Archives mensuelles : mars 2011

Le 2 avril, toutes et tous ensemble, pour l’accès aux soins partout, pour toutes et tous !

Arrêtons la casse de la santé !

Après  des  années  d’une  politique  de  réduction  des  moyens  et  de  réformes  successives,  la  mise  en  place  par  la  loi Hôpital Patient Santé Territoire (loi BACHELOT) des Agences Régionales de Santé (ARS) accélère la privatisation de notre  système  de  santé.  Pour  leservice  public  cela  se  traduit  par  des  fermetures  de  services,  fusions  d’hôpitaux  et réductions  de  personnels…Cela  aboutit  à  de  véritables  déserts  médicaux,  dans  les  secteurs  urbains  comme  à  la campagne.  La  permanence  des  soins  est  menacée.  Pour  les  malades  et  leurs  proches,  les  distances  augmentent,  avec tous  les  risques  et  les  coûts  supplémentaires  que  cela  comporte.  Le  nombre  de  centres  de  santé,  de  services  de  PMI diminue, la médecine scolaire est en voie de disparition, la médecine du travail risque d’être totalement sous le contrôle du patronat… Les maternités de proximité ferment les unes après les autres, et sont remplacées par des usines à bébés.
La psychiatrie peu à peu privée de ses moyens de soin devient un instrument de contrôle social s’appuyant sur le tout sécuritaire.

La loi Bachelot enterre l’hôpital public et le droit à l’avortement avec !

La loi Bachelot restructure la santé publique avec pour seul objectif, la rentabilité économique. Les établissements de santé  sont  regroupés,  avec  pour  conséquence  la  fermeture  d’hôpitaux  de  proximité,  la  fermeture  de  maternités,  ou encore  la  fermeture  de  centres  d’interruption  volontaire  de  grossesse  (IVG).  La  tarification  à  l’activité,  nouvelle méthode de financement des hôpitaux, incite les établissements à limiter ou à arrêter les actes chirurgicaux estimés non rentables, notamment la pratique des IVG. Cette politique est un recul considérable pour le droit des femmes à disposer de leur corps. L’avortement médicamenteux ne doit pas remplacer l’avortement chirurgical pour des raisons de coût ou d’organisation hospitalière.

Arrêtons la casse de la sécurité sociale !

De  nombreuses  mesures  ont  fait  reculer  ce  principe  solidaire  :  forfaits,  franchises,  dépassements  d’honoraires, pénalités, déremboursements… Ce qui reste à la charge des foyers ne cesse d’augmenter.
Tout cela pousse vers l’assurance privée individuelle celles et ceux qui en ont encore les moyens et c’est par millions aujourd’hui que des gens diffèrent ou renoncent aux soins.
Le gouvernement veut privatiser la protection sociale en favorisant la création d’un marché pour les assurances privées.
Chaque annonce d’exonération de cotisation pour une entreprise ou un emploi met à mal le financement solidaire de la sécurité  sociale.  Le  projet  du  gouvernement    sur  la  dépendance  prévoit  l’obligation  de  souscrire  une  assurance individuelle privée dès l’âge de cinquante ans ce qui remet en cause le principe fondamental de solidarité.

92  organisations  associatives,  syndicales  et  politiques  nationales  représentant  usagers,  personnels  et élus  et  plus  de  100  structures  régionales  ou  départementales  ,  (syndicats,  sections,  comités  et collectifs…) appellent à une journée nationale d’action et de mobilisation le samedi 2 avril 2011 pour sauvegarder et améliorer le système public de santé et une sécurité sociale universelle et solidaire.

L’ Union Syndicale Solidaires sera partie prenante de toutes ces initiatives, premières étapes dans la construction d’un mouvement d’ensemble des usagers, des citoyen-ne-s, des élu-e-s et
des professionnels de santé, capable d’imposer une véritable politique de santé publique, au service de toutes et tous.

Pour trouver les infos sur les différentes initiatives et les organisations appelantes : www.coordination-nationale.org

Evasion fiscale : Heureux comme un fraudeur français ?

