Finances Publiques

Quand l’argent de vos cotisations retraite accélère le réchauffement climatique

par Ivan du Roy, Olivier Petitjean

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L’argent que gère le Fonds de réserve des retraites est censé garantir aux générations futures le bénéfice d’une protection sociale. Problème : une partie des excédents de cotisations retraites est investi dans des secteurs très polluants et des entreprises controversées. Basta ! et l’Observatoire des multinationales ont étudié la liste de ces placements, qui profitent notamment à Total, Shell, Gazprom, Monsanto, ou même à l’industrie du tabac ! Le Fonds de réserve des retraites sera la cible d’une campagne de mobilisation animée par le mouvement écologiste 350.org. Objectif : que les institutions financières retirent leurs investissements des secteurs qui contribuent fortement au changement climatique.

C’était l’une des idées du gouvernement Jospin : créer un fonds de réserve pour les retraites afin de financer dans la durée les pensions des retraités, en particulier les dépenses supplémentaires générées par les « papy boomers ». Il s’agissait d’assurer la viabilité du régime des retraites pour les générations futures, au-delà de 2020. Le fonds a été mis en place en 2001. Il devait être abondé à hauteur de 130 milliards d’euros à l’horizon 2015. Cet objectif ne sera jamais atteint. Le fonds gère cependant aujourd’hui 34 milliards d’euros d’actifs. L’argent placé provient principalement des excédents de différentes caisses de retraite – donc de nos cotisations – et de prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine. Le fonds est hébergé par la Caisse des dépôts et consignations (CDC), le principal établissement financier public, et est doté d’un conseil de surveillance composé de parlementaires et de représentants syndicaux et patronaux.

Censé garantir aux générations futures de pouvoir bénéficier du système des retraites quand elles vieilliront, ce fonds contribue paradoxalement à ternir leur avenir. Car il participe de manière non négligeable au réchauffement climatique en plaçant des centaines de millions d’euros dans des activités très polluantes. Basta ! et l’Observatoire des multinationales – avec l’appui du mouvement pour la justice climatique 350.org – se sont plongés dans le portefeuille d’actions et d’obligations détenus par le Fonds de réserve pour les retraites (FRR) dans des centaines d’entreprises. Il détient des investissements directs dans 60 des 100 premières entreprises mondiales du secteur pétrolier et gazier, et dans 21 des 100 premières entreprises mondiales de charbon. Soit plus de 920 millions d’euros au service des secteurs les plus émetteurs en CO2, selon notre décompte des actions et obligations d’entreprises détenus par le fonds au 31 décembre 2013. Lire la suite »

Un parc d’attraction à la gloire de l’uranium et de l’industrie nucléaire

Uranium-atom-uranium-bio-hazard-1680x1050basta ! par Olivier Petitjean 8 novembre 2013

 

Un musée largement financé par Areva a ouvert dans le Limousin, sur une ancienne mine d’uranium et à proximité de sites de stockage de déchets radioactifs. Les visiteurs sont invités à s’extasier devant ce glorieux passé extractif et les prouesses technologiques de l’industrie nucléaire française. Partout où le groupe développe ses activités minières, du Limousin au Grand Nord canadien en passant par le Niger et le désert de Gobi, on retrouve pourtant les mêmes inquiétudes sur les pollutions générées et la mise en danger de la santé des mineurs et des populations. Mais cela, les visiteurs du musée « Urêka » ne le verront pas.

« Entrez dans l’aventure de l’uranium ! » Tout sourire, un mineur saisit la main d’un enfant émerveillé, sous le regard extasié de sa famille. En arrière-plan, un autre mineur, musclé et concentré, fore un filon d’uranium. Une scène de propagande à la gloire du nucléaire nord-coréen ou de l’atome iranien ? Du tout. Nous sommes dans le Limousin, au sein d’Urêka, le « musée interactif de la mine » ouvert depuis l’été 2013 à Bessines, au cœur de l’ancienne zone minière exploitée par la Cogema, l’ancêtre d’Areva, champion du combustible nucléaire français. « L’épopée française de l’uranium a commencé en Limousin en 1948. Aujourd’hui encore, l’aventure continue… », présentent les dépliants. La dernière mine d’uranium de la région a fermé en 2001. Outre le musée, le site de Bessines sert aussi pour le stockage de dizaines de milliers de tonne de déchets radioactifs de « très faible activité » (TFA), générés par l’extraction d’uranium.

Pour « son » musée, Areva a dépensé 8,5 millions d’euros sur les 10 millions de budget, le solde revenant à la charge du Conseil régional du Limousin. Ce nouveau lieu prétend faire revivre aux visiteurs la dimension « humaine » et technologique de l’exploitation de l’uranium. « Ce centre d’interprétation répond au questionnement du public sur la radioactivité, les rayonnements, les risques et enjeux en les contextualisant à travers un volet historique et technique », assure un communiqué de l’entreprise [1]. Une « pédagogie » qui gomme au passage toute interrogation politique sur ses conséquences pour la santé et le bien-être des populations, en France et ailleurs.

Ce que vous ne verrez pas dans les animations 3D

Ce dont les dépliants et les attractions du musée ne parlent pas, c’est de l’impact environnemental et sanitaire de l’exploitation de l’uranium, qui continue à se faire sentir dans toute la région. Ni de ce que deviendra l’uranium enrichi puis le plutonium produit par les centrales atomiques. La zone de Bessines où est implanté Urêka (entre Limoges, Guéret et Châteauroux), abrite encore plus de 200 000 tonnes d’uranium « appauvri » et autres déchets nucléaires. Malgré un plan d’action imposé en 2009 à Areva, la pollution radioactive persiste, notamment dans les rivières, les nappes phréatiques et les zones humides. Dix ans plus tôt, la Criirad (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité) avait dénoncé de « très graves irrégularités » dans le stockage des déchets nucléaires, entreposés « dans des conditions qui ne seraient pas acceptées pour les ordures ménagères ».

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Ce que les animations 3D du musée n’expliqueront pas, c’est que le suivi médical et épidémiologique des travailleurs et des habitants de la région est demeuré quasi inexistant. Une étude scientifique officielle a cependant reconnu une incidence supérieure à la moyenne de cancers du poumon et du rein chez les anciens mineurs, mise en relation avec une surexposition au radon. Les enfants émerveillés ne sauront pas que le mineur souriant qui leur tend la main aura davantage de chance de mourir d’un cancer que leurs parents. De nouvelles études épidémiologiques viennent enfin d’être été lancées.

