Archives mensuelles : janvier 2011

Ces vieux nantis égoïstes….

Terrible sondage sur la durée du travail, les 35 heures et la compétitivité de l’économie ! Vous allez le voir, ce sont ceux qui en foutent le moins qui veulent que les autres s’activent plus au travail.

C’est un svieille-dame.jpgondage CSA sur la durée du travail: gros PDF à lire si vous le voulez. Et qui sont ceux qui pensent le plus que les Français ne travaillent pas assez longtemps ? je vous le donne en mille, comme en décembre 2006 : Ce sont les plus de 65 ANS ! ceux qui sont à la retraite donc ! C’est là que le sondage donne des scores maximaux aux question qui impliquent que les salariés doivent travailler plus, ou que “travailler plus ” dans la semaine ferait mieux fonctionner les entreprises où ils n’ont plus mis les pieds depuis quelques années.

On trouve d’autre traces du faire travailler les autres dans le sondage. Ainsi regardez les  score de la catégorie “travaille a son compte” c’est encore pire : Ceux là veulent faire travailler plus les salariés.  Ce sont des indépendants, donc éloignés des contraintes du monde salarié en entreprise. Cela ne les empêche pas de donner des leçons.

Et que dire des catégories “cadre, profession libérales[1] , là aussi on trouve des scores positifs sur le “travailler plus”  voilà ceux qui pensent que les autres foutent rien. Les professions libérales ne sont pas concernée par le temps  de travail et les cadres se font avoir par le forfait jour depuis 2002: les imbéciles.

TERRIBLE SONDAGE : les vieux nantis (pas tous hein) veulent encore une fois faire travailler plus les salariés : Par ce qu’ils ne veulent pas subir de régression, et faire payer cette régression aux autres. Il s’agit d’une nouvelle forme d’égoïsme de classe et d’âge.  Tout ça ne doit pas faire oublier qu’il y a des vieux dans la mouise !

http://www.intox2007.info/index.php?post/2011/01/17/ces-vieux-nantis-egoistes

Liquider la médecine de travail ?

C’est sans précédent : ils veulent liquider la médecine de travail de ce pays

Une proposition de loi la majorité UMP vient le 27 janvier au Sénat,

Sans concertation, contre l’avis de tous les syndicats unanimes, c’est sans précédent : ils veulent liquider la médecine de travail de ce pays.

Ils veulent remplacer les médecins du travail par des « intervenants en santé » qui ne seront ni formés, ni spécialisés no protégés et qui dans les « services de santé au travail » seront inféodés à la voix prépondérante du patronat. Les apparences d’indépendance de la médecine du travail seront mis à bas. Espacer les visites, diminuer les coûts et moyens, transformer les intervenants en santé en sélectionneurs, en contrôleurs, en sanctionneurs des salariés, le projet est celui du Medef refusé par tous les syndicats.

Une belle Conférence de presse unitaire s’est tenue ce matin à Paris, au cinéma La Clef, à 11 h : elle a réuni un arc de force unitaire exceptionnel En défense de la médecine du travail
16 intervenants étaient  présents au nom de PS, VERTS, PG, NPA, LO, FASE,  CGT IEG, Solidaires, FSU, SNPTS, SSMT, Attac, Copernic.
Avec

Copernic :   Willy Pelletier

Gérard Filoche  inspecteur du travail

Eric Beynel Solidaires

Deux parlementaires :

Parti de Gauche : Martine Billard députée
EELVerts : Jean Dessessart sénateur

NPA :   Sandra Demarcq
Lutte Ouvrière :  Jean-Louis Gaillard

Parti socialiste : Delphine Meyrargue secrétaire nationale

FSU/SNU de l’inspection du travail.

Mireille Chevallier SNPTS
Dominique Huez  syndicat services médecine du travail
Alain Carré méd du travail industries électriques et gazières

Appel des 20 000,  dont 1100 inspecteurs et médecins du travail   http://www.non-mort-medecine-travail.fr Docteur Mireille Cellier et Docteur Karyne Devantay

CGT FSU : soutien mais excusée ce jour
PCF : idem

FASE : Alain Lacombe
Attac :   Jean-Michel Dupont

Il a été appelé à un Meeting unitaire pour sauver la médecine du travail forte et indépendant dont ont besoin des millions de salariés

Jeudi 10 février

A partir de 19 h  Salle Hénaff  Bourse du travail de Paris, prés république, coin rue Charlot

PS, PCF, VERTS, PG, NPA, LO, FASE, GU, CGT IEG, Solidaires, FSU,UFAL, SNPTS, SSMT, Attac Copernic,

http://www.filoche.net/2011/01/26/c%E2%80%99est-sans-precedent-ils-veulent-liquider-la-medecine-de-travail-de-ce-pays/

Le président des riches a encore besoin des riches

http://sarkostique.over-blog.com/
Il en fait des efforts (surhumains !) pour faire croire qu’il change notre bien aimé président des riches, Nicolas Sarkozy. L’usager du yatch de Bolloré en mai 2007 est en fait égal à lui même et on comprend vite pourquoi.

