Archives mensuelles : septembre 2011

60 millions de consommateurs bientôt privatisé

Le magazine de protection des consommateurs édité par un institut public risque de passer dans les mains du privé. L’enjeu : la conservation de l’intérêt général et d’un service public que le gouvernement met peu d’empressement à vouloir conserver.

Le magazine 60 millions de consommateurs ne sera bientôt plus le seul journal édité par un établissement public, l’INC. Le magazine d’enquêtes et de protection des consommateurs est, depuis une quinzaine d’années, passé à côté de la privatisation à plusieurs reprises. Cette fois risque d’être la bonne. Il faut dire qu’on a mis le paquet. La méthode est classique : on fait le constat d’une situation catastrophique via un audit et le privé s’impose comme le seul capable de redresser la barre.

Le journal, qui existe depuis décembre 1970, a toujours été bénéficiaire. Mais faute d’investissements dans le recrutement d’abonnés, il accuse aujourd’hui un léger déficit. Avec des abonnements « tombés » à 100 000 et des ventes en kiosques en baisse sévère, l’audit devenait indispensable, probablement très « encouragé » par le ministre de tutelle Frédéric Lefebvre, croit-on savoir à la rédaction. La suite est cousue de fil blanc. « Personne à la rédaction n’a été audité, seule la direction l’a été », révèle-t-on à 60 millions. Mais le couperet tombe : il faut trouver 18,5 millions d’euros pour sauver le titre. Cerise sur le gâteau, le rapport de MBV associés (tout de même facturé 237 000 euros), qu’a pu se procurer Libération, livre quelques gentilles recommandations : le ligne éditoriale, axée sur l’alerte des consommateurs doit aller vers « l’accompagnement des consommateurs ». En d’autres termes, ce n’est pas rentable de considérer les lecteurs avant tout comme des citoyens, il faut être moins poil à gratter, et plutôt travailler à les encourager à la consommation. Un changement radical de ligne éditoriale.

Et pourquoi l’Etat ne remet pas au pot pour sauver cet outil citoyen ? La réponse semble résider dans la ligne du journal. Sans concession, même avec celui le nourrit. Les journalistes de60 millions font leur boulot et n’ont pas le doigt sur la couture du pantalon. Ainsi, il leur arrive de publier des enquêtes qui donnent des boutons dans les ministères, à rebours de la com’ gouvernementale, notamment sur la baisse de pouvoir d’achat des Français. « Le directeur a reconnu la semaine dernière, devant le personnel, qu’il recevait sans cesse des coups de fil des cabinets ministériels qui critiquaient tel ou tel article du journal  », raconte un membre de la rédaction.

Ce mois-ci encore sort une enquête dont les conclusions diffèrent de celle de l’Insee. Pour 60 millions, le pouvoir d’achat des Français a régressé de 0,6% entre juin 2010 et juin 2011, et ça écorche un peu les oreilles du gouvernement. Comme d’autres enquêtes ont fortement déplu à Bercy, aux banques, aux assureurs ou encore aux opérateurs télécom… Ca fait beaucoup de mécontents pour laisser pour laisser le titre aller sa route. Et lui en donner les moyens.

Lettre d’information du MDRGF

AGRICANAGRICAN

Comme grand nombre d’entre vous le savent, la MSA (Mutualite Sociale Agricole) a recemment communique sur les pre-resultats de l’etude AGRICAN (qui doit nous informer sur le cancer dans le milieu agricole) qui devaient etre rendus public lors d’un symposium le vendredi 16 septembre a Tours
Elle a profite de cette occasion pour communiquer quasi exclusivement sur le fait que les agriculteurs etaient en meilleure sante que la population generale et avaient une esperance de vie plus longue. Generations Futures a tres rapidement denonce dans divers communiques (avant et apres le symposium) plusieurs points et notamment :
– Que le monde agricole a un risque accru de developper certaines pathologies dont certains cancers du fait d’une exposition aux pesticides. Si les chiffres de la mortalite par cancer ont ete donnes, ceux de l’incidence (le nombre de cas) des cancers manquaient ! Un comble pour une etude consacree a …l’agriculture et le cancer !
– Que cette etude contenait des biais notamment parce que la cohorte ne prenait pas en compte les travailleurs saisonniers
– Que cette cohorte n’est pas representative du monde agricole sachant que moins d’un agriculteur sur deux de la cohorte avait declare avoir ete en contact direct avec les pesticides dans toute sa carriere !
– Etc.
Vous trouverez plus de details dans nos communiques (celui du 14 septembre et celui du 16 septembre) en allant sur ce lien : http://www.generations-futures.fr/news/news260911_agrican.html
Nous vous invitons aussi a lire l’article du JDLE qui donne un bon eclairage de la situation :
http://www.journaldelenvironnement.net/article/cancer-les-agriculteurs-sont-ils-vraiment-moins-affectes,25014