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Les semences et les plantes, propriété exclusive de l’agro-industrie ?

http://www.bastamag.net/article2555.html

 

Par Sophie Chapelle (4 septembre 2012)

Rien ne va plus pour les agriculteurs, les jardiniers et les artisans semenciers. Vendre ou échanger des semences de variétés anciennes, libres de droit de propriété et reproductibles est devenu quasi mission impossible. L’association Kokopelli en fait aujourd’hui les frais. Un récent arrêt de la Cour de justice européenne consacre le monopole de l’industrie semencière sur les plantes. La réforme en cours de la réglementation des semences n’augure rien de bon pour l’autonomie des paysans et la liberté de planter.

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Elle a commis plus de 3 400 infractions. Et a été condamnée à payer une amende de 17 130 euros. Le nom de cette dangereuse contrevenante ? Kokopelli. Une association, dont le siège est à Alès (Gard), qui commercialise 1 700 variétés de plantes potagères, céréalières, médicinales, condimentaires et ornementales. Toutes les semences de Kokopelli sont libres de droit de propriété et reproductibles. Ce qui donne la possibilité de conserver une partie des semences de sa récolte pour les ressemer l’année suivante. L’association contribue à faire vivre la biodiversité agricole. Elle est pourtant considérée aujourd’hui comme hors-la-loi par les juridictions française et européenne. Son délit ? Vendre des semences de variétés non inscrites au catalogue officiel. Et ne pas avoir indiqué clairement leur destination exclusivement non commerciale (usage amateur, conservation ou recherche).

Depuis 1949, pour pouvoir être commercialisées, toutes les espèces ou variétés végétales doivent obligatoirement être inscrites au « catalogue officiel des espèces ou variétés ». Pour y figurer, elles doivent remplir plusieurs critères, évalués par un comité composé de représentants du ministère de l’Agriculture, de l’Institut national de recherche agronomique (Inra) et de représentants des semenciers. Pour les espèces potagères, les conditions d’inscription sont au nombre de trois : la « distinction », l’« homogénéité », et la « stabilité ». La variété proposée au catalogue doit être distincte des variétés existantes, donc nouvelle. Elle doit être « homogène », c’est-à-dire que les plantes d’une même variété doivent toutes être identiques. Enfin, la variété doit être stable génétiquement, ne pas évoluer au gré de ses reproductions ou multiplications.

Des semences standardisées pour l’industrie

Pourquoi les variétés commercialisées par Kokopelli ne sont-elles pas inscrites au catalogue officiel ? Selon l’avocate de l’association Blanche Magarinos-Rey, « ce catalogue pose des conditions incompatibles avec les caractéristiques mêmes des variétés vendues par l’association ». C’est l’homogénéité qui pose le plus de problèmes à l’association. « La base génétique de ces variétés est très large, car elles sont le fruit de nombreux croisements entre individus, explique-t-elle. Cela leur confère une capacité d’adaptation et d’évolution au fil du temps et selon les terroirs. Cela signifie également que ces variétés ne sont pas définitivement “fixées”. » Leur stabilité, au sens de la réglementation, n’est donc pas assurée. Les plants et les fruits issus des reproductions et multiplications ne sont pas tous exactement les mêmes. Les tarifs d’inscription au catalogue sont également prohibitifs. « 500 euros en moyenne pour chaque variété, précise l’avocate de Kokopelli, sans compter les droits annuels à payer pour les différents types d’examens obligatoires. »

Alors que la diversité biologique est fondamentale pour affronter la crise alimentaire, le catalogue officiel se révèle être un facteur de réduction de la biodiversité. Entre 1954 et 2002, 80 % des variétés potagères auraient été radiées du catalogue selon le Réseau semences paysannes. Des 876 variétés inscrites en 1954, il n’en restait plus que 182 au catalogue officiel français en 2002. La raison de ces radiations ? Le poids de l’industrie semencière, qui, depuis cinquante ans, cherche « à standardiser les semences pour les adapter partout aux mêmes engrais et pesticides chimiques, estime le Réseau semences paysannes. « Il n’y a que dans les lois dictées par les lobbies industriels qu’on peut prétendre les rendre homogènes et stables ; dans la vraie vie, cela revient à les interdire. » Lire la suite »

La nourriture du futur que nous concocte l’industrie agroalimentaire

Par Agnès Rousseaux (27 juin 2012) http://www.bastamag.net/article2498.html

Hamburgers in vitro, fromages de synthèse, glu de porc, vache ou poisson transgénique… Le tout agrémenté d’une bonne pincée de chimie. L’industrie agroalimentaire multiplie les expérimentations, et commence à inonder le marché de ces nouveaux produits, davantage fabriqués en usines ou en labos que dans les champs. Objectif : nourrir la planète au moindre coût. Sans trop s’attarder sur les conséquences sanitaires et écologiques. Et sans pitié pour les cobayes que nous sommes. Basta ! vous présente le menu agro-industriel de demain. Miam !

En entrée : une saucisse de glu de porc malaxée

Cela ressemble à de la guimauve rose liquide. Cette mixture de viande est obtenue en passant les carcasses de poulet ou de porc dans une centrifugeuse à haute température, ce qui permet de récupérer le moindre morceau de barbaque. Les tendons, graisses, tissus conjonctifs sont transformés en pâte. À l’arrivée dans l’assiette, le « lean finely textured beef » (ou « bas morceaux de bœuf sans os ») est utilisé depuis quinze ans « sans restrictions » aux États-Unis.

Petit détail : ce hachis liquide provient des parties les plus prédisposées à la bactérie E.coli et aux salmonelles. Ce qui rend nécessaire, pour tuer tous les éléments pathogènes, un traitement à l’ammoniaque, substance considérée comme non dangereuse par les autorités sanitaires, et utilisée par ailleurs pour la fabrication d’engrais, le détartrage des métaux, ou la fabrication d’explosifs… Aux États-Unis, le produit est ajouté depuis des années à la viande hachée ou aux hamburgers. Vous en reprendrez bien un peu ?

