Archives mensuelles : octobre 2011

Victimes de l’amiante : Le vilain jeu du gouvernement ?

http://slovar.blogspot.com/2011/10/victimes-de-lamiante-le-vilan-jeu-du.html

Obnubilée par la primaire socialiste, L’UMP n’a pas trouvé le temps de s’exprimer sur la manifestation des victimes de l’amiante qui a eu lieu le 15 octobre à Saint-Quentin, la ville dont Xavier Bertrand est le maire !

lSi l’on en croit Xavier Bertrand : « La France n’a pas besoin aujourd’hui d’un magicien, mais de quelqu’un de solide et courageux qui protège les Français »

Cette protection préconisée par le Ministre de la santé ne semble pas concerner les victimes de l’amiante qui étaient entre 2 500 et 4 000 (chiffres presse) à s’être déplacés jusqu’à Saint-Quentin dans l’Aisne pour manifester leur colère, devant les tentatives du Ministre (maire) de freiner l’éradication de l’amiante dans certains locaux et de modifier la gouvernance du Fonds d’Indemnisation des Victimes de l’Amiante (FIVA)

Depuis 2004, il y aurait eu en France, 25 360 morts imputables à l’amiante. « Chaque jour, l’amiante fait 10 morts et on estime que 100 000 personnes vont décéder sur les deux prochaines décennies » affirmait Pierre Pluta, le président de l’Association régionale de défense des victimes de l’amiante (Andeva), lui même atteint d’une maladie reconnue liée à une exposition à l’amiante, au journal L’Union Presse

Depuis le 23 octobre 2001, c’est le Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante (FIVA), qui est chargé d’examiner les demandes d’indemnisation. Qu’elles soient : « professionnelle » ou « environnementale ».

Pourquoi les associations de défense des victimes de l’amiante manifestaient-elles ?

Pour faire annuler deux décrets pris par Xavier Bertrand.

Le premier : « (…) Xavier Bertrand a signé un (…) décret (…) le 3 juin 2011 sur l’amiante dans les bâtiments, qui donne une prime aux propriétaires délinquants : ils avaient 9 ans pour engager des travaux de désamiantage en particulier dans les immeubles de grande hauteur et n’ont pas respecté ces délais. Au lieu de les sanctionner, le décret leur accorde une dérogation sans date de fin (…) »

Le Second : « (…) un décret modifiant la gouvernance du Fonds d’indemnisation (…) » Selon Jean-Pierre Decods, un ancien de la construction navale, lui même victime, bien que la gestion de la FIVA soit paritaire, Xavier Bertrand, en pleine été, aurait : « (…) essayé de donner deux sièges de plus aux patrons » et surtout tenté de :« nommer un magistrat de la cour des comptes, nommé par l’État, plutôt que la cour de cassation, nommé par ses pairs, à la présidence (…) »

Ce qui aurait sans nul doute eu une influence, en ces temps de rigueur budgétaire, dans la mesure où : Le FIVA est financé par une contribution de l’Etat dont le montant est fixé chaque année par la loi de finances et par une contribution de la branche accidents du travail et maladies professionnelles du régime général de la Sécurité sociale – Source FIVA

Devant la levée de bouclier des associations, Xavier Bertrand a désigné par un premier décret, Claire FAVRE, la présidente de chambre à la Cour de cassation, à la présidence de la FIVA pour trois ans.

En même temps qu’il en faisait publier un autre modifiant les conditions d’élection du président du Fiva qui lui succédera, dans lequel il est clairement indiqué qu’il serait : Article 1 – « (…) choisi parmi les présidents de chambre ou les conseillers à la Cour de cassation en exercice ou honoraires, les présidents de tribunal administratif ou de cour administrative d’appel en exercice ou honoraires, les présidents de chambre de la Cour des comptes ou les conseillers maîtres de ces chambres en exercice ou honoraires (…) »

D’où cette inquiétude des victimes et parents de victimes

C’est donc à Saint Quentin, ville de Xavier Bertrand, semble t-il prodigieusement agacé, qu’ils ont essayé de défiler, dans le silence. Se voyant toutefois, canaliser, au point que le parcours : « choisi par les autorités permettait d’éviter soigneusement tous les axes principaux privilégiant les petites rues étroites et l’interdiction d’accès à l’hôtel de ville (…) »

Quelle a été la réaction de celui qui se revendique, membre du courant gaulliste social, et qui affirme que : « le sort des personnes exposées à l’amiante et de leurs proches est une préoccupation constante du gouvernement » ?

Et bien, selon le Courrier Picard qui était présent sur les lieux : « (…) au départ du cortège, Xavier Bertrand prenait le soleil en terrasse de la pizzeria Mario et à son terme, inaugurait une salle de musique au Palais de Fervaques, protégé par six camionnettes de gendarmes mobiles… »

Une étrange vision du : « solide et courageux qui protège les Français »

Crédit photo
Linternaute

Bankbusters : et si on nettoyait les banques ?