Des salaries de l’agroalimentaire malades des pesticides.
Des salaries de l’agroalimentaire malades des pesticides. Generations Futures en premiere ligne a leurs cotes.
Il y a plusieurs mois de cela, Jean-Paul Jaud (realisateur) et Isabelle Saporta (journaliste) nous alertaient sur une situation qui leur semblaient inquietante, a savoir des problemes de sante (graves et nombreux) chez des salaries du personnel portuaire et ceux de l’agroalimentaire qui etaient en contact avec des cereales aspergees notamment d’insecticides ou de fumigants de conservation.
En contact des le debut de l’annee avec des membres du Syndicat Solidaires, et plus particulierement l’Union regionale de Bretagne, representee par le tres perseverant Serge LeQueau, nous avons de suite compris l’enjeu de cette situation et c’est pourquoi nous avons souhaite apporter notre aide et expertise aux salaries concerns et a leurs representants.
Nous avons grandement contribue a faire de ce dossier un dossier public et permis aux salaries de faire connaitre leur situation au travers des medias nationaux.
Voir :
France 2 JT de 13h du vendredi 23 septembre http://jt.france2.fr/player/13h/index-fr.php?jt=20110923 (aller jusqu’a 15min et 28 sec)
Le monde dat du Samedi 24 septembre http://abonnes.lemonde.fr/planete/article/2011/09/23/intoxications-aux-insecticides-dans-l-agroalimentaire_1576785_3244.html
France Info : http://www.france-info.com/sciences-tech-environnement-2011-09-23-des-salaries-de-l-agroalimentaire-victimes-des-pesticides-licencies-563822-29-31.html?var_recherche=pesticides
Europe 1 : http://www.europe1.fr/France/Pesticides-un-employeur-poursuivi-733731/
Gaz de schiste en Pologne
Exclusif : actions de Generations Futures en Pologne avec Jose Bove pour soutenir les associations polonaises de la nouvelle coordination polonaise contre les gaz de schiste + un reportage sur un site de production !Retrouvez les informations sur les gaz de schiste en Pologne a l’adresse :
http://www.gaz-de-schiste.fr/220911-actu-pologne-gaz-de-schiste.htmlEt toujours le site du livre ‘Le vrai scandale des gaz de schiste’ : http://www.gaz-de-schiste.fr
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Merci de votre generosite !!

Lettre d’information de Generations Futures  plus d’infos sur notre site ici

 

Ainsi va (mal) le système ferroviaire français …

En quelques semaines, plusieurs décisions importantes ont été prises à propos de chemins de fer. Toutes concourent à affaiblir le service public ferroviaire, à pousser à toujours plus de privatisation, à favoriser le transport routier au détriment du chemin de fer. Aucune ne favorise les usagers, aucune ne constitue un progrès social ou écologique. C’est une logique d’ensemble qui se déploie à travers une succession d’annonces SUD-Rail et l’Union syndicale Solidaires appellent à lutter contre la destruction du service public ferroviaire.

RFF étrangle financièrement la SNCF

Réseau Ferré de France vient de publier ses projets de tarifs pour 2012. Une fois de plus, il est prévu une explosion de la facture pour la SNCF. Déjà, entre 1997 et 2008, le montant des péages exigés par RFF a augmenté de 200%. Des milliards que la SNCF doit payer pour avoir le droit de faire rouler les trains sur les voies construites et entretenues par les cheminot-e-s depuis des décennies ! 
L’éclatement du système ferroviaire matérialisé notamment par la création de RFF amène à des stupidités économiques de ce genre. Sans compter les faramineux coûts liés aux multiples interférences entre les deux entreprises, SNCF et RFF.

