habitants à le prendre. Vanessa, elle, a opté pour l’abonnement à 60 euros par mois, qui permet aux étudiants de prendre tous les TER de la région. « C’est beaucoup moins cher que d’avoir une voiture. Et puis, le souci sur les routes ici, c’est qu’elles sont étroites et que plein de gros camions y roulent. »

Josette, la soixantaine, a choisi le train pour la même raison. « En vieillissant, j’évite de descendre en voiture quand le temps est mauvais. Aujourd’hui, ils annonçaient de la neige », précise-t-elle. Elle revient de Montpellier, où elle est allée voir ses enfants. Françoise voyage pour la même raison. Et puis, ça ne lui coûte pas cher : « Je suis femme de cheminot ! » À ce titre, elle est bien renseignée sur le sort réservé par la SNCF à la ligne. « Mon mari n’a pas été remplacé quand il est parti à la retraite, regrette-t-elle. Il travaillait à Villefort. Et justement, la gare y est fermée depuis quinze jours parce qu’un agent est malade et qu’il n’y a personne pour le remplacer ! »

Microsoft Word - Photos article cévenolUn des 171 ouvrages d’art (ponts, viaducs et tunnels) de la ligne du Cévenol.

Bientôt, on quitte le Gard pour passer en Lozère, où le blanc hésitant des premières neiges parsème le paysage. Josette est encore du voyage jusqu’à Langogne, 3.000 habitants. Cette fois-ci, un agent tient la gare. Mais le nombre de voies paraît démesuré au regard des quelques trains qui passent chaque jour. « Pourtant ici, avant, il y avait du monde, avec un lotissement de logements de cheminots », se rappelle Josette.

Étape suivante, l’hôtel de ville. « Cette ligne, pour nous, c’est un problème de désenclavement », explique le maire, Guy Malaval, président de l’Association des élus pour la défense du Cévenol. Cheveux gris, physique de randonneur dynamique, il glisse ses longues jambes sous la table et explique : « On est loin de tout. La première autoroute est à plus d’une heure. Pareil pour le TGV. Nous n’avons qu’une nationale à une voie dans chaque sens dans la direction est-ouest. Et la ligne des Cévennes pour aller du nord au sud. Avant, c’était une ligne nationale. Aujourd’hui, avec la suppression des correspondances vers Marseille, elle se retrouve déclassée et cela nous inquiète beaucoup, car cela contribue à vider les trains sur la ligne. »

« On dirait que tout est fait pour que ça ne fonctionne pas normalement »

Scolaires et étudiants dans l’année, touristes à la belle saison, développement des filières bois et agroalimentaires (le territoire est par exemple connu pour ses salaisons) : les besoins et le potentiel sont là. Et puis, au-delà, « c’est une question d’égalité entre tous les citoyens d’avoir accès au réseau de déplacement national », souligne de son côté Gabriel Tonel. Joffrey Martinez, secrétaire de la CGT cheminots d’Alès (Gard), confirme : « Il faut maintenir le service public. On ne peut pas faire un chemin de fer à deux vitesses. »

Guy Malaval, le maire de Langogne.

C’est pourtant le choix qui semble avoir été fait par la SNCF. L’histoire décrite par les défenseurs du Cévenol est la même que pour beaucoup d’autres lignes : le manque d’entretien oblige à ralentir les trains, donc entraîne une baisse de fréquentation, ce qui plaide en défaveur de l’entretien des voies, etc. Joffrey Martinez, conducteur sur le trajet Alès-Nîmes, détaille : « La priorité est donnée à la ligne principale de la région, Avignon-Montpellier-Perpignan. Toutes les lignes autour sont en danger. Par exemple, pour faire des économies d’effectifs, la SNCF envoie les agents d’Alès chargés de l’entretien des voies sur le site de Montpellier. » La ligne des Cévennes a même failli être fermée. Une forte mobilisation locale a permis de la sauver, et l’ex-région Auvergne a financé des travaux, jusqu’en 2015, qui ont permis de la maintenir.