Ce pink slime – ou « glu rose », tel qu’il a été rebaptisé par ses détracteurs – a déclenché récemment une tempête aux États-Unis. Des parents d’élèves se sont mobilisés lorsque le ministère de l’Agriculture a annoncé qu’il prévoyait d’acheter plus de 3 000 tonnes de cette mixture pour les cantines scolaires. Devant la fronde populaire, McDonalds et Burger King ont annoncé en janvier qu’ils cessaient d’en ajouter à leurs steaks hachés. Beef Products Inc., le plus grand producteur de pink slime, a dû fermer (momentanément) ses usines. Le géant de l’agroalimentaire Cargill, qui utilise un produit similaire dans ses hamburgers, traité à l’acide citrique au lieu de l’ammoniaque, a annoncé en mars qu’il réduisait sa production.

En plat : la « viande séparée mécaniquement »

Pourquoi l’agro-industrie se donne-t-elle tant de mal ? Pour rentabiliser la moindre calorie bien sûr. « Nos installations traitent 4 500 à 6 000 têtes de bétail chaque jour, et il y a beaucoup de déchets dans le processus de fabrication », a expliqué un porte-parole de Cargill. Du coup, ces restes sont broyés, traités, compactés, et utilisés comme additif dans la viande sortie des chaînes de fabrication. Ajouter du pink slime permet à Cargill « d’économiser » l’équivalent de 1,5 million d’animaux chaque année. Impossible de savoir quelle quantité de cette mixture est ajoutée à la viande. Secret industriel. Aucune mention sur l’étiquetage, puisque le pink slime est considéré comme « 100 % bœuf ». Le ministère de l’Agriculture impose une limite de 15 % du fait du traitement à l’ammoniaque. Difficile à contrôler. 70 % des produits de bœuf haché contiendraient du pink slime, affirme Beef Products Inc.

En France aussi, on pratique le « VSM », pour « viande séparée mécaniquement ». Même objectif : récupérer toute la substance « comestible » possible. La VSM est produite en forçant les os à travers un tamis, sous haute pression. Ce qui provoque la destruction de la structure fibreuse des muscles. Le produit obtenu n’est donc plus vraiment de la viande. La Commission européenne a statué en 2001 qu’un étiquetage différencié était nécessaire, car la viande mécaniquement séparée « ne correspond pas à la perception de la viande par le consommateur et ne permet pas de l’informer de la nature réelle du produit »… Les petits morceaux d’os contenus dans la VSM ont aussi une taille réglementée.

Où trouver cette appétissante substance ? Notamment dans les saucisses. 700 000 tonnes de VSM sont produites par an en Europe. Un marché de 400 à 900 millions d’euros. En France, le volailler Doux, avec sa marque Père Dodu, a été accusé par la répression des fraudes de tromperie sur l’étiquetage : entre 2009 et 2011, il a écoulé 1 282 colis de saucisses de « poulet séparée mécaniquement » en les présentant comme « viande »… Destination : des cantines scolaires et des maisons de retraite. Côté traçabilité, ce n’est pas gagné. Mais vous reprendrez bien une petite escalope de dinde séparée mécaniquement ?

Le plateau de fromages synthétiques

Du côté des produits laitiers aussi, une formidable innovation technologique permet de casser les prix. Cargill a lancé en 2009 un « fromage » sans lait. « Son aspect, son goût et sa texture correspondent parfaitement à ceux du fromage à base de protéines laitières, vante le géant de l’agroalimentaire. Ils sont semblables à ceux des traditionnels fromages à pâte dure, comme le gouda, le cheddar ou le gruyère, assurant ainsi les mêmes plaisir et satisfaction aux consommateurs. » Sauf que le Lygomme™ACH Optimum est composé de trois amidons, d’un galactomannane (E410, 412, 417), d’un carraghénane (E407) et d’arômes. Un « système fonctionnel », qui « reproduit la fonctionnalité des protéines du lait et les remplace totalement », sans pourvoir prétendre à l’appellation « fromage », puisque sans produit laitier.

Son avantage ? Son prix. Le Lygomme™ACH Optimum permet de ne pas dépendre des fluctuations du marché du lait. Une « alternative rentable » pour les pizzas au fromage : le Lygomme est 200 % moins cher que la mozzarella ou l’emmental ! Et même 60 % moins cher que le « fromage analogue », autre produit de substitution en circulation. Ce dernier, à base d’huile de palme, d’amidon, de sel et d’exhausteurs de goût – et 15 % seulement de protéines de lait –, a déjà inondé le marché européen. Cargill vante aussi les propriétés diététiques de son Lygomme : moins de matières grasses et moins d’acides gras saturés. Le produit a même été nominé aux Food Ingredients Excellence Awards 2009, grand rendez-vous de l’agroalimentaire, pour le titre d’« Innovation de l’année », catégorie… Produits laitiers (sic).

En Europe, pas de problème de commercialisation des substituts de fromage : il suffit que les composants soient clairement indiqués sur l’étiquette. Mais qui peut deviner que le « galactomannane » inscrit sur l’emballage désigne la pâte fromagère de la pizza ou des lasagnes ? D’autant que les producteurs laissent souvent une part de « vrai fromage » dans la liste des ingrédients pour ne pas effrayer le consommateur. Selon un reportage de la chaîne ZDF, l’Allemagne produit chaque année 100 000 tonnes de « faux » fromage. Un dixième de sa production. Un laboratoire allemand a analysé une centaine de sandwichs au fromage. Verdict : un tiers d’entre eux ne contenaient pas du « vrai fromage ».

Au menu demain : animaux transgéniques et hamburgers in vitro

Autre solution pour produire plus de protéines animales : des animaux qui « poussent » deux fois plus vite. Dans les laboratoires se multiplient les expériences pour produire des animaux génétiquement modifiés aux propriétés intéressantes pour l’industrie agroalimentaire. Aux États-Unis, les cochons « Enviropig », génétiquement modifiés pour moins polluer, et les saumons « Frankenfish », qui grandissent deux fois plus vite, attendent leur autorisation de mise sur le marché (lire notre enquête). Des vaches hypermusclées, des chèvres dont le lait fabrique de la soie, des porcs avec un gène de souris… Des animaux porteurs de gènes étrangers à leur espèce pourraient arriver bientôt dans nos assiettes. La Chine est à la pointe de la recherche sur la transgenèse animale. Et l’Europe se prépare discrètement à suivre le mouvement.

