Archives mensuelles : juin 2011

Retraitement des déchets nucléaires : les cachotteries d’Areva

Par Luc Chatel (pas le ministre, mais le journaliste ) http://www.bastamag.net/article1570.html

Chez Areva, il y a aussi du déchet dans le traitement de l’information. C’est le constat dressé le 19 mai lors d’une conférence de presse par Éric Zelnio, responsable de l’Autorité de sureté nucléaire (ASN) chargé d’inspecter les usines de retraitement des déchets nucléaires de La Hague (Manche). Areva a sous-estimé, selon lui, trois événements survenus en 2010, en les classant au niveau 0 sur l’échelle INES [1] alors qu’ils étaient de niveau 1 (« anomalie »).

L’ASN est intervenue à plusieurs reprises auprès de l’établissement « pour modifier le niveau de classement proposé par Areva », souligne Éric Zelnio. « Il n’est pas normal que pour environ un quart [des événements], l’ASN soit quasiment obligée de se fâcher pour obtenir une déclaration. » Éric Zelnio a également déclaré avoir « découvert » certains événements lors de visites du site.

Le rapport d’activité 2010 de l’ASN mentionne bien d’autres anomalies à propos du site de La Hague. Il rappelle le reclassement en niveau 2 (« incident ») d’un événement qui a vu la « contamination au plutonium d’un intervenant en tenue étanche lors d’une opération ». Par ailleurs, « les bâtiments dans lesquels [ces] déchets anciens sont entreposés vieillissent et ne correspondent plus aux normes actuelles de sûreté ». L’ASN cite l’exemple du bâtiment 119 de l’INB 38 « qui présente un niveau de sûreté insuffisant en regard des exigences de sûreté actuelles ». Le site de La Hague, qui emploie 6.000 personnes, a été construit en 1961.

Quand Areva détecte des problèmes, c’est leur suivi qui est mis en cause : « l’analyse qui en est faite ne conduit pas toujours les exploitants du groupe AREVA à avoir une vision partagée des problématiques de sûreté […] et à en tirer tous les enseignements ». Conclusion du rapport : « Plusieurs incidents montrent […] toujours des faiblesses dans l’organisation de la sûreté et de la radioprotection des installations du groupe AREVA. » Pas de quoi nous rassurer.

Notes

[1] qui en compte 8 — de 0 à 7 — le 7 signifiant « accident majeur »

Solidaires dans un monde de brutes

Au commissariat pour avoir chanté Brassens devant le palais de justice

SOCIÉTÉ. Il ne faut pas chanter du Brassens quand des policiers se trouvent pile à passer en bas de son balcon. En tout cas pas L’Hécatombe du Marché de Brives-La-Gaillarde où le moustachu à la guitare parle de «rosser les cognes», les qualifie de «guignols» et doute de leur virilité.

C’est parce que le fait a valu 200 euros d’amende et 40 heures de travail d’intérêt général à un «gars de Rennes» le 27 mai dernier qu’une joyeuse chorale baptisée La Canaille du Midi s’est donné rendez-vous mercredi 8 juin devant le Tribunal de grande Instance des allées Jules Guesde à Toulouse.

Le lieu devait être jugé approprié par les chanteurs et chanteuses pour y entamer le quatrième couplet de la chanson gaillarde où Brassens raconte qu’une «mégère gendarmicide» fait crier à un vieux maréchal des logis: «Mort aux vaches, mort aux lois, vive l’anarchie». La police filme, comme pour un clip.

Même motif, même punition: «tout le monde s’est fait embarquer vers 18h30», raconte un «anonyme» sur le site démosphère qui se présente comme agenda alternatif de la région toulousaine. Et appel est aussitôt lancé à un «rassemblement de soutien devant le commissariat central».

À 21h08 un message parvient à LibéToulouse expliquant que les quelque vingt interpellés sont relâchés, mais convoqués pour le lendemain 9h30 boulevard de l’Embouchure au motif d’outrage à la nation et aux forces de l’ordre.