2En 2009, Eric Woerth brandissait une liste de 3000 évadés fiscaux a qui il allait faire rendre gorge ! Or, il y a peu, on apprenait que la Cour d’appel de Paris venait de déclarer non recevable les perquisitions du fisc. Décryptage d’un fiasco

Voila une information qui, à notre connaissance n’a pas encore été commentée par François Baroin le successeur d’Eric Woerth : « (…) L’un des contribuables inscrits sur la fameuse liste des 3.000 fraudeurs dénoncés par Eric Woerth en 2009 vient de remporter une bataille face à l’administration (…) La Cour d’appel de Paris vient en effet d’annuler les perquisitions du fisc au domicile d’un particulier dont le nom figurait sur le fichier », révèlait La Tribune le 15 mars dernier

Cette absence de réaction est d’autant plus étonnante que, le 21 juin 2010, il claironnait : « (…) la lutte engagée pour faire revenir l’argent qui avait été caché de manière frauduleuse et scandaleuse a rapporté plus de 1 milliard d’euros rien que sur le dossier HSBC » – Orange

Or comme l’explique L’Express, compte tenu de la décision de la Cour d’Appel de Paris : « (…) Les contribuables qui avaient préféré faire le dos rond ont eu bien raison. La liste des 3 000 est désormais inutilisable (…) Autrement dit, Bercy se retrouve le bec dans l’eau : toutes les procédures qu’elle entamerait à l’encontre de ces 3 000 contribuables détenant des comptes en Suisse encourent la même illégalité »

Mais au fait que déclarait Eric Woerth sur la légalité de l’opération, au JDD, en août 2009 :

JDD : « (…) Comment avez-vous obtenus les noms de ces contribuables ?

Eric Woerth : La majorité des noms ont été obtenus par le biais du renseignement fiscal, de manière non anonyme et sans contrepartie financière et d’autres, par des déclarations d’établissements bancaires (…) »

Ce qui était faux, puisque le motif invoqué par le tribunal, est le suivant : « (…) Cette poursuite reposait sur des fichiers obtenus de façon illicite. Pour rappel, la fameuse liste avait été dérobée en 2007 par Hervé Falciani, un cadre-informaticien de la HSBC Private Bank à Genève. Il avait piraté les bases de données portant sur les clients et remis le produit de son vol aux autorités fiscales françaises, via l’intervention du procureur Eric de Montgolfier, du parquet de Nice (…) et que, précise L’Express : (…) Ce listing volé a, en effet, une origine illicite, même s’il a été transmis par le procureur de la République à l’administration fiscale par voie légale (…) »

Il semblerait, selon Le Figaro que : « (…) le Fisc s’est immédiatement pourvu en cassation… probablement pour gagner le temps nécessaire au traitement des dossiers des autres évadés fiscaux qui font, pour la plupart, l’objet d’un ESFP (Examen de la situation fiscale personnelle) »

Il n’en reste pas moins que ce formidable ratage pourrait devenir un argument pour le gouvernement et à sa majorité, pour relancer le débat sur … une grande cause humanitaire : La suppression de l’ISF !

En effet, comme l’indiquait Le Monde cité par Marie Claire : « (…) on comptait 365 évadés fiscaux par an entre 1990 et 2003. Aujourd’hui on en compte près du double. La destination privilégiée des plus fortunés ? La Suisse ! Mais ce que remettent en cause les partisans de la suppression de l’ISF, c’est surtout l’impact de l’évasion fiscale sur les recettes de l’Etat. Certaines études estimant à 200 milliards d’euros la perte engendrée par l’exil de 20 000 chefs d’entreprises depuis 1996 (…) »

Ce qui permettrait certainement à ceux qui ont « préféré faire le dos rond » de rapatrier une petite partie de leurs avoirs. Le tout sur fond de remerciements du gouvernement qui saluera, avec les larmes aux yeux : le civisme de ces bons français dont le geste va booster la relance de l’économie française !

Crédit photo
Elu 2.0

Le modèle mutualiste au défi de l’Europe

Un engagement civique issu de l’histoire 

Dans une France régie par la loi Le Chapelier (1), loi « terrible », pour reprendre le mot de Jean Jaurès, la naissance de la mutualité exprime un besoin de solidarité, de fraternité et d’égalité. A l’époque où le libéralisme de Thermidor (2) et de Bonaparte triomphe, des hommes et des femmes cherchent collectivement à faire face aux nécessités quotidiennes par la mise en commun du peu d’excédent dont ils disposent. Le Sou du linceul, une des premières sociétés de secours mutuel connues, vise ainsi à ce que les morts ne soient pas jetés sans suaire à la fosse commune (3). « Et nous, pauvres canuts, sans drap on nous enterre ! » chantait-on au XIXe siècle (4).

La mutualité est issue de cet engagement civique, rusant avec l’interdiction des coalitions, s’appuyant parfois sur des notables charitables et des philanthropes. Ses pionniers sauront, sous l’influence des idées fédéralistes de Proudhon qui prône l’association d’entités autonomes, opérer les premiers regroupements qui donneront force au mouvement mutualiste. Celui-ci devient vite considérable, avec plus de trois millions d’adhérents dès la fin du XIXe siècle.