Par Nadia Djabali, Sophie Chapelle (18 octobre 2011)

http://www.bastamag.net/article1827.html

Pour « chasser les phénomènes paranormaux de la finance », des militants organisent des actions de « nettoyage » du système bancaire. Des coups de kärcher sur les vitrines des agences, pour sensibiliser et faire passer un message : citoyens et responsables politiques doivent reprendre la main sur l’activité bancaire, pour remettre la finance au service de la société. À Saint-Denis (93), les Bankbusters sont partis à l’assaut des banques.

ùLe pas décidé, vêtus de combinaisons blanches et de masques, armés de pulvérisateurs, ils ont envahi le 15 octobre les rues de Saint-Denis (93). Leur mission ? « Mener une grande opération de désinfection du système bancaire ». Et pour cause : en 2011, alors que les gouvernements en Europe et ailleurs continuent de faire payer les coûts de la crise financière à leurs populations, les banques « arrosent généreusement leurs traders de bonus mirobolants ».

Et malgré les efforts de plusieurs banques – Société générale, BNP Paribas, Crédit agricole – de réduire leur bilan ces dernières semaines, pour « rassurer les marchés » sur leur solvabilité, ces même banques continuent de pratiquer « des activités de spéculation pour compte propre qui les mettent largement en danger, menaçant par là leurs activités de banques de dépôts, » souligne l’organisation altermondialiste Attac. Sans compter la possible recapitalisation de certaines banques européennes dans les prochaines semaines, qui risque de se faire une nouvelle fois au dépends des citoyens. Pour « chasser les phénomènes paranormaux de la finance », aucune vitrine de banque à Saint-Denis n’échappe ce jour-là aux « bankbusters ».

Les actions de « Bankbusters – S.O.S. Banques » s’inscrivent dans le cadre de la campagne A nous les banques !, menée par Attac France et l’ONG Les Amis de la Terre. L’enjeu est de « remettre le système bancaire et financier au service de la société ». Les mesures proposées pour éviter d’autres crises sont nombreuses : séparer les activités d’épargne et d’investissement, empêcher la formation de conglomérats de taille critique, supprimer les bonus, encadrer strictement les produits dérivés, taxer l’ensemble des spéculations financières, interdire aux banques d’avoir des filiales dans les paradis fiscaux.

Ces organisations proposent également, pour rompre radicalement avec des politiques socialement inacceptables, de socialiser le système bancaire – contrôlé par les pouvoirs publics et les citoyens organisés. Ce qui impliquerait le développement d’un pôle public bancaire, dans lequel les usagers pourraient participer aux instances de décision et de contrôle des banques commerciales et centrales. Les actions « Bankbusters » veulent sensibiliser les citoyens sur l’importance d’exercer une vraie pression sur les directions des banques et les pouvoirs publics en ce sens. Un premier pas vers l’émergence de banques solidaires.

Sophie Chapelle

Vidéo : Nadia Djabali

Plus d’informations sur les Bankbusters

Photo : Attac 63

Il est où le déficit ?

Déficit de l’état 2011 = 92 milliards

+

Déficit de la Sécurité Sociale = 18 milliards

=

Déficit Public prévu pour 2011 : 110 milliards



Chaque année, le gouvernement se prive volontairement :

Niches fiscales : 66 milliards

Sur 145 milliards économiquement et socialement inutiles.
L’impôt sur les bénéfices des sociétés qui devraient être taxés à 33% est en réalité de l’ordre de 8% pour les sociétés cotées au CAC40 et de 22% pour la plupart des PME. Ces réductions en partie dues à des niches fiscales font perdre chaque année 66 milliards d’euros.

+

Fraude fiscale : 45 millards

Perdus chaque année.

+

Impôt sur le revenu : 15 milliards

Perdus chaque année depuis 2000.
La diminution du taux maximum* de l’impôt sur le revenu passé de 65% à 41% a fait perdre de 2000 à 2007 15 milliards d’euros chaque année. * un rappel nécessaire : le revenu imposable est coupé en tranches (5 tranches). Chaque tranche est imposée à un taux différent qui va de 0% à 41% : Jusqu’à 5 963 euros : 0% – de 5 964 euros à 11 896 euros : 5,50% – de 11 897 euros à 26 420 euros : 14,00% – de 26 421 euros à 70 830 euros : 30,00% – au-delà de 70 830 euros : 41,00%
Ainsi un haut revenu qui s’étale sur l’ensemble des tranches n’est imposé à 41% que sur la part de revenu dépassant le seuil de la dernière tranche. En réalité le taux moyen d’imposition des hauts revenus est de 22% ! Ainsi lorsque quelqu’un vous dit qu’il est taxé à 41% ne le croyez pas et ne le plaigniez surtout pas ! Surtout lorsque l’on sait que prés d’un quart de la population française déclare vivre avec un revenu en dessous du seuil de pauvreté ! Oui, décidément un autre partage des richesses est possible et impératif ! A nous d’imposer d’autres choix.