Mais la partie est loin d’être gagnée. Aujourd’hui le trajet Nîmes-Clermont (ou l’inverse) dure cinq heures. « Il y a une trentaine d’années, c’était moins, et pourtant le passage à Nîmes prenait plus de temps car, pour entrer en gare, il y avait un rebroussement obligatoire », assure le syndicaliste. « Sur des portions où la vitesse était auparavant de 70 km/h, la SNCF n’a remonté la vitesse après les travaux qu’à 40 ou 60 km/h », déplore Guy Malaval. « Certains arrêts en gare sont trop longs », regrette aussi Gabriel Tonel.

Microsoft Word - Photos article cévenolLa gare de Langogne.

De son côté, la SNCF semble redoubler d’efforts pour vider les trains. L’impossibilité d’acheter des billets à bord fait baisser la fréquentation officielle. L’achat de billets sur internet semble aussi fait pour dissuader les voyageurs : les utilisateurs rapportent que le site de la SNCF incite à passer par Lyon pour aller de Nîmes à Clermont plutôt que de proposer la ligne des Cévennes. Les billets sont mis en vente bien plus tard que ceux du TGV. « Les guichets ferment un à un, et ceux qui restent n’ouvrent que quelques heures par jour, mais pas au moment où les trains passent, et ils sont fermés le weekend alors que c’est à ce moment qu’il y a le plus de fréquentation », poursuit Gabriel Tonel. « Le service est totalement dégradé, on dirait que tout est fait pour que ça ne fonctionne pas normalement », déplore Guy Malaval. Son association répertorie les incidents sur la ligne : depuis début 2017, on comptabilise douze semaines où les trains ont été remplacés par des bus pour cause de travaux, cinq semaines où le train du soir a été supprimé, sans compter les retards (au minimum deux par semaine) et les suppressions de trains aléatoires pour cause d’« intempéries », « manque de contrôleur », « neige » ou « grève ». En 2015, un éboulement a nécessité une interruption de… six mois. « Si cela s’était passé en région parisienne, cela aurait été réparé en quelques heures, sinon quelques jours », assure le maire.

La région Occitanie assure vouloir perpétuer et investir dans la ligne

La prochaine bataille des associations d’usagers et d’élus se mènera à Villefort (Lozère), dont la gare est menacée de fermeture. Cela ferait un lieu de moins où les trains peuvent se croiser, et donc au minimum 15 minutes supplémentaires de retard en cas d’incident. L’affaire des toilettes de Génolhac (Gard), entretenues par la mairie mais volontairement fermées par la SNCF, a aussi mobilisé les troupes, qui se battent pied à pied pour maintenir un guichet ici, un service par là.

Microsoft Word - Photos article cévenolAffichage en gare de Langogne relayant la mobilisation en faveur de la ligne.

Un espoir d’amélioration, tout de même : la région Occitanie assure vouloir perpétuer et investir dans la ligne. Sur les trois aller-retour journaliers, l’un est reconnu « train d’équilibre du territoire ». L’État a préféré en déléguer la gestion à la région à partir de 2018, et, à ce titre, lui versera une compensation financière pour l’exploiter, et va financer du « matériel roulant » neuf. Les deux autres horaires — ceux du soir et du matin — sont déjà des TER. « Nous voulons rétablir la correspondance à Nîmes vers Marseille », assure Jean-Luc Gibelin, vice-président aux transports de la région Occitanie. Il est d’ailleurs en train de négocier la convention avec la SNCF pour l’ensemble des trains régionaux. L’un des buts affichés est de rouvrir six lignes. De refaire ce qu’a défait la SNCF, en somme. « Il est vrai que nous lui demandons l’inverse de ce qu’elle a été amenée à faire à un moment donné. Ce n’est pas simple. Mais elle est prestataire, et nous sommes le donneur d’ordres », répond-il.