Encadrement officiel

C’est dans la conscience du marché qu’ouvre la mutualité que se constituent les premières sociétés capitalistes d’assurances. Napoléon III tente de récupérer le mouvement avec les mutuelles autorisées, auxquelles l’Etat républicain donnera des statuts en 1888. Mais, aussi institutionnalisées qu’elles soient, les groupements de base demeurent des structures de proximité gérées par des citoyens engagés, sur un territoire, dans une entreprise ou un secteur économique.

A travers un encadrement officiel, l’Etat sait qu’il ouvre une brèche dans l’unité du mouvement social : en 1902, la première assemblée de la Fédération nationale de la mutualité française (FNMF) et le congrès unifiant les deux branches de la Confédération générale du travail (CGT), Bourses du travail et fédérations d’industrie, marquent une césure entre mutualité et syndicalisme. Se concentrant sur la revendication, les organisations professionnelles dénoncent alors le « compromis social » que représente à leurs yeux le mutuellisme.

Cette situation perdure jusque dans les dernières années du XXe siècle, malgré le tournant de 1945 : le programme du Conseil national de la résistance (CNR) a en effet débouché sur la création d’un régime de sécurité sociale pensé comme universel et confié aux forces syndicales. Assurant une protection complémentaire, la mutualité maintient pour l’essentiel sa force, notamment avec la loi Morice, qui lui donne de nouvelles prérogatives dans la fonction et les services publics. Elle pâtit toutefois de la distance prise avec les forces vives du monde du travail. En outre, au fur et à mesure que ses éléments croissent ou se regroupent, des notables s’emparent peu à peu du pouvoir. La dimension de mouvement social de la mutualité tend alors à s’estomper.

C’est à partir des années 1960 que s’amorce un renouveau. Louis Calisti (1923-2005), président de la Fédération nationale des mutuelles de travailleurs, propose une « mutualité d’action et de gestion ». Le courant qu’il impulse replace la démocratie et l’engagement social au cœur de la démarche. La constitution de la Fédération des mutuelles de France (FMF), par le regroupement des mutuelles exclues de la FNMF, marque le passage du concept de neutralité politique stricte, dont se réclamait le courant majoritaire, à un concept d’« indépendance en mutualité ». On renoue ainsi avec le mouvement que pouvaient représenter les mutuelles ouvrières face à celles qui, « autorisées » et « gestionnaires », s’appuyaient sur les institutions.

La proximité avec les adhérents, la démocratie, l’indépendance constituent la vraie force mutualiste, plus que l’affichage d’effectifs que quiconque serait bien en peine aujourd’hui de mobiliser, comme ce fut le cas en 1980. Cette année-là, la bataille contre le ticket modérateur d’ordre public, qui visait à imposer une limite à la liberté de remboursement des mutuelles, avait réuni sept millions de signatures.

Ce sont ces principes fondateurs, trop souvent oubliés, qui peuvent permettre à la mutualité de résister aux pressions croissantes des grands acteurs de l’assurance dans le champ de la santé et de la protection sociale. Les sociétés d’assurances se fondent sur une vision individualiste, mais avant tout financière, à l’opposé des sociétés de personnes, fondées sur la solidarité, que sont les mutuelles. Avec la progression de l’idéologie libérale (lire « Enjeux d’une sécurité sociale universelle »), de l’individualisation des situations au détriment des démarches collectives, avec la volonté de certains de ses dirigeants de figurer dans une compétition aux règles faussées, la mutualité, trop ancrée dans ses certitudes et ses débats internes, se trouve hélas confrontée à des défis qu’elle n’a pas anticipés.

Au nom des consommateurs Lire la suite »

Quand la télé remplit les placards

Une enquête de UFC Que choisir, reprise par le CERIN : tribune libre !

Les enfants les plus soumis  aux messages télévisés semblent les plus grands consommateurs de produits réputés défavorables à la santé. Une enquête del’UFC/Que Choisir montre l’omniprésence de la malbouffe sur les écrans, dans lesplacards, les frigos, et jusque dans les cartables…

En 2006, une enquête de l’UFC/Que Choisir montrait que 89% des spots publicitairestélévisés portaient sur des produits gras salés ou sucrés. Elle trouvait aussi une corrélationentre ces spots TV et le contenu des placards. Aujourd’hui une nouvelle enquête fait le point.