La SNCF fait payer les usagers.

Les péages exigés par RFF représentent 30% du chiffre d’affaire des TGV. A cela s’ajoute par exemple l’arnaque de la convention pour les « trains d’équilibre du territoire », signée par l’Etat et la SNCF, qui prévoit chaque année 210 millions de « compensation » pour  la SNCF … dont 175 millions payés en fait par la SNCF, essentiellement à travers une taxe sur les TGV !  
La plupart des dirigeants SNCF s’accommode fort bien de cette situation ; cela leur a permis d’obtenir une « liberté tarifaire » encore plus grande.  Finalement, ce sont les usagers qui paient l’absurdité du système incarné par l’existence de RFF.

RFF et SNCF détériorent le service public .

Les usagers subissent déjà la dégradation du service au quotidien : trains supprimés, en retard, bondés, etc. Le service annuel 2012, qui sera mis en œuvre à compter de décembre 2011, va considérablement aggraver la situation. Depuis presqu’un an SUD-Rail alerte sur les dangers de la décision de généraliser le cadencement des trains. Nous ne rejetons pas ce mode d’organisation en soi ; d’ailleurs, il est déjà appliqué sur certaines relations. Mais  la marche forcée vers sa généralisation n’a pas de sens, ni en matière de service offert aux usagers, ni en termes de fonctionnement du système ferroviaire.
Etat, RFF, SNCF répètent à l’envie qu’il y a l’exemple suisse : ils oublient de dire qu’en Suisse cela s’est fait sur une quinzaine d’années et aprèsavoir financé les investissements nécessaires, par exemple les nombreuses voies supplémentaires
dans les gares. Pour faire plaisir à quelques technocrates qui rêvent d’un chemin de fer totalement déshumanisé, le gouvernement, RFF et la SNCF modifient 85% des sillons horaires ! Les Conseils Régionaux, pourtant Autorités Organisatrices du Transport régional, qui n’ont pas voulu imposer une autre solution ont aussi une part
de responsabilité.

Gouvernement et patronat privatisent et privilégient la route, plus dangereuse !

Le transport ferroviaire de marchandises a été ouvert aux compagnies privées en 2006 ; résultat, il y a de plus en plus de cheminot-e-s privé-e-s des droits sociaux et du statut, la sécurité des circulations est moins bien assurée et … la privatisation n’a pas servi à développer le fret ferroviaire. Au contraire le trafic routier de marchandises
est le mode de transport qui s’est le plus développé. Forts de cet exemple désastreux, ils veulent maintenant privatiser le transport régional de voyageurs ! Le gâchis économique, social et écologique du fret ne suffisait pas. Le ministre des transports vient d’autoriser le transport de voyageurs par bus sur 230 relations interrégionales, avec les mêmes objectifs : prioriser les secteurs où les conditions sociales sont les moins bonnes. Après les camions supplémentaires, voici des milliers
d’autocars, tant pis pour l’écologie et pour la sécurité !

Pourquoi ? Parce que c’est quand même vachement plus grave de télécharger !

http://korben.info/pourquoi-parce-que-cest-quand-meme-vachement-plus-grave-de-telecharger.html?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+KorbensBlog-UpgradeYourMind+%28Korben%27s+Blog+-+Upgrade+Your+Mind%29&utm_content=Google+Reader

Pourquoi ? Parce que c’est quand même vachement plus grave de télécharger !

Mon copain Guillaume a publié sur son site, en fin de semaine dernière, la liste des délits qui sont punis par une peine égale ou plus faible que celle qui est encourue lorsqu’on se fait choper pour partage illégal de musique et de films… A savoir une peine max de 3 ans d’emprisonnement et 300 000 euros d’amende (article L335-2 du code de la propriété intellectuelle) .

Voici la liste publiée par Numerama.

