Archives mensuelles : avril 2010

Les retraité-e-s manifesteront aussi le 1er mai

Après la journée de grèves et de manifestations du 23 mars, les organisations syndicales CFDT, CGT, FSU, Solidaires et UNSA appellent les salariés à manifester très nombreux le 1° mai « pour affirmer leurs attentes d’un monde plus juste où, partout, chacun a droit à un travail décent ».

L’Union Nationale Interprofessionnelle des Retraités Solidaires appelle à participer nombreux et nombreuses aux manifestations syndicales unitaires qui auront lieu dans tous les départements et dans de nombreuses villes.

L’urgence du moment, et l’urgence des mobilisations, compte tenu du nouveau front engagé par le gouvernement et le patronat, est bien l’unité d’action contre les nouvelles contre-réformes programmées en matière de retraites.

De nombreux retraités d’aujourd’hui vivent déjà au quotidien les conséquences des réformes passées. Celle de 1987, qui a décidé de ne plus indexer l’évolution des pensions versées aux retraités sur l’évolution des salaires des actifs, mais sur les prix. Celle de 1993, qui a décidé que le niveau de la retraite de base des salariés du secteur privé serait désormais calculé sur les vingt-cinq meilleures années et non plus sur les dix meilleures années et qui a fixé à quarante ans la durée de cotisation pour avoir droit à une retraite à taux plein, au lieu de 37,5 ans auparavant. Celle de 1996, qui a limité les retraites complémentaires. Celle de 2003 qui, au motif « d’égalité », a étendu à la fonction publique la règle des 40 ans de cotisation. Et celle de 2008 qui a étendu ceci aux régimes spéciaux de retraite des grandes entreprises publiques, et qui a fixé à 41 ans à partir de 2012 la durée de cotisation nécessaire pour une retraite à taux plein.

Les gouvernements porteurs de ces reculs nous disaient déjà que ce qu’ils faisaient, c’était pour « sauver nos retraites ». Nous voyons tous les jours qu’ils n’ont pas sauvé nos retraites, mais qu’ils ont mis en place des systèmes pour nous les rogner un peu plus chaque mois, chaque année.

Pendant le même temps, nous avons pu voir croître les inégalités,. Nous avons vu des milliards d’euros versés à des banques responsables d’une crise aux conséquences énormes et dramatiques, euros versés généreusement et sans contreparties effectives, pendant que la « rigueur » était renforcée à l’égard des salariés, des services publics, de la Sécurité sociale, etc.

Les gouvernements nous ont menti hier. Ils continuent de mentir aujourd’hui. Ce qu’ils veulent, ce qu’ils font réellement, c’est « satisfaire les marchés financiers », c’est généraliser la concurrence entre les territoires pour les rendre « attractifs », non pas à leurs habitants, mais attractifs aux capitaux mobiles sur la planète.

Leur rigueur, leur « tolérance zéro », leur répression s’appliquent bien plus vite et bien plus fort à l’égard des pauvres, des modestes, des moyens, que des privilégiés qui peuvent continuer leurs « affaires » en conservant la confiance des dirigeants politiques !

Ce sont donc des orientations fondamentalement différentes qu’il faut prendre en matière de politique de l’emploi, de politique de l’investissement public, de politique fiscale et budgétaire, de politique salariale dans le privé et dans le public, de politique d’ éducation et de formation, de politique sociale et solidaire.

Pour toutes ces raisons, les retraités et les retraitées de l’UNIRS Solidaires seront dans les manifestations unitaires du 1° mai 2010.

Mardi 13 avril : les cheminot-e-s de toute l’Europe manifestent à Lille !

Venu-e-s d’Angleterre, d’Irlande, de Belgique, de Suisse, d’Italie, d’Espagne, d’Allemagne,  du Portugal, de Grèce, …, et de France, nous serons des milliers devant l’Agence Ferroviaire Européenne, à Lille.

Pourquoi, manifester devant l’Agence Ferroviaire Européenne ?

L’A.F.E. est l’exemple de l’institution européenne non démocratique. Elle a été mise en place pour imposer aux salarié-e-s, et aux usagers du rail une organisation et des critères de fonctionnement basés  uniquement sur le profit pour les actionnaires du privé, donc une exploitation accrue des salarié-e-s, une remise en cause de la sécurité ferroviaire.

Les syndicats britanniques sont à l’origine de cette manifestation

L’initiative de cette manifestation revient au syndicat RMT, première force syndicale dans les chemins  de fer et l’ensemble des transports en Grande Bretagne. Les cheminot-e-s britanniques sont les mieux  placé-e-s pour dire ce qu’est la « libéralisation » ! C’est ce pays qui a inauguré la vague de privatisation et d’éclatement du système ferroviaire ; avec les graves conséquences qu’on connaît, en termes d’accidents, de désorganisations, de suppressions d’emplois, de dégradation des services offerts aux usagers, etc.

Les autres syndicats britanniques du rail appellent également à cette manifestation : ASLEF, TSSA en Angleterre, SIPTU en Irlande ; le syndicat des pompiers (FBU), directement concernés par les accidents et incidents ferroviaires (encore récemment dans Eurotunnel), aussi.

En finir avec le sectarisme !

Dès le mois de janvier, RMT a proposé à la fédération des transports de la Confédération Européenne des Syndicats d’organiser cette manifestation. Ce fut un refus. Des syndicats essaient de diviser en appelant le même jour à une manifestation à Paris, réservée aux membres de la C.E.S.

Au contraire, le rassemblement de Lille est ouvert à tous : syndicats adhérents à la CES, à la FSM, à aucune de ces deux organisations internationales … la seule motivation est de vouloir se battre  ensemble contre la casse du service public ferroviaire ! Cela suppose de s’attaquer directement aux  responsables de la situation, comme l’A.F.E., bras armée de la Commission Européenne pour le  ferroviaire. Cela va à l’encontre des syndicats qui demandent la privatisation des chemins de fer,  comme le fit le syndicat allemand Transnet. Cela passe par l’exigence d’un système ferroviaire public,  intégrant l’exploitation et l’infrastructure, au contraire de ce que nous connaissons en France depuis 1997 et les gouvernements « de droite » et de « gauche » (plurielle !) successifs.

Revendiquer un service public ferroviaire de qualité, et être prêt à se battre pour ça, c’est ce qui rassemble les syndicats britanniques déjà cités, mais aussi la CGSP et le SLFP de Belgique, la  fédération des cheminot-e-s et le courant syndical PAME de Grèce, la CGT du Portugal, l’ORSA d’Italie, Transparence par la base d’Allemagne, le comité de lutte de Bellinzona en Suisse, la CGT d’Espagne, LAB du Pays basque, … des syndicats aux histoires et cultures différentes qui s’unissent face à  l’urgence, et dans l’intérêt des cheminot-e-s et des usagers du rail de toute l’Europe.

SUD-Rail se retrouve pleinement dans ce front syndical,  uni pour agir à l’échelle européenne.

Pour sauver les retraites

Pour sauver les retraites, 400 personnalités appellent à taxer les revenus financiers Par Ivan du Roy (7 avril 2010)

A lire sur   http://www.bastamag.net/article972.html

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Patrick Mignard