La pub TV :
Légère amélioration80% des spots (au lieu de 89% en 2006) concernent des produits trop riches. Dont 32% pourles confiseries, 26% pour la restauration rapide, 11% pour les céréales du petit-déjeuner, 7%les boissons sucrées. Les produits ayant un intérêt nutritionnel se partagent les 20% detemps d’écran restants (contre 13% en 2006). Avec 9% pour les produits laitiers (surtoutyaourts et fromages) et une place pour les biscuits à teneur modérée en sucre et en gras,jugés par les enquêteurs acceptables au petit-déjeuner ou au goûter…
Le contenu des placards : aggravation
Au petit-déjeuner, la place des produits trop riches en sucre et en matière grasse augmente : 55% (contre 47% en 2006), avec de plus en plus de viennoiseries (1%), de céréales sucrées« vues à la télé » (31%), 4% de biscuits et 3% de gâteaux trop riches… Les produitsnutritionnellement intéressants sont présents pour 45 % : tartines et pain (28%), céréalesnon sucrées (9 %), biscuits (6 %), avec seulement 2 % pour les produits laitiers et  1 % pourles fruits. L’enquête observe que  « le petit-déjeuner traditionnel à base de pain est devenu largement minoritaire. Il fait place à des céréales généralement trop sucrées… »
Au goûter, la consommation de produits trop riches passe de 51% en 2006 à 64% aujourd’hui. Avec une forte progression des biscuits les plus sucrés (22%), viennoiseries (15%) et gâteaux (10%). Les confiseries occupent encore 12%. Reste 36% pour les produits « intéressants », dont 14 % pour des biscuits pas trop sucrés, 10% pour le pain, 8% pour les fruits, 3 % pour les produits laitiers…
Seul progrès, les boissons prises dans la journée. Elles sont convenables pour 71% d’entre elles : eau (41%), jus de fruits (25%), sodas sans sucre (5%). Les boissons riches en sucres ajoutés représentent encore 29%.
Les cartables n’améliorent pas l’ordinaire
Un complément d’enquête mené auprès de 57 classes et 1300 élèves révèle que les produits gras sucrés entrent pour trois quarts dans les denrées alimentaires présentes dans les cartables pour le goûter ou la pause : 33% de confiseries, 24% de viennoiseries et gâteaux, 16% de biscuits gras et sucrés. Les produits plus sains occupent le quart restant : fruits (13%), biscuits (9%), avec seulement 2% pour les tartines et le pain et pratiquement pas de produits laitiers…
Les enfants téléphages surconsomment du gras sucré.
Plus ils sont exposés à la pub télé, plus ils mangent de confiseries, viennoiseries, biscuits,sodas… Ils appartiennent aussi plus souvent aux catégories sociales défavorisées, précise l’enquête de l’UFC/Que  Choisir les parents étant moins sensibilisés par les messages nutritionnels. (Nutrinews hebdo)
Enquête UFC/Que Choisir. « Marketing télévisé pour les produits alimentaires à destination les
enfants…»

Tapie : L’Etat pris la main dans le sac

http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/2011/03/24/tapie-l-etat-pris-la-main-dans-le-sac.html

Tapie est une grande gueule qui, question business, n’a jamais fait rien d’autre que de racheter pour pas un rond des entreprises en faillite. Il vendait aussitôt es actifs fragiles, réinvestissait le fruit de ces ventes sur l’entreprise, lui redonnant ainsi des couleurs très provisoires, et il revendait très vite l’entreprise ainsi dopée, sans avoir investi ni avoir mouillé la chemise. Merci à la loi du grand humaniste Badinter Robert, et merci aux services du grand humaniste Borloo Jean-Louis, avocat du prédateur.

L’affaire Adidas

Les affaires ayant pris de l’ampleur, Bernard Tapie, en août 1990, rachète Adidas pour 1,6 milliard de francs (240 millions d’euros). C’est la gloire. Fin 1992, il entre au gouvernement du socialiste Mitterrand François, et doit se séparer de ses affaires. Il le fait d’autant mieux qu’il les sait fragiles. Il donne mandat à la SBDO, une filiale du Crédit Lyonnais, de vendre et fixe le prix à 2 milliards. 400 millions de francs (610 Millions d’euros) en deux ans pour son génie.

Voici comment, en jouant la procédure et les réseaux, il obtiendra finalement 210 millions d’euros, payés par le contribuable. Et on appelle ça un homme d’affaires… Un mendiant, oui.

La cession est réalisée un an plus tard, en février 1993, à un groupe d’investisseurs… En réalité, ces investisseurs sont des coquilles vides, et c’est une filiale du Crédit Lyonnais qui a conclu. Une banque d’affaires, c’est son job : acheter pour revendre.

En décembre 1994, les coquilles vides manœuvrées par le Crédit Lyonnais revendent les actifs à Robert Louis-Dreyfus, pour 4,4 milliards de fancs. Bernard Tapie, via ses liquidateurs, se réveille et réclame une plus-value dans l’enrichissement dont à profité le sympathique Crédit Lyonnais.

Mais, triste réalité des chiffres, la baudruche se dégonfle, et le groupe de Bernard Tapie est placé en liquidation judiciaire en décembre 1995.