Liste non exhaustive des délits sanctionnés par la même durée de trois ans d’emprisonnement que celle risquée pour la mise à disposition d’oeuvres protégées par le droit d’auteur :

  • L’homicide involontaire (art. 221-6 du code pénal) ;
  • Les violences ayant entraîné une incapacité de travail inférieure ou égale à huit jours ou n’ayant entraîné aucune incapacité de travail (art. 222-13) ;
  • La menace de mort lorsqu’elle est, soit réitérée, soit matérialisée par un écrit, une image ou tout autre objet (art. 222-17) ;
  • L’atteinte involontaire à l’intégrité physique d’autrui en cas de violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de prudence ou de sécurité (art. 222-19) ;
  • L’expérimentation biomédicale sur une personne sans avoir recueilli le consentement libre, éclairé et exprès de l’intéressé (art. 223-8) ;
  • Le fait de provoquer au suicide d’autrui lorsque la provocation a été suivie du suicide ou d’une tentative de suicide (art. 223-13) ;
  • L’abus de faiblesse (art. 223-15-2) ;
  • Certaines formes de discrimination (art. 225-2) ;
  • L’exploitation de la mendicité d’autrui (art. 225-12-5) ;
  • L’exploitation de la vente à la sauvette (art. 225-12-8) ;
  • Le vol (art. 311-3)
  • L’abus de confiance (art. 314-1) ;
  • L’organisation frauduleuse de l’insolvabilité (art. 314-7) ;
  • La diffusion sur Internet de plans de fabrication de bombes (art. 322-6-1) ;
  • Le fait de participer à une manifestation ou à une réunion publique en étant porteur d’une arme (art. 431-10) ;
  • Le fait de pénétrer dans un établissement scolaire muni d’une arme (art. 431-24) ;
  • L’évasion d’un détenu (art. 434-27) ;
  • Certaines formes d’entrave à la justice (art. 435-12) ;
  • Le faux et usage de faux (art. 441-1) ;
  • L’assistance, propagande ou publicité pour l’eugénisme ou le clonage reproductif (art. 511-1-2) ;

Liste non exhaustive des délits sanctionnés par une peine d’emprisonnement moins longue que pour la mise à disposition d’oeuvres protégées par le droit d’auteur :

  • L’exhibition sexuelle dans un lieu public (puni d’un an d’emprisonnement, art. 222-32) ;
  • Le harcèlement dans le but d’obtenir des faveurs sexuelles (1 an de prison, art. 222-33) ;
  • Le harcèlement moral au travail (1 an de prison, art. 222-33-2) ;
  • La violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de prudence ou de sécurité exposant autrui à un risque immédiat de mort (1 an de prison, art. 223-1) ;
  • L’atteinte à l’intégrité du cadavre, la profanation de cimetière (1 an de prison, art. 225-17) ;
  • L’introduction dans un domicile par violence (1 an de prison, art. 226-4) ;
  • L’usurpation d’identité d’un tiers (1 an de prison, art. 226-4-1) ;
  • La violation du secret professionnel (1 an de prison, art. 226-13) ;
  • La violation du secret des correspondances (1 an de prison, art. 226-15) ;
  • Le fait de détourner de leurs finalités médicales ou de recherche scientifique les informations recueillies sur une personne au moyen de l’examen de ses caractéristiques génétiques (1 an de prison, art. 226-26) ;
  • L’abandon de famille (2 ans de prison, art. 227-3) ;
  • Le fait de refuser indûment de représenter un enfant mineur à la personne qui a le droit de le réclamer (1 an de prison, art. 227-5) ;
  • Le fait de provoquer les parents ou l’un d’entre eux à abandonner un enfant né ou à naître (6 mois de prison, art. 227-12) ;
  • Le fait de provoquer directement un mineur à la consommation habituelle et excessive de boissons alcooliques (2 ans de prison, art. 227-19) ;
  • Le fait pour un majeur de faire des propositions sexuelles à un mineur de quinze ans ou à une personne se présentant comme telle en utilisant un moyen de communication électronique (2 ans de prison, art. 227-22-1) ;
  • La demande de fonds sous contrainte (6 mois de prison, art. 312-12-1) ;
  • Le fait de ne volontairement pas payer son essence, son restaurant, son hôtel, ou son taxi (6 mois de prison, art. 313-5) ;
  • La destruction d’un bien appartenant à autrui (2 ans de prison, art. 322-1) ;
  • Les sévices graves et cruautés envers les animaux (2 ans de prison, art. 521-1).