La région Auvergne-Rhône-Alpes (Aura), autre acteur important sur cette liaison, a quant à elle décidé de laisser le leadership à l’Occitanie. « Il n’ont pas fait le choix de développer le rail », comprend Jean-Luc Gibelin. « La ligne cévenole fait partie de notre plan de sauvetage des petites lignes », rétorque le cabinet de son homologue en Aura, la vice-présidente aux transports, Martine Guibert.

La SNCF Occitanie, relancée plusieurs fois par Reporterre, n’a quant à elle pas répondu à nos questions… La région réussira-t-elle à la faire obtempérer, afin d’améliorer le service ? Une première réponse sera apportée en mars, lorsque les négociations entre la SNCF et la région Occitanie aboutiront. Mais, cela ne signifie pas que les amoureux de la ligne des Cévennes n’ont plus qu’à attendre. Même Jean-Luc Gibelin reconnaît que la volonté régionale ne fera pas tout. « Nous comptons sur la mobilisation citoyenne », assure-t-il.

AIDEZ REPORTERRE DANS SON ENQUÊTE SUR LE RAIL

Nous souhaitons réaliser une carte qui recenserait les lignes de chemin de fer qui vont mal : celles fermées récemment, menacées de fermeture, sur lesquelles le service se dégrade, les ralentissements, les retards, les suppressions de trains ou de correspondances sont de plus en plus fréquents. Celles aussi pour lesquelles une bonne rénovation pourrait grandement améliorer les choses.

Pour cela, vous pouvez nous envoyer un courriel à astier(arobase)reporterre.net avec pour sujet [TRAIN]. Ou remplir ce questionnaire en téléchargement, et nous le renvoyer à cette même adresse.

Merci d’avance pour votre aide !

SNCF, les larmes pour cacher le déshonneur

INF_PSL_5 - Natacha Polony, SNCF, les larmes pour cacher le déshonneur

REPRESSION

De plus en plus de militants écologistes sont assassinés dans le monde

Sophie Chapelle

 

Au moins 116 militants écologistes ont été assassinés en 2014. Soit une augmentation de 20 % par rapport à l’année précédente. C’est le bilan très inquiétant tiré par l’ONG Global Witness, spécialisée dans la lutte contre le pillage des ressources naturelles des pays du Sud et la corruption politique. Dans un nouveau rapport How many more ? (Combien de plus ?) publié en avril 2015, l’ONG relève que trois quarts de ces assassinats ont eu lieu en Amérique centrale et en Amérique du Sud. « 40 % des victimes étaient des autochtones, tués dans le cadre de conflits liés à la construction de barrages hydroélectriques, de mines ou de luttes contre l’agro-industrie », précise le rapport.

Une infographie réalisée par Global Witness recense, pays par pays, le nombre d’assassinats de militants écologistes entre 2002 et 2014. 17 pays sont concernés, en tête desquels se situent le Brésil, la Colombie, les Philippines et le Honduras. « Il est probable que le véritable nombre de morts soit plus élevé », précise l’ONG. « Plusieurs des meurtres que nous connaissons ont eu lieu dans les villages reculés ou au plus profond de la jungle, où les communautés n’ont pas accès aux communications et aux médias. »

Le rapport de Global Witness attire l’attention sur le cas du Honduras. « C’est le pays le plus dangereux pour les militants écologistes, si l’on compare au nombre d’habitants », relève l’ONG, qui a recensé 101 victimes dans ce pays entre 2010 et 2014. Dans le rapport, la militante Berta Cáceres apporte son témoignage sur le décès de trois de ses collègues depuis 2013, dans le cadre de la lutte contre l’usine hydroélectrique Agua Zarca au Honduras, qui menace de priver d’eau des centaines d’indigènes du peuple Lenca. L’ONG rappelle que ces militants sont souvent « jugés comme des terroristes » et « dépeints comme des ennemis d’État ». Global Witness appelle les gouvernements et la communauté internationale à enquêter et à punir ces crimes.