La liquidation de Tapie et le CDR

Dans le même temps, le Crédit Lyonnais plonge, emporté par ses frasques. On crée une scission entre les bonnes affaires, qui restent « Le Crédit Lyonnais » et affaires pourries, confiées au « Consortium de Réalisation (CDR) », une structure étatique à 100%, qui gère entre autres les affaires Tapie.

Les liquidateurs de Tapie attaquent le CDR, es-qualité d’héritier du Crédit Lyonnais, et en 2004, la Cour d’appel de Paris condamne le CDR à verser 145 millions d’euros de dommages et intérêts à Tapie. Le CDR fait appel et, victoire, en octobre 2006, la Cour de cassation casse cet arrêt.

Vous savez comment ça marche. La Cour de cassation ne rejuge pas les affaires. Elle ne s’occupe que de donner la solution juridique. Dans son arrêt de 2006, elle a dit que le Crédit Lyonnais, donc le CRD, n’avait commis aucune faute dans la gestion du mandat. C’est plumeau pour Nanard. Elle renvoie l’affaire à la Cour d’appel de Paris, qui va appliquer la solution juridique dégagée par la Cour de cassation. Pour Tapie, ce sera une main devant, une main derrière, et pour le contribuable « Pas un rond ».

C’est là qu’entre en jeu une certaine élection présidentielle de mai 2007, et un Sarko qui croit alors, que pour assurer sa réélection de 2012, il faut recycler toutes les vieilles mamies du PS : Koukouch au gouvernement, DSK au FMI et Tapie gavé de pognon.

Et c’est là qu’intervient la grande entourloupe

Le CDR, c’est-à-dire l’Etat, a tout gagné devant la Cour de cassation. Il reste une formalité : la Cour d’appel qui va appliquer l’arrêt de la Cour de cassation et dégager Tapie : zéro euro, zéro centime.

Oui, mais voilà. Tapie va pleurer chez Sarko, et lui dit que contre quelques centaines de millions d’euros, il est prêt à quitter la glorieuse Gauche pour adorer la non moins glorieuse Droite.

Et là, c’est l’enchantement.

En décembre 2007, Lagarde renonce à l’arrêt de la Cour de cassation, et décide de s’en remettre à un tribunal arbitral ! La justice d’Etat est bafouée, et permet à Tapie de plaider sa cause en excluant l’arrêt de la Cour de cassation !  Contribuables, sortez-vos chéquiers pour enrichir le plus célèbre des mendiants, Tapie Bernard.

En ce début 2011, l’affaire rebondit.

La Cour des Comptes a réexaminé tout le processus, et elle tombe vite que l’évidence : l’Etat a trahi les contribuables pour arranger Tapie, lequel a déclaré sa flamme à Sarko.

Le gouvernement savait que le reclours à l’arbitrage était illégal. Or, il a organisé cet arbitrage et a renoncé à exercer un recours après la sentence.

La Cour de Comptes, qui juge les comptes mais non les personnes, a saisi la Cour de discipline budgétaire et financière (CDGF), qui juge les personnes, ie les hauts fonctionnaires impliqués dans cette affaire.

Bien sûr, ces hauts fonctionnaires, qui ont signé les documents au nom du CDR, n’ont pas agi de leur propre chef. Les boss s’appellent Lagarde et Sarkozy. Ils ont décidé, contre toutes les évidences et tous les avis donnés, de renoncer à la jurisprudence de la Cour de cassation pour libérait l’Etat de tout paiement pour s’en remettre à une procédure d’arbitrage qui favoriserait Tapie. Lequel manifesterait en retour son amour pour Sarko.

Les hauts fonctionnaires en cause risquent bien de se faire ratiboiser par la Cour de Discipline Budgétaire et Financière, car si j’en lis le rapport de la Cour de comptes, ils ont tout fait pour assurer la magouille. Jean-François Rocchi, président du CDR, avait convaincu le conseil d’administration de cette structure d’abandonner les procédures judiciaires.

Ils vont donc se prendre une dégelée, bien méritée, mais qui ne réglera pas tout.

On passe aux vrais responsables ?

Sarko et Lagarde sont les vrais responsables. Il faut prévoir une saisine de la Haute Cour de Justice. Ca prendra du temps, mais les faits sont tellement limpides que ça va cartonner, un jour ou l’autre.

C’est Christine Lagarde qui a donné l’ordre à Jean-François Rocchi de recourir à la procédure d’arbitrage, alors que les services de Bercy déconseillaient ce choix.

Autre fait grave : la Cour des comptes a exprimé, au moment des faits, dans un référé adressé au premier ministre, ses doutes sur la capacité du CDR à recourir à une procédure d’arbitrage, normalement interdite aux établissements publics.