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) vient de lancer une consultation publique concernant l’évaluation des risques environnementaux des animaux génétiquement modifiés. Objectif : définir les données requises et la méthodologie à appliquer « si des demandes d’autorisation de mise sur le marché dans l’Union européenne devaient être soumises dans le futur »… L’évaluation porte « essentiellement sur les poissons, les insectes, les mammifères et les oiseaux génétiquement modifiés ». Vaste programme ! « Jusqu’à présent, aucune demande d’autorisation de commercialisation d’animaux GM n’a été déposée dans l’UE », précise l’Efsa. Mais « la technologie a rapidement évolué ces dernières années et, dans certains pays non membres de l’UE, les autorités de réglementation évaluent déjà la sécurité des animaux GM, tant au niveau de l’environnement qu’au niveau de l’alimentation humaine et animale ».

Et bientôt… le steak de sérum de fœtus de cheval

Demain, nous pourrons aussi nous demander si le steak ou la saucisse que nous avalons goulûment a bien un jour été « vivant ». De nombreux programmes de recherche travaillent depuis des années sur la viande artificielle. La Nasa a été la première à s’y intéresser (pour nourrir les futurs astronautes en route vers de lointaines planètes). En 2000, des chercheurs new-yorkais ont réussi à produire de la chair de carpe à partir de cellules prélevées. Comment fabriquer de la viande en éprouvette ? Les scientifiques cherchent à développer du muscle à partir d’une cellule de porc (bien vivant celui-là), par la mise en culture dans un milieu riche en nutriments.

Pour le moment, les morceaux de viande produits in vitro, fabriqués avec des cellules souches de porc et du sérum de fœtus de cheval, mesurent 2,5 cm de long et apparaissent gris et ramollis. Pas de quoi ouvrir l’appétit… En France, on doute d’arriver à un résultat à court terme. « L’une des difficultés majeures est de reproduire la finesse de l’irrigation sanguine, qui apporterait les nutriments et les facteurs de croissance nécessaires aux cellules, en mimant l’irrégularité des pulsations cardiaques », explique Jean-François Hocquette, directeur de recherche à l’Inra. En septembre dernier, des chercheurs néerlandais promettaient d’ici à six mois un steak prêt à manger… Le coût du morceau de viande reste pour le moment prohibitif : 250 000 euros.

Ces travaux sont encouragés par la plus importante organisation des droits des animaux, People for the Ethical Treatment of Animals (Peta), qui voit dans la viande in vitro un moyen de mettre fin aux souffrances des poulets, porcs ou vaches tués chaque année. Peta a promis une récompense d’un million de dollars au premier chercheur qui – avant le 30 juin 2012 – produira de la viande de poulet in vitro, au goût identique à celui du « poulet réel », et pouvant être fabriquée à grande échelle.

La solution écolo : mangez des vers, des scarabées et des papillons

Pour faire face à la demande mondiale, la production animale devrait doubler d’ici à 2050, estime la FAO [1]. Si d’ici quelques décennies les protéines ne poussent pas encore dans les laboratoires, cela représentera 36 milliards d’animaux – en plus de 9 milliards d’humains – sur la planète. Alors que l’élevage est déjà responsable de 18 % des émissions de gaz à effet de serre… La solution ? Réduire notre consommation de viande. Autre moyen pour réduire l’impact écologique de l’élevage : développer les cultures d’insectes. Certes, la quiche au vers ou la tarte à la chenille risquent d’avoir du mal à trouver des adeptes en France… Mais, selon la FAO, plus de 1 000 espèces d’insectes sont consommées dans le monde [2]. Une alimentation très saine et nutritive : les insectes apportent autant de protéines que la viande traditionnelle. Avec une teneur en fibres q comparable à celle des céréales, plus du fer, du calcium et de grandes quantités de minéraux et de vitamines. Scarabées, papillons ou fourmis mais aussi punaises, termites et abeilles seront peut-être la base des repas les plus sains… De quoi en tout cas varier les menus !

Les insectes, c’est bon pour l’environnement : il faut 8 kilos de végétaux pour produire un kilo de viande bovine. Et moins de deux kilos pour produit un kilo d’insectes. Une matière première que l’industrie agroalimentaire semble pour le moment délaisser. En attendant les élevages intensifs et la future pâte d’insectes que ne manquera pas de nous concocter l’industrie alimentaire, il est toujours possible de déguster une sucette scorpion aromatisée à la myrtille, des raviolis de criquets ou des brownies aux vers.

Agnès Rousseaux

Photo de une : source

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Notes

[1] Selon la FAO, la consommation annuelle mondiale de viande, en 2010, est de 286 millions de tonnes.

[2] « Il existe plus de 1 700 insectes comestibles et les plus importants appartiennent aux ordres des coléoptères (scarabées), lépidoptères (papillons diurnes et nocturnes), hyménoptères (abeilles, guêpes et fourmis), orthoptères (sauterelles et grillons), isoptères (termites), hémiptères (punaises) et homoptères (cigales). Des estimations évoquent 250 espèces d’insectes consommées en Afrique, 500 au Mexique, 180 en Chine, et 160 dans la région du Mékong. » Source : FAO

Le droit de planter et cultiver librement bientôt interdit ?

http://www.bastamag.net/article1941.html

Par Sophie Chapelle (24 novembre 2011)

Les industries et multinationales semencières veulent rendre les paysans captifs… grâce à la loi. Les députés doivent examiner le 28 novembre un texte instaurant une « contribution volontaire obligatoire » : une véritable dîme sur les semences. Ressemer librement sa propre récolte ou échanger des variétés de plantes deviendra illégal. Soucieux de préserver l’autonomie alimentaire, des paysans et des citoyens entrent en résistance.

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Demain, graines et semences ne seront peut-être plus libres. Des agriculteurs s’inquiètent d’une proposition de loi votée par les sénateurs le 8 juillet dernier, et déjà appliquée par décret aux productions de blé tendre. S’ils veulent conserver une partie de leur récolte pour la ressemer l’année suivante (quoi de plus naturel ?), les producteurs de blé tendre doivent payer une redevance appelée « Contribution volontaire obligatoire » (sic). « L’enjeu de cette nouvelle proposition de loi est d’étendre ce mécanisme à tous les paysans, alerte Guy Kastler, du Réseau semences paysannes. Chaque fois qu’on cultivera un hectare, ils prendront un peu d’argent de nos poches pour payer les détenteurs de propriété intellectuelle. » La loi prévoit de considérer la reproduction de semences à la ferme, sans payer cette dîme moderne à leurs « propriétaires », comme une contrefaçon [1]. La récolte pourra alors être saisie.