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Merci à Jiho

Europe 1 et Le Monde nous informent que Sarkozy a une fois de plus rencontré le cercle de ceux qui ont des billets dans la poche et des comptes bien remplis (personne n’a dit en Suisse ou au Luxembourg, ce serait purement scandaleux de le penser, alors l’écrire …)

C’était en janvier (pas moyen d’avoir la date ni le menu de ce la petite sauterie entre gens biens) et notre bon président des riches a fait une apparition. Un peu comme la Vierge à Lourdes, la sainteté en moins.

Le plus intéressant n’est donc pas le menu du repas mais les propos tenus, et attention il faut avoir l’estomac bien accroché !

Il a ainsi “fustigé les 35 heures et l’ISF”, s’est moqué du peu de manifestants dans les rues pour défendre les retraites.

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Merci à Na !

Et il aurait affirmé, c’est un participant qui le rapporte : “Pour l’instant, j’ai l’obligation d’être discret car je suis président, mais attendez que je sois en campagne.”

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Merci à Biz

Il n’est pas certain que Monsieur Sarkozy ait compris le sens du mot discret. Sarkophage se dévoue pour lui en donner la définition du dictionnaire qu’il a sous la main :

1 – Qui parle ou agit avec retenue, tact, réserve.

2 – Qui n’attire pas l’attention,  qui ne se remarque pas.

3 – Qui sait garder un secret.

Il est indéniable que notre président de la Raie Publique gagne à adopter le dictionnaire comme livre de chevet. Et pas seulement pour caler le lit ou la table de nuit !

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Merci à Tropical Boy

Sarkostique le Sarkozy blog officiel satirique

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Gaz de schiste (2)

Pétrole et gaz sous le Larzac !!!

Presse-toi à gauche ! couvre le débat sur l’exploitation des gaz de schiste qui a cours au Québec depuis bientôt un an. Sans trop nous étonner, nous avons pu constater que la France est actuellement touchée par le même débat et que l’industrie s’y comporte de la même façon : derrière les rideaux, à la cachette, en évitant le plus possible les débats publics. Par ailleurs, le mouvement de contestation populaire commence à se développer là aussi. Presse-toi à gauche ! vous offre une revue de quelques articles sur le sujet.

Anne-Marie Letort : « C’est tout le Sud qui est menacé »

Comme une odeur de souffre au milieu du gaz… « Si ce projet devait se réaliser, ce serait une sorte d’apocalypse », annonce d’emblée Anne-Marie Letort, farouche opposante à l’exploitation de gisements de gaz et membre depuis quarante ans de l’APAL (association pour l’aménagement du Larzac).

Fin décembre, Anne-Marie Letort, résidant à Sauclières (Aveyron), a assisté à la réunion publique à St-Jean-du-Bruel, en présence de militants de la mouvance larzacienne, dont l’eurodéputé José Bové, mais aussi les maires de Sauclières, St-Jean-du-Bruel, de Nant, et l’ONG « Les amis de la Terre ». Une réunion « touchante et très pédagogique, qui aura rassemblé de nombreuses personnes de tous horizons (commerçants, habitants, élus, spéléologues…) pour s’informer et résister. Le Larzac ne veut pas voir réduit à néant son bonheur de vivre. Le climat de résistance est très affirmé. D’autant qu’aucune concertation de la population n’a eu lieu… ».

Lors de la réunion, des diapositives ont défilé sur les destructions causées aux États-Unis et au Canada par l’exploitation de ces gisements de gaz : forêts rasées, aménagement de routes, sol parsemé de puits, énorme consommation d’eau pour l’extraction, utilisation de produits chimiques, terres et nappes phréatiques polluées… « Des apprentis sorciers affirment que les conséquences seront moindres pour le Larzac. Mensonge ! », peste Anne-Marie Letord.

