Archives mensuelles : janvier 2012

Le gouvernement organise un « sommet social » de pacotille

Communiqué de l’Union Syndicale Solidaires

Organisons la réponse de la base sociale !

Le Président  Sarkozy et le gouvernement organisent un « sommet » qu’ils prétendent « social »  le 18 janvier parce qu’ils invitent,  à l’Elysée, les  « partenaires sociaux » :  le  patronat  et  cinq syndicats  (CGT,  CFDT,  FO, CGC, CFTC). En réalité, les décisions antisociales sont déjà prises, annoncées, connues : ce sommet n’est qu’une grande mise en scène  pour imposer de  nouvelles mesures contre  les salarié-es,  contre  celles et  ceux qui produisent la
richesse mais en profitent de moins en moins car elle est récupérée par une petite minorité depuis des années.

Ce  qui  nous  importe  plus  que  le  « sommet »,  c’est  la  base  sociale :  les  millions  de  travailleurs/ses,  de chômeurs/ses,  de retraité-es,  de  jeunes  en  formation,  qui  souffrent  de  la  crise  organisée  par  le  patronat,  les banquiers, les institutions internationales et les gouvernements à leur service.

Comment  oser  accoler  le  mot  « social »  à  la TVA,  qui  est  l’impôt  le  plus  injuste :  Mme Bettencourt  paie  le même  taux  de  TVA  qu’un RMIste ! Pourtant, voilà ce que le gouvernement présente comme une mesure-phare :
– créer  un  impôt  qui  pèsera  bien  lourdement sur  les  pauvres  et  sera  insensible  sur   les riches,
– remplacer,  tout  ou  partie,  des  cotisations patronales    sur    les    salaires    par    une augmentation de la TVA, ce qui va renforcer les  injustices  et  faire  payer  davantage  les ménages et moins les entreprises !

L’emploi, un souci  du  gouvernement ? Le bilan est   éloquent :   4 510 000   chômeurs/ses   en décembre 2011, soit  une augmentation  de 5,2% par rapport à l’an dernier. Il faut ajouter environ 500 000  personnes  non-inscrites,  radiées,  en RSA  forcé.  Et   ne  pas  oublier  plus  de  3,5 millions  de  précaires,  3  millions  de  temps partiels.
Le  chômage  partiel  serait  la  solution  magique ?  Il  y  a seulement  deux  ans,  le  gouvernement  avait  déjà mis  au chômage partiel  plus de 600 000  salarié-e-s,  en dépensant ainsi  300  millions  d’€  d’argent public, … 300  millions d’€  économisés par le  patronat !  Opération  répétée  avec l’exonération   de   cotisations   sociales  pour  les   heures supplémentaires.   Si  chômage  partiel   il   y   a,   c’est   au patronat  de le payer à  travers  un fonds commun  qui peut être  alimenté  sans  problème  avec  seulement  une  petite partie de leurs bénéfices !

Il est  paradoxal  que  gouvernement et patronat vantent  les heures supplémentaires tout en prônant le chômage partiel.
A  moins  que  leur  intention  soit  surtout  de  renforcer  la flexibilité des salarié-es ?  Tout  aussi  contradictoire  est le fait de mener  bataille  contre  la  réduction  du  temps  de  travail  (« les  35  heures »),  en  l’organisant  à travers  le chômage partiel ! Il  est vrai qu’il  y a quelques différences de  taille  (même  si  nos critiques de  la  mise en  œuvre  des « 35 heures » furent nombreuses et justifiées) : les pertes de salaire  pour  les travailleurs/ses et  les  économies pour le patronat, avec le chômage partiel.

A travers les  licenciements,  le  chômage complet ou partiel, les « plans sociaux »,  le  temps  partiel  imposé,  …  les patrons imposent une  réduction  du  temps  de travail  à  des millions de  salarié-es,  mais  en leur faisant payer ! La  solution est la réduction du temps de travail à 32 heures hebdomadaire, sans perte de salaire. De l’argent, il y en a !  Faisons en sorte qu’il serve à celles et ceux qui produisent, et non aux patrons, banquiers et actionnaires !