Selon la police, les chanteurs ne se seraient pas contentés de la chanson de Brassens mais auraient empruntés à d’autres textes jugés «offensants». Les auditions sont en cours ce jeudi matin.

http://www.libetoulouse.fr/2007/2011/06/au-commissariat-pour-avoir-chanter-brassens-devant-le-tgi.html

La « crise » c’est celle du systéme économique et politique de Sarkozy, il en est responsable

C’est trop facile ! On entend Fillon (et les éléments de langage de l’Elysée) à propos du « bilan » de Sarkozy chercher des excuses dans la « crise des subprimes » qui serait survenue en 2008. On essaie de nous expliquer que le bilan serait bon, et que… s’il n’y avait pas eu la crise, financière, économique, venue d’ailleurs, imprévisible, fatale, mondiale, incontournable, ledit « bilan » aurait été encore meilleur. Les mêmes prosélytes du bilan sarkozyste n’hésitent d’ailleurs pas à affirmer que le « bilan » de la France face à la dite « crise » est meilleur que dans les autres pays…

On ne peut pas laisser dire cela une seconde !

Car « la crise » c’est la faute à Sarkozy, à sa politique, à ses choix, à ses décisions, à son monde, à ses amis !  La « crise », c’est celle du règne de la finance, du capital, des amis, des alliés, des valeurs de Sarkozy, de ceux du Fouquet’s ! C’est Sarkozy qui, dans sa campagne électorale, voulait déréglementer la Bourse davantage, c’est lui qui valorisait les « subprimes », qui réclamait la libération des « prêts hypothécaires », c’est lui qui voulait une politique fabriquant des Madoff, des Lehman Brothers, des Natixis… S’il y a eu « crise » c’et à cause du règne des néolibéraux et de leur soumission à la finance, à la spéculation, aux paradis fiscaux..

Trop facile de dire après « ce n’était pas moi », « ce n’était pas ma faute », c’était SA faute, c’était SA politique, c’était SA crise…

On a mieux résisté qu’ailleurs

Bien sûr, mais grâce à quoi ? Pas à la politique de Sarkozy ! Lui, il voulait détruire tout ce qui nous a relativement protégé de la crise, la Sécurité sociale, la retraite par répartition, notre système de cotisation sociale basé sur les salaires, nos services publics, nos assurances chômage, logement, maladie. Si la crise résultant de la politique de Sarkozy nous a fait un peu moins mal c’est parce que nous avions encore des mécanismes de redistribution sociale pas tout à fait détruits malgré les offensives répétées de Sarkozy.

C’est grâce à tout ce qui a été fait par la gauche en 1936, en 1945, en 1981, en 1997, que nous avons mieux résisté.

Et tout ce qui va mal est de la faute directe à Sarkozy

Tout de même c’est lui qui, en baissant les recettes, et multipliant les cadeaux aux riches,  a creusé en moins de 8 ans la Dette comme jamais à 83 % du PIB et qui alimente un déficit budgétaire de 7,5 % du PIB. C’est une catastrophe sans précédent que le bilan politique de Sarkozy, c’est lui qui a enrichi les riches, creusé le fossé des inégalités, bloqué les salaires, atteint les records historiques de chômage, passé le Code du travail à acide, mis à mal l’école publique, les hôpitaux, tous les services publics…

Avant lui, sous la gauche, de 1997 à 2001, tous les comptes étaient au vert, les caisses sociales étaient excédentaires, le chômage de masse avait reculé de 3 points, les 35 h étaient en route…

Avec la gauche, on n’a pas tout ce qu’on veut mais avec la droite sarkozyste on a eu tout ce qu’on ne voulait pas… C’est le pire bilan, la plus violente politique anti sociale depuis 65 ans que Sarkozy a mis en œuvre et il n’y a en aucun cas « l’excuse » de la crise du capitalisme financier, elle est à mettre à sa charge.

