Elections départementales 22 et 29 mars 2015

 

Elections départementales : ne pas oublier les enjeux

 

La campagne pour les prochaines élections départementales ne semble pas passionner les foules. Et pourtant les assemblées qui vont être élues gèreront des budgets importants, dans les domaines sociaux, dans l’enseignement (les collèges), l’aménagement …

D’autre part le mode d’élection des assemblées départementales est profondément modifié, ce qui a entraîné un redécoupage de tous les cantons – voyez ci-dessous, en bas de page, l’exposé des nouvelles règles de l’élection et la carte des nouveaux cantons du Var.

A titre de curiosité locale, signalons qu’il n’y a que deux listes en présence dans le canton de Roquebrune sur Argens, et cela dès le premier tour : l’une est UMP, l’autre FN, cette dernière bénéficiant du soutien du maire ex-UMP.

Elections départementales

Exercer pleinement ses responsabilités civiques et électorales

Plus de quatre mille conseillers départementaux doivent être élus les 22 et 29 mars prochains, ceci pour un mandat d’une durée de six ans. De façon exceptionnelle, les élu-e-s seront renouvelé-e-s sur l’ensemble des cantons, récemment redécoupés, et dont le nombre a été réduit de moitié.

Tout indique que, dans un contexte politique agité de colères et de frustrations à la fois démocratiques et sociales, l’abstention risque d’être massive. Le risque est d’autant plus grand que, de façon assez hallucinante, électrices et électeurs sont invité-e-s à se rendre aux urnes alors même que les règles du jeu constitutives de cette élection ne sont pas fixées.

Malgré cela, malgré tout cela, les enjeux demeurent. Enjeux du quotidien, d’une part : les nouveaux conseils départementaux auront des responsabilités, et tout indique que les questions sociales en feront partie ; enjeux politiques : la mise en œuvre des lois paritaires, avec l’élection conjointe d’une femme et d’un homme ; enjeux démocratiques, enfin : en effet, le Front national compte bien pousser ses avancées électorales, avec les conséquences graves que cela risque d’avoir sur l’effectivité des droits et sur l’état des libertés.

Dans ce contexte, à la fois insatisfaisant et dangereux, la Ligue des droits de l’Homme estime que le pire serait de se désintéresser des enjeux et des périls. Elle appelle les électrices et les électeurs à exercer pleinement leurs responsabilités civiques et électorales.

Mais les électrices et électeurs auront parfois bien du mal à exercer leurs responsabilités. En dehors de son opposition à l’extrême droite, et comme elle l’a toujours fait, la LDH ne donne aucune consigne de vote pour les élections. Dans de nombreux cantons l’élection se jouera au second tour à l’issue d’un duel dont l’un des protagonistes aura une étiquette d’extrême droite. Il peut même arriver que la situation de duel se présente dès le 1er tour – ce sera le cas dans une commune varoise, Roquebrune sur Argens.

En effet il n’y a que deux listes en compétition dès le premier tour à Roquebrune : un binôme UMP François Cavallier&Josette Mimouni face à un binôme frontiste Jean-Chrstophe Bertin&Danielle Subtil.

Depuis 2001, Roquebrune, la plus importante commune de son canton a pour maire Luc Jousse, dont la réélection a été difficile en mars 2014 (au 1er tour, il n’avait obtenu que 38,4 % de suffrages exprimés, face à deux listes divers droite totalisant 38,6 % et une liste FN 12,8 %). Luc Jousse a été condamné à une peine d’inéligibilité pour des propos qu’il avait tenus sur les Roms [1]. L’exécution de la peine est suspendue par l’appel. Après avoir démissionné de l’UMP, en janvier, L’article qui suit nous informe qu’il soutient la liste FN pour les prochaines élections

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Départementales 2015 : le maire ex-UMP de Roquebrune Luc Jousse en soutien du FN

 

Le maire de Roquebrune a décidé d’apporter officiellement son soutien aux candidats du Front national pour les élections départementales. Objectif : faire battre le binôme UMP Cavallier-Mimouni.

Luc Jousse aurait-il viré sa cuti ? Démissionnaire de l’UMP mi-janvier, celui qui avait trouvé porte close chez Debout la France aurait-il toqué à celle du FN ? Non. En tout cas, pas encore…

Mais Luc Jousse était pourtant jeudi soir à l’inauguration de la permanence du binôme Front national dans le canton de Roquebrune.

“C’est un grand honneur de vous avoir ici, a-t-il dit à l’adresse de son “nouvel ami” David Rachline, sénateur-maire FN de Fréjus. Mais si je suis à vos côtés, ce n’est pas parce que j’ai adhéré au FN. Je suis là parce que je soutiens Paul Heim”, l’un de ses conseillers municipaux, ex-UMP lui aussi, devenu suppléant du candidat FN Jean-Christophe Bertin.

“C’est un grand travailleur, un adjoint estimé, reconnu, a-t-il poursuivi au sujet Paul de Heim. Avec David, on a convenu que pour combattre Cavallier et Mimouni (le binôme investi par l’UMP, ndlr), il était le plus efficace.”

 

Face au FN, il suffit d’ouvrir les yeux

 Par Renaud Dély

 

Racistes, antisémites et homophobes, les candidats lepénistes dévoilés par “l’Obs” sont à l’image d’un parti d‘extrême droite dont la nature n’a pas changé.

 

Ils sont racistes, antisémites, homophobes, et pour beaucoup, les trois à la fois. Ils sont candidats du Front national aux élections départementales des 22 et 29 mars. Et ils sont des dizaines à professer publiquement jour après jour de telles attaques et insanités qui visent à détruire la République.