L’Aveyron ne sera pas le seul département touché. « Le Sud est menacé. Notamment les Cévennes et la Lozère, sanctuaires et territoires sacrés à la nature préservée, essentiels à la respiration de l’humanité. Tout cela au nom de quoi ? Le profit. » De plus, GDF-Suez et Schuepbach Energy « argueront qu’elles créeront des emplois ici. Mais elles viendront avec leur personnel et leur matériel ! », regrette Anne-Marie. Une étude sur les risques sanitaires et environnementaux liés à l’exploitation a été exigée par l’ONG « Les amis de la Terre ». Une pétition au niveau des régions concernées, la création d’un comité de surveillance sur le Larzac ou un jumelage entre Nant, St-Jean-du-Bruel et des communes canadiennes ou américaines impactées par les gisements sont évoqués. Lire la suite »

Tunisie : le dictateur est tombé, mais la lutte continue

Communiqué de Solidaires

A la joie de voir le dictateur chassé, se mêle un sentiment de rage. Rage en pensant aux dizaines de morts qu’il a fallu pour en arriver là, aux dizaines de milliers de tunisiennes et de tunisiennes dont les vies ont été brisées, pendant ces 23 ans, par la prison et la torture.

Et tout cela pour permettre à la mafia au pouvoir de se remplir les poches sous l’oeil bienveillant des gouvernements français qui se sont succédés. Jusqu’au dernier jour ils ont soutenu ce régime à bout de  bras.  Le  gouvernement  Sarkozy  a  même  proposé  ses  services,  pour  mieux  aider  le  dictateur  à réprimer une population en lutte contre la tyrannie.

Une telle sollicitude n’est pas étonnante : une des fonctions de ce régime était de museler les luttes sociales afin de fournir une main d’oeuvre à bas prix aux investisseurs étrangers. Mais rien n’y a fait, c’est d’ailleurs la révolte ouvrière du bassin minier de la région de Gafsa qui a inauguré, en 2008, la vague  de  lutte  qui  a  fini  par  faire  tomber  le  régime.  Les  syndicalistes  de  l’UGTT  refusant  les compromissions, comme par exemple ceux de l’enseignement ou des postes et télécommunications, ont  joué  un  rôle  essentiel  dans  ces  mobilisations.  Leur  lutte  s’est  articulée  à  celle  de  multiples catégories sociales comme les avocat-e-s, les militant-e-s des droits de l’Homme, les féministes, les jeunes scolarisé-e-s ou chômeurs/ses, etc.

En Tunisie, la lutte continue contre les anciens de la mafia au pouvoir qui peuplent l’appareil d’État et continuent à détenir les fruits de leur pillage.

En France, la pression ne doit pas se relâcher pour que les avoirs des Ben Ali – Trabelsi soient saisis et restitués au peuple tunisien.

Cette  victoire  est  un  démenti  cinglant  infligé  à  tous  les  néo-libéraux  qui  présentaient  la  Tunisie comme un modèle de développement à suivre. C’est une gifle aux politiciens de tous bord qui ont cherché à justifier leur soutien à Ben Ali en agitant l’épouvantail islamiste : le dictateur et sa famille n’ont trouvé pour l’instant pour les accueillir que le régime fondamentaliste saoudien.

Ce qui se passe en Tunisie, ce qui se déroule aussi en Algérie, montrent que rien n’est inéluctable.
Face à la répression, au musèlement des mouvements sociaux, les révoltes populaires sont légitimes et le mouvement syndical se doit de les appuyer  dans le respect de l’autonomie de chacun de nos mouvements.

Gaz de schiste (1)

Nos territoires, nouveaux terrains de jeu des pétroliers

Communiqué des Objecteurs de Croissance du Languedoc-Roussillon

mardi 28 décembre 2010

Total, GDF Suez et Schuepbach Energy, s’apprêtent à explorer notre sous sol, sur une zone allant de Montélimar au Larzac en passant par l’Ardèche, le Gard, l’Hérault et la Lozère. Afin de monter une ’’nouvelle usine à gaz’’ pour satisfaire leurs appétits de profits, mais sans nous informer des conséquences désastreuses pour notre environnement de cette nouvelle ruée vers l’hypothétique or gazeux.

Car si nos sous sols recèlent des milliards de mètres cube de gaz de schiste, ils ne sont pas faciles à extraire, et la technique pour les ramener à la surface est délicate et surtout très nuisible à l’environnement. La fracturation hydraulique horizontale, ainsi que le pompage, nécessitent un puits tous les 200m, des quantités phénoménales d’eau additionnée de produits chimiques toxiques pour attaquer la roche, eau qui se trouvera ensuite aspirée en même temps que le gaz vers la surface et à travers les nappes phréatiques…

Sur le plan environnemental, le gaz de schistes est au gaz naturel ce que les sables bitumineux sont au pétrole : un désastre environnemental, un saccage des terres agricoles, un coût d’extraction élevé, un gaspillage d’une ressource rare et la pollution de nos réserves en eau.

Les Cévennes minières seront particulièrement visées sous prétexte d’une revitalisation des anciens puits d’exploitation, ajoutant de nouvelles plaies aux graves dégâts écologiques jamais réparés, ni par leurs auteurs, ni par les trop pauvres municipalités concernées.