L’Union  syndicale Solidaires avait proposé à  l’intersyndicale d’appeler à une  journée nationale  de grève et manifestations le 18 janvier. Nous n’avons pas été suivis. Solidaires participera aux initiatives unitaires décidées ce jour-là dans de nombreux départements, mais il est nécessaire d’aller plus loin, l’Union syndicale Solidaires :

  • soutient les mouvements de grève décidés dans certains secteurs professionnels, les nombreuses luttes de résistance menées dans les entreprises qui licencient.
  • appelle à coordonner les actions au plan interprofessionnel et national.
  • considère qu’une réponse syndicale européenne est nécessaire, face aux plans de rigueur qui s’attaquent aux droits des populations de tous les pays.
  • propose d’organiser dans les semaines qui viennent une manifestation nationale pour le droit à un emploi stable pour tous et toutes.

Les gros actionnaires du CAC 40 sont les Rois de l’arène.

Communiqué de l’UNIRS

Les journaux du 5 janvier 2012 ont difficilement pu cacher que les entreprises du CAC 40 en France résistent bien à la crise : « Les ténors du CAC 40 devraient verser quelque 37 milliards d’euros de dividendes en 2012 – au titre de l’exercice 2011 -, selon les analystes. Une majorité d’entreprises devraient augmenter ou maintenir leurs dividendes, afin d’éviter de donner un signal négatif au marché » (sic). Pour ne pas donner de signal négatif au marché, les gouvernements reculent l’âge du départ en retraite, suppriment des emplois publics, cassent les derniers services publics et les concèdent aux amis, baissent les impôts sur les sociétés, augmentent la TVA, etc. Et pour ne pas donner de signal négatif au marché, les entreprises du CAC 40 versent de très gros dividendes à leurs actionnaires.

Quelques exemples « français » permettent d’éclairer tout ce que ceci veut dire :
– Total va verser 5,38 milliards d’euros. Derrière ces très gros bénéfices, il y a le prix de vente de l’essence à la pompe qui est supporté par chacun, il y a l’exploitation des salariés des raffineries et des camionneurs, il y a les délocalisations, il y a les pétroliers qui traversent les océans en battant le pavillon d’un paradis fiscal, il y a des navires poubelles qui exploitent leurs salariés et déversent parfois leur contenu sur les cotes, il y a les corruptions avec les dirigeants des territoires d’où est extrait le brut, il y a les impôts que ne paye pas Total.
– France Télécom va verser 3,71 milliards d’euros. Derrière ces très gros bénéfices, il y a l’escroquerie du prix des télécommunications, l’illisibilité des tarifs et des abonnements, il y a les conditions de travail des personnels, les suicides de salariés dans les entreprises, il y a la précarité grandissante, il y a les rachats d’entreprises à l’étranger et l’exploitation de leurs salariés, il y a l’usage qui est fait de l’optimisation fiscale pour réduire l’impôt payé.  
– Sanofi va verser 3,48 milliards d’euros. Derrière ces très gros bénéfices, il y a le prix de vente des médicaments, il y a la collusion entre les laboratoires et ceux qui décident de la  mise sur le marché des médicaments et de leur prix de vente, il y a les cadeaux offerts aux congressistes du secteur de la santé, il y a le coût des visiteurs médicaux et de la publicité versée aux professionnels, il y a le déficit de la Sécurité sociale, il y a les augmentations des cotisations sociales et de la CSG des salariés, il y a l’augmentation du coût des mutuelles, il y a les personnes qui ne peuvent plus accéder à certains soins, il y a les impôts que le secteur évite, grâce notamment aux délocalisations fiscales et au crédit-recherche.
– Gdf-Suez va verser 3,38 milliards d’euros. Derrière ces très gros bénéfices, il y a le prix de vente élevé de  l’énergie qui interdit maintenant à des familles pauvres de pouvoir y accéder, il y a les conditions de travail des salariés, il y a la précarité, il y a l’exploitation de milliers de travailleurs dans d’autres pays, en Europe, en Afrique, en Amérique latine, en Asie, il y a les le recours aux « prix de transferts » pour réduire l’impôt payé en France.  

Nous pourrions continuer avec Edf, BNP Paribas, Vivendi, Axa, LVMH, L’Oréal, et d’autres, en France, en Allemagne, en Italie où ça va mal pour d’autres italiens, en Espagne où ça va mal pour d’autres espagnols, au Portugal, et en Grèce (où ça va toujours très bien pour les armateurs), et en Afrique, et en Asie, et dans les Amériques, etc.  