En publiant cette semaine les propos et écrits de nombreux candidats frontistes, c’est une oeuvre de salubrité démocratique à laquelle se livre “l’Obs”, grâce à l’aide d’un collectif d’étudiants et de chercheurs baptisé l’Entente. L’opération de maquillage et de dissimulation engagée par Marine Le Pen depuis quatre ans qu’elle a repris les rênes de l’entreprise familiale frontiste s’écroule : non, le Front National n’a pas changé. Il reste un parti foncièrement anti-républicain, raciste, antisémite, mû par la haine de l’autre dès lors qu’il lui apparaît “différent”.

Bien sûr, Marine Le Pen et ses acolytes vont, comme toujours, hurler au complot, fustiger l’acharnement du “système” et dénoncer la “police de la pensée” dont leurs pauvres ouailles seraient victimes… Piètre défausse. Car pour démasquer le vrai visage des candidats lepénistes, il n’est nul besoin de les épier, de s’infiltrer dans leurs cerveaux, de lire dans leurs pensées, ou d’aller les traquer jusque dans leur vie privée. Non, il suffit de consulter leurs profils Facebook et de lire leurs tweets.

Il ne s’agit là que de propos publics, jetés en pâture et accessibles à tous. Oui, Internet et les réseaux sociaux sont décidément des outils formidables tant ils révèlent les convictions et les sentiments, bref, la vérité de chacun d’entre nous.

 

La vraie nature du FN n’a pas changé

Rappelons en outre que les nombreux cas révélés par “l’Obs” et l’Entente ne concernent pas de simples citoyens ou électeurs. Ce sont tous des candidats du parti d’extrême droite, investis par la direction du FN, et qui militent ouvertement pour la victoire de leurs idées et l’accession, un jour, de Marine Le Pen à l’Elysée. Celle-ci tente de grimer la devanture frontiste pour en faire un parti républicain présentable. Comment expliquer dès lors que l’on y trouve autant de candidats racistes, nostalgiques de Pétain et du régime de Vichy, viscéralement homophobes ou antisémites ?

Pendant que beaucoup d‘observateurs sont obnubilés par le ravalement de façade du FN, ses cadres, eux, connaissent l’arrière-boutique frontiste. Ils ne se trompent pas et savent pourquoi ils militent dans ce parti aux côtés de Marine Le Pen. Pire encore, “l’Obs” a pris soin de joindre tous ces candidats et nombre d’entre eux ne voient d’ailleurs pas où est le mal quand on les confronte à leurs propos ou écrits hostiles aux immigrés, vomissant les musulmans, ou injuriant Christiane Taubira…

Marine Le Pen cherche à tromper les électeurs et on ne peut que déplorer que le nombre de commentateurs, et de journalistes, qui se sont laissé prendre à ce piège ces dernières années. Pendant que les naïfs se passionnent pour les élucubrations médiatiques de l’omniprésent Florian Philippot sur les sujets sociaux, le rôle de l’Europe ou l’avenir de la monnaie unique, la vraie nature du FN, elle, n’a pas changé. Ce parti est mû par un projet et porté par des candidats qui rêvent d’abattre la République, celle que leurs ancêtres appelaient la “Gueuse”.

Le danger se précise. La menace monte. Pour comprendre, connaître, combattre, et ainsi échapper au pire, lisez ce que disent et pensent vraiment les candidats du FN. Il y a urgence.

 

Effacer la honte du 19 mars 1962 !

Béziers : Robert Ménard veut “effacer la honte du 19 mars 1962”

 

Par Paul Laubacher le Midi Libre

 

Le maire de Béziers débaptise la rue du 19-mars-1962, au profit d’Hélie Denoix de Saint-Marc et lance “l’Algérie, c’est notre paradis”.

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Le symbole est double et la tentative simple : “effacer” l’histoire. Le maire de Béziers Robert Ménard, proche du Front national, a officiellement donné samedi 14 mars à une rue le nom d’Hélie Denoix de Saint-Marc, un militaire, résistant, qui avait pris part au putsch des généraux.

Ironie : la rue qui est devenue “rue du Commandant Hélie Denoix de Saint-Marc” était la “rue du 19 mars 1962”, date des accords d’Evian qui mirent fin à la guerre d’Algérie, rapport le “Midi-Libre”.

Déjà en juillet le maire de Béziers Robert Ménard, sur la ligne du Front national, avait rendu hommage à l’OAS, l’Organisation de l’armée secrète.

“Un acte anti-républicain”

Une manière, pour Robert Ménard, d'”effacer la honte du 19 mars 1962″ et de “saluer la mémoire d’un héros français”. Une vraie réécriture de l’histoire qui a été approuvée le 11 décembre dernier en conseil municipal.

Et les propos du maire de Béziers “vont droit au cœur des nostalgiques de l’Algérie française”, fait savoir le “Midi-Libre”. Le Cercle algérianiste et les réseaux identitaires comme la Ligue du Midi, Riposte laïque, Euro Jihad ou encore l’Adimad qui désirait ériger une stèle dédiée à l’Organisation armée secrète (OAS) au cimetière de Marignane en 2005  sont ravies. Et ont annoncé leur présence aux côtés de Robert Ménard ce samedi.

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Contester cette date du 19 mars 1962 est un acte anti-républicain”, commente sur France info Roger Hilèlle, du collectif pour une histoire franco-algérienne non falsifiée.

L’édile a beau vouloir se défendre de toute nostalgie de l’Algérie française, des syndicats et des associations ont appelé à manifester samedi 14 mars à 14 heures “contre les nostalgiques de l’OAS et du colonialisme”, rapporte “L’Humanité“.

Ménard facho, Ménard assassin!”