La crise du capitalisme financier sarkozyste, nous ne voulons pas la subir mais la combattre :

Nous n’avons pas l’intention de « reprendre l’héritage sarkozyste » et de réparer à sa place, de continuer à faire payer aux salariés, à ceux qui produisent les richesses et n’en reçoivent pas la part qu’ils méritent, le prix des spéculations, des voyouteries des banksters, les actionnaires du Fouquet’s. Ce ne sont pas nos affaires, ce sont les leurs, qu’ils paient, ou qu’ils soient mis en examen, sanctionnés, jugés. Nous ne sommes pas là pour rembourser la Dette que les financiers sarkozystes ont faites, qui plus est à leurs taux usuraires. Nous ne voulons pas subir le sort des Grecs, des Espagnols, des Portugais et nous ne nous laisserons pas faire. Il faut le dire dans la campagne électorale 2012 : toute ambiguïté est d’ailleurs impossible à ce sujet et mettrait en péril les chances de victoire de la gauche.

Cet article a été écrit par Gérard Filoche, publié le 8 juin 2011 à 15:56,

Nicolas Sarkozy a créé 44 fichiers policiers

Le nombre de fichiers policiers a augmenté de 169% depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur, en 2002. Plus de la moitié des 70 fichiers recensés ont été créés sous son autorité.

par Jean Marc Manach http://www.retraitesudrail.org/wp-admin/post-new.php

En 2006, le groupe de travail sur les fichiers de police et de gendarmerie, dépendant du ministère de l’Intérieur et présidé par Alain Bauer, recensait 34 fichiers. En 2009, le rapport des députés Delphine Batho et Jacques-Alain Bénisti, mandatés par l’Assemblée suite au scandale Edvige, en répertoriait 58, soit une augmentation de 70% en trois ans.

Plusieurs d’entre-eux avaient échappé aux radars du groupe d’Alain Bauer parce qu’expérimentaux, ou non déclarés. Les deux députés notaient par ailleurs que le quart des fichiers identifiés par les députés n’avaient aucune base légale… Un comble, pour des fichiers de police judiciaire.

En consultant les avis de la CNIL publiés au Journal Officiel et relatifs aux traitements de données mis en oeuvre par la police ou la gendarmerie, OWNI a dénombré, à ce jour, au moins 70 fichiers policiers (plusieurs autres sont en cours de création, ou d’expérimentation, et non encore déclarés), soit 12 de plus en seulement deux ans.

Les députés, suite au scandale Edvige, avaient pourtant expressément réclamés d’être saisis de toute création d’un nouveau fichier. Mais leur proposition de loi avait été copieusement enterrée, “en grande pompe (et) sur ordre du gouvernement“, fin 2009.

44 de ces 70 fichiers ont été créés, ou officialisés, depuis que Nicolas Sarkozy est arrivé Place Beauvau, en 2002. Quelques-uns avaient en effet été créés avant son arrivée, à l’instar de JUDEX, le fichier des suspects de la gendarmerie, créé en 1985 et qui a fonctionné en toute illégalité jusqu’à sa régularisation, en… 2006. En tout état de cause, le nombre de fichiers a explosé de 169% depuis 2002.

Dans le même temps, Nicolas Sarkozy a également fait adopter pas moins de 42 lois sécuritaires… et fait modifier la loi informatique et libertés, en 2004, de sorte que lorsque le gouvernement veut créer un fichier “de sûreté” ou portant sur l’ensemble de la population (carte d’identité, dossier médical partagé, etc.), il ne soit plus obligé de tenir compte de l’avis de la CNIL, mais seulement de le publier au Journal officiel. Ce qui explique aussi ce pour quoi le nombre de fichiers policiers explose véritablement à partir de 2005 :

Fichiers d’étrangers, de “non-admis“, de passagers, d’interdits de stade, d’analyse de crimes et délits, de renseignement, de prélèvements (biométriques, génétiques)… la quasi-totalité relève du “profiling“. Très peu relèvent de l’anti-terrorisme, mais nombreux sont ceux qui visent la sécurisation des frontières, et tout particulièrement les étrangers.