Pourquoi alors un tel empressement ? Lire la suite »

Agissez maintenant pour dénoncer la campagne publicitaire scandaleuse d’AREVA !

Non à la propagande d’AREVA !

Janvier 2011 : impossible d’échapper au nouveau spot publicitaire d’AREVA dont 1 500 spots TV sont diffusés sur 30 chaînes TV.

Une campagne de propagande mondiale de 20 millions d’euros de promotion du nucléaire, payée par les contribuables puisque l’État est actionnaire à 90 % d’AREVA.

Le 14 janvier 2011, le Réseau “Sortir du nucléaire” a porté plainte contre ce spot devant le jury de déontologie publicitaire.

Agissez avec nous !

Participez à notre cyberaction

Système ferroviaire : le désastre continue

Les  nombreux  incidents  de  ces  dernières  semaines  ont  montré  à  quel  point  le  système  ferroviaire  français  est  fragilisé.  L’éclatement  de l’entreprise publique SNCF ne cesse de s’accentuer depuis la création de RFF. L’organisation mise en place aboutit à des mises en concurrence absurdes, à des surcoûts bureaucratiques, à … une désorganisation du système ferroviaire ! Les dizaines de milliers d’emplois supprimés ne permettent plus d’assurer un service normal et rendent le moindre incident quasiment irrattrapable. Les dirigeants de la SNCF se soucient plus de savoir quelle entreprise routière étrangère ils vont acheter que du nombre de trains supprimés, en retard, défectueux, …

Les  syndicats  de  cheminots,  dont  SUD-Rail,  luttent  contre  cette  dérive.  SUD-Rail  mène  régulièrement  des  actions communes  avec  des  associations  d’usagers.  Guillaume  Pépy  pourrait  utiliser  ses  sorties  médiatiques  pour  dire  la  vérité, expliquer que la situation du système ferroviaire français devient vraiment dangereuse, et exiger des moyens pour le service public ferroviaire. Mais cela fâcherait le gouvernement !

Alors, Guillaume Pépy préfère la démagogie antisyndicale et dénonce SUD-Rail à la vindicte populaire. Que le patron de la SNCF n’aime pas SUD-Rail n’est pas trop notre souci, mais une telle attitude est scandaleuse vis-à-vis des usagers :

  • ce n’est pas un préavis SUD-Rail qui a conduit au désastre du Strasbourg/Port Bou !
  • ce n’est pas un préavis SUD-Rail qui provoque la situation lamentable chaque jour du trafic en Ile-de-France !
  • ce n’est pas un préavis SUD-Rail qui impose une augmentation des prix TGV … pour payer les péages exigés par RFF !
  • ce  n’est  pas  un  préavis  SUD-Rail  qui  fait  que  la  maintenance  des  rames  est  moins  bien  assurée  qu’auparavant,  que  les voies sont moins souvent entretenues !
  • ce n’est pas un préavis SUD-Rail qui oblige les Conseils Régionaux à subir des plans de transport qu’ils n’ont pas décidés !

La fédération SUD-Rail est pour un grand débat public associant les organisations syndicales, les associations d’usagers, la direction  SNCF,  le  gouvernement,  les  Conseils  Régionaux :  il  faudra  alors  dire  la  vérité,  pas  se  contenter  de  « sauver  sa place » !  M. Pépy  devra  alors  assumer,  face  à  l’opinion  publique,  le  fait  qu’il  ait  soutenu  et  accompagné  la  création  de RFF  en  1997,  qui  est  à  l’origine  du  démantèlement  du  système  ferroviaire  public,  et  qu’il  ait  ensuite  renforcé  la  fragmentation de la SNCF, qui l’a  rendue peu à  peu ingérable, en mettant en place une organisation par activité et sous-activité alors que les directives de l’Union européenne ne l’y obligeaient absolument pas.

Chérèque rejoint-il la croisade anti-fonctionnaires ?

Chérèque double le gouvernement sur la droite

Le statut de la fonction publique, pour la CFDT comme pour l’aile libérale de l’UMP, peut être limité aux missions régaliennes.

par David Desgouilles (http://carnet.causeur.fr/antidote/chereque-double-le-gouvernement-sur-la-droite,001604)

La tribune de François Chérèque publiée dans Libération du 17 janvier a, semble t-il, échappé à la plupart des observateurs. C’est pourtant à une bien étrange profession de foi que s’est livré le secrétaire général de la CFDT. Je ne sais si beaucoup d’adhérents fonctionnaires de la centrale cédétiste achètent Libé mais il est fort possible que pas mal d’entre eux aient pu renverser leur café ou s’étrangler avec leurs tartines lundi matin.