+

Impôt sur la fortune : 2 milliards

Perdus depuis la dernière réforme
La taxation prévue des plus riches ne rapportera que quelques centaines de millions d’euros, 1,6% des contribuables déclarant plus de 8000 euros par mois détiennent 13% des revenus déclarés en France. Parmi eux, 10000 ne paient pas d’impôt sur le revenu .

+

Exonération patronale de charges sociales : 30 milliards

Perdus chaque année.

=

Recettes perdues : 158 milliards

Soit non seulement de quoi combler le déficit mais aussi
48 milliards d’euros de plus pour les écoles, les hôpitaux, la culture…
Alors il est où le problème ?

Déclaration unitaire de syndicats de cheminot-e-s d’Europe

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Anticor dresse le palmarès de la corruption politique

Crédits photo:  (Capture d’écran)

Alors que les affaires judiciaires se multiplient au sommet de l’Etat, l’association Anticor qui lutte contre la corruption, a remis ce mardi ses prix aux “élus qui discréditent la politique et ceux qui l’honorent”.

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Les élus corrompus ne se recyclent pas“, tel est le slogan de l’association Anticor qui lutte depuis 2002 pour assainir la classe politique française. Profitant du scandale médiatique déclenché par les affaires Bettencourt et Karachi, Anticor organisait sa cérémonie annuelle visant à dresser le palmarès de la corruption politique sous un air de samba, rythmé par quelques bruits de casserole.

 

Créée après “le choc du 21 avril” par Séverine Tessier et quelques élus, Anticor part du constat que la corruption favorise l’absentéisme et fait le lit de l’extrême droite. Selon un sondage réalisé par TNS Sofres en septembre dernier, près de trois Français sur quatre (72 %) estiment d’ailleurs que les dirigeants politiques sont “plutôt corrompus”.

L’association s’est récemment constituée partie civile dans le procès Chirac ou dans l’affaire des sondages de l’Elysée. Il faut dire que l’année judiciaire fut particulièrement chargée sur le plan politique.

Parmi la longue liste des primés 2011, citons Charles Pasqua qui a reçu un prix “pour l’ensemble de son œuvre”, l’ancien homme fort de la Polynésie française, Gaston Flosse est repartie avec “une casserole d’or” pour sa condamnation récente dans trois affaires judiciaires, tandis que la “république irréprochable” promise par Nicolas Sarkozy a reçu les félicitations du Jury.

En épurant la classe politique de sa “délinquance en col blanc”, Anticor espère réconcilier les Français avec la politique, l’association a donc cherché à récompenser le combat éthique de certains élus et citoyens. Mediapart a reçu un prix pour ses révélations dans les affaires Bettencourt et Takieddine. Parmi les politiques, le député socialiste René Dosière et le député UMP Lionel Tardy ont été récompensés.

Dans le public, Denis Robert sait que le combat contre la corruption politique se paye parfois d’un lourd tribut. Après dix ans de combat judiciaire contre Clearstream, le journaliste d’investigation a accepté de revenir pour Les Inrocks sur le prix d’éthique qu’il a reçu. Pour lui, “Anticor fait le travail que devrait faire le ministère public“.

http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/71639/date/2011-10-12/article/anticor-dresse-le-palmares-de-la-corruption-politique-1/

David Doucet.

Prime dividende aux salariés : Sombre bilan d’une mystification présidentielle !

En juillet dernier, le parlement validait la fameuse prime sur les dividendes ou prime « 1000 euros » voulue par Nicolas Sarkozy. Or, la moyenne constatée est de 300 €. Décryptage d’une formidable mystification.

aEn avril 2011, Nicolas Sarkozy, face au front du refus des organisations d’employeurs, sur son idée de versement de de prime sur les dividendes aux salariés, déclarait : « J’affirme qu’il est normal que les salariés et les ouvriers à qui on a demandé des efforts pendant la crise bénéficient de la reprise, c’est un principe sur lequel je ne céderai pas (…) »

Votée le 13 juillet dernier par le parlement, cette prime devenait obligatoire. Mais comme l’expliquait à l’époque Alain Vidalies (PS) : « (…) A l’inverse de ce que les Français avaient compris, cette prime n’aura rien d’obligatoire : il s’agit simplement d’une obligation de négocier qui pourrait à la limite n’aboutir qu’au versement d’un euro (…) »

Alors, quel est le résultat de cette « obligation » qui n’en était pas une ?