Résultat de l’arbitrage : 210 millions d’euros sur le patrimoine contrôlé par Tapie (Soit 1,3 milliards de francs pour les 2 milliards réclamés), dont 45 millions de préjudice moral, empoché personnellement et hors impôts, aux frais de l’Etat. Selon d’autres calculs, le chiffre exact serait de 260 millions d’euros.

A l’époque, tout le monde avait dénoncé l’entourloupe pour ce Tapie, qui s’enrichissait en dormant: Adidas acheté .

Selon le Nouvel Obs, Rocchi aurait mis sa démission dans la balance et modifié des procès-verbaux de séance du conseil d’administration pour que le businessman empoche ces indemnités au montant outrageant, alors qu’un recours était possible contre la sentence.

Lagarde avait ensuite raconté : « Mes services m’ont indiqué que après déduction des impôts et des créances détenues par l’Etat 30 millions d’euros devront être réglés au bénéfice des époux Tapie ». Nouveau mensonge, grotesque.

Nanard, tu rends le fric ?

Mais vient l’autre volet. Il faut que Tapie rende l’argent. Sarko et Lagarde ayant refusé d’exercer les voies de recours, la sentence est définitive. Pour revenir sur cette sentence, ne peuvent agir… que les parties intéressées, à savoir Sarko et Tapie ! C’est mal barré… Et il faudrait que le gouvernement prouve qu’il a été fraudé… alors qu’il a été complice du fraudeur de A à Z. Seule l’opinion publique peut faire trembler ces gougnafiers.

Le bureau de la Commission des finances de l’Assemblée, manifestement écœurée par ces magouiles, a décidé de publier un certain nombre de documents qui s’annoncent instructifs : l’ensemble des comptes rendus des auditions qui se sont déroulées sur le sujet en Commission des finances, le rapport d’information rédigé à la demande de la Commission, les référés de la Cour des comptes et les réponses, ainsi qu’une note du Président de la Commission des finances.

Tous ces mecs sont malades de l’argent. Ca les perdra.

Gilles DEVERS

md

Les balles qui tuent peuvent être chiites ou sunnites, modérées ou radicales, pro-occidentales ou « anti-impérialistes ». Les populations qui meurent, aussi. Mais les régimes qui tirent se ressemblent. Celui de Tripoli a d’ailleurs su remplacer l’appel incantatoire à la révolution mondiale par le gardiennage des frontières de l’Union européenne (1).

Les mêmes falsifications réunissent aussi des gouvernements que tout semblerait distinguer. Téhéran a ainsi prétendu percevoir dans le soulèvement démocratique arabe les prodromes d’un « réveil islamique » inspiré par la révolution iranienne de 1979 ; Israël a repris ce fantasme, mais pour feindre de s’en alarmer. Toutefois, quand des opposants iraniens ont voulu saluer les manifestants du Caire, la théocratie au pouvoir leur a fait tirer dessus. L’armée israélienne, elle, ne massacre pas des civils aux mains nues — sauf quand ils sont palestiniens (1 400 morts à Gaza il y a deux ans). Mais M. Benyamin Netanyahou n’apprécie pas davantage que Téhéran l’exigence de liberté de la jeunesse arabe. Car elle pourrait priver son pays d’excellents partenaires, autocratiques mais proaméricains. Il ne resterait plus alors à Tel-Aviv qu’à crier au loup en se rabattant sur l’épouvantail iranien.

Or les tensions avec Israël et les sanctions internationales permettent au régime de Téhéran, enhardi par l’affaiblissement de ses grands rivaux régionaux (Egypte et Arabie saoudite), de réactiver son discours nationaliste. Cela lui est d’autant plus utile que le « mouvement vert » de 2009 n’a pas été assommé par la répression qu’il a subie. Le Guide suprême Ali Khamenei espérait que le « vaccin » des pendaisons et des tortures avait détruit les « germes » de la contestation. Hélas pour lui, les soulèvements arabes ainsi que le contraste humiliant entre une population instruite et un système politique moyenâgeux sapent la légitimité déjà ébranlée de son régime. Alors, à défaut de faire mitrailler la foule des mécontents par l’aviation, « à la libyenne », le clan religieux au pouvoir encourage les clameurs meurtrières de ses séides. Au lendemain d’une forte mobilisation de l’opposition, 222 des 290 députés ont ainsi réclamé le procès de MM. Mehdi Karroubi et Mir Hossein Moussavi, deux anciens dignitaires du régime qui vivent en résidence surveillée depuis qu’ils se sont dressés contre le Guide suprême. Et, le 18 février, Téhéran fut le théâtre d’une manifestation destinée à « exprimer sa haine, sa colère et son dégoût devant les crimes sauvages et répugnants des chefs de la sédition et de leurs alliés hypocrites et monarchistes (2) ». « Agents sionistes » ou « hooligans », ils sont menacés de mort.