Qu’écrit donc Chérèque ? Citons un long extrait non sans avoir prévenu le lecteur de s’accrocher à sa chaise :

Le débat doit aussi porter sur la nature de ces services : il y a des fonctions régaliennes à maintenir sous l’autorité directe de l’Etat (parmi elles, le triptyque police-armée-justice) qui doivent être assurées par des fonctionnaires avec des obligations d’impartialité, de continuité, d’égalité de traitement, qui justifient les garanties protectrices de leur statut. Ces obligations ne peuvent pas se permettre de varier selon les changements politiques

Pour l’ensemble des autres missions, qu’elles soient conduites par le public ou par des opérateurs privés, l’Etat doit assurer contrôle, évaluation et péréquation afin de garantir la cohésion, la solidarité et l’objectif de réduire les déséquilibres territoriaux et sociaux.

Une mission de service public ne se résume pas à la forme juridique de l’entreprise ou au statut du personnel. Un salarié du privé qui assure une mission de service public n’est pas moins républicain qu’un fonctionnaire qui effectue la même tâche.

Entendons nous bien : juridiquement, ce que dit Chérèque n’est pas faux. Un voyageur débarquant à Roissy lundi matin et n’ayant pas remis les pieds en France depuis le nouvel an pourrait même ne pas s’en formaliser outre mesure. Hors contexte, ce rappel de la législation en vigueur ne mangerait pas de pain. Les concessions de service public existent dans notre droit. Et, effectivement, on ne mesure pas le républicanisme au fait qu’on est fonctionnaire ou non. Seulement voilà, depuis deux semaines, il y a eu quelques petits évènements qui n’ont pas dû échapper à un secrétaire général de la CFDT :  la proposition Jacob de supprimer l’emploi à vie des fonctionnaires ; puis, la semaine dernière, le dépôt par Monsieur Mancel (UMP) d’une proposition de loi visant à limiter le statut de la fonction publique aux missions régaliennes.

C’est donc au moment où des voix dans la majorité remettent en cause le statut général de la fonction publique que François Chérèque signe cette tribune. Si François Fillon a affublé Christian Jacob du surnom peu glorieux de Rantanplan, je n’ose imaginer les sobriquets que l’on pourrait trouver pour un secrétaire général d’un syndicat ouvrier. Nicolas Sarkozy, qui réforme les concours d’accès à la fonction publique, trop académiques et porteurs de rigidité selon lui, est ringardisé. Chérèque va beaucoup plus loin : un gouvernement qui développerait les concessions de service public dans un domaine aussi vaste que les missions non régaliennes ne rencontrerait pas d’opposition de principe de sa part. Je me demande si Alain Madelin faisait même figurer ce genre de proposition dans son programme ultra-libéral en 2002.

Au moment où Marine Le Pen nettoie le site internet du FN des vieilles propositions reagano-thatcheriennes qui y subsistaient et qu’elle prononce un discours d’un étatisme économique et social à faire rougir Bernard Thibault, lire une telle prose sous la plume du dirigeant d’une des plus puissantes centrales syndicales du pays donne l’impression d’une France cul par dessus tête. Au fait, qu’en pensent les fonctionnaires « non régaliens » adhérents à la CFDT ?

Mettre les banques sous tutelle

Susan George, d’Attac : « Il faut mettre les banques sous tutelle »

Par Zineb Dryef et Pascal Riché | Rue89 | 17/01/2011 | 11H07

L’altermondialiste prône la défense de l’héritage des Lumières et une prise de pouvoir de l’Etat sur le système financier et bancaire.

Susan Georges (Audrey Cerdan/Rue89).

Les Sages révoltés de notre République, ce sont ces voix qui nous réveillent parce qu’elles mêlent l’eau et le feu, l’expérience et la passion. Parmi eux Stéphane Hessel, 93 ans, Albert Jacquard, 85 ans, ou Edgar Morin, 89 ans.

Mais aussi Susan George, 75 ans : présidente d’honneur d’Attac, auteure de nombreux livres, la Franco-Américaine se bat depuis des années pour un monde moins injuste vis-à-vis du Sud et contre le système économique néolibéral. Nous l’avons rencontrée chez elle, vendredi, à l’heure du thé.

La conversation a justement commencé sur le succès du petit opuscule d’Hessel, « Indignez-vous ! », un homme qu’elle décrit comme « impeccable du point de vue moral, qui pratique ce qu’il prêche ». Entretien.

Rue89 : Appeler à l’indignation, un terme qui se place sur le terrain moral, est-ce la meilleure approche pour changer les choses ? N’est-il pas plus efficace de dire « raisonnez ! » ou « révoltez-vous ! » ?