Je vous laisse tirer les conclusions ou les blagues qu’il convient 😉

USINE À GAZ Le nouveau terminal méthanier d’EDF : une véritable bombe à retardement

http://www.bastamag.net/article1659.html
PAR NATHANAEL ROUNY (1ER SEPTEMBRE 2011)

Le chantier du terminal méthanier de Dunkerque, voulu par Henri Proglio et Nicolas Sarkozy, va débuter. Une bombe financière qui coûtera 1,5 milliard d’euros pour une cinquantaine d’emplois directs créés. Une bombe écologique, sur un site industriel déjà à hauts risques, à proximité de la centrale nucléaire de Gravelines. Et une bombe sociale que contribuables et clients d’EDF devront bien financer. L’utilité du terminal ? Dérisoire, estiment des syndicalistes.

Photo : méthanier face au terminal de Montoir, près de Saint-Nazaire (© Jean-Claude Marceteau)

« C’est une folie de PDG ! Pierre Gadonneix, qui était à l’origine du projet en 2006, puis Henri Proglio, son successeur à la tête d’EDF depuis 2009, se sont engagés à construire un terminal méthanier qui ne sert à rien. Il permettra uniquement à EDF de faire du business au niveau européen sur le dos des contribuables français qui vont supporter une grande partie de l’investissement. » Laurent Langlard, porte-parole de la Fédération nationale des mines et de l’énergie de la CGT (FNME-CGT) est très remonté contre le projet du futur terminal méthanier de Dunkerque. Son coût : 1,5 milliard d’euros, selon EDF. « Le gaz arrivera dans ce terminal, via des méthaniers de 350 m de long – les plus grands au monde. Il ne sera pas destiné à la France puisqu’il ne sera pas odorisé, contrairement à ce qu’exige la loi française sur le transport du gaz (l’odorisation du gaz permet de détecter d’éventuelles fuites grâce à l’odeur, ndlr). Il sera donc vendu dans tout le reste de l’Europe, et notamment en Belgique, dans le but unique de faire fonctionner le marché », explique le responsable syndical.

La construction du futur terminal sur 50 hectares du grand port maritime de Dunkerque a été annoncée en grande pompe par Nicolas Sarkozy le 3 mai, lors de sa visite à la centrale nucléaire voisine de Gravelines. Selon EDF, il augmentera d’environ 20% les capacités d’importation du gaz naturel sur le territoire national, . Ce projet permettra au groupe français de diversifier ses approvisionnements pour alimenter ses centrales électriques actuelles et futures. EDF a l’intention d’ouvrir, d’ici à 2012, trois centrales à cycle combiné gaz (CCG) [1] de 1.360 MW en France et une autre centrale CCG de 1.300 MW au Royaume-Uni.

Un chantier pharaonique

Le montage du projet a été laborieux. Son financement est finalement bouclé en juin 2011. EDF, qui « se réserve la possibilité d’accueillir ultérieurement d’autres partenaires financiers ou commerciaux », sera actionnaire à 65% de la société en charge de l’installation industrielle, Dunkerque-LNG, aux côtés du gestionnaire du réseau belge de transport de gaz Fluxys (25%) et du pétrolier Total (10%). « À l’heure où EDF doit investir massivement dans la sûreté de ses réacteurs nucléaires – près de 400 millions d’euros par centrale –, il a sûrement mieux à faire de son argent…  », commente Laurent Langlard.

Le chantier du terminal démarrera début 2012. Les travaux préparatoires (accès routier, parking, poste de contrôle) ont déjà commencé. Un tunnel de 3 km reliera la centrale nucléaire de Gravelines et le terminal gazier. Réalisé par le consortium Bessac-Razel-Solétanche, il doit permettre d’utiliser les eaux chaudes produites par la centrale. Bouygues touchera aussi sa part du gâteau en participant à la construction des trois réservoirs de stockage du gaz naturel liquéfié (GNL). D’une capacité de 190.000 m3 chacun, chaque réservoir aura une hauteur de 50 m pour un diamètre de 80 m.