Le nombre de fichiers créés ces dernières années est tellement important que, pour les visualiser, il nous a fallu étirer l’application dans toute sa hauteur. Cliquez sur les noms des fichiers pour afficher leurs descriptions, et utiliser la souris pour visualiser les plus récents, à droite du tableau (voir aussi le tableur où ont été répertoriés tous ces fichiers) :

Lorsqu’elle s’est sérieusement penchée, en 2008, sur le plus connu des fichiers policiers, le STIC (Système de Traitement des Infractions Constatées, casier judiciaire bis qui répertorie plus de la moitié des Français : 5 millions de “suspects” et 28 millions de victimes), la CNIL avait constaté 83% d’erreurs dans les 1400 fiches qu’elle avait été amenée à contrôler.

Dans son rapport, la CNIL déplorait également le fait que, faute d’être mis à jour par le ministère de la Justice, le STIC continuait à ficher comme “suspects” plus d’un million de personnes qui avaient pourtant été blanchies par la Justice.

Aucune évaluation d’ensemble de la fiabilité des fichiers policiers, de leurs taux d’erreur et du nombre de “présumés innocents” fichés, à tort, comme “suspects“, n’a jamais été effectué. Personne ne sait exactement combien de personnes y sont fichés, mais on estime que l’emploi de plus d’un million de salariés dépend de leur inscription, ou non, dans ce fichier, et que plusieurs milliers d’entre-eux ont d’ores et déjà été licenciés, ou se sont vus refuser tel ou tel emploi, parce qu’ils y figuraient.


A noter que, pour faciliter la visualisation, nous n’avons pas mentionné les 6 fichiers créés de 1942 à 1987, à savoir :

  • Fichier de la batellerie (1942)
  • Fichier relatif à la carte nationale d’identité (1955)
  • FAR – Fichier alphabétique de renseignements (1971)
  • FNPC – Fichier national des permis de conduire (1972)
  • FPNE – Fichier des personnes nées à l’étranger (1975)
  • FAC – Fichier des avis de condamnations pénales (1982)
  • FTPJ – Fichier de travail de la police judiciaire (1987)

Wordle: Fichiers policiers français Wordle: Fichiers policiers français

Image CC by-nc-nd entropiK

 

Gaz et huiles de schiste

Gaz et huiles de schiste : passage au Sénat d’une proposition de loi réduite à une peau de chagrin

Paris, le 31 mai 2011 – Le 11 mai, la majorité à l’Assemblé nationale votait une proposition de loi visant à interdire l’exploration et l’exploitation des gaz et huiles de schiste par la technique de la fracturation hydraulique en laissant toutefois la porte ouverte à des expérimentations en la matière.

En effet, et pour reprendre les mots du Premier Ministre François Fillon « pas question de fermer la porte à des progrès technologiques qui permettraient demain d’accéder à de nouvelles ressources énergétiques ». C’est maintenant au tour du Sénat d’élargir la brèche. Mercredi dernier en effet, lors d’une réunion en commission, plusieurs amendements déposés par le centriste Claude Biwer (Meuse) ont été adoptés pour autoriser le recours à la fracturation hydraulique « à des fins scientifiques ». La proposition de loi, qui doit être examinée demain par le Sénat en séance plénière, fait donc fi des conséquences catastrophiques de cette technique ainsi que de la crise climatique qui ne pourra que s’accentuer du fait de l’exploitation de ces nouvelles sources d’énergies fossiles.