Qui sont ces propriétaires de semences à qui la « contribution volontaire » sera reversée ? Depuis 1949, toute variété de semence mise sur le marché doit obligatoirement être inscrite sur le catalogue géré par l’Office communautaire des variétés végétales (OCVV), dont le siège est à Angers  [2]. Cet office accorde un droit de propriété intellectuelle, d’une durée de 25 à 30 ans, à « l’obtenteur », celui qui a sélectionné cette variété. Les principaux détenteurs de ces « certificats d’obtention végétale » [3] ne sont autres que les grandes multinationales semencières : Bayer, Limagrain, Monsanto, Pioneer, Vilmorin ou Syngenta. Tous réunis au sein de l’Union française des semenciers, qui aurait fortement appuyé le projet de loi.

Rendre les paysans captifs

« Le fait que l’obtenteur soit rétribué pour son travail de recherche ne nous pose pas de problème, explique Jean-Pierre Lebrun, un maraîcher biologique à la retraite. En revanche, nous sommes opposés à ce que ces obtenteurs récupèrent des taxes sur le travail de sélection que nous menons dans nos fermes. » Avec d’autres paysans et des consommateurs soucieux de préserver l’autonomie alimentaire, Jean-Pierre a fait le déplacement à Angers ce 19 novembre pour « débaptiser » l’OCVV, renommé « Office communautaire de la confiscation des semences ». Un geste symbolique qui en dit long sur les menaces pesant sur l’avenir de notre alimentation.

Yves Manguy, agriculteur à la retraite, connaît bien les semences de ferme, ces graines récoltées à partir de variétés sélectionnées par l’industrie semencière, mais multipliées par l’agriculteur lui-même par souci d’économie et d’indépendance. Pour cet ancien porte-parole de la Coordination nationale pour la défense des semences fermières (CNDSF), l’objectif des firmes semencières est clair : « Elles veulent instaurer un marché captif, que les agriculteurs achètent leurs semences et qu’ils n’en fassent plus chez eux. La loi en préparation consiste non pas à interdire complètement mais à restreindre un maximum le droit des semences à la ferme. » Le texte propose ainsi d’autoriser la semence de ferme pour seulement 21 espèces – en échange du paiement de la Contribution volontaire obligatoire – et d’interdire cette pratique pour toutes les autres espèces.

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« Ce n’est pas la recherche qu’ils veulent rémunérer mais les actionnaires »

Pourquoi cette redevance ? Officiellement, pour financer la recherche. Actuellement, 85 % des sommes récoltées par la Contribution volontaire obligatoire sont reversées directement aux obtenteurs, et 15 % servent à alimenter le Fonds de soutien à l’obtention végétale en blé tendre. « Les objectifs de sécurité et de qualité alimentaire doivent être définis par le public, et non par les seules recherches de profits des entreprises semencières privées », argue la Confédération paysanne. D’après le syndicat, l’application de la proposition de loi entraînerait un prélèvement supplémentaire sur le revenu des agriculteurs français estimé à 35 millions d’euros. « La recherche doit être financée aussi par le public et non par les seuls agriculteurs. Il convient de mettre en place un mécanisme de financement public de la recherche », estime la Confédération paysanne. Le syndicat suspecte l’Union française des semenciers de vouloir d’ailleurs tripler la redevance (environ 3,50 euros par hectare aujourd’hui).

Des carottes illégales et des choux clandestins

Non loin de l’Office communautaire des variétés végétales, sur la place du Pilori, dans une rue piétonne d’Angers, se déroulent les rencontres des semences paysannes et fermières d’Anjou. Ici, des artisans semenciers partagent une même passion, celle de la sélection, de la conservation, de la multiplication et de l’échange des semences. François Delmond est membre de l’association Les Croqueurs de carottes, qui sauvegarde les variétés potagères traditionnelles menacées de disparition. Sur le stand, plusieurs variétés de carottes et de choux rouges sont proposées à la dégustation. Les réactions varient du « surprenante, celle-là » au « celle-ci a un goût de noisette très fort, vous ne trouvez pas ? ». Pour François, ces dégustations sont l’occasion de montrer l’impact des choix variétaux sur la qualité gustative.

« Ce que vous mangez est une variété de carotte illégale car elle a été radiée du catalogue, elle ne respectait pas les critères », explique François à une passante. Entre 1954 (date d’existence du premier catalogue des variétés de plantes potagères) et 2002, 80 % des variétés ont été radiées du catalogue, à cause d’une réglementation de plus en plus contraignante. « Ce que nous voulons, c’est la liberté de faire notre travail en âme et conscience, la liberté du jardinier de semer la variété qu’il veut et la liberté du consommateur d’accéder à des aliments différents. » Une liberté qui contribue à l’augmentation et à la conservation de la biodiversité cultivée, à la réduction de l’utilisation des pesticides ainsi qu’à l’essor de variétés adaptées à leurs terroirs et aux variations climatiques.

Rébellion contre la dîme des multinationales

Une campagne pour une loi de reconnaissance positive des droits des agriculteurs et des jardiniers sur les semences vient d’être lancée par plusieurs organisations. « Les droits des agriculteurs de conserver, ressemer, échanger et vendre leurs semences, les protéger de la biopiraterie et des contaminations par les OGM brevetés, et de participer aux décisions nationales concernant la biodiversité cultivée sont reconnus par le Traité international sur les semences approuvé en 2005 par le Parlement français », rappelle Anne-Charlotte Moÿ, en charge des questions juridiques au Réseau semences paysannes. Or, une succession de règlements européens et de lois nationales conduisent progressivement à leur interdiction totale.

La proposition de loi relative aux certificats d’obtention végétale doit être débattue le 28 novembre à l’Assemblée nationale. Il est encore possible de participer à la cyberaction, qui a déjà recueilli plus de 14 000 signatures, et un rassemblement est prévu devant l’Assemblée. « Il nous faut rester mobilisés, avertit Guy Kastler, afin de ne pas abandonner l’alimentation à quelques firmes multinationales. » Il y a trois siècles, les paysans versaient la dîme ou étaient contraints à des corvées au profit du seigneur local, propriétaire des terres… Aujourd’hui, cette domination s’est déplacée vers les semences.