Dans un communiqué de presse du 29 septembre le Cabinet Deloitte indiquait les montants attendus pour la prime pour l’emploi, et précisait que ceux-ci seraient : « (…) près de moitié inférieurs au montant anticipé par le gouvernement (…) »

Quelques exemples

On pourra citer « l’humour » des patrons de Sécuritas qui ont proposé à leurs salariés 3, 50 €. Ou celui des patrons d’IPSOS, plus généreux qui leur proposent … 24 € et qui, très impressionnés par le geste de leur direction, ont décidé de se mettre en grève !

STMicroelectronics pour sa part, alors que les dividendes de l’entreprise distribués cette année ont représenté 260 millions d’euros, ne versera que 150 euros à ses salariés.

On notera aussi, l’étonnante échelle de redistribution adoptée par L’Oreal : « (…) la prime est fonction du niveau de salaire. L’entreprise en a donné quelques exemples aux syndicats : 450 euros brut pour un salarié gagnant 25.000 euros annuels, 525 euros pour un salaire annuel de 35.000 euros, 600 euros pour 45.000 euros et, enfin, 765 euros pour les salariés gagnant 65.000 euros annuels et plus (…) »

Devant ce nouveau « franc succès » du Président du pouvoir d’achat, Xavier Bertrand a quand même reconnu … quelques disparités : « (…) Pour certaines c’est 150 euros, d’autres 200, d’autres 600 mais entre nous c’est mieux que rien. S’il n’y avait pas eu cette loi, on ne toucherait rien du tout (…) »

Oubliant au passage de préciser comme l’écrit le Cabinet Deliotte que : « (…) plus d’un tiers des entreprises qui auront versé une prime (35%) envisagent de réduire l’enveloppe d’augmentation des salaires d’un montant correspondant à la moitié environ du coût de cette prime (…) »

Mais elle est où la prime de 1000 €, envisagée par le gouvernement, qui tablait sur une moyenne basse de 700 € ?

Et bien, selon Xavier Bertrand, il n’a jamais été question de ces montants, puisqu’il a affirmé à France Info que jamais un membre du gouvernement n’avait annoncé un montant de 1 000 €.

Or, le blog les décodeurs s’est livré à un petit exercice de recherche. Ce qui lui a permis de retrouver la vidéo de François Baroin qui expliquait sur Europe1, la mise en place d’un « dispositif simple sous forme de primes exceptionnelles dont le montant n’est pas encore stabilisé, d’au moins 1 000 € » ! Doit-on en conclure que notre ministre du Travail souffre comme Jacques Chirac, d’anosognosie ?

En tous cas, Xavier Bertrand a fait part de sa décision de rencontrer le PDG de Sécuritas pour le sermonner sur les 3,50 € (passée entre temps à 8 €) qu’il envisage de verser à ses salariés au fait que : « (…) Quand on est chef d’entreprise, on respecte les salariés et on ne propose pas ça (…) »

En attendant, il ne semble pas envisager de faire de même, avec les dirigeants de l’entreprise Avon Polymères à Vannes, dont les salariés connaissent le chômage partiel depuis deux ans et ne perçoivent plus l’intégralité de leur salaire, qui viennent de s’attribuer une prime de … 126.000 euros. Un problème d’emploi du temps, sans nul doute !

Crédit image
Wikipedia

La santé tue

Soignez-les tous, Dieu reconnaîtra les sains

La santé tue

paru dans CQFD n°91 (juillet-août 2011), rubrique , par Paul Scheffer, illustré par Avec l’affaire Médiator, on assiste à un déballage en règle des vicissitudes du système de santé français qui met sur la sellette la dépendance des agences publiques face aux requins de l’industrie pharmaceutique comme de l’agroalimentaire. Paul Scheffer, président de l’Association de diététique et nutrition critiques, nous plonge ici dans les arcanes des lobbies du médoc et de la mal-bouffe.

On savait que la France était championne du monde de consommation de médicaments. Ce que l’on sait moins, c’est que les labos consacrent 20 000 euros par an et par médecin pour orienter leurs prescriptions par l’entremise de quelque 23 000 visiteurs médicaux sillonnant méthodiquement tout le territoire.

Et suite aux deux derniers rapports de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), difficile de prétendre encore que tout va pour le mieux dans le paysage de la santé publique. D’où la déclaration du ministre de la Santé Xavier Bertrand prétendant qu’il fallait remettre les choses à plat et même en finir avec les visiteurs médicaux… Pourtant, ces derniers refourguaient jusqu’alors avec succès leur camelote aux toubibs sous couvert d’« information médicale » sans que cela n’émeuve grand monde en haut lieu.