 

Racisme, antisémitisme, homophobie

 Le Nouvel Obs

Le vrai visage des candidats FN

 

Ils détestent les étrangers en général, et les musulmans en particulier, distillent des préjugés antisémites ou regrettent le maréchal Pétain : “l’Obs” dévoile le profil de ces candidats que Marine Le Pen tente de masquer…

“Mes amis m’ont prévenu : ‘Méfie-toi de Facebook, c’est un piège à cons !'” Jean-Francis Etienne, 76 ans, ne les a pas écoutés. Ce retraité, candidat du FN aux départementales en Lozère, dans le canton de Saint-Chély-d’Apcher, aurait dû. Sur son “mur”, le militant revenu au FN pour “Marine” après s’en être éloigné, publie un certain nombre de propos xénophobes, racistes, homophobes ou antisémites pénalement répréhensibles. Et il ne semble même pas bien s’en rendre compte.

Les juifs ? En réaction à un article du site de la “réacosphère” Boulevard Voltaire, fondé par Robert Ménard, il écrit le 10 janvier :

Les juifs à qui on peut reprocher bien des choses, mais certainement pas leur manque d’intelligence… à voir comment ils trustent les centres de recherche, la haute médecine, la finance et les médias, quittent l’hexagone comme ils ont quitté l’Allemagne en 36… pourquoi ? Ne détiendraient-ils pas des infos qu’on nous cache soigneusement ?”

 

Le 14 décembre dernier, en commentaire d’un autre article de Boulevard Voltaire qu’il partage, il accuse : “Les invasions dont vous nous parlez […] étaient le fait de peuples supérieurs ou égaux, ce n’est pas le cas avec ce que nous supportons aujourd’hui.” Et, quelques jours plus tard :

Ajoutons que les Africains qui sont venus avant 45 provenaient de nos colonies et avaient reçu un vernis de notre civilisation… Depuis c’est une autre population qui nous est imposée, pratiquement incompatible avec notre culture.”

Deux mois plus tôt, le frontiste, qui a servi quatre ans en Algérie, salue le “courage” de Pétain. Le 9 juin 2013, il qualifie aussi l’homme d’affaires Pierre Bergé de “vieille tante”.

Jamais le parti d’extrême-droite n’avait assuré une telle présence sur le territoire à l’occasion d’un scrutin. Une armée de “marinistes”, lancés à l’assaut des cantons, futurs bras armés de la conquête du pouvoir national. Des candidats censés montrer le nouveau visage du FN, appelés à se tenir à carreau et à surveiller leur expression en public et sur les réseaux sociaux où les frontistes de tous âges sont très actifs.

Tout ce que vous y dites, vous devez être capable de le redire de vive voix.”

C’est ce que leur a d’ailleurs rappelé Gaétan Marzo, l’une des jeunes pousses en lice dans le Val-de-Marne, lors de la convention du parti sur les départementales. Le FN a même pris des précautions, confiant à une petite cellule le soin de vérifier les comptes des uns et des autres. Il faut croire qu’elle n’a pas été assez vigilante…

Obsessions frontistes

Car, dans le même temps, une bande de jeunes internautes citoyens baptisée L’Entente s’est mise à éplucher les comptes des candidats investis (pas les suppléants) : les photos qu’ils postent, les articles qu’ils partagent, les commentaires sur Facebook ou Twitter, bref, uniquement des propos et des écrits publics.

Le résultat de ce travail de bénédictin, que “l’Obs” publie en exclusivité, est édifiant.

“Dans certains quartiers, il ne fait pas bon être femme, ni homosexuel, ni juif, ni même français ou blanc”, avait un jour déclaré la présidente du FN. Dans certaines pages Facebook de ses candidats, il ne fait pas bon non plus être musulman, juif, rom ou homosexuel.