S’il manque d’imagination et de vocabulaire, le régime théocratique n’est pas dépourvu d’appuis ; les remontrances occidentales l’indiffèrent. Mais son existence est fragile car, comme l’a rappelé le 14 février le président turc Abdullah Gül, en visite à Téhéran, « quand les chefs d’Etat ne prêtent pas attention aux demandes de leur nation, ce sont les peuples eux-mêmes qui s’en chargent ».

Serge Halimi.

(1) Lire Alain Morice et Claire Rodier, « Comment l’Union européenne enferme ses voisins », Le Monde diplomatique, juin 2010.

(2) Annonce à Téhéran du Conseil pour la coordination de la propagande islamique, cité par l’Agence France-Presse, 16 février 2011.

OGM : il est interdit d’interdire

Paolo Mengozzi, avocat général de la Cour Européenne de Justice (CEJ), a estimé en début de semaine que la clause de sauvegarde imposée par la France depuis février 2008 au maïs MON 810 était illégale. Selon lui, les autorités françaises ne pouvaient pas suspendre la culture du maïs génétiquement modifié MON 810 sur le territoire national sans avoir demandé, au préalable, à la Commission d’adopter des mesures d’urgence en cas de risque pour la santé et l’environnement.

La Cour de Justice de la cour européenne avait été saisie sur le sujet par le Conseil d’État, lui-même saisi Monsanto et ses complices habituels, dont l’AGPM. Cet avis de Paolo Mengozzi n’est certes pas contraignant et il faudra encore attendre le verdict des juges. Mais ceux ci suivent dans 80% des cas les conclusions de l’avocat général.

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Le maïs MON810 n’a pas été correctement évalué par l’UE

La question centrale ici, n’est pas le respect ou non des procédures, comme semble le penser M. Mengozzi ! La question est bel et bien celle de la validité des procédures d’évaluation de l’Union Européenne.
En effet, les procédures européennes d’évaluation des risques environnementaux et sanitaires potentiels des plantes génétiquement modifiées sont très insatisfaisantes, comme l’ont souligné les ministres européens de l’environnement, à l’unanimité, en décembre 2008.

D’après l’avocat général, la France se devait d’aviser Bruxelles avant d’invoquer cette clause de sauvegarde, par ailleurs en vigueur dans six autres États membres également partisans d’une application stricte du principe de précaution : l’Allemagne, l’Autriche, la Bulgarie, la Grèce, la Hongrie et le Luxembourg.
Cette condition est absurde, quand on sait que la Commission attaque quasi systématiquement les États membres qui suspendent la culture de produits génétiquement modifiés sur leur territoire.

Offensive de Monsanto à l’approche du réexamen des licences

Cette décision intervient alors que la licence décennale du maïs MON 810, seule semence transgénique actuellement autorisée à la culture en Europe avec la pomme de terre Amflora (BASF), est actuellement en cours d’examen.

A nouveau, les multinationales comme Monsanto sont prêtes à utiliser tous les moyens possibles pour imposer leurs OGM dans les assiettes et les champs européens.
Quel que soit le verdict de la CEJ, la France doit maintenir sa clause de sauvegarde et protéger ses citoyens !

Toute ressemblance avec des régimes honnis aujourd’hui disparus…

Le Front national (air connu) n’est pas un parti fasciste. Le prétendre, ou même simplement le suggérer, peut valoir une convocation devant les tribunaux. C’est que Marine Le Pen, comme son père avant elle, tient à sa réputation. Donc si par un malencontreux hasard un de ses élus apparaît sur une photo en train de faire le salut nazi, il s’agit forcément d’un « montage effectué par des anarchistes ».

Car Alexandre Gabriac, conseiller régional et candidat dans le canton de Grenoble 6 (Isère) est un garçon tout ce qu’il y a de plus propre sur lui.
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D’ailleurs, il est encore candidat dimanche, puisque la semaine dernière il a obtenu 20,3% avec 664 voix, vue que plus de 70% des électeurs se sont abstenus.

Et c’est bien pour cela que cette histoire de photos (avec un s car il y en a plusieurs) embarrasse le candidat. En voici une autre diffusée sur twitter par Guy Birenbaum

Alexandre Gabriac, une crampe dans le bras.

Trouvée sur un site espagnol d’extrême droite, Infonacional.com, elle figure sur le site d’informations antifascistes Reflex avec tout un tas de renseignements sur les occupations de ce jeune élu.

Si Marine Le Pen interdit de dire que son parti est un fasciste, la présence de tels élus et candidats en son sein, nous autorise au moins à écrire que toute ressemblance du FN avec des régimes honnis aujourd’hui disparus n’est pas totalement fortuite.