Après les 500 à 2 000 morts du Médiator, retiré du marché en Espagne et en Italie en 2005, et dont les risques avaient été décelés dès 1998, le récent rapport Debré-Even déclarait la « faillite totale » de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (l’AFSSAPS), l’agence publique en charge du médicament, la comparant à une véritable usine à gaz. L’influence des industries pharmaceutique et agroalimentaire – les deux mamelles de la vache à lait de la santé – est telle qu’elle nous fait avaler à peu près n’importe quoi.

par Caroline SuryPrimo, il s’agirait de s’en prendre sérieusement aux pratiques de lobbying de ces deux mastodontes que l’on retrouve à tous les échelons des prises de décisions en France, mais aussi à Bruxelles ou à l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Petit exemple : en mai 2002, l’OMS publie un rapport qui recommande de limiter à 10 % la quantité de calories consommées quotidiennement à travers le sucre ajouté dans les aliments transformés et les boissons, afin d’enrayer l’épidémie d’obésité.

La Sugar association, organisation mondiale du sucre, agit en douce pour empêcher la publication dudit rapport, jusqu’à menacer le directeur général de faire pression sur le Congrès américain pour que sa subvention annuelle de 406 millions de dollars soit supprimée. Le 5 janvier 2003, le directeur général de l’OMS reçoit une lettre, émanant cette fois d’un conseiller du secrétaire d’État américain à la Santé, qui remet en question la qualité scientifique du rapport. Idem pour ce qui est des conflits d’intérêts : trop souvent, des membres de l’administration et des experts siégeant dans les commissions des agences publiques émargent en même temps chez les industriels qu’ils sont censés réguler. Ce qui a déjà conduit à bien des dérapages, et les liens de deux conseillers de Xavier Bertrand avec le laboratoire Servier – qui commercialisait le Médiator – ne sont qu’une énième illustration [1].

Secundo, il faudrait faire le ménage dans la science sur laquelle se basent les décisions politiques. Les industriels ont développé de savants mécanismes pour polluer la littérature scientifique, notamment pour provoquer la confusion et diluer les données en faveur de leurs intérêts économiques.

De nombreux chercheurs de haut-vol l’ont récemment démontré, comme l’épidémiologiste David Michaels et les universitaires Thomas McGarity et Wendy Wagner [2]. L’État se retirant de plus en plus de la recherche, celle-ci devient tributaire des financements privés, alors que la communauté scientifique parle même de funding effect (« d’effet financement ») pour souligner l’influence considérable des financements sur le résultat des recherches. Plusieurs études publiées dans les journaux médicaux les plus réputés montrent que les études sponsorisées ont quatre à huit fois plus de chances d’être favorables aux commanditaires que les études indépendantes [3]. Ça vous étonne ? On pourrait penser que les agences publiques sont là pour faire le tri entre études fiables et entourloupes mercantiles. Mais voilà, il se trouve que l’agence publique française du médicament est financée à 80 % par les industriels, qui montent d’ailleurs eux-mêmes le dossier d’autorisation de mise sur le marché à partir duquel l’agence décidera de la commercialisation du médoc ou non. Encore plus pervers : les agences sont mises en concurrence les unes avec les autres au niveau européen, ce qui ne les incite pas à être trop intransigeantes, des fois que les dossiers des industriels filent chez le voisin.

Tertio, à quand un véritable soutien législatif aux lanceurs d’alerte et autres chercheurs critiques que les industriels tentent de déboulonner par tous les moyens, comme ce fut le cas pour Pierre Ménéton, de l’Inserm, qui en 2006 avait dénoncé publiquement les pratiques de désinformation du puissant lobby du sel en France ? Ce lobby l’avait traîné devant les tribunaux, après avoir fait pression sur sa hiérarchie pour que des sanctions soient prises à son encontre. Mais Pierre Ménéton parvint, une fois n’est pas coutume, à gagner son procès. Comme il le dira lui-même au rendu du verdict, il est déplorable qu’un individu doive monter au créneau alors qu’existent un ministère et de multiples agences dont c’est le boulot.

Et qu’est-il fait pour cultiver l’esprit critique des professionnels censés promouvoir la santé publique, afin qu’ils sachent décrypter les stratégies d’influence dont ils sont l’objet ? Pas grand-chose, malheureusement. Les industriels sont présents dès les premières années de la formation initiale des médecins, ce qui crée et entretient une certaine familiarité… Ensuite, 98 % de la formation continue des toubibs [4] est prise en charge par l’industrie pharmaceutique. La pression des examens et la masse des connaissances à assimiler excluent de fait toute possibilité d’interrogation critique chez la plupart des étudiants. Ils apprennent à se fier aux recommandations des organismes publics, point barre. Cela est également vrai pour les études des diététiciens. La plupart du temps, aucun cours, et même quasiment aucune journée d’étude, n’abordera avec eux la question du poids du lobby agroalimentaire, ni des problèmes de conflits d’intérêts. Ils n’en connaissent bien souvent même pas la définition, y compris après plusieurs années d’exercice. Par contre, ils entendront fréquemment des intervenants extérieurs, comme ceux de Matin Céréales, venant vanter dans différents centres de formation les bienfaits des céréales petit déjeuner. Logique, vu que l’organisme est issu de Nestlé, Kellogg’s et compagnie…