 

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Le plateau du Larzac à l’abri des convoitises jusqu’en 2083

basta 19 juillet 2013

 

Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, vient de signer la prorogation du bail entre l’Etat et la Société civile des terres du Larzac (SCTL) jusqu’en… 2083. La SCTL, qui compte environ 55 membres, assure la gestion de 6 300 hectares sur le plateau depuis 1985. Le 18 juillet, le bail emphytéotique a été porté de 60 à 99 ans, sa durée maximale. Une chance pour les futurs agriculteurs du plateau : « Cela va permettre aux nouveaux venus d’obtenir des baux sur toute leur carrière », estime l’eurodéputé José Bové, passé du collège des exploitants à celui des habitants de la SCTL.

Ces terres, prévues pour l’extension du camp militaire du Larzac en 1971, furent l’enjeu d’un combat qui dura dix ans, mené d’abord par une centaine d’agriculteurs, rejoints par des dizaines de milliers de militants (voir le film Tous au Larzac de Christian Rouaud). Suite à l’abandon du projet militaire en 1981, les terres retrouvèrent leur vocation agricole. En 1985, l’Etat accorda un bail emphytéotique [1] de 60 ans à la SCTL qui favorisa l’installation de jeunes. Ce « laboratoire foncier », comme le présente José Bové, aurait permis d’augmenter de 20 % le nombre de paysans sur ce territoire.

Après le Larzac, au tour de Notre-Dame-des-Landes?

« Comment ne pas faire le parallèle avec l’aéroport inutile de Notre-Dame-des-Landes ? », interroge la Confédération paysanne. « Tous les ingrédients sont en effet réunis : inutilité du projet, initiatives paysannes, mobilisation citoyenne, foncier détenu par les pouvoirs publics. » Des comités de soutiens aux opposants à l’aéroport, venus notamment de Millau et de Rodez, ont d’ailleurs cherché à interpeller le ministre avant la signature du bail.

« À quelques centaines de kilomètres de là, à Notre-Dame-des-Landes, le gouvernement, en plein déni, persiste à croire qu’il pourra noyer 2 000 hectares de bonnes terres agricoles sous des milliers de tonnes de béton. Comment expliquer ces deux poids deux mesures ? », interrogent les comités. Pour ces derniers, la solution passe par le rejet du projet d’aéroport nantais et la collectivisation des terres sur la « zone à défendre ». Pour accentuer la pression sur les pouvoirs publics, un grand rassemblement festif et militant est prévu les 3 et 4 août prochains à Notre-Dame-des-Landes.

Rémy, Martial et bien d’autres copains seront là ! Camarades soyez au rendez-vous!

 

 

Pourquoi les grands patrons français sont obnubilés par les gaz de schiste

Tiré du site www.bastamag.net

PAR IVAN DU ROYOLIVIER PETITJEAN (6 JUIN 2013)

Lobbying intense à Bruxelles, recommandations à répétition auprès de l’Elysée, opérations séduction vers les médias : plusieurs groupes français déploient des efforts considérables pour plaider la cause des gaz de schiste. Pourquoi une telle insistance ? Qui sont les acteurs de cette guerre d’influence ? On y retrouve Total bien évidemment, mais pas seulement. Les gaz de schiste cachent de puissants intérêts, qui refusent toute transition énergétique. Enquête.

  • C’est un véritable rouleau compresseur qui s’est mis en branle en faveur de l’exploitation des gaz de schiste. Le groupe de travail patronal franco-allemand sur la « compétitivité » et la « croissance » en Europe, mis en place sous l’égide du Medef et de la Fédération allemande des industries (BDI) [1], en a fait une de ses propositions phares. « L’Europe doit oeuvrer en faveur du développement des compétences industrielles et d’un cadre d’action pour le secteur des gaz non conventionnels (dont les gaz de schiste, ndlr)  », suggère-t-il, dans leur liste de 32 revendications patronales remises à François Hollande et Angela Merkel le 30 mai. A l’automne dernier, un plaidoyer « pour que la recherche sur les techniques d’exploitation des gaz de schiste soit poursuivie », figurait déjà parmi les 22 propositions du rapport Gallois sur la compétitivité française.