Sophie Chapelle

Notes

[1] Lire à ce sujet Comment les semenciers tentent d’asservir l’agriculture paysanne.

[2] Pour être inscrites, les variétés doivent répondre à trois critères : la distinction (la variété doit être nettement distincte de toute autre variété notoirement connue) ; l’homogénéité (la variété est suffisamment uniforme dans ses caractères pertinents) ; la stabilité (la variété reste conforme à la définition de ses caractères essentiels après avoir été reproduite ou multipliée).

[3] En Europe, on utilise le terme de « certificat d’obtention végétale », qui protège une variété. Son équivalent outre-Atlantique est le brevet, qui protège l’information génétique contenue dans une même variété. Du coup, il arrive qu’une plante fasse l’objet d’un double droit de propriété intellectuelle…

Un décret risque d’aggraver la prolifération des algues vertes

Des algues vertes ramassées à Saint-Brieuc le 26 juillet 2011. (Damien Meyer / AFP)
http://www.liberation.fr/terre/01012365009-un-decret-risque-d-aggraver-la-proliferation-des-algues-vertes

Le Journal Officiel a publié mardi le décret qui, selon les associations environnementales, va permettre d’augmenter les quantités d’azote épandues sur les terres agricoles, et va à contre-courant des efforts de réduction des nitrates dans les eaux.

Le décret, signé par le premier ministre et les ministres de l’Agricuture et de l’Ecologie, étend la surface prise en compte pour le calcul du plafond d’épandage d’azote (170 kilos par hectare), en prenant comme référence la surface agricole utile (SAU) et non plus une «surface potentielle d’épandage» plus restreinte.

Il suscite la colère des associations environnementales comme Eau et Rivières de Bretagne, qui estime que le décret «va permettre d’augmenter de 20 % les quantités d’azote épandues sur les sols!».

La parution de ce décret «intervient alors que la commission européenne exige de la France, dans une lettre du 17 juillet dernier, des explications sur sa politique de prévention des marées vertes», a déploré mardi l’association dans un communiqué.

Depuis 2001, en application de la directive européenne «nitrates», les agriculteurs pouvaient épandre jusqu’à 170 kilos d’azote organique (effluents animaux comme le lisier) par hectare de surface épandable, explique Eau et Rivières.

Cette surface potentiellement épandable (SPE) déduit les «surfaces à proximité des cours d’eau, du littoral, des tiers».

Mais le nouveau décret («relatif au programme de lutte contre la pollution des eaux par les nitrates») prévoit que la quantité maximale d’azote contenu dans les effluents d’élevage pouvant être épandue annuellement «ne peut être supérieure à 170 kilos d’azote par hectare de surface agricole utile».

Au printemps dernier, le projet de décret «avait soulevé une vague de protestations en Bretagne, en particulier auprès des communes littorales envahies par les algues vertes», a également indiqué Eau et Rivières, en rappelant que «le relèvement des plafonds d’épandage de lisier était jugé incohérent avec les programmes engagés pour réduire la pollution par les nitrates».

Les rejets azotés liés à l’élevage industriel et à l’épandage d’engrais sont considérés comme propices à la prolifération des algues vertes, dont la décomposition provoque des gaz toxiques.

(Source AFP)

Appel à une « règle d’or » pour les pesticides

http://blog.mondediplo.net/2011-09-15-Appel-a-une-regle-d-or-pour-les-pesticides
jeudi 15 septembre 2011, par Marc Laimé

La France est le troisième consommateur mondial de pesticides, avec 70 000 tonnes de produits toxiques utilisés chaque année. L’impact environnemental et sanitaire de leur dispersion massive dans l’environnement est catastrophique : pollution de l’eau et de l’air, cancers, maladies neurodégénérescentes… L’impact financier de leur usage est catastrophique pour les comptes publics et ceux de la sécurité sociale. Or, les pesticides bénéficient depuis 2000 d’un taux de TVA réduit de 5,5 %. A l’heure où une priorité absolue est accordée au « rabotage » des niches fiscales, l’application du taux de TVA « normal » de 19,6 % aux pesticides permettrait aux pouvoirs publics de récupérer plusieurs centaines de millions d’euros, qui pourraient être utilisés pour améliorer la qualité de l’eau et de l’air et promouvoir des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement.

L’impact environnemental et sanitaire désastreux découlant d’un usage massif de pesticides, essentiellement à usage agricole, n’est plus à démontrer.

Plusieurs programmes d’action ont été adoptés ces dernières années, sous la pression du grand public et de la communauté scientifique.

Outre les multiples « engagements volontaires » successivement contractés par la profession agricole depuis une quinzaine d’années – des engagements qui ont mobilisé d’importants fonds publics sans que les résultats attendus apparaissent à la hauteur des attentes légitimes de la société –, l’adoption dans le cadre du Grenelle de l’environnement du plan « Ecophyto 2018 » implique de réduire de moitié la consommation de pesticides dans dix ans.

Mais cet accord, assorti de la réserve qu’il ne pourra être rempli qu’à condition que son impact n’excède pas « un coût raisonnable » pour la profession agricole, ne suffira pas à rétablir rapidement une situation environnementale et sanitaire satisfaisante.

Or, le temps presse. Les alertes se multiplient. Les atteintes à la santé publique sont désormais identifiées sans équivoque, et tournent parfois au drame.

Tout cela aggravé par les reculs constants du ministère de l’Agriculture face aux lobbies… Lire la suite »

UN TRANSPORT TENU SECRET AU MÉPRIS DES ÉLUS, DES CHEMINOTS ET DE LA POPULATION.