Nos associations, collectifs et syndicats appellent dès lors les sénateurs à corriger le tir et interdire purement et simplement l’exploration et l’exploitation des gaz et huiles de schiste ainsi que l’utilisation de techniques d’extraction préjudiciables à l’environnement. En effet :

• La fracturation hydraulique a des conséquences néfastes avérées : utilisation excessive des ressources en eau, contamination des nappes phréatiques et des sols par le cocktail chimique du liquide de fracturation, fragilisation de la roche en profondeur… Appelant à « ne pas céder à une vision catastrophiste » les sénateurs semblent oublier les nombreux accidents déjà survenus aux États-Unis ou au Canada à cause de cette technique, qui auraient dû les contraindre à appliquer pleinement le principe de précaution par une interdiction stricte de la fracturation hydraulique et de toutes autres techniques altérant l’intégrité de la roche.

• Le problème entourant l’exploitation de ces nouvelles ressources ne peut se résumer à une « simple » question de technique. La crise climatique à laquelle nous faisons face impose de se tourner sans plus attendre vers la maitrise de notre consommation d’énergie et le développement massif des énergies renouvelables. Selon le Potsdam Institute for Climate Impact Research, si l’on veut éviter le pire et contenir le réchauffement global moyen bien en deçà de 2°C d’ici la fin du siècle, moins d’un quart des réserves prouvées en fossiles (pétrole, gaz et charbon) peuvent être utilisées d’ici à 2050 ! L’exploitation de ces ressources représenterait par ailleurs un frein puissant au développement des énergies renouvelables. Selon Fatih Birol, économiste en chef de l’Agence internationale de l’énergie, le boum du gaz de schiste a déjà causé une baisse de 50% des investissements dans les énergies renouvelables comme le solaire et l’éolien aux États-Unis ! Il est donc capital de stopper la fuite en avant vers les énergies fossiles au moment où un nouveau rapport du GIEC montre qu’il est possible et nécessaire que la majorité de l’énergie produite en 2050 soit d’origine renouvelable.

En l’état, cette proposition de loi ignore les avertissements et propositions de nos collectifs citoyens et associations et traduit l’absence de volonté de la majorité de nos élus à enclencher la nécessaire transition énergétique. Nous appelons l’ensemble des citoyennes et citoyens, associations, ONG et syndicats à poursuivre et étendre la mobilisation pour l’interdiction ferme et définitive de l’exploration et de l’exploitation des gaz et huiles de schiste, aussi bien en France qu’à l’étranger par les filiales d’entreprises françaises.

GAZ ET HUILES DE SCHISTE : NI ICI, NI AILLEURS / NI AUJOURD’HUI, NI DEMAIN !

Liste des signataires : Agir pour l’environnement, AITEC, Amis de la Terre, ATTAC France, Comité de Liaison Energies Renouvelables, France Libertés, FSU, Greenpeace, Hespul, Réseau Action Climat, Solidaires, Une Seule Planète, WWF.

 

Monsanto dépose un brevet sur le melon

Par Simon Gouin http://www.bastamag.net/article1568.html

Monsanto a obtenu, en mai 2011, un brevet européen pour des melons résistants à certains virus. « Ce brevet est un abus du droit des brevets parce qu’il ne repose pas sur une véritable invention, » souligne Christoph Then, porte-parole de No Patent on Seeds, un collectif d’associations engagées contre le brevetage des végétaux, des graines et des animaux d’élevage. « Il est contraire au droit européen qui exclut les brevets sur les méthodes de sélection conventionnelle. »

Le melon « résistant » n’est pas une invention de Monsanto, mais le résultat d’une sélection génétique naturelle, réalisée à partir d’espèces de melons résistantes cultivées en Inde. La résistance des melons indiens a été introduite dans d’autres espèces de melons. Or, cette sélection conventionnelle ne peut pas, d’après une décision de l’Office européen des brevets (OEB), être brevetée. Dans le cas de ce « melon résistant », l’OEB n’a cependant pas jugé que le brevetage posait problème.

