Archives mensuelles : avril 2012

Après le premier tour de l’élection présidentielle

Le premier tour de l’élection présidentielle a connu un taux important de participation de 82%. Le résultat fait par la gauche, dans toute sa diversité, exprime une volonté profonde de changement.

Si Marine Le Pen, contrairement à ce qu’elle annonçait, n’arrive qu’en troisième place et est donc éliminée pour le second  tour,  son  score  de  18  %  est  le  plus  haut  de  l’histoire  de  l’extrême-droite  et  il  est,  à  ce  titre,  extrêmement inquiétant.  Depuis  cinq  ans,  la  politique  de  Nicolas  Sarkozy,  faite  de  casse  sociale  et  de  politique  xénophobe  et sécuritaire, a servi de marche pied au Front national et a légitimé son discours auprès des électeurs et électrices. Le score du Front national confirme l’adage selon lequel « l’original est préféré à la copie » ! Les choix retenus par le gouvernement de faire payer la crise par la majorité de la population en en exonérant les principaux responsables et bénéficiaires sont porteurs de souffrances sociales fortes et d’angoisse pour l’avenir. Dans ce contexte, une partie des électeurs, notamment dans les couches populaires, est tentée par des réponses autoritaires et xénophobes.  

Il est de la responsabilité du mouvement syndical et du mouvement social dans son ensemble de répondre aux besoins de résistances sociales, de solidarité et de lien social pour offrir d’autres alternatives que celles portées par le Front national !

La  politique  antisociale  menée  par  Nicolas  Sarkozy  depuis  cinq  ans,  au  service  du  patronat  et  d’une  minorité  de privilégiés, a été sanctionnée dans les résultats de ce premier tour.

La  campagne  du  second  tour  est  maintenant  lancée.  Comme  avant  le  premier  tour,  l’Union  syndicale  Solidaires réaffirme ses exigences en matière d’emploi, de salaires, de fiscalité, de services publics, de protection sociale, de luttes contre les discriminations ou de refondation de l’Union européenne… Il s’agit bien de réorienter l’économie et les politiques publiques vers une autre répartition des richesses permettant la satisfaction des besoins fondamentaux de  la  population,  tout  en  étant  soucieuse  des  impératifs  écologiques.  Il  est  temps  de  changer  radicalement d’orientations et de mettre en œuvre une politique  qui  rompe  avec  la  logique  du  profit  et  des  marchés  financiers.
L’Union syndicale Solidaires constate qu’il est temps de tourner la page de Nicolas Sarkozy au vu de son bilan et de ce qu’il propose dans cette campagne électorale. L’Union syndicale Solidaires exigera du nouveau gouvernement des mesures ambitieuses pour contrer le poids de la finance répondre aux urgences sociales.

Dans les semaines et les mois à venir, nous devrons construire des mobilisations fortes et faire converger les luttes pour imposer nos revendications face au patronat et à la dictature de la finance, et refuser de continuer à payer cette crise dont nous ne sommes pas responsables.   

Le 1 er  mai 2012 revêt une importance particulière puisque cette journée se situe entre les deux tours de l’élection. Le Front national veut en faire une démonstration de force. Nicolas Sarkozy, de façon très provocatrice annonce, lui, un rassemblement ce jour là pour la « fête du vrai travail » : ne laissons pas dénaturer par ces gens là cette journée de mobilisation et de solidarité internationale des travailleuses et travailleurs !

Dans  ces  conditions,  l’Union  syndicale  Solidaires  appelle  les  salarié-es,  chômeuses,  chômeurs  et retraité-es  à  être  présents  très  massivement  dans  la  rue  le  1 er   mai  2012  pour  exprimer  les revendications,  dire  le  rejet  du  racisme  et  de  toutes  les  exclusions,  et  manifester  la  solidarité
internationale avec les peuples du monde entier.

Augmentation des pensions ? Oui, mais baisse du pouvoir d’achat !

Communiqué de l’UNIRS:

Les retraité-es vivent dans des conditions de plus en plus difficiles depuis que leur pension n’augmentent, comme cette année, qu’au rythme de l’inflation depuis les contre-réformes contre les retraité-es du privé (1994), des fonctionnaires (2003) et des régimes spéciaux (2008). Avant, la pension évoluait comme le salaire moyen, qui augmente plus que l’inflation, qui permet de profiter un peu du partage des nouvelles richesses crées pour se payer de nouveaux biens que nos anciens ne pouvaient pas acquérir (réfrigérateur, lave-linge, télévision, téléphone, voiture…). En 15 ans, les salarié-es du privé ont vu leur pension, indexée sur l’inflation, baisser de 17% par rapport au salaire moyen.

Les retraité-es à faible revenu s’avèrent plus pénalisés par l’indexation sur l’inflation, car ils sont obligés de tout dépenser dans le mois, de prendre en charge prioritairement des dépenses augmentant bien plus que l’inflation : l’énergie (électricité, gaz et fioul), l’eau, le logement, les assurances, la santé et ses déremboursements de médicaments et autres dépassements d’honoraires… dont les retraités, plus fragiles que la moyenne de la population, subissent ces hausses de façon plus forte, d’autant plus que les cotisations des complémentaires sont fixées en proportion de l’âge.

De ce fait, de nombreux retraité-es doivent se contenter des minima :

–   Le « minimum contributif » de 665€ (85% du SMIC depuis la loi de 2003) est versé à 5,4 millions (42%) des retraité-es (25% des hommes et 56% des femmes ce qui montre bien les inégalités).

–   Le « minimum vieillesse », remplacé depuis 2007 par l’ASPA, Allocation de Solidarité aux Personnes Agées, versé à partir de 65 ans, est augmenté plus fortement, pour atteindre 777 €… mais comment vivre avec une telle somme toujours bien inférieure au seuil de pauvreté, d’autant plus qu’il ne permet plus d’obtenir la complémentaire santé de la CMU (couverture maladie universelle) ? Ce sont 600 000 personnes (4,5% des retraité-es – dont 60% de femmes) qui doivent survivre avec si peu.

Solidaires revendique une pension au niveau du SMIC, seuil correspondant au minimum pour vivre. Si les 13,5 millions de retraité-es touchent en moyenne 1 512€ (1 636 pour les hommes et 1 020 pour les femmes ce qui montre les disparités qui s’accroissent avec l’allongement de la durée de la cotisation depuis 2003), 2,3 millions (17%) ont moins de 600€, c’est intolérable dans un pays qui crée de plus en plus de richesses