Pour l’Union Nationale Interprofessionnelle des Retraités Solidaires (UNIRS) ceci confirme bien que « de l’argent, il y en a », et qu’il faut le répartir autrement. Il faut faire cesser l’accaparement des richesses produites par une très grande majorité de la population de la planète par une extrême minorité qui, progressivement, va posséder directement ou indirectement l’essentiel de celle aura pu « financiariser ».         

La TVA « sociale », aujourd’hui, ce serait aussi un plan de rigueur supplémentaire

Communiqué de l’Union Nationale Interprofessionnelle des Retraités Solidaires 

Le 05/01/2012

Nicolas Sarkozy vient de relancer l’idée d’une TVA « sociale », en habillant cette fois sa proposition d’un souci de sauvegarde de l’emploi en France. La démonstration est maintenant présentée par quelques ministres : les cotisations sociales patronales seraient supprimées (en totalité ou en partie), ce qui réduirait le « coût du travail », les entreprises qui produisent en France répercuteraient cette baisse de leurs cotisations sociales par une baisse de leurs prix de vente hors taxes, la TVA augmentée s’appliquerait sur un prix abaissé pour les biens et services produits en France, et sur le prix d’importation pour ce qui viendrait de l’étranger (y compris les pays du reste de l’Union européenne, qui sont considérés comme territoires d’importation / exportation au plan de la TVA). Et le surplus de TVA qui rentrerait dans les caisses du Trésor public serait affecté, en compensation des cotisations patronales supprimées, à financer la Sécurité sociale.
      Ca paraît limpide, mais c’est une somme de mensonges : dès lors qu’il n’y a plus de contrôle des prix en France, rien n’oblige les entreprises à baisser leurs prix quand leurs cotisations ou leurs taxes baissent (en 2009, les restaurateurs ont très peu répercuté sur leurs prix de vente la baisse de la TVA de 19,6% à 5,5%, malgré l’ampleur de la réduction). Ce qui est plus certain, c’est que la baisse des cotisations patronales fera donc un surplus de bénéfices pour les entreprises (dont elles décideront librement de l’usage, investir, distribuer des dividendes, spéculer, etc). Et ce qui est certain aussi, c’est que la hausse de la TVA, qui s’appliquera cette fois sur tous les biens et services, produits en France ou venant de l’étranger, conduira à une augmentation générale des prix. Et cette hausse générale des prix sera subie par tous les consommateurs en France. Et les personnes qui disposent de faibles revenus, et qui déjà dépensent chaque mois la totalité de ces faibles revenus, supporteront donc une ponction de pouvoir d’achat sur la totalité de leurs revenus. Les pauvres seront encore plus pauvres.    
      Les économistes et les « experts » qui officient le plus souvent dans les médias, savent tout ceci. Et ils savent que, même si les entreprises répercutaient la baisse des cotisations patronales sur leurs prix, ce serait bien insuffisant pour que le « coût du travail » en France soit plus bas que celui en vigueur actuellement en Chine. Ils savent aussi que le « coût du capital » (ce qui est versé aux actionnaires) ponctionne beaucoup trop de richesses qui vont ensuite vers la spéculation financière plutôt que d’aller vers la consommation de biens et de services, et vers l’activité économique.
      La mise en place aujourd’hui en France, d’une TVA dite « sociale » conduisant à augmenter très sensiblement les taux de TVA, ce serait surtout l’application d’un nouveau plan de rigueur pour rassurer encore les marchés financiers. Le FMI, la BCE, les agences de notation, ont lancé des injonctions aux gouvernements grec, italien, espagnol, portugais, etc, de baisser les salaires et les retraites, de privatiser encore, et d’augmenter la TVA. C’est toujours une mesure qui figure dans le panel des orientations des idéologues libéraux. Et ces gouvernements s’exécutent.  
      L’Union Nationale Interprofessionnelle des Retraités Solidaires (UNIRS) a pu constater que depuis des décennies les gouvernements, de fait, ont maintenu un taux de chômage important, en se refusant toujours à un partage réel du temps de travail. Ce taux de chômage élevé sert ensuite à affaiblir les salariés sur le marché du travail, et est donc un élément essentiel pour perpétuer le partage inégalitaire des richesses produites. Et l’existence d’un chômage de masse est ensuite une aubaine dans les promesses électorales. C’est aujourd’hui ce qui nous est donné à voir, une nouvelle fois.