En accordant ce brevet, l’EOB autorise Monsanto à se réserver l’accès et l’étude du matériel génétique qui pourrait conférer une résistance à un virus, qui se propage notamment à travers les curcubitacés d’Europe, d’Amérique et d’Afrique du Nord (Cucurbit yellow stunting disorder virus). Monsanto possède donc désormais les droits sur ce matériel génétique résistant. A ce titre, il peut en bloquer l’accès à ceux qui souhaiteraient l’utiliser.

Plus d’information sur le site de No Patent on Seeds. Traduction française sur le site Combat Monsanto.

- Autres cas de brevets sur le vivant : http://www.no-patents-on-seeds.org/…

- Pétition adressée aux membres de la commission et du parlement européen : http://www.no-patents-on-seeds.org/…

L’OMS sous influence… privée

L'OMS, agence sous influence… privée ?

Alors que l’Assemblée mondiale de l’OMS se termine ce mardi, les questions budgétaires y ont pris le pas sur les sujets purement sanitaires. De nombreux observateurs s’inquiètent de la part prépondérante des contributions dites volontaires dans le budget global de l’organisation. Ces donations en effet, sont faites au titre d’actions précises et utilisées sous le contrôle non des Etats-membres, mais des donateurs.

La Fondation Bill and Melinda Gates en est l’exemple le plus frappant. Elle finance aujourd’hui des programmes représentant 10% du budget total de l’OMS (soit 220 millions de dollars américains en 2010). Et le généreux milliardaire est aujourd’hui le deuxième contributeur de l’OMS derrière… les Etats-Unis ! « De nombreux observateurs, et des représentants des Etats-membres se disent très préoccupés par ce processus de privatisation », explique German Velasquez. Cet ancien directeur du secrétariat de l’OMS pour la santé publique, déplore la situation actuelle. Aujourd’hui conseiller principal pour la santé et le développement de l’ONG The South Centre, il émet des doutes quant au niveau d’indépendance de l’OMS.

« Il y a cinq ans, il y avait une norme à l’OMS qui stipulait que les contributions volontaires provenant des secteurs public et privé ne pouvaient dépasser 49% du budget total. Or aujourd’hui, ces contributions volontaires sont de l’ordre de 82% ». Ces chiffres parlent d’eux-mêmes, et traduisent une évolution contraire aux fondamentaux de l’Organisation. « Les contributions régulières des Etats-membres s’élèvent seulement à 18% du budget total. En clair cela signifie que les pays qui gouvernent l’OMS y ont perdu le pouvoir. Or l’Organisation par définition, est une organisation publique intergouvernementale. Elle a un caractère multilatéral, et doit être financée par les Etats. Cela pose un vrai problème d’indépendance. »

Ce que confirme Patrick Durisch, à nos confrères du quotidien genevois Le Temps. Responsable du programme santé auprès de l’ONG la Déclaration de Berne, il souligne que « les contributions volontaires sont liées à des programmes spécifiques. Il est dès lors très difficile pour l’OMS de fixer des priorités à long terme ». Mais aussi de se laver des accusations de collusion avec le secteur privé. La pandémie de grippe A (H1N1) avait suscité de nombreuses questions quant au choix de certains experts chargés de conseiller la Directrice générale de l’Organisation. Leur liste était tenue secrète et il s’est avéré après enquête, que certains étaient issus de l’industrie pharmaceutique.

Pour German Velasquez, il existe pourtant une solution. « Elle est très simple mais se révèle très compliquée à appliquer, car les pays développés y sont fermement opposés. Il s’agit d’augmenter les contributions régulières des Etats-membres ». Un vœu pieux ? En tout cas, ce serait du jamais vu depuis… des décennies.

Source : Le Temps, 18 mai 2011 – Interview de German Velasquez, 23 mai 2011

Les spécialistes dépassent les bornes… et les honoraires

Elie Arié – Tribune sur www.marianne.fr

Lentement, et sans que personne n’en parle, une révolution silencieuse est en train de modifier la nature même de notre système d’assurance-maladie : il s’agit du phénomène des dépassements d’honoraires. Elie Arié souligne les risques de cette généralisation pour Marianne2.