Susan George : Hessel est sur le registre des valeurs, pas sur celui de l’analyse des dossiers économiques ou géopolitiques. Il appelle à l’indignation comme prélude à l’action. Il dit : rejoignez quelque chose. Et il s’adresse particulièrement aux jeunes. Fort de son passé, c’est vrai, il ne veut pas se résigner.

Moi, ce que je sens très fort, c’est l’attaque contre les Lumières. Et ça me désole : à la fois sur le plan philosophique et sur le plan de l’action, je trouve que c’est une très grande conquête de l’humanité.

Le libéralisme politique – tel qu’il était entendu au XVIIIe siècle, ce mouvement européen qui commence avec Locke et qui continue avec les encyclopédistes français – est à la base de la constitution américaine, il est à la base des libertés – politiques, religieuses, de la presse, de l’opinion…

Des gens sont morts pour cela, et la démocratie vient de cette époque-là. Eh bien, j’ai l’impression que ces Lumières font aujourd’hui l’objet d’une très grande attaque idéologique.

J’essaye de me placer dans cette tradition-là, qui vaut la peine d’être défendue.

Les jeunes générations se résignent-elles davantage face à cette attaque ?

L’Europe est un peu K.-O. Tout cela est allé très très vite. En 2009, quand j’étais à Londres pour le contre-G20, il y avait une réaction. On était 35 000 à Hyde Park. Les médias, le lendemain, étaient avec nous ; même Gordon Brown, alors premier ministre britannique, s’empressait de dire qu’il était de notre côté. Le monde était alors à un cheveu de la catastrophe.

Le G20 a parlé des paradis fiscaux, de l’emprise des marchés financiers, de l’emploi, de l’environnement, etc. Et puis une fois que les banques ont été sauvées, tout cela a complètement disparu. Le G20 et le G8 bricolent des solutions pour sauver les banques une deuxième fois. Et puis rien.

Pourquoi cette résignation ? Les gens pensent peut-être que leurs dirigeants sont en train de sauver la Grèce ou l’Espagne. C’est complètement faux, ils sont en train de sauver les banques qui ont acheté de la dette grecque ou de la dette espagnole… Il ne s’agit pas de faire quoi que ce soit pour les peuples.

Non seulement on sauve les banques une seconde fois, mais qui le fait ? Ce sont les peuples, par l’amputation de leur retraite, la baisse de leur salaire, la mise à pied de fonctionnaires. Pourquoi les gens aujourd’hui n’arrivent-ils pas à se regrouper ? En France, on est focalisés sur les élections de 2012, qui sont vraiment secondaires.

La crise qu’on vient de vivre n’a-t-elle pas débloqué quelque chose, dans la réflexion sur l’économie ?

Les gens ont vu que cela ne marchait pas, que le néolibéralisme ne fonctionnait pas. Mais ils continuent comme si cela fonctionnait… La mayonnaise de la contestation ne prend pas.

Il faudrait que les gens fassent des alliances, comme nous essayons de le faire à Attac : on a par exemple des partenariats sur les taxes financières avec des syndicats et diverses organisations – Secours catholique, Comité catholique contre la faim et pour le développement, Oxfam, Les Amis de la Terre…

On essaye de fédérer le monde syndical, caritatif, associatif, écologique. C’est la bonne piste, personne n’est en mesure de gagner seul.

Dans un scénario optimiste, le changement que vous souhaitez, par où commencer ?

Apprendre. Il faut commencer par apprendre. Aujourd’hui, la politique est devenue bien plus compliquée. C’est bien de s’indigner, mais il faut d’abord comprendre pourquoi cela ne marche plus.

Quand j’ai commencé à militer, on disait « Les Etats-Unis hors du Vietnam ! » Les gens étaient d’accord ou pas, mais ils comprenaient ce que cela voulait dire. Quand on disait « Arrêtez l’apartheid », on n’avait pas besoin d’un long discours. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas.

J’ai fait une longue campagne contre l’AGCS [Accord général sur le commerce des services, ndlr], personne ne savait ce que c’était : une OPA sur les services publics et les services de proximité.

Si on ne sait pas comment ça se passe, ce qui est voté, à quel moment, on ne peut agir. Ça ne sert à rien d’être « contre » si on ne peut ni l’expliquer à d’autres, ni taper au bon endroit. Autant se taper la tête contre les murs. Donc il faut apprendre, aider d’autres à apprendre, organiser, faire des alliances.

Et communiquer : on a de plus en plus besoin de choses visibles, qui intéressent les médias. Et ça, on le fait très mal. Il faut sortir des rituels. Faire une manif, c’est comme si je vous demandais de vous intéresser à la messe de 10 heures. Ça fait des années que je dis qu’avec 30 personnes, on peut faire quelque chose de visible, de drôle, et qui appuie là où ça fait mal.

