Archives mensuelles : novembre 2012

Chômeurs, mal-logés et précaires seront dans la rue le 1er décembre

http://www.bastamag.net/article2812.html

Une manifestation des chômeurs et précaires aura lieu le 1er décembre à Paris, à l’appel des associations et collectifs de chômeurs et précaires, de Stalingrad à Place de Clichy. « Aujourd’hui, la proportion de chômeurs non indemnisés n’a jamais été aussi élevée pendant que l’on subventionne les entreprises avec des milliards de dégrèvements et de cadeaux fiscaux », alerte le collectif Les CAFards. Basta ! relaie leur appel.

Ce rendez-vous du premier samedi de décembre est organisé depuis la fin des années 90. A l’époque déjà, la gauche était aux manettes. Des mobilisations successives exigeant l’indemnisation de tous les chômeurs, une hausse de 1 500 Frs des minima sociaux et l’ouverture du droit au RMI aux moins de 25 ans, avaient culminé lors de l’hiver 1997/98, avec des occupations d’ASSEDIC, d’ANPE, de mairies, de CAF, de centres d’action sociale municipaux et d’autres locaux partout en France.

Le gouvernement avait alors concédé la création d’un « fonds d’urgence sociale » [1] avant d’envoyer partout la police expulser les occupants. Devançant les surenchères travaillistes de Sarkozy [2], le premier ministre de l’époque, Lionel Jospin, avait osé déclaré : « Je préfère une société de travail à l’assistance »… [3]

Aujourd’hui, la proportion de chômeurs non indemnisés n’a jamais été aussi élevée (seuls 41% des chômeurs reçoivent une alloc’ de Pôle emploi), pendant que l’on subventionne les entreprises avec des milliards de dégrèvements et de cadeaux fiscaux, au nom de la « compétitivité », Hollande annonce que l’austérité sera mise en œuvre par les collectivités territoriales, et, déjà, des présidents socialistes de conseils généraux se vantent de supprimer le RSA à des centaines de personnes, comme en Ariège

Formatés par la haute école de commerce, défenseurs acharnée de l’économie, c’est-à-dire de la politique du capital, nos dirigeants préfèrent financer des grands projets à la fois inutiles et nuisibles, tel l’aéroport de Notre Dame des Landes, rendre plus « productifs » les outils d’un contrôle social destiné à nous enfermer dans la concurrence [4] et à clore l’horizon que de subordonner leur action aux besoins et aux aspirations de la population.

Bien que cette manifestation du 1er décembre, devenue « traditionnelle », fasse principalement figure de rituel mémoriel un peu vide, désincarné, cette échéance reste pour les vaincus que nous sommes, comme le montre chaque jour, un moment qui témoigne de l’existence d’une dissension face à la barbarie inégalitaire qu’implique la domination de l’argent roi. Un jour, à nouveau, c’est sur la tête des rois que nous marcherons.

En solidarité avec le « Collectif des mal logés acharnés », soyons nombreux à participer à la MANIFESTATION de CHÔMEURS et PRÉCAIRES du 1er Décembre.

Rendez-vous Samedi à 14h, à la rotonde de Stalingrad, M° Jaurès ou Stalingrad. Amenons pancartes, musique, casseroles, tracteurs…

Les CAFards, collectif de chômeuses et précaires

Source : Cip-Idf

Notes

[1] La création de ce fonds d’urgence avait permis de constater que des centaines de milliers de pauvres qui en faisaient la demande étaient totalement inconnus des services sociaux, pour un aperçu de cette réalité aujourd’hui : Économie du non-recours : 1 650 000 pauvres boudent le RSA.

[2] Abjecte sarkophagie travailliste : « Le travail, c’est la liberté, le plein emploi est possible »

[3] Voir un tract de l’époque : À gauche poubelle, précaires rebelles.

[4] Contre « Pôle emploi 2015 », des deux côtés du guichet

Communiqué de l’UNIRS

Monsieur Moscovici d’accord pour donner satisfaction à Moody’s.
Les salariés, les retraités, les consommateurs, etc, peuvent craindre le pire.