( Vincent Gautier )
La totalité des spécialistes en bénéficieront progressivement, sans aucune mesure de plafonnement de leur quantité ou de leur montant. L’Ordre des Médecins, censé veiller à ce que ces dépassements soient pratiqués avec « tact et mesure », laisse cette évolution prendre de l’ampleur, et n’a d’ailleurs jamais fixé une limite chiffrée à cette « mesure ». Aujourd’hui, à Paris, le dépassement d’honoraires pour  un accouchement (simple, sans césarienne ni complication) est en moyenne sept fois supérieur au tarif de l’assurance-maladie (sur une clientèle captive : le secteur public ne peut en assurer la totalité, et aucune femme enceinte ne peut décider que c’est trop cher pour elle et renoncer à accoucher, ou décider d’aller le faire en Belgique) ; et, dans certaines villes, il n’existe plus aucun médecin à honoraires conventionnés dans certaines spécialités, phénomène appelé à se généraliser. 

Pourtant, il s’agit là de l’ évolution de l ‘assurance-maladie qui est la plus douloureusement ressentie par la population. La notion de « dépassements généralisés  d’honoraires » vide progressivement de tout sens la notion d’un service de santé public, et constitue aujourd’hui le principal facteur de renoncement aux soins. Lire la suite »

Les Attac d’Europe aux députés européens: votez contre l’hyper-austérité !

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C’est par ces mots, « pénible et juste », que les autorités européennes ont qualifié le plan d’austérité imposé au Portugal. Gel des salaires et des pensions, réduction des transferts sociaux, privatisations, ces mesures vont frapper de plein fouet les Portugais. En dépit de la résistance d’une partie de ses responsables politiques, le Portugal rejoint donc la Grèce et l’Irlande au nombre des pays qui ont dû avaler la «potion amère» du FMI et de la Commission européenne.

«Potion amère»… ou poison lent ? Il serait temps que la question se pose, au moment où l’inefficacité des mesures d’austérité imposées à la Grèce s’avère de plus en plus évidente, au point qu’un second « sauvetage » soit évoqué. Celui-ci s’accompagnerait encore d’une surenchère de mesures de régression sociale pour le peuple grec, déjà exsangue.

La Commission et les gouvernements européens s’entêtent pourtant à faire croire que la dette est la conséquence de dépenses publiques trop importantes, et de salaires trop élevés. Dans la foulée des plans de rigueur adoptés dans tous les pays d’Europe, ils souhaitent mettre en place une « gouvernance économique » qui, sous la tutelle de la Commission et du Conseil, institutionnaliserait l’austérité pour les peuples, fermant définitivement la porte à tout espoir d’une Europe sociale … pour mieux sauvegarder les bonus pour les traders et les dividendes pour les actionnaires. Le tout sans le moindre débat démocratique !

Le réseau des Attac d’Europe, avec d’autres organisations européennes, lance une pétition européenne pour interpeller les élus contre cette attaque sans commune mesure contre les droits sociaux et la démocratie en Europe. Le 8 juin prochain, à Strasbourg, ils doivent se prononcer sur le paquet de gouvernance économique, qui s’apprête à lancer l’Europe sur la voie de l’austérité généralisée… Il est encore temps de le leur faire savoir : au nom des peuples européens, ils doivent rejeter ces mesures iniques et dangereuses !

La pétition à signer et à faire circuler est disponible ici : http://www.france.attac.org/non-au-pacte-pour-leuro-0

En Grèce, en Irlande, au Portugal, et partout en Europe, ce n’est pas aux peuples de payer le prix de la crise. La dette est en grande partie issue de la crise financière, ainsi que de la multiplication des cadeaux fiscaux pour les plus riches : une véritable sortie de crise passe nécessairement par un changement radical de politique économique, une régulation « drastique » des marchés, et une restructuration au moins partielle des dettes publiques.