“L’Algérie, c’est notre paradis. Demandez à nos compatriotes ce que furent les jours après le 19 mars”, lance Robert Ménard, qui s’est exprimé au cours d’une cérémonie qui a eu lieu devant environ 2.000 à 2.500 personnes, explique l’AFP. Il y avait toutefois 500 opposants, qui ont hué l’élu aux cris de “Ménard facho, Ménard assassin!”

“Non, je ne veux plus que nous soyons dans la repentance, je veux dire notre vérité à ceux qui armaient le bras des assassins des harkis, aux bourreaux qui nourrissent encore une haine de la France”, affirme le maire de Béziers.

“Pour nos frères musulmans, il ne faut pas occulter la réalité de notre histoire, Hélie de Saint-Marc était de ceux qui pouvaient mourir pour des idées, pour eux”, déclare Robert Ménard, qui a achevé son discours sous les acclamations de ses partisans, qui scandaient “Algérie française”.

Ils ont ensuite entonné “Le Chant des Africains”, un chant militaire repris pendant la guerre d’Algérie par les Pieds-Noirs et les partisans de l’Algérie française.

“La nostalgie n’apportera rien de bon”

Né à Bordeaux en 1922 et mort à La Garde Adhémar (Drôme) en 2013, Hélie Denoix de Saint-Marc, résistant, fut déporté à Buchenwald. En avril 1961, il fit le choix de l’Algérie française et participa au putsch des généraux à la tête du 1er REP (Régiment étranger de parachutiste). L’opération échouera et lui se constituera prisonnier. Il sera condamné à dix ans de réclusion et effectuera cinq ans de prison avant d’être gracié par le général De Gaulle.

Réhabilité en 1978, il publie en 1995 une autobiographie et multiplie les conférences. Il avait été élevé en novembre 2011 au rang de Grand Croix de la Légion d’honneur par Nicolas Sarkozy.

L’initiative de Robert Ménard a forcément suscité la réprobation du Premier ministre Manuel, Valls, qui a jugé, en visite en Bretagne, que “la nostalgie, et notamment la nostalgie de l’Algérie française, n’apportera rien de bon”. Selon lui :

Aujourd’hui, on a besoin de regarder l’avenir avec de l’optimisme et le Front national n’aime pas la France”.

 

Le Front national a de son côté défendu le maire de Béziers. «Total soutien à Robert Ménard pour l’hommage qu’il rendra ce jour au commandant Hélie Denoix de Saint-Marc contre la révision de l’histoire», a ainsi écrit sur Twitter Louis Aliot, vice-président du parti.

 

Nos copains de Solidairesbiterrois étaient présent à Béziers parmi les opposants.

Racisme, antisémitisme, homophobie

 Le Nouvel Obs

Le vrai visage des candidats FN

 

Ils détestent les étrangers en général, et les musulmans en particulier, distillent des préjugés antisémites ou regrettent le maréchal Pétain : “l’Obs” dévoile le profil de ces candidats que Marine Le Pen tente de masquer…

“Mes amis m’ont prévenu : ‘Méfie-toi de Facebook, c’est un piège à cons !'” Jean-Francis Etienne, 76 ans, ne les a pas écoutés. Ce retraité, candidat du FN aux départementales en Lozère, dans le canton de Saint-Chély-d’Apcher, aurait dû. Sur son “mur”, le militant revenu au FN pour “Marine” après s’en être éloigné, publie un certain nombre de propos xénophobes, racistes, homophobes ou antisémites pénalement répréhensibles. Et il ne semble même pas bien s’en rendre compte.

Les juifs ? En réaction à un article du site de la “réacosphère” Boulevard Voltaire, fondé par Robert Ménard, il écrit le 10 janvier :

Les juifs à qui on peut reprocher bien des choses, mais certainement pas leur manque d’intelligence… à voir comment ils trustent les centres de recherche, la haute médecine, la finance et les médias, quittent l’hexagone comme ils ont quitté l’Allemagne en 36… pourquoi ? Ne détiendraient-ils pas des infos qu’on nous cache soigneusement ?”

 

Le 14 décembre dernier, en commentaire d’un autre article de Boulevard Voltaire qu’il partage, il accuse : “Les invasions dont vous nous parlez […] étaient le fait de peuples supérieurs ou égaux, ce n’est pas le cas avec ce que nous supportons aujourd’hui.” Et, quelques jours plus tard :

Ajoutons que les Africains qui sont venus avant 45 provenaient de nos colonies et avaient reçu un vernis de notre civilisation… Depuis c’est une autre population qui nous est imposée, pratiquement incompatible avec notre culture.”

Deux mois plus tôt, le frontiste, qui a servi quatre ans en Algérie, salue le “courage” de Pétain. Le 9 juin 2013, il qualifie aussi l’homme d’affaires Pierre Bergé de “vieille tante”.

Jamais le parti d’extrême-droite n’avait assuré une telle présence sur le territoire à l’occasion d’un scrutin. Une armée de “marinistes”, lancés à l’assaut des cantons, futurs bras armés de la conquête du pouvoir national. Des candidats censés montrer le nouveau visage du FN, appelés à se tenir à carreau et à surveiller leur expression en public et sur les réseaux sociaux où les frontistes de tous âges sont très actifs.

Tout ce que vous y dites, vous devez être capable de le redire de vive voix.”

C’est ce que leur a d’ailleurs rappelé Gaétan Marzo, l’une des jeunes pousses en lice dans le Val-de-Marne, lors de la convention du parti sur les départementales. Le FN a même pris des précautions, confiant à une petite cellule le soin de vérifier les comptes des uns et des autres. Il faut croire qu’elle n’a pas été assez vigilante…

Obsessions frontistes

Car, dans le même temps, une bande de jeunes internautes citoyens baptisée L’Entente s’est mise à éplucher les comptes des candidats investis (pas les suppléants) : les photos qu’ils postent, les articles qu’ils partagent, les commentaires sur Facebook ou Twitter, bref, uniquement des propos et des écrits publics.