1,5 milliards d’euros pour 50 emplois directs créés

Dix-sept terminaux méthaniers sont actuellement en service en Europe, dont trois en France : Fos-Tonkin et Fos-Cavaou à Fos-sur-Mer, près de Marseille, et à Montoir-de-Bretagne, dans la périphérie de Saint-Nazaire. Avec le terminal méthanier de Dunkerque, EDF se lance pour la première fois dans l’exploitation d’une installation gazière. D’après la Commission de régulation de l’énergie (CRE), deux autres terminaux sont en projet dans l’Hexagone : Antifer, dans le port du Havre, et Fos-Faster, à Fos-sur-Mer.

S’il est d’ores et déjà sur les rails, le projet voulu par l’État et EDF laisse néanmoins quelques questions en suspens. La première : combien d’emplois directs créera le futur terminal de Dunkerque, dans une zone socialement sinistrée par la désindustrialisation, avec notamment le projet de fermeture de la raffinerie des Flandres de Total ? Réponse : « On parle d’une cinquantaine, alors que la raffinerie employait près de 600 personnes », répond Jean Sename, président de l’Assemblée pour la défense de l’environnement du littoral Flandre-Artois (Adelfa). « C’est un investissement industriel qui n’est absolument pas porteur en termes d’emplois. Les dockers n’y travailleront même pas. »

Une partie des salariés de la raffinerie de Total sera reconvertie au sein du terminal méthanier. Mais « faire des pétroliers des gaziers, cela ne va pas de soi, rétorque Jean Sename. Il n’y pas vraiment d’enthousiasme de la part des raffineurs pour aller travailler sur une technologie qu’ils ne connaissent pas. Et le chantier de construction, pour lequel 1.850 ouvriers et sous-traitants seront mobilisés durant trois ans, ne résoudra pas le problème de façon pérenne. »

Un terminal méthanier à côté de six réacteurs nucléaires : une première mondiale

Le terminal méthanier sera le 14ème site classé Seveso de Dunkerque. La proximité de la centrale nucléaire de Gravelines, l’une des plus puissantes d’Europe avec ses six réacteurs, pose également bon nombre d’interrogations. Qu’adviendra-t-il en cas d’incident voire d’accident nucléaire ? « À Fukushima, toute activité a cessé sur au moins 20 kilomètres à la ronde », rappelle le président de l’Adelfa. Par ailleurs, les concepteurs du projet ont émis le souhait d’utiliser les eaux chaudes rejetées par la centrale pour regazéifier le GNL qui arrivera par méthaniers à une température de –162°C. Un tunnel de trois kilomètres de long est envisagé entre les deux sites. « Sur le papier, l’idée est bonne, fait savoir Jean Sename. Mais l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) n’a toujours pas donné son feu vert. Des garanties en termes de sécurité doivent encore être apportées, notamment car le sous-sol de l’avant-port Ouest est composé d’argiles particulièrement instables. De plus, EDF n’est pas forcément favorable à ce qu’un tunnelier débouche dans ses installations »

Le futur terminal méthanier ne disposera en outre que d’un seul accès routier, via l’écluse des Dunes. « Même si la voie sera doublée, cette situation n’est pas acceptable, car elle est contraire à la législation qui prévoit deux accès distincts pour un site classé Seveso seuil haut ! », affirme le président de l’Adelfa. Autre point sensible pour l’association écologiste : les opérations de dragage, qui permettront d’atteindre le tirant d’eau suffisant, seront effectuées au large dans une zone Natura 2000. Entre 3,5 et 5 millions de mètres cubes de sable et de vase seront déplacés. « Le risque de submersion marine n’est pas non plus à exclure », glisse Jean Sename.

Le manque de concertation des politiques énergétiques

Les élus ont désormais rejoint les associations écologistes et la population locale pour critiquer le projet. Car la suppression de la taxe professionnelle ne leur permettra pas de bénéficier des retombées financières de l’installation. Encouragée par le précédent du terminal de Fos-Cavaou, dont le projet a été gelé durant six mois, l’Adelfa a posé un recours en annulation devant le tribunal administratif contre la décision d’autorisation préfectorale.