La proposition faisait déjà écho à « l’appel des 98 PDG », publié fin octobre parLe Journal du Dimanche (groupe Lagardère) qui, eux aussi, insistent pour « se donner les moyens d’explorer et d’exploiter nos ressources nationales comme les gaz de schiste ». Sans oublier la succession de déclarations gouvernementales ambiguës et la salve d’éditoriaux ou d’articles (Le MondeLe Point,Challenges…) qui, entre juillet et septembre 2012, appelaient à rouvrir le débat.« Profitons de la richesse du sol français en gaz de schiste ! », lançait Claude Perdriel, patron du groupe Nouvel Observateur, dans une tribune publiée parChallenges du 12 juillet. « Le débat n’est pas tranché », expliquait le Premier ministre Jean-Marc Ayrault un mois plus tard (lire notre article). Exploiter les gaz de schiste permettrait de faire baisser le prix de l’énergie, créerait des emplois, rendrait la France moins dépendante des coûteuses importations d’hydrocarbures, contribuerait à la croissance et renforcerait notre « compétitivité » au même titre que « la baisse du coût du travail ». A croire que les énergies renouvelables, elles, ne contribueraient à rien de bien intéressant. Lire la suite »

Pensions de retraites 2013

 

Un vol

La Société d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

L e temps passe et en prenant de l’âge  nous  voyons  quantité  de changements s’effectuer dans la société. Hier, on n’imaginait pas que des trains privés puissent circuler sur les voies qui appartenaient à la SNCF, société intégrée gérant toute la chaine du transport. Les trains circulaient sur toutes les lignes mêmes les plus déficitaires car la notion de rentabilité n’était pas devenue le leitmotiv des dirigeants. Lorsque neige ou gel étaient prévus on mettait des effectifs en plus pour que cela gène le moins possible la circulation des trains.  Il y avait la culture du train qui doit arriver à l’heure.

Toutes les villes de provinces étaient reliées à Paris par un train direct sans changements, parfois de nuit pour les trajets les plus longs.Aujourd’hui, c’est le  temps  qui  compte  à  tel  point  que presque tout le monde « travaille » dans le train. Dans chaque gare il y avait des WC gratuits et un « buffet » où voyageurs et cheminots pouvaient se restaurer ou boire un verre en attendant sa correspondance ou son embauche. Les jours de grands départs on mettait des trains supplémentaires et il y avait de l’ambiance dans les gares : pour beaucoup c’était la joie de partir retrouver sa famille ou ses amis et nous étions satisfaits de participer à ces rapprochements.

Dans le train, on n’était pas gêné par les portables, et dans le compartiment, la conversation s’engageait souvent avec son voisin. On se demandait d’abord où on  allait,  quelle  était  la  raison  de  ce voyage. Parfois cela devenait plus intime. On découvrait des gens sympas nous faisant partager leurs hobbies.  Le billet s’achetait au guichet et non par Internet  ou  à  une  de  ces  affreuses bornes jaunes. Les gares n’étaient pas devenues des centres commerciaux, car aujourd’hui si on ne travaille pas, on est en train d’acheter sinon on considère perdre son temps.

Le RER s’appelait  la  Banlieue  et c’était  déjà  la  galère  comme  aujourd’hui.  Les  omnibus    étaient  mal gérés par la SNCF, bien mal c’est sûr. Maintenant ce sont les régions, qui en profitent pour remplacer les trains par des cars. Et même la SNCF met des bus sur la route pour se concurrencer elle même… On ramassait les wagons isolés dans  les embranchements et on en faisait des trains ce qui évitait bien des camions sur les routes. Puisque les infrastructures existaient on se devait de
les utiliser.