Le résultat de ce travail de bénédictin, que “l’Obs” publie en exclusivité, est édifiant.

“Dans certains quartiers, il ne fait pas bon être femme, ni homosexuel, ni juif, ni même français ou blanc”, avait un jour déclaré la présidente du FN. Dans certaines pages Facebook de ses candidats, il ne fait pas bon non plus être musulman, juif, rom ou homosexuel.

 

Menard et son nouvel ami !

Un pistolet semi-automatique, «nouvel ami» de Robert Ménard

A Béziers, ville passée à l’extrême droite, une campagne tapageuse met en scène l’arme dont sont désormais équipés les policiers municipaux.

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A Béziers, depuis le 1er février, la police municipale est armée. Et le maire, Robert Ménard (extrême droite), tient à ce que cela se sache. Signalée par Midi libre et largement relayée sur les réseaux sociaux, une affiche explicite a fait son apparition dans les rues de la sous-préfecture héraultaise :

Le «nouvel ami» en question est un 7.65 semi-automatique. Son introduction a été rendue possible par la signature d’une convention entre la mairie et l’Etat, par l’accord individuel de chacun des agents concernés, ainsi que par une formation de dix jours pour ces derniers. Un événement jugé assez heureux par la mairie pour que celle-ci décide de mettre la photo de l’arme, en grand format, sous le nez de tous les passants. Depuis l’élection de Robert Ménard, celui-ci a fait du renforcement de la police municipale l’une de ses priorités. Ses effectifs ont ainsi été augmentés, des brigades canines et équestres ont été créées. Outre les pistolets, la mairie a souhaité faire l’acquisition de flash-balls et de tasers.

Aux municipales de mars 2014, onze mairies, dont celle de Béziers, ont été conquises par le FN ou avec son soutien. Soucieux d’offrir une image rassurante de leur parti, les édiles les plus en vue se sont, à quelques exceptions près, abstenus de prendre des mesures trop ouvertement idéologiques. Une idée qui ne semble pas préoccuper Robert Ménard, «réactionnaire» revendiqué.

L’ancien secrétaire général de Reporters sans frontières a ainsi décidé de débaptiser la rue du «19 mars 1962», date marquant le cessez-le-feu en Algérie, pour lui donner le nom de «commandant Hélie Denoix de Saint-Marc», un militaire ayant participé au putsch des généraux en 1961. Une mesure polémique parmi d’autres – interdiction d’étendre son linge et de battre ses tapis par les fenêtres en journée, couvre-feu pour les moins de 13 ans du 15 juin au 15 septembre, durant les week-ends et les périodes de vacances scolaires, ou encore installation d’une crèche dans les locaux de la mairie.

Contacté par Libération Robert Ménard explique que la campagne publicitaire a pour but de prévenir les délinquants que «les règles du jeu ont changé» et d’informer les Biterrois que la campagne d’armer la police municipale et de la faire travailler 24h sur 24, 7 jours sur 7 est tenue.

Nullement question de provocation pour le maire FN «quand on parle d’armer les fonctionnaires l’image d’une arme va de soi. Nous voulions éviter de faire une campagne institutionnelle, il fallait quelque chose de percutant».

Quant à l’emploi du mot «ami», l’élu FN persiste et signe «oui c’est un ami un atout même.» Et de poursuivre, «ce n’est que de la pub, ce n’est pas un article de fond non plus !»

Pour ce qui est de l’avis de l’opposition l’édile va a l’essentiel «ils étaient contre le projet de loi mais n’ont pas osé voter contre au conseil Municipal alors…»

Pour Jean-Michel Du Plaa, responsable PS à Béziers, cette décision appartient au registre de la «provocation» ayant pour but de «faire du maire le centre de l’écho médiatique».

Déjà opposé à l’armement de la police municipale, estimant qu’elle n’a pas vocation à interpeller les criminels ou les délinquants, le conseiller municipal condamne la surenchère du maire : «Il y a un mois, c’était les deux chevaux de la police montée, le mois d’avant, des chiens policiers et maintenant ça. La semaine prochaine qu’est-ce que ce sera ? Des véhicules blindés antiémeutes ? Béziers, ce n’est pas les quartiers Nord de Marseille.»

Mais, ce que l’élu craint avant tout, c’est de voir les policiers municipaux transformés en «cibles», l’affiche laissant croire qu’ils sont tous armés alors que «seulement 4 ou 5 fonctionnaires sur les 40 que compte la ville ont l’autorisation».

Au Syndicat de défense des policiers municipaux (SDPM), bien que la décision d’armer les représentants des forces de l’ordre soit saluée, on juge la campagne «très maladroite», voire «scandaleuse», la police municipale ne cherchant pas «de nouvel ami», mais «seulement à se défendre et à défendre les administrés».

 

 

Charlie Hebdo contre Dieudonné

Charlie Hebdo contre Dieudonné, ou le débat problématique de la liberté d’expression en France.

Aurélie Vialette, docteur ès Lettres, professeure et chercheuse à l’Université de Stony Brook à New York.

Article publié dans le journal « la Jordana »(Mexique).

Alors que la presse à l’étranger a les yeux tournés vers la France depuis le massacre au siège de Charlie Hebdo, je constate sans aucun étonnement la façon dont le débat sur la violence contre une publication satirique se transforme en débat sur les défaillances de la justice française, la laïcité, et les principes de liberté et d’égalité. Nombreux sont les journaux qui ont comparé les dessins satiriques des caricaturistes du Charlie Hebdo avec les déclarations antisémites de Dieudonné M’bala M’bala, voulant démontrer ainsi les contradictions de la société française en ce qui concerne la liberté d’expression.