 

  Le 13 janvier 2012, l’agence de notation Standard and Poor’s avait supprimé à la France sa notation AAA, au grand dam du Président de la République Nicolas Sarkozy qui avait quasiment sacralisé la notation de la France. Depuis, la France a encore pu emprunter auprès des « marchés financiers » (les grands détenteurs de fonds) à des taux bas, voire, particulièrement pour les prêts à court terme, à des taux d’intérêt négatifs. Il ne faut pas en conclure pour autant que ces notations sont sans effets sur le « coût » de l’endettement du pays. En effet, les taux actuels très bas sont essentiellement la conséquence d’une accumulation de fonds sans précédent par les banques et les fonds d’investissements, lesquels ne savent qu’en faire. De nombreux Etats devenus fortement « à risques », d’autres Etats (dont la France) deviennent alors, dans le relatif, une valeur refuge auxquels il paraît encore possible de prêter sans prises de risques.
 
  Le 19 novembre, c’est l’agence de notation Moody’s qui baisse à son tour la notation de la France. Cette agence estime que la France a encore trop de « défis structurels » et qu’elle doit mieux combattre les « rigidités des marchés du travail, des biens et des services ». Très concrètement, ceci veut dire que Moody’s demande au gouvernement français de faciliter encore les possibilités de licenciements, de réduire les aides et allocations versées aux chômeurs, d’être encore plus contraignant à leur égard en instaurant des « contreparties » aux allocations qui leur sont versées, d’élargir encore le champ de la précarité et de réduire le
nombre de contrats de travail à durée indéterminée, de réduire les garanties contenues dans le Statut de la Fonction publique, de réformer le système des retraites afin d’en alléger encore le « coût ». Autrement dit, Moody’s demande au gouvernement français « d’assouplir »  encore  les  marchés  des  biens  et  des  services :  à  savoir,  réduire  les  services  publics,  les  ouvrir  davantage  à  la concurrence,  réduire  un  peu  plus  les  réglementations,  les  contraintes  et  les  contrôles  exercés  sur  les  entreprises  (législations sociale, fiscale, environnementale, de sécurité sanitaire, de protection des consommateurs, etc). Enfin l’agence demande au gouvernement français d’assainir ses finances publiques et de favoriser la compétitivité du pays. Plus clairement, Moody’s demande
au gouvernement une réduction drastique des dépenses publiques et un allégement significatif de la contribution des entreprises aux budgets publics.
 
  La réponse du ministre des Finances, Pierre Moscovivi, n’a pas traîné. Le jour même il intervenait. A aucun moment il n’a contesté le « droit » d’une agence de notation de noter la France, ni le « droit » de dire à la France, à son gouvernement, à son Parlement, à son peuple, théoriquement souverain, quelle politique économique, sociale, budgétaire, doit être menée… au lendemain  d’un  vote  démocratique  contre  l’ancien  Président  et  l’ancienne  majorité  parlementaire  qui  défendaient  cette  politique d’austérité. Lorsque les agences de notation s’expriment, il faut se rappeler que ce sont les principaux détenteurs de fonds qui
parlent. En réponse aux remontrances de l’agence de notation, Monsieur Moscovici s’est empressé de dire « c’est pas moi, ce sont les autres, ceux d’avant ». Tout en ajoutant que la politique maintenant engagée par le gouvernement (PS / EELV) devrait plaire à l’agence de notation. Le ministre des Finances déclare, en fait, que les demandes des « marchés financiers » « nous incitent à mettre en œuvre rapidement nos réformes ». Et Moscovici cite notamment le récent « pacte de compétitivité » (celui qui a été salué par le MEDEF) et les « discussions engagées sur le marché du travail ».  
 
  L’avertissement des détenteurs de fonds, des agences de notation, et du ministre des Finances, va encore se préciser dans les prochaines semaines et dans les prochains mois. Retraités, salariés, chômeurs, malades, consommateurs, attendez-vous à ce qu’ils veuillent vous faire payer plus de TVA, plus d’impôts locaux, des cotisations à vos mutuelles plus élevées, à être moins remboursés par l’assurance maladie, à voir vos salaires et vos retraites stagner, vos allocations chômages diminuer, vos conditions de travail se dégrader, le chômage augmenter