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Lettre d’information du MDRGF

AGRICANAGRICAN

Comme grand nombre d’entre vous le savent, la MSA (Mutualite Sociale Agricole) a recemment communique sur les pre-resultats de l’etude AGRICAN (qui doit nous informer sur le cancer dans le milieu agricole) qui devaient etre rendus public lors d’un symposium le vendredi 16 septembre a Tours
Elle a profite de cette occasion pour communiquer quasi exclusivement sur le fait que les agriculteurs etaient en meilleure sante que la population generale et avaient une esperance de vie plus longue. Generations Futures a tres rapidement denonce dans divers communiques (avant et apres le symposium) plusieurs points et notamment :
– Que le monde agricole a un risque accru de developper certaines pathologies dont certains cancers du fait d’une exposition aux pesticides. Si les chiffres de la mortalite par cancer ont ete donnes, ceux de l’incidence (le nombre de cas) des cancers manquaient ! Un comble pour une etude consacree a …l’agriculture et le cancer !
– Que cette etude contenait des biais notamment parce que la cohorte ne prenait pas en compte les travailleurs saisonniers
– Que cette cohorte n’est pas representative du monde agricole sachant que moins d’un agriculteur sur deux de la cohorte avait declare avoir ete en contact direct avec les pesticides dans toute sa carriere !
– Etc.
Vous trouverez plus de details dans nos communiques (celui du 14 septembre et celui du 16 septembre) en allant sur ce lien : http://www.generations-futures.fr/news/news260911_agrican.html
Nous vous invitons aussi a lire l’article du JDLE qui donne un bon eclairage de la situation :
http://www.journaldelenvironnement.net/article/cancer-les-agriculteurs-sont-ils-vraiment-moins-affectes,25014

Des salaries de l’agroalimentaire malades des pesticides.
Des salaries de l’agroalimentaire malades des pesticides. Generations Futures en premiere ligne a leurs cotes.
Il y a plusieurs mois de cela, Jean-Paul Jaud (realisateur) et Isabelle Saporta (journaliste) nous alertaient sur une situation qui leur semblaient inquietante, a savoir des problemes de sante (graves et nombreux) chez des salaries du personnel portuaire et ceux de l’agroalimentaire qui etaient en contact avec des cereales aspergees notamment d’insecticides ou de fumigants de conservation.
En contact des le debut de l’annee avec des membres du Syndicat Solidaires, et plus particulierement l’Union regionale de Bretagne, representee par le tres perseverant Serge LeQueau, nous avons de suite compris l’enjeu de cette situation et c’est pourquoi nous avons souhaite apporter notre aide et expertise aux salaries concerns et a leurs representants.
Nous avons grandement contribue a faire de ce dossier un dossier public et permis aux salaries de faire connaitre leur situation au travers des medias nationaux.
Voir :
France 2 JT de 13h du vendredi 23 septembre http://jt.france2.fr/player/13h/index-fr.php?jt=20110923 (aller jusqu’a 15min et 28 sec)
Le monde dat du Samedi 24 septembre http://abonnes.lemonde.fr/planete/article/2011/09/23/intoxications-aux-insecticides-dans-l-agroalimentaire_1576785_3244.html
France Info : http://www.france-info.com/sciences-tech-environnement-2011-09-23-des-salaries-de-l-agroalimentaire-victimes-des-pesticides-licencies-563822-29-31.html?var_recherche=pesticides
Europe 1 : http://www.europe1.fr/France/Pesticides-un-employeur-poursuivi-733731/
Gaz de schiste en Pologne
Exclusif : actions de Generations Futures en Pologne avec Jose Bove pour soutenir les associations polonaises de la nouvelle coordination polonaise contre les gaz de schiste + un reportage sur un site de production !Retrouvez les informations sur les gaz de schiste en Pologne a l’adresse :
http://www.gaz-de-schiste.fr/220911-actu-pologne-gaz-de-schiste.htmlEt toujours le site du livre ‘Le vrai scandale des gaz de schiste’ : http://www.gaz-de-schiste.fr
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Merci de votre generosite !!

Lettre d’information de Generations Futures  plus d’infos sur notre site ici

 

USINE À GAZ Le nouveau terminal méthanier d’EDF : une véritable bombe à retardement

http://www.bastamag.net/article1659.html
PAR NATHANAEL ROUNY (1ER SEPTEMBRE 2011)

Le chantier du terminal méthanier de Dunkerque, voulu par Henri Proglio et Nicolas Sarkozy, va débuter. Une bombe financière qui coûtera 1,5 milliard d’euros pour une cinquantaine d’emplois directs créés. Une bombe écologique, sur un site industriel déjà à hauts risques, à proximité de la centrale nucléaire de Gravelines. Et une bombe sociale que contribuables et clients d’EDF devront bien financer. L’utilité du terminal ? Dérisoire, estiment des syndicalistes.

Photo : méthanier face au terminal de Montoir, près de Saint-Nazaire (© Jean-Claude Marceteau)

« C’est une folie de PDG ! Pierre Gadonneix, qui était à l’origine du projet en 2006, puis Henri Proglio, son successeur à la tête d’EDF depuis 2009, se sont engagés à construire un terminal méthanier qui ne sert à rien. Il permettra uniquement à EDF de faire du business au niveau européen sur le dos des contribuables français qui vont supporter une grande partie de l’investissement. » Laurent Langlard, porte-parole de la Fédération nationale des mines et de l’énergie de la CGT (FNME-CGT) est très remonté contre le projet du futur terminal méthanier de Dunkerque. Son coût : 1,5 milliard d’euros, selon EDF. « Le gaz arrivera dans ce terminal, via des méthaniers de 350 m de long – les plus grands au monde. Il ne sera pas destiné à la France puisqu’il ne sera pas odorisé, contrairement à ce qu’exige la loi française sur le transport du gaz (l’odorisation du gaz permet de détecter d’éventuelles fuites grâce à l’odeur, ndlr). Il sera donc vendu dans tout le reste de l’Europe, et notamment en Belgique, dans le but unique de faire fonctionner le marché », explique le responsable syndical.

La construction du futur terminal sur 50 hectares du grand port maritime de Dunkerque a été annoncée en grande pompe par Nicolas Sarkozy le 3 mai, lors de sa visite à la centrale nucléaire voisine de Gravelines. Selon EDF, il augmentera d’environ 20% les capacités d’importation du gaz naturel sur le territoire national, . Ce projet permettra au groupe français de diversifier ses approvisionnements pour alimenter ses centrales électriques actuelles et futures. EDF a l’intention d’ouvrir, d’ici à 2012, trois centrales à cycle combiné gaz (CCG) [1] de 1.360 MW en France et une autre centrale CCG de 1.300 MW au Royaume-Uni.