 

Les dessins satiriques et polémiques du Charlie Hebdo, une publication hebdomadaire de gauche, séculaire, athée, contre le racisme, contre les extrémistes de droite, ont peuplé les kiosques français depuis sa création dans les années 70. Ces dessins, et tout particulièrement ceux qui se moquaient de la religion musulmane, ont servi de justification pour deux attentats terroristes, l’un en 2011 et l’autre, plus sanglant, qui s’est soldé par la mort de 12 personnes le 7 janvier 2015. Dieudonné, en revanche, a été arrêté plusieurs fois pour ses propos antisémites et a vu ses spectacles censurés à plusieurs reprises en France, en Belgique et au Canada. Dieudonné parle de la Shoah comme d’« un acte pornographique de la mémoire », il affirme que le Sionisme est « le sida du Judaïsme » et a dit, avant les élections présidentielles de 2012 que le prochain président serait sans doutes « un ami d’Israël, un pédophile et un violeur d’enfants ».

 

Le débat sur les contradictions de la liberté d’expression en France vit le jour suite aux déclarations de Dieudonné et à son arrestation –vue par certains comme une injustice – et à la soit disant protection du message de Charlie Hebdo –perçue comme une hypocrisie. Mais de là à affirmer que les déboires de Dieudonné M’Bala M’Bala avec la justice française soient le résultat d’une politique de protection de la communauté juive française et d’une persécution de la communauté musulmane comme l’a fait le journaliste du New York Times Kenan Malik le 16 janvier 2014, il y a des limites http://www.nytimes.com/2015/01/17/opinion/dont-limit-speech-in-france.html?ref=opinion&_r=1).

 

La France, oui, est un pays où le racisme est malheureusement chaque jour plus important. Elle n’a pas résolu son conflit colonial, elle n’a pas non plus trouvé de solution satisfaisante à l’immigration, et l’on pourrait élaborer longue liste de sujets problématiques sans réponse de la part du gouvernement. En France, les minorités sont constamment sujettes à la violence policière, physique ou verbale, et aux discriminations dans les banlieues parisiennes. Les jeunes y sont marginalisés, et malgré les soit disant efforts des gouvernements successifs, de gauche comme de droite, pour favoriser l’intégration des plus défavorisés, le paysage national français présente une fracture sociale chaque année plus profonde. Mais là n’est pas vraiment toute la question, n’est-ce-pas ? Comme l’a dit Laurent Joffrin dans Libération le 14 janvier 2014, Dieudonné diffame des personnes, incite à la haine et fait peur, alors que Charlie Hebdo publie des caricatures, critique nos sociétés et nos symboles, et nous fait rire (http://www.liberation.fr/societe/2015/01/14/malefique_1180862).

 

Vu de l’étranger, il semblerait que Charlie Hebdo n’avait d’autre mission que de bafouer la religion musulmane. Les journalistes et opinionistes en tout genre impriment dans l’opinion publique internationale une vision limitée de la réalité journalistique française. Leurs lecteurs, pour la plupart n’ayant jamais entendu parler de Charlie Hebdo avant le massacre, le prennent pour argent comptant. Et internet, de plus, n’y est pas pour rien. La sélection d’images qui circulent dans les médias sociaux est tellement limitée et tronquée que les citoyens d’autres pays sont de fait confortés dans l’idée que Charlie Hebdo est une publication raciste protégée par la justice française qui, en même temps, emprisonne ses artistes comiques comme Dieudonné.

 

L’ignorance n’a plus de place au 21è siècle puisque tout le monde obtient une alphabétisation électronique que personne ne remet en question. « Je suis connecté donc je sais ». Voilà le slogan de la génération Wi-fi, Facebook et Twitter. Mais cette connaissance limitée est trompeuse. Il lui manque, entre autres, la proximité culturelle et politique à l’objet sur lequel on exprime une opinion –ce qu’on appelait la « rigueur contextuelle ». Qui, en quelques semaines à peine, a pris le temps de consulter les centaines de numéros de Charlie Hebdo pour vérifier le type d’idéologie qui s’y trouve ? Qui l’a fait y trouvera, donc, un combat contre l’obscurantisme sous toutes ses formes. Ce combat met bien des personnes mal à l’aise, non pas parce qu’il contiendrait un soit disant blasphème (un délit qui n’a pas lieu d’être en France puisqu’il a été supprimé lors de la Révolution française) mais plutôt parce qu’il dénonce les dictatures des fondamentalistes religieux et que, dans un monde qui préfère croire que penser, ça met mal à l’aise. Qui l’a lu comprendra que la religion n’était pas non plus le seul cheval de bataille de Charlie Hebdo, mais que le gouvernement français et ses politiques envers les immigrés y prenaient aussi pour argent comptant. Il y en allait de même pour le Front National (dont le fondateur, Jean Marie Le Pen est justement le parrain d’un enfant de Dieudonné). Le Front National, première cible de Charlie Hebdo, rappelons-le.

 

Mais le problème est épineux, bien entendu, car sans une minime connaissance de terrain, et en particulier des codes culturels d’un pays, sans une recherche profonde des pratiques sociales, on ne peut comprendre pleinement une publication. Voilà pourquoi les débats sont détournés et amenés vers d’autres terrains qui permettent aux friands des nouvelles rapides sur internet de donner leur avis, de participer à des débats virtuels qui deviennent viraux et transforment, malheureusement, une information qui petit à petit, devient officielle.

 

Dieudonné et sa “quenelle”

 Lettre à mes amis (encore) fans de l’humoriste !