La plupart des étudiants n’y voient que du feu, d’autant plus que c’est une diététicienne qui présente le Power point. La majorité ne se doute pas qu’ils sont soumis là à une banale opération marketing. Et n’allez pas croire qu’il suffirait de rallonger les études des diététiciens, il est vrai trop courtes, pour que ça s’arrange d’un coup de baguette magique. Un autre rapport de l’Igas a montré que les médecins généralistes sont pour la plupart dans l’incapacité de trier le bon grain de l’ivraie, c’est-à-dire de faire la part des choses entre une information scientifique fiable et la promotion publicitaire. Pour l’association critique et indépendante du Formindep, « cette capacité à trier l’information est une véritable compétence professionnelle que les médecins n’ont pas acquise et ne maîtrisent pas pour la plupart, du fait entre autres d’une formation médicale initiale et continue sous la coupe des firmes pharmaceutiques [5] ».

On ne peut être plus clair. Pourtant, on aurait bien besoin d’esprit critique. Outre les sujets de controverse comme les produits laitiers – vous savez, nos « amis pour la vie » – et la théorie dominante et vacillante du cholestérol [6], tout un tas de médicaments inutiles voire dangereux empoisonnent les patients tout en minant les comptes de la sécu.

Et on en passe, comme notamment les pratiques d’« invention de maladies », : comme l’industrie pharmaceutique peine à inventer et à mettre sur le marché de nouveaux médicaments réellement utiles et efficaces, elle invente des maladies qui correspondent aux produits qu’elle a en stock. Si, si, c’est très sérieux, et documenté dans les journaux médicaux les plus prestigieux, sous le nom de Disease mongering. Exemple : le Viagra a été un succès commercial retentissant chez les hommes ? Hé bien, les labos travaillent maintenant à convaincre les femmes qu’elles souffrent de manque de désir sexuel, pour leur vendre ensuite une molécule prétendument miracle, dérivée d’un antidépresseur.

Finalement, dans la mesure où les industriels courent après « le profit maximal à n’importe quel prix humain », pour reprendre la belle formule du sociologue Jean Ziegler, il est presque logique de nous alimenter avec de la merde pour ensuite nous faire avaler les médocs qui viendront rafistoler notre santé mise à mal par la mal-bouffe. Mais même dans le meilleur des mondes de la chimie triomphante, ça finit toujours par coincer : un rapport de 2002 a révélé que les médicaments et les erreurs médicales étaient la cinquième cause de décès aux États-Unis [7] ! La santé tue.

Voir aussi « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les sains ».

Notes

[1] Comme l’éviction récente du président de commission de l’OMS travaillant sur l’impact sanitaire des téléphones portables, la veille de la remise du rapport.

[2] Michaels David, Doubt is their product, Oxford University Press, New York, 2008. McGarity Thomas, Wagner Wendy, Bending science, Harvard University Press, Cambridge, 2010.

[3] Bekelman J.E., « Scope and impact of financial conflicts of interest in biomedical research : a systematic review », Journal of the American Medical Association, 2003. Lexchin Joel, Bero Lisa A, Djulbegovic Benjamin, Clark Otavio, Pharmaceutical industry sponsorship and research outcome and quality : systematic review, 2003. Lesser LI, Ebbeling CB, Goozner M, Wypij D, Ludwig DS, Relationship between Funding Source and Conclusion among Nutrition-Related Scientific Articles, 2007.

[4] www.formindep.org/Il-y-aura-….

[5] www.formindep.org/Le-rapport….

[6] Thierry Souccar, Lait, mensonges et propagande, Éditions Thierry Souccar, 2008. Michel de Lorgeril, Cholestérol, mensonges et propagande, Éditions Thierry Souccar, 2008.

[7] Anderson RN, « Deaths : leading causes for 2000 », National Vital Statistics Reports, 2002.

Un décret risque d’aggraver la prolifération des algues vertes

Des algues vertes ramassées à Saint-Brieuc le 26 juillet 2011. (Damien Meyer / AFP)
http://www.liberation.fr/terre/01012365009-un-decret-risque-d-aggraver-la-proliferation-des-algues-vertes

Le Journal Officiel a publié mardi le décret qui, selon les associations environnementales, va permettre d’augmenter les quantités d’azote épandues sur les terres agricoles, et va à contre-courant des efforts de réduction des nitrates dans les eaux.