P.S. : Aux dernières nouvelles, le secrétaire général du FN annonce que son parti n’a « rien à faire avec des crétins pareils » et qu’Alexandre Gabriac « va être viré ». Ce qui est une manière de dire que ce n’est pas encore fait.

Elections professionnelles SNCF du 24 mars 2011

Les cheminot-e-s confirment la place de SUD-Rail dans l’entreprise : 17,38 % (17,67 % en 2009)

SUD-Rail est le syndicat majoritaire dans de nombreux établissements.

Nous progressons dans plusieurs régions : Clermont-Ferrand, Strasbourg, Chambéry, Paris Sud Est, Rennes, Paris Nord, Paris Rive Gauche, Bordeaux et au Fret.

SUD-Rail devient première organisation dans un Comité d’Etablissement Régional : en Auvergne Nivernais.

Notre implantation demeure inégale : de 23,79 % à l’exécution, à 3,78 % chez les cadres.

La direction s’attaque au syndicalisme SUD-Rail et à l’inverse soutient d’autres courants syndicaux. Ce n’est pas neutre, y compris sur le résultat des élections.

La CGT (37,37 %) continue de baisser : – 1,9 en 2011, – 0,8 en 2009, – 3,9 en 2006.
L’UNSA (21,46 %) gagne + 3,4.
La CFDT (13,76 %) gagne + 2,2.

Comme en 2009, les autres organisations syndicales n’atteignent pas les 10% nécessaires pour être représentatives nationalement :
FO, allié aux ex-CFTC devenus FIRST, obtient 8,58 %.
La CFTC recueille 1,03 % et la CGC 0,4 %.

Près de 75 % des cheminot-e-s ont participé à ces élections ; cela renforce la légitimité des délégué-e-s qu’ils/elles ont choisi-e-s. Rien à voir avec la participation électorale à des scrutins politiques dont sont issu-e-s des « responsables » qui ensuite se permettent de disserter sur la représentativité des syndicats !

La fédération SUD-Rail appelle à renforcer le syndicalisme, pour être plus fort-e-s ensemble ! C’est indispensable, pour l’avenir du service public ferroviaire, pour l’emploi, les salaires, les conditions de travail … et aussi pour construire les solidarités interprofessionnelles nécessaires pour imposer le partage des richesses.

Cantonales : les gendarmes de Satory ont voté pour le FN, sur fond de très forte abstention (actualisé)

Le FN obtient trois fois plus de voix que l’UMP


Cantonales : les gendarmes de Satory ont voté pour le FN, sur fond de très forte abstention (actualisé)
Deux bureaux de vote (N°10 et N°11) de Versailles ont une particularité unique en France : situés sur le plateau de Satory, les inscrits sont tous des militaires (et quelques civils de la défense) et leurs familles. Satory accueille en effet les casernes de nombreux gendarmes, dont ceux du GBGM, et des logements sociaux de la Défense. Les résultats des cantonales de dimanche (Canton de Versailles-Sud) montrent à la fois la profonde désaffection des gendarmes à l’égard de la politique conduite par Nicolas Sarkozy et un ralliement au Front national de Marine Le Pen.

Le candidat de l’UMP obtient 12,67 % dans le 10ème bureau (Clément Ader) et 21,43% dans le 11ème (Les Alizés) soit un total de… 67 voix !  En revanche, François-Xavier de l’Estang (FN) obtient 52,94% des voix dans le 10ème bureau et 37,91% dans le 11 ème, soit un total de 186 voix.

Toutefois, à Satory, le premier parti est celui des abstentionnistes, puisque sur les deux bureaux de vote, la participation n’a pas dépassé 20%  (18,52% et 19,06%), la plus faible du canton.

Les résultats de ces deux bureaux de vote ne peuvent avoir valeur de sondage sur le vote de l’ensemble des gendarmes et des militaires, mais ils sont néanmoins un indicateur difficile à négliger.

Pour découvrir la sociologie très particulière de ce quartier de Versailles, on peut se reporter à mon article paru dans Libération en 2006.

PS: D’aucuns s’étonnent de cet article, prétextant qu’il mettrait à mal le secret du vote. On préfère en sourire, car si le vote est secret, les résultats sont, par essence, publics. Et le B-A BA de l’analyse électorale consiste à corréler les résultats avec la sociologie des bureaux de vote. Si l’on suivait ce raisonnement, il faudrait interdire toute analyse post-scrutin… Ridicule.

Mardi 22 Mars 2011
Jean-Dominique Merchet

http://www.marianne2.fr/blogsecretdefense/Cantonales-les-gendarmes-de-Satory-ont-vote-pour-le-FN-sur-fond-de-tres-forte-abstention-actualise_a186.html