Par Thomas Carre-Pierrat
Auteur

Près de 200 manifestants se sont réunis samedi 28 décembre pour soutenir Dieudonné et son geste polémique, la “quenelle”. Un appui que l’humoriste a également trouvé auprès du footballeur Nicolas Anelka. Thomas Carrée-Pierrat adresse une lettre ouverte aux fans pour les convaincre de tourner la page. 

Vous êtes encore quelques-uns, dans mon entourage, à vouloir rigoler des blagues de Dieudonné. Pendant longtemps, il fut l’un de nos comiques préférés, pour ne pas dire le premier. Il était assurément l’humoriste le plus doué de sa génération ; un comédien génial et un auteur d’exception.

 Comme vous, je suis encore capable de réciter certains de ses sketchs par cœur. Mais voilà, cela fait un moment que “Dieudo”, comme vous l’appelez encore, ne me fait plus marrer. En fait, j’ai décroché le jour où j’ai compris qu’il se moquait ouvertement de nous.

 Dieudonné a basculé dans la mouvance d’extrême droite

Malheureusement, Dieudonné n’est plus un provocateur, un type subversif qui utilisent l’humour pour taper où cela fait mal. Il est devenu un homme politique qui se sert de ses spectacles pour diffuser des idées qui nous ulcèrent par ailleurs.

Dans un souci de cohérence, j’ai dû arrêter de le soutenir car je ne pouvais plus cautionner un mec qui traîne dans la nébuleuse de l’extrême droite et fréquente des hauts responsables du Front national, ce parti contre lequel nous avons si souvent usé nos souliers.

Essayez de répondre franchement et de manière convaincante aux questions suivantes : comment peut-on apprécier un type qui était venu consoler Jean-Marie Le Pen après sa défaite à la présidentielle en 2007 ? A-t-on envie de s’asseoir sur les bancs de son théâtre qui a servi de salle de formation pour des militants du Front National ? Est-il vraiment drôle et subversif de choisir Jean-Marie Le Pen pour être le parrain de sa fille ? Auriez-vous envie comme Dieudonné, d’aller boire des coups avec Serge Ayoub, l’un des leaders des skinheads français, après la mort du militant antifasciste Clément Méric ?

La vérité est tristement factuelle. Dieudonné est aujourd’hui un militant d’extrême droite. Cela ne signifie pas que vous l’êtes également. Mais, lorsque vous regardez ses spectacles, un certain nombre de vos voisins viennent précisément pour cette raison.

Car eux, ont bien compris que Dieudonné ne blaguait pas sur les juifs comme il est capable de le faire avec les musulmans, les catholiques ou les bouddhistes. Ils savent que Dieudonné est passé, au fil du temps, d’antisioniste à antisémite. Il fait partie de ces gens qui croient réellement en l’existence d’un lobby juif dont nous serions les frêles marionnettes.

Un humoriste qui vous coupe l’appétit

Le seul trait de génie dont on peut encore créditer Dieudonné, est précisément de s’appuyer sur cette ambiguïté entre l’humoriste et le politique pour faire passer un message purement et banalement antisémite. En cela, et pour le paraphraser, Dieudonné est la branche comique de l’extrême droite.

Je préfère le répéter une nouvelle fois ; cela ne signifie pas, chers amis, que vous seriez également d’extrême droite, de la même manière que bien des “quenelles” n’ont aucun soubassement antisémite.

Mais, en participant à cela, vous cautionnez son combat nauséabond et vous faites prospérer la boutique de Dieudonné et de ses nouveaux camarades.

Comment peut-on critiquer, à juste titre, les hommes politiques qui stigmatisent les étrangers, les musulmans ou les Roms pour chasser sur les terres du FN et continuer d’applaudir un mec qui mange déjà à la table des Le Pen ? Personnellement, cela me coupe définitivement l’appétit.

Le “système” n’est pas l’ennemi de Dieudonné mais son gagne-pain

En réalité, Dieudonné vous a fait cocu avec l’extrême-droite et vous continuez à fermer les yeux parce que vous aimez son image de rebelle, pourfendeur du “système”. Désolé de vous décevoir là-aussi, mais Dieudonné n’est qu’un rebelle de supermarché, un provocateur de bac à sable.

Franchement, peut-on se présenter comme un adversaire du “système” et se faire prendre en photo avec des Yannick Noah, Tony Parker ou Mamadou Sakho, c’est-à-dire des millionnaires, purs produits du système et dont la conscience politique est comparable à l’érudition de Nabila.

Si vous souhaitez éveiller vos consciences, ou lutter contre l’ordre établi, je vous recommande plutôt de lire des livres de Noam Chomsky ou Naomi Klein. Leurs œuvres sont moins drôles, mais légèrement plus pertinentes et argumentés que les saillies inutiles de Dieudonné.

Le “système” n’est pas l’ennemi de Dieudonné mais son gagne-pain. Dans la plus pure tradition de l’extrême droite, il joue sur les peurs et les indignations de son public en lui livrant un bouc-émissaire éternel, le prétendu lobby juif. En plus d’avoir perdu son sens de l’humour, Dieudonné est un piètre penseur sans idée et dont l’idéologie ne procède que d’un délire paranoïaque.

Il faut tourner définitivement la page

L’humoriste Dieudonné est malheureusement mort et il faut être capable d’en faire son deuil. Comme tous les grands, il est irremplaçable. Sa pathétique réincarnation qui s’agite au Théâtre de la Main d’or est épouvantable. Malgré les légères ressemblances, il est vain de vouloir le défendre. Il n’y a plus rien à faire si ce n’est tourner définitivement la page.

Plus que d’éventuelles interdictions des pouvoirs publics ou de sanctions judiciaires qui le maintiendraient confortablement dans sa position de victime, Dieudonné doit être condamné par son public.