Le décret, signé par le premier ministre et les ministres de l’Agricuture et de l’Ecologie, étend la surface prise en compte pour le calcul du plafond d’épandage d’azote (170 kilos par hectare), en prenant comme référence la surface agricole utile (SAU) et non plus une «surface potentielle d’épandage» plus restreinte.

Il suscite la colère des associations environnementales comme Eau et Rivières de Bretagne, qui estime que le décret «va permettre d’augmenter de 20 % les quantités d’azote épandues sur les sols!».

La parution de ce décret «intervient alors que la commission européenne exige de la France, dans une lettre du 17 juillet dernier, des explications sur sa politique de prévention des marées vertes», a déploré mardi l’association dans un communiqué.

Depuis 2001, en application de la directive européenne «nitrates», les agriculteurs pouvaient épandre jusqu’à 170 kilos d’azote organique (effluents animaux comme le lisier) par hectare de surface épandable, explique Eau et Rivières.

Cette surface potentiellement épandable (SPE) déduit les «surfaces à proximité des cours d’eau, du littoral, des tiers».

Mais le nouveau décret («relatif au programme de lutte contre la pollution des eaux par les nitrates») prévoit que la quantité maximale d’azote contenu dans les effluents d’élevage pouvant être épandue annuellement «ne peut être supérieure à 170 kilos d’azote par hectare de surface agricole utile».

Au printemps dernier, le projet de décret «avait soulevé une vague de protestations en Bretagne, en particulier auprès des communes littorales envahies par les algues vertes», a également indiqué Eau et Rivières, en rappelant que «le relèvement des plafonds d’épandage de lisier était jugé incohérent avec les programmes engagés pour réduire la pollution par les nitrates».

Les rejets azotés liés à l’élevage industriel et à l’épandage d’engrais sont considérés comme propices à la prolifération des algues vertes, dont la décomposition provoque des gaz toxiques.

(Source AFP)

Sécu : le gouvernement lèse en douce les salariés malades

http://www.rue89.com/2011/10/05/secu-le-gouvernement-lese-en-douce-les-salaries-malades-224973

 

qThermomètre (Audrey Cerdan/Rue89).

C’est une petite mesure socialement « scélérate » que le ministère du Travail a imaginé dans le cadre de la préparation du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), soumis ce mercredi au Conseil des ministres : la discrète diminution de près de 6% des indemnisations journalières (les « IJ ») versées en cas d’arrêt maladie.

Cette mesure touchera 7 millions de salariés malades, parfois parmi les plus fragiles. Ainsi, avant d’être déclaré en invalidité, un salarié peut vivre jusqu’à trois ans sur ses IJ. Et pour des petits salaires, 6% d’indemnités en moins, ce n’est pas rien.

Ce coup de hache dans le pouvoir d’achat des salariés malades ne pourra même pas être débattu par le législateur pendant l’examen du PLFSS : il sera donné par un simple décret, applicable dès le 1er janvier 2012.

Une indemnisation en baisse de 40 euros pour un salarié au smic

Le gouvernement assume sa volonté de faire des économies. Mais il présente volontiers cette réforme comme une simple mesure « technique », dans le cadre de la nécessaire « harmonisation et simplification des méthodes de calcul ». Il s’agit explique-t-on même, de rendre plus « visibles » les droits des salariés. Mais comment rendre plus visibles des droits que l’on fait disparaître ?

« Il s’agit aussi d’intervenir sur des dépenses dynamiques : les IJ maladie ont augmenté de 5,1% en 2009 et de 3,8% en 2010 » explique-t-on au ministère du Travail et de la Santé.

Comment on arrive à une baisse de 5,8%

► Le gouvernement remplace 50% du salaire brut par 60% du salaire net ;

► 60% du salaire net, c’est 47,1% du salaire brut

► La perte pour le salarié est donc de : (47,1‐50) / 50 = ‐ 5,8%

Concrètement, le projet prévoit de calculer désormais l’indemnisation maladie en fonction du salaire net plutôt que du salaire brut. L’indemnisation maladie passerait ainsi de 50% du salaire brut à à 60% du salaire net.

Soixante, un chiffre bien rond… mais un arrondi qui pénalise les malades, puisque 60% du net correspond à 47,1% du brut, et non pas à 50%. Dans ce tour de passe-passe, le salarié voit son « taux de remplacement » baisser, et cette baisse correspond à 5,8% de ses indemnités.

Pour un salarié au smic (1 365 euros brut, 1 071 euros net), l’indemnisation mensuelle par la Sécurité sociale passerait donc de 680 à 640 euros…

Les conséquences

Si le gouvernement avait voulu être neutre, il aurait remplacé 50% du brut par 63,7% du net. Mais il a préféré récupérer au passage 220 millions d’euros par an.

Combien de personnes seront touchées par cette mesure ? Un salarié sur quatre connaît chaque année un arrêt de travail, soit 7 millions de personnes.