« Si les besoins d’approvisionnement de la France étaient avérés, le développement des terminaux de GDF à Montoir-de-Bretagne et à Fos-Cavaou pourraient largement y répondre par la seule construction d’un réservoir et quelques aménagements, doublant ainsi leur capacité », écrit la FNME-CGT dans un communiqué. « Ce projet est la démonstration qu’il n’y a pas de politique énergétique concertée au niveau national. C’est pourquoi, nous souhaitons vivement un pôle public de l’énergie où tous les acteurs concernés seraient en mesure de décider, au niveau national, des investissements à réaliser », suggère Laurent Langlard. Et le syndicaliste de conclure : « Avec de tels projets, il ne faut pas s’étonner que le prix du gaz augmente. Et ça ne va pas s’arrêter ! »

Nathanaël Rouny

Notes
[1] Les centrales à cycle combiné utilisent le gaz naturel comme combustible dans un système de production d’électricité.

Cheminots, Traminots, Routiers… Dès le 11 octobre 2011, organisons nous, luttons ensemble !

Nous travaillons, parfois, dans le même groupe : SNCF (Kéolis, Géodis…), et même côte à côte : Tram-train, cars, TER…

Nous subissons les mêmes dégradations de salaires et de conditions de travail…. Plutôt que de regarder les patrons organiser la concurrence et le dumping social…

Luttons ensemble !!!!

L’Union Solidaires Transports l’avait déjà déclaré lors du dernier conflit des retraites :

« Nous transportons le carburant, nous alimentons les hypermarchés, nous alimentons les entreprises en matières premières…

Coupons le contact…

Immobilisons les stocks des entreprises !!! »

La forte mobilisation n’a pas suffi pour empêcher le gouvernement de mettre en place son projet néfaste pour tous, ni pour bloquer le report du départ du CFA de 60 à 62 ans pour les conducteurs routiers et interurbains de voyageurs…

Cet accord prenait en compte la pénibilité et permettait à tous les salariés ayant travaillé 25 ans dans le secteur du transport routier de partir à 60 ans avec 80 % de leur salaire… il a été modifié.

Est-ce que cela veut dire qu’à partir de 2011, travailler après 60 ans ne serait plus pénible ?

Dans l’économie libérale dans laquelle nous vivons, le transport tient une place des plus importantes. Comme dans bien d’autres secteurs économiques, la précarité ne cesse de progresser,

Utilisons notre capacité de blocage économique pour mettre en place le rapport de force qui fera plier ce gouvernement dés le 11 octobre 2011._
Depuis 2008, malgré quelques annonces et quelques gesticulations, le gouvernement n’a pris aucune mesure visant à limiter les nuisances d’une finance totalement libéralisée et sans contrôles.

Il a réduit les impôts des plus riches (en 1980 le taux d’imposition était de 76% – il est aujourd’hui à 41%) et des plus grosses multinationales.

Il a versé des fonds sans contreparties aux banques qui s’étaient enrichies sur les dettes.

Et aujourd’hui il constate que les « caisses sont vides ».

Pour « redonner confiance aux marchés financiers », ce même gouvernement entend faire payer cette crise à la majorité de la population, enfonçant encore plus des millions de familles.

Non ! Non ! Non !

Pour ne plus perdre nos acquis … et pour que tous les autres ne les perdent pas : routiers, cheminots, convoyeurs de fonds, conducteurs receveurs, ripeurs… soyons forts au sein d’une organisation syndicale qui associe défense des salariés au quotidien et transformation sociale.

Refusons cette politique ultralibérale qui ne favorise que les très riches, le marché et les banques !

L’Union Solidaires Transports affirme qu’un meilleur partage des richesses produites par nous, salariés, est possible et nécessaire !

Cela passe par une forte réduction des profits distribués aux dirigeants et actionnaires, pour améliorer les salaires, le budget de l’état et celui de la Sécurité Sociale.

Nous avons tous une parcelle de pouvoir en nous… utilisons-la !

Le 11 octobre 2011, refusons cette logique que Sarko et son gouvernement veulent nous imposer !