Je propose ainsi depuis longtemps qu’on fasse non pas des « sittings », mais des « laughings » [to laugh= rire, ndlr] : aller rigoler devant tel ministère, ou devant le Medef… Car ce qu’en France on craint le plus au monde, et surtout chez les hommes politiques, c’est le ridicule.

Il y a eu des initiatives de ce genre, comme Sauvons les riches. Ou l’opération Cantona, pour retirer son argent de la banque le même jour. Qu’en avez-vous pensé ?

C’était amusant, mais aussi une fausse bonne idée. Il ne comprenait pas comment fonctionnent les circuits financiers.

Nous travaillons sur une autre approche : « Pour changer la banque, changez de banque. » Mais nous n’avons pas demandé tout de suite aux gens de le faire, parce que la seule banque vers laquelle on conseillerait d’aller aujourd’hui est la Nef, qui n’a que 60 employés, aucune surface.

Ce ne serait pas sérieux. Mais cela peut changer : la Nef se rapproche aujourd’hui de la Banca Etica [une plus grosse banque en Italie, ndlr] et d’autres banques européennes.

Dans les initiatives à prendre, vous ne parlez pas du vote. Et vous considérez 2012 comme une préoccupation « secondaire ». Pourquoi ?

Pour moi, ces primaires au PS, c’est une énergie politique qui se perd. Je ne comprends pas la notion de primaire pour ce parti. C’est une idée importée des Etats-Unis, qui se comprend là-bas, mais qui n’a pas beaucoup de sens ici.

Mais ne peut-on pas aussi faire pression sur les grands partis à la veille d’une élection importante ? C’est ce qu’a fait Nicolas Hulot en 2007, par exemple…

Je me méfie des ambitions personnelles qui peuvent naître. Au sein des organisations comme Attac, on l’a déjà vu. Mais infléchir les programmes, ça oui, c’est notre vocation. C’est plus facile avec des célébrités comme Hulot… Nous organisons des réunions, en province notamment, dans lesquelles des partis de gauche sont présents.

Pour un pouvoir politique, quelle serait la première décision à prendre ?

Prendre le contrôle des marchés financiers, des banques. Ça crève les yeux. Ils font la pluie et le beau temps : il faut les mettre sous tutelle.

Est-ce réaliste de commencer dans un seul pays ?

[Silence] Question difficile. Je ne l’ai pas creusée, à ma grande honte.

Je laisserais les banques échanger des devises, mais elles seraient taxées sur les transactions. J’interdirais l’accès à la plus grande partie des dérivés, ce marécage. Certains dérivés servent d’assurance, très bien. Mais je suis très hostile aux dérivés « nus », qui permettent de s’assurer pour quelque chose qu’on ne possède pas. C’est un peu comme si je prenais une police d’assurance-incendie sur votre maison. J’aurais alors intérêt à la brûler…

C’est un peu ce qu’a fait Goldman Sachs

Et d’autres ! Ce marché est colossal. C’est 600 000 milliards par an. L’investissement va dans les produits financiers sans passer par l’économie réelle. Il faut instaurer une loi Glass-Steagall [adoptée aux Etats-Unis après la crise de 1929, ndlr] pour les banques, pour séparer les activités de crédit et d’investissement.

Dans un pays, on peut aussi dire aux banques : « Vous allez prêter en priorité aux PME-PMI, surtout celles qui ont un projet écologique ou social. » C’est un contrôle du crédit, dans le sens où il y aurait des bénéficiaires prioritaires ; mais on ne va pas nationaliser toute l’économie.

Pourquoi encadrer le crédit de façon rigide ? On peut aussi imaginer des bonifications de crédit pour les PME.

Pourquoi pas, il faut étudier les meilleures suggestions, je ne suis pas économiste.

Y a-t-il des solutions internationales ?

Pour les paradis fiscaux, oui. Si on peut interdire à la Société Générale d’y avoir recours dans un seul pays, est-ce qu’en droit, on peut l’obliger à fermer sa succursale de Jersey ? Je ne suis pas sûre.

Je me suis demandé s’il était possible d’interdire aux agences de notation de noter les Etats. Mais aux Etats-Unis, la Cour suprême a estimé que le premier amendement les protégeait, au nom de la liberté d’expression.

Le G20 est-il un espace qui pourrait servir à quelque chose ?

Le G20 est illégitime. Il ne représente que les grands joueurs du système. Où est le G172 ?

Et l’Europe ?

Imposer une solution néolibérale d’une telle ampleur à la Grèce est une faillite politique et morale de l’Europe. On punit le peuple. C’est un sujet d’indignation.

Certains proposent aujourd’hui d’abandonner l’euro.