  • 30% ont moins de huit jours d’arrêt maladie par an ;
  • 57% ont entre huit jours et trois mois ;
  • 13% ont plus de trois mois d’arrêt, soit 230 000 salariés par an.

Parmi eux, beaucoup bénéficient certes d’un complément, qu’il soit versé par l’employeur dans le cadre de leur convention collective ou prévu par des contrats de prévoyance complémentaires. Mais il n’est pas certain que les employeurs ou les sociétés de prévoyance acceptent de « prendre » le manque à gagner. Les cotisations risquent de grimper rapidement.

Dernière question : que va-t-il faire de la majoration prévue pour les salariés ayant au moins trois enfants ? Actuellement, ils touchent non pas 50% mais 66% de leur salaire brut, soit 85% de leur salaire net. Le ministère nous indique que le décret prévoit de fixer les IJ de ces salariés à 80% du salaire net. Soit un bon coup de rabot là aussi.

Nous serons tous un jour des seniors … qui ne pourront plus se soigner !

Pourrons-nous continuer à nous soigner correctement ? C’est la question que pose une enquête de Que Choisir ? qui pointe du doigt la part de plus en plus importante du budget santé pour les plus âgés … que nous serons tous un jour !

zCe n’est plus un secret, la santé est devenue une marchandise comme les autres ! Le problème, c’est que lorsqu’une prestation accède au rang de marchandise, elle est soumise aux lois du marché qui en fixe lui même les règles … et les prix.

La preuve par une étude récente de l’UFC Que choisir : « La part des dépenses de santé prises en charge par l’assurance maladie, en inexorable recul depuis 2004, a atteint en 2010 son niveau le plus bas depuis 1973, occasionnant un impressionnant transfert de charges vers les usagers ou leurs complémentaires santé, de 2,3 milliards d’euros » (2)

Pour notre santé nous sommes donc devenus les clients d’un système dans lequel à moins d’être assurés par une compagnie d’assurances ou adhérents à une mutuelle, il est impossible d’accéder à des soins de qualité.

Or, si les montants à la charge des ménages ne fait qu’augmenter : « En 2010, ce ne sont pas moins de 41,9 milliards d’euros que les ménages ont dépensé pour se soigner, équivalent au quart de la consommation de soins et de biens médicaux. Les dépenses de santé à la charge des ménages connaissent une croissance rapide, deux fois supérieure à l’évolution des revenus depuis 2006 (…) » Ecrit Que Choisir ? dans son étude sur le coût de la santé pour les ménages publiée fin septembre 2011 (1)

Chronique d’une catastrophe annoncée !

Concentrés sur le maintien de leur note AAA, les pouvoirs publics continuent à diminuer la part de l’assurance maladie. Or, si les plus âgés sont déjà les plus exposés, selon l’UFC Que Choisir, le montant qu’ils devront acquitter devrait littéralement exploser !

« (…) les seniors sont les plus confrontés à des cotisations de complémentaire santé écrasantes. Ainsi, en 2011, sur les 335 contrats analysés par l’association, leur cotisation atteint en moyenne 90 € par mois et par assuré, soit 5,8 % de leurs revenus. L’augmentation par rapport à 2010 est spectaculaire : + 11,8 %, à garanties inchangées (…) En l’absence de nouveaux transferts de charges, le taux d’effort des seniors pour l’acquisition d’une complémentaire atteindrait 8,9 % de leur revenu en 2020. Pire, si le dramatique désengagement de l’assurance maladie continuait au même rythme que depuis 2004, la fièvre tarifaire des complémentaires santé monterait jusqu’à une moyenne de 190 € par mois en 2020, soit 10,1 % de leur revenu (…) »

Ce qui signifierait, qu’à court terme, la majorité des personnes âgés qui souscrivent déja des contrats à garanties limitées pourraient faire l’impasse sur une couverture complémentaire de santé.

Devant un tel problème, l’UFC – Que Choisir a adressé trois demandes aux parlementaires appelés à examiner le PLFSS pour 2012 :

« Sanctuariser le périmètre d’intervention de la solidarité nationale, qui doit cesser son inquiétant déclin ;
Revaloriser l’aide à la complémentaire santé (ACS) pour les personnes de plus de 50 ans, mesure intégralement finançable avec les excédents dégagés par le Fonds CMU ;
Accentuer la concurrence dans le secteur de l’assurance santé pour faire baisser les frais et les marges, notamment par la publication, pour chaque contrat, du niveau de remboursement en euros pour les dix actes les plus courants du parcours de soins »

Il n’est pas certain que les députés de l’UMP, comme le Président, entièrement tournés vers le renouvellement de leur mandat en 2012 y accordent pour l’instant la moindre importance.

Sources
(1) Etude UFC-Que Choisir (PDF)
(2) Que Choisir ?

Crédit photo
Santé Médecine