Un chantier pharaonique

Le montage du projet a été laborieux. Son financement est finalement bouclé en juin 2011. EDF, qui « se réserve la possibilité d’accueillir ultérieurement d’autres partenaires financiers ou commerciaux », sera actionnaire à 65% de la société en charge de l’installation industrielle, Dunkerque-LNG, aux côtés du gestionnaire du réseau belge de transport de gaz Fluxys (25%) et du pétrolier Total (10%). « À l’heure où EDF doit investir massivement dans la sûreté de ses réacteurs nucléaires – près de 400 millions d’euros par centrale –, il a sûrement mieux à faire de son argent…  », commente Laurent Langlard.

Le chantier du terminal démarrera début 2012. Les travaux préparatoires (accès routier, parking, poste de contrôle) ont déjà commencé. Un tunnel de 3 km reliera la centrale nucléaire de Gravelines et le terminal gazier. Réalisé par le consortium Bessac-Razel-Solétanche, il doit permettre d’utiliser les eaux chaudes produites par la centrale. Bouygues touchera aussi sa part du gâteau en participant à la construction des trois réservoirs de stockage du gaz naturel liquéfié (GNL). D’une capacité de 190.000 m3 chacun, chaque réservoir aura une hauteur de 50 m pour un diamètre de 80 m.

1,5 milliards d’euros pour 50 emplois directs créés

Dix-sept terminaux méthaniers sont actuellement en service en Europe, dont trois en France : Fos-Tonkin et Fos-Cavaou à Fos-sur-Mer, près de Marseille, et à Montoir-de-Bretagne, dans la périphérie de Saint-Nazaire. Avec le terminal méthanier de Dunkerque, EDF se lance pour la première fois dans l’exploitation d’une installation gazière. D’après la Commission de régulation de l’énergie (CRE), deux autres terminaux sont en projet dans l’Hexagone : Antifer, dans le port du Havre, et Fos-Faster, à Fos-sur-Mer.

S’il est d’ores et déjà sur les rails, le projet voulu par l’État et EDF laisse néanmoins quelques questions en suspens. La première : combien d’emplois directs créera le futur terminal de Dunkerque, dans une zone socialement sinistrée par la désindustrialisation, avec notamment le projet de fermeture de la raffinerie des Flandres de Total ? Réponse : « On parle d’une cinquantaine, alors que la raffinerie employait près de 600 personnes », répond Jean Sename, président de l’Assemblée pour la défense de l’environnement du littoral Flandre-Artois (Adelfa). « C’est un investissement industriel qui n’est absolument pas porteur en termes d’emplois. Les dockers n’y travailleront même pas. »

Une partie des salariés de la raffinerie de Total sera reconvertie au sein du terminal méthanier. Mais « faire des pétroliers des gaziers, cela ne va pas de soi, rétorque Jean Sename. Il n’y pas vraiment d’enthousiasme de la part des raffineurs pour aller travailler sur une technologie qu’ils ne connaissent pas. Et le chantier de construction, pour lequel 1.850 ouvriers et sous-traitants seront mobilisés durant trois ans, ne résoudra pas le problème de façon pérenne. »

Un terminal méthanier à côté de six réacteurs nucléaires : une première mondiale

Le terminal méthanier sera le 14ème site classé Seveso de Dunkerque. La proximité de la centrale nucléaire de Gravelines, l’une des plus puissantes d’Europe avec ses six réacteurs, pose également bon nombre d’interrogations. Qu’adviendra-t-il en cas d’incident voire d’accident nucléaire ? « À Fukushima, toute activité a cessé sur au moins 20 kilomètres à la ronde », rappelle le président de l’Adelfa. Par ailleurs, les concepteurs du projet ont émis le souhait d’utiliser les eaux chaudes rejetées par la centrale pour regazéifier le GNL qui arrivera par méthaniers à une température de –162°C. Un tunnel de trois kilomètres de long est envisagé entre les deux sites. « Sur le papier, l’idée est bonne, fait savoir Jean Sename. Mais l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) n’a toujours pas donné son feu vert. Des garanties en termes de sécurité doivent encore être apportées, notamment car le sous-sol de l’avant-port Ouest est composé d’argiles particulièrement instables. De plus, EDF n’est pas forcément favorable à ce qu’un tunnelier débouche dans ses installations »

Le futur terminal méthanier ne disposera en outre que d’un seul accès routier, via l’écluse des Dunes. « Même si la voie sera doublée, cette situation n’est pas acceptable, car elle est contraire à la législation qui prévoit deux accès distincts pour un site classé Seveso seuil haut ! », affirme le président de l’Adelfa. Autre point sensible pour l’association écologiste : les opérations de dragage, qui permettront d’atteindre le tirant d’eau suffisant, seront effectuées au large dans une zone Natura 2000. Entre 3,5 et 5 millions de mètres cubes de sable et de vase seront déplacés. « Le risque de submersion marine n’est pas non plus à exclure », glisse Jean Sename.

Le manque de concertation des politiques énergétiques

Les élus ont désormais rejoint les associations écologistes et la population locale pour critiquer le projet. Car la suppression de la taxe professionnelle ne leur permettra pas de bénéficier des retombées financières de l’installation. Encouragée par le précédent du terminal de Fos-Cavaou, dont le projet a été gelé durant six mois, l’Adelfa a posé un recours en annulation devant le tribunal administratif contre la décision d’autorisation préfectorale.

« Si les besoins d’approvisionnement de la France étaient avérés, le développement des terminaux de GDF à Montoir-de-Bretagne et à Fos-Cavaou pourraient largement y répondre par la seule construction d’un réservoir et quelques aménagements, doublant ainsi leur capacité », écrit la FNME-CGT dans un communiqué. « Ce projet est la démonstration qu’il n’y a pas de politique énergétique concertée au niveau national. C’est pourquoi, nous souhaitons vivement un pôle public de l’énergie où tous les acteurs concernés seraient en mesure de décider, au niveau national, des investissements à réaliser », suggère Laurent Langlard. Et le syndicaliste de conclure : « Avec de tels projets, il ne faut pas s’étonner que le prix du gaz augmente. Et ça ne va pas s’arrêter ! »

Nathanaël Rouny

Notes
[1] Les centrales à cycle combiné utilisent le gaz naturel comme combustible dans un système de production d’électricité.