Hier, on ne payait pas les timbres pour écrire à la Sécu. La Caisse d’épargne et la Poste n’étaient pas devenues des banques et dans les banques le guichetier  remplissait  les  bordereaux  alors qu’aujourd’hui,  c’est  au  client  de  le faire.  D’ailleurs, il est difficile de sortir de la banque avec de l’argent. Il faut prévenir  à  l’avance  même  si  votre compte  est  plein.  Hier,  on  pouvait « rouler un patin » sous un lampadaire en étant sûr qu’une caméra n’était pas en train de nous mâter, ce qui n’est plus le  cas  aujourd’hui.  Chacun  de  nos gestes  est  sous  le  regard  de  ces  machins.

Hier, le médecin de famille faisait des visites à domicile où il prenait le temps de boire un café. Aujourd’hui il faut aller faire la queue aux « Urgences », parfois des heures. Et l’Hôpital n’accueillait pas encore quantité de Spécialistes en « consultations privées » avec supplément d’honoraires. « Les études jusqu’à 28 ou 30 ans, faut les rentabiliser disent-ils ».  Pendant ce temps-là, nous  les  ouvriers,  les  employés  on s’amusait peut-être à l’usine, à l’atelier ou au bureau ?

Hier, la cuisine était faite à la maison sur les fourneaux et non dans les usines où  l’on  nous  prépare  une  nourriture surgelée ou en barquette avec tout un tas d’ingrédients qui nous rendent autant malades qu’ils nous nourrissent. GDF (GDF-SUEZ) est devenu une société quasi-privée qui fait d’immenses profits sur notre dos. EDF comme la SNCF cherchent aussi à faire des bénéfices.

Hier, on allait au cinéma du quartier, on voyait du monde et on rêvait des belles histoires qui arrivaient aux héros. Aujourd’hui  dans  beaucoup  de  films  à succès, c’est la violence, les effets spéciaux d’un monde irréel, des émotions fortes à gogo. L’adrénaline a remplacé le romantisme. Hier, on n’avait que 3 chaines de télé. Aujourd’hui avec 25 chaines gratuites, on a du mal à trouver un programme qui nous apporte de la culture, de l’information sérieuse et documentée,  tout  est  dans  ces  mêmes émotions fortes qui nous déstabilisent mais  nous  évitent  de  réfléchir.  La « pub » n’avait pas encore envahi notre quotidien avec ces spots à la télé ou au cinéma, ces affiches lumineuses dans le métro,  ces  séries  de  panneaux  immenses  qui  entourent  la  route  de  la moindre bourgade.

Oui, en 3 ou 4 décennies le monde à bien changé. Nous y avons vu des améliorations comme l’allongement de la vie,  le  développement  de  techniques qui nous facilitent le quotidien. Mais nous y avons perdu en sociabilité, en qualité des relations humaines, en solidarité et fraternité dans les rapports sociaux.

Mais plus encore, ce sont les services publics qui ont dégusté. Les rapports financiers dictent toute la politique sociale. Ces pertes ne sont-elles pas dues au fait que nous nous sommes laissés enfermer par les patrons dans des luttes corporatistes ? Les jeunes générations doivent réfléchir aux raisons qui ont causé tant de reculs et envisager de renouer  avec  ce  qui  avait  permis  des avancées pour améliorer le sort de la plus grande partie de la population : les luttes qui regroupent tous les exploités, l’universalité du combat contre nos ennemis que sont les détenteurs des capitaux et ceux qui les défendent dans les Institutions,  Gouvernements,  Directions des entreprises publiques ou privées, journalistes vendus à leur cause, etc. Pour ce combat bien des retraités sont prêts et disponibles.

AUGMENTATION DES PENSIONS AU 1er AVRIL

Info de la CPRP (qui sera confirmée dans les prochains jours)

Au lieu du 1,95 % d’augmentation des pensions (1,75% d’indexation sur l’augmentation des prix et 0,2% d’effet report) qui était initialement prévu au 01 avril, ce sera finalement 1,8% … et le Directeur de la CPRP ne sait vraiment pas comment l’effet report a pu aboutir à cette “maigre” augmentation…
Nous attendons la confirmation de cette info