 Chers amis, en cette fin d’année, prenez une bonne résolution : cessez de rire aux sketches de ce personnage car, à chacun de vos applaudissements, derrière la scène, c’est l’extrême droite qui se frotte les mains.

Les gros actionnaires du CAC 40 sont les Rois de l’arène.

Communiqué de l’UNIRS

Les journaux du 5 janvier 2012 ont difficilement pu cacher que les entreprises du CAC 40 en France résistent bien à la crise : « Les ténors du CAC 40 devraient verser quelque 37 milliards d’euros de dividendes en 2012 – au titre de l’exercice 2011 -, selon les analystes. Une majorité d’entreprises devraient augmenter ou maintenir leurs dividendes, afin d’éviter de donner un signal négatif au marché » (sic). Pour ne pas donner de signal négatif au marché, les gouvernements reculent l’âge du départ en retraite, suppriment des emplois publics, cassent les derniers services publics et les concèdent aux amis, baissent les impôts sur les sociétés, augmentent la TVA, etc. Et pour ne pas donner de signal négatif au marché, les entreprises du CAC 40 versent de très gros dividendes à leurs actionnaires.

Quelques exemples « français » permettent d’éclairer tout ce que ceci veut dire :
– Total va verser 5,38 milliards d’euros. Derrière ces très gros bénéfices, il y a le prix de vente de l’essence à la pompe qui est supporté par chacun, il y a l’exploitation des salariés des raffineries et des camionneurs, il y a les délocalisations, il y a les pétroliers qui traversent les océans en battant le pavillon d’un paradis fiscal, il y a des navires poubelles qui exploitent leurs salariés et déversent parfois leur contenu sur les cotes, il y a les corruptions avec les dirigeants des territoires d’où est extrait le brut, il y a les impôts que ne paye pas Total.
– France Télécom va verser 3,71 milliards d’euros. Derrière ces très gros bénéfices, il y a l’escroquerie du prix des télécommunications, l’illisibilité des tarifs et des abonnements, il y a les conditions de travail des personnels, les suicides de salariés dans les entreprises, il y a la précarité grandissante, il y a les rachats d’entreprises à l’étranger et l’exploitation de leurs salariés, il y a l’usage qui est fait de l’optimisation fiscale pour réduire l’impôt payé.  
– Sanofi va verser 3,48 milliards d’euros. Derrière ces très gros bénéfices, il y a le prix de vente des médicaments, il y a la collusion entre les laboratoires et ceux qui décident de la  mise sur le marché des médicaments et de leur prix de vente, il y a les cadeaux offerts aux congressistes du secteur de la santé, il y a le coût des visiteurs médicaux et de la publicité versée aux professionnels, il y a le déficit de la Sécurité sociale, il y a les augmentations des cotisations sociales et de la CSG des salariés, il y a l’augmentation du coût des mutuelles, il y a les personnes qui ne peuvent plus accéder à certains soins, il y a les impôts que le secteur évite, grâce notamment aux délocalisations fiscales et au crédit-recherche.
– Gdf-Suez va verser 3,38 milliards d’euros. Derrière ces très gros bénéfices, il y a le prix de vente élevé de  l’énergie qui interdit maintenant à des familles pauvres de pouvoir y accéder, il y a les conditions de travail des salariés, il y a la précarité, il y a l’exploitation de milliers de travailleurs dans d’autres pays, en Europe, en Afrique, en Amérique latine, en Asie, il y a les le recours aux « prix de transferts » pour réduire l’impôt payé en France.  

Nous pourrions continuer avec Edf, BNP Paribas, Vivendi, Axa, LVMH, L’Oréal, et d’autres, en France, en Allemagne, en Italie où ça va mal pour d’autres italiens, en Espagne où ça va mal pour d’autres espagnols, au Portugal, et en Grèce (où ça va toujours très bien pour les armateurs), et en Afrique, et en Asie, et dans les Amériques, etc.  

Pour l’Union Nationale Interprofessionnelle des Retraités Solidaires (UNIRS) ceci confirme bien que « de l’argent, il y en a », et qu’il faut le répartir autrement. Il faut faire cesser l’accaparement des richesses produites par une très grande majorité de la population de la planète par une extrême minorité qui, progressivement, va posséder directement ou indirectement l’essentiel de celle aura pu « financiariser ».         

La TVA « sociale », aujourd’hui, ce serait aussi un plan de rigueur supplémentaire