Il faut garder l’euro mais en le changeant. Je ne prendrai jamais la responsabilité de dire « sortons de l’euro », ce serait une catastrophe. Je crois qu’il faut plus de solidarité. Aujourd’hui, c’est classe contre classe, pas pays contre pays.

Emmanuel Todd défend la solution protectionniste…

Bien sûr qu’il faut du protectionnisme mais au niveau européen, pas au niveau français. Cette doctrine, le libre-échange, a été lancée à une époque où le marché, le territoire, le droit et le capital avaient les mêmes limites. Mais plaquez ce système dans un monde où le capital va à sa propre vitesse et où le droit est inexistant et vous mettez tous les travailleurs en concurrence. Je suis favorable à un protectionnisme raisonné.

Vous vous déclarez hostile aux milliardaires philanthropes….

Ce que fait Bill Gates contre le sida, c’est sans doute très bien, mais sa révolution verte [un programme controversé d’aide aux agriculteurs africains, ndlr] risque d’être une catastrophe en Afrique. Un milliardaire n’a pas à décider ce qu’il y a de mieux pour les peuples.

Si un milliardaire veut faire don de sa fortune, ça doit se faire en concertation avec des spécialistes locaux.

Ces milliardaires – Bill Gates, George Soros, ou Warren Buffet – peuvent-ils avoir un rôle utile dans la société ?

J’ai demandé à un ami américain qui a un pied dans ces milieux-là si lui ou quelqu’un d’autre pouvait enfin dire à Bill Gates que sa révolution verte serait une catastrophe. Il m’a répondu : « Nobody can say anything to Bill Gates » [« Personne ne peut dire quoi que ce soit à Bill Gates », ndlr].

Warren Buffet est un cas à part, il représente la vieille tradition. Dans ma ville, je me souviens que dès 10-12 ans, on devait faire des choses pour la communauté quand on était un privilégié. Aujourd’hui, l’exacerbation de l’intérêt individuel grandit.

J’ai parlé des Lumières justement parce que cet esprit-là se perd. Au sujet de l’importance de la cohésion sociale, le livre de Richard Wilkinson et Kate Pickett montre justement à quel point l’inégalité est mauvaise pour la société, à quelle point elle coûte cher. Les banlieues, les SDF, les gamins qui ne savent pas compter et écrire, ça coûte cher à la société. Il faut s’attaquer aux causes.

Vous proposez un curieux ordre des « chevaliers de l’environnement ».

C’est de la fantaisie. Il y a longtemps que je me demande comment mobiliser les riches pour quelque chose d’utile. Par exemple, on pourrait les encourager à être plus verts que leur voisin, plutôt qu’à se concurrencer sur le montant de leur fortune. Un ordre très fermé, très prestigieux récompenserait le plus vert. Une sorte de Nobel.

J’ai demandé à quelqu’un en Angleterre qui connaît le prince Charles si on pouvait réunir les têtes couronnées, ou leurs enfants, pour se réunir et remettre un prix de ce type-là dans le domaine écologique. Il m’a tout à fait découragée en me répondant que ces gens avaient des calendriers infernaux. C’était une idée comme ça.

Fitzgerald disait : « Les riches ne sont pas comme toi et moi » ; si on ne peut pas les prendre du côté de l’honneur et de la reconnaissance, que pouvons-nous leur donner d’autre ?

Avez-vous l’impression que votre pensée change ?

Je change de sujet mais je travaille toujours sur la même chose, le pouvoir. Ce qui m’a intéressée, au départ, c’est l’expression du pouvoir dans le Nord et ses relations avec le Sud.

J’ai changé de secteur après dix ans sur l’agriculture pour me tourner vers la dette. De fil en aiguille, après les effets du néolibéralisme, j’ai élargi mon centre d’intérêt, jusqu’à travailler sur les causes de cette doctrine complètement folle. C’est une religion, ou plutôt une secte : c’est la scientologie.

Je n’ai pas l’impression de radoter. Parfois, comme les autres, je désespère. Mais il faut agir contre ce sentiment.

Dans votre livre, vous écrivez ne pas croire à la révolution. Vous y avez cru ?

[Silence] Je ne sais pas si j’y ai cru. Autour de moi, on y a cru. En tout cas, j’ai toujours été non-violente. A Gênes et ailleurs, je trouvais que pour les mouvements altermondialistes, il était stratégiquement stupide de se confronter avec l’Etat là où il est le plus fort [lors du sommet de 2001, Carlo Giuliani, un manifestant, avait été tué, ndlr].

Peut-être que la révolution a encore du sens dans les pays où la démocratie n’existe pas. En Tunisie, s’ils arrivent à faire autre chose qu’une révolte, je dis bravo.

Pascal Riché et Zineb Dryef

Photos : Susan Georges (Audrey Cerdan/Rue89).