Communiqué de l’Union Nationale Interprofessionnelle des Retraités Solidaires 

Le 05/01/2012

Nicolas Sarkozy vient de relancer l’idée d’une TVA « sociale », en habillant cette fois sa proposition d’un souci de sauvegarde de l’emploi en France. La démonstration est maintenant présentée par quelques ministres : les cotisations sociales patronales seraient supprimées (en totalité ou en partie), ce qui réduirait le « coût du travail », les entreprises qui produisent en France répercuteraient cette baisse de leurs cotisations sociales par une baisse de leurs prix de vente hors taxes, la TVA augmentée s’appliquerait sur un prix abaissé pour les biens et services produits en France, et sur le prix d’importation pour ce qui viendrait de l’étranger (y compris les pays du reste de l’Union européenne, qui sont considérés comme territoires d’importation / exportation au plan de la TVA). Et le surplus de TVA qui rentrerait dans les caisses du Trésor public serait affecté, en compensation des cotisations patronales supprimées, à financer la Sécurité sociale.
      Ca paraît limpide, mais c’est une somme de mensonges : dès lors qu’il n’y a plus de contrôle des prix en France, rien n’oblige les entreprises à baisser leurs prix quand leurs cotisations ou leurs taxes baissent (en 2009, les restaurateurs ont très peu répercuté sur leurs prix de vente la baisse de la TVA de 19,6% à 5,5%, malgré l’ampleur de la réduction). Ce qui est plus certain, c’est que la baisse des cotisations patronales fera donc un surplus de bénéfices pour les entreprises (dont elles décideront librement de l’usage, investir, distribuer des dividendes, spéculer, etc). Et ce qui est certain aussi, c’est que la hausse de la TVA, qui s’appliquera cette fois sur tous les biens et services, produits en France ou venant de l’étranger, conduira à une augmentation générale des prix. Et cette hausse générale des prix sera subie par tous les consommateurs en France. Et les personnes qui disposent de faibles revenus, et qui déjà dépensent chaque mois la totalité de ces faibles revenus, supporteront donc une ponction de pouvoir d’achat sur la totalité de leurs revenus. Les pauvres seront encore plus pauvres.    
      Les économistes et les « experts » qui officient le plus souvent dans les médias, savent tout ceci. Et ils savent que, même si les entreprises répercutaient la baisse des cotisations patronales sur leurs prix, ce serait bien insuffisant pour que le « coût du travail » en France soit plus bas que celui en vigueur actuellement en Chine. Ils savent aussi que le « coût du capital » (ce qui est versé aux actionnaires) ponctionne beaucoup trop de richesses qui vont ensuite vers la spéculation financière plutôt que d’aller vers la consommation de biens et de services, et vers l’activité économique.
      La mise en place aujourd’hui en France, d’une TVA dite « sociale » conduisant à augmenter très sensiblement les taux de TVA, ce serait surtout l’application d’un nouveau plan de rigueur pour rassurer encore les marchés financiers. Le FMI, la BCE, les agences de notation, ont lancé des injonctions aux gouvernements grec, italien, espagnol, portugais, etc, de baisser les salaires et les retraites, de privatiser encore, et d’augmenter la TVA. C’est toujours une mesure qui figure dans le panel des orientations des idéologues libéraux. Et ces gouvernements s’exécutent.  
      L’Union Nationale Interprofessionnelle des Retraités Solidaires (UNIRS) a pu constater que depuis des décennies les gouvernements, de fait, ont maintenu un taux de chômage important, en se refusant toujours à un partage réel du temps de travail. Ce taux de chômage élevé sert ensuite à affaiblir les salariés sur le marché du travail, et est donc un élément essentiel pour perpétuer le partage inégalitaire des richesses produites. Et l’existence d’un chômage de masse est ensuite une aubaine dans les promesses électorales. C’est aujourd’hui ce qui nous est donné à voir, une nouvelle fois.   

Allemangne: l’exemple à ne pas suivre

http://www.despasperdus.com/index.php?post/2011/11/28/Allemagne

Depuis une vingtaine d’années, les experts télé, les éditocrates, les politiciens déclinologues et autres collabos martèlent que la France DOIT prendre exemple sur tel ou tel pays, soi-disant, plus avancé, plus moderne et plus compétitif !

Depuis 20 ans, nous subissons un défilé de modèles…

L’américain cher aux néo-libéraux Madelin – Carignon, le japonais vanté par Cresson avec son MITI, l’italien de la débrouille et des PME, l’irlandais cher à la chiraquie avec ses charges sociales fabuleusement basses, l’espagnol et ses 80 % de propriétaires qui faisaient fantasmer le sarkozie.


TOUS CES MODÈLES SE SONT EFFONDRÉS !

Dans sa note l’ère autoritaire, le candidat du Front de gauche procède à une étude minutieuse du « modèle allemand » . Il produit des données très intéressantes, dont certaines, reproduites ci-dessous, démontent les idées-reçues de la droite et du PS sur ce « modèle allemand », reprises en boucle par les médias dominants….

1- un endettement bien plus élevé que la France… : allemagne1.jpg


2- une attractivité inférieure à la France :


3- des exportations limitées à l’UE (65%) et aux produits de basse technologie :


4- un chômage équivalent à la France mais assorti d’une précarité sociale plus importante :


5- un travailleur allemand qui travaille beaucoup moins qu’un travailleur français…

En fait, il apparaît que le « modèle allemand » n’est pas si performant…

De plus, autrefois réputé pour ses avancées sociales, ce « modèle allemand » est devenu un modèle de régression sociale, sous l’impulsion du social-démocrate Schröder et de la conservatrice Merkel, où la pauvreté et la précarité sociale ont explosé avec :

  • la baisse de 10 % pensions de l’assurance retraite allemande qui oblige lesretraités à chercher du travail,
  • la baisse globale de 2,5% des revenus nets des travailleurs,
  • la baisse de 20 % pour les plus bas salaires,
  • la baisse record de la part du travail dans le PIB allemand : de 76 % à 67 %,
  • le travail obligatoire pour les chômeurs ou les “ini-Jobs” obligatoires, payés 400 euros par mois sans cotisations et donc sans assurance, ainsi que les “1 euro-jobs”, essentiellement des travaux d’intérêt public;
  • l’absence d’un salaire minimum légal.

Résultat, l’Allemagne compte plus plus de 20 % de travailleurs pauvres.

Nous pourrions comparer la productivité, la croissance économique, les prévisions démographiques, particulièrement sombres pour nos amis teutons… ou cette étude anglaise qui classe l’Allemagne au 4ème rang des pays les plus innovants avec seulement 4 entreprises dans le top 100 contre 11 à la France, classée au 3ème rang !

Enfin, il s’avère que le gouvernement allemand a trafiqué sa dette pour en masquer une partie ! Quand on pense à tout ce qui a été dit sur les grecs mauvais gestionnaires, feignants et tricheurs…

Comme quoi, les fausses évidences et les idées stéréotypées – reprises en boucle par des médias dominants shootés à TINA – ne résistent pas à l’analyse des données : le fabuleux « modèle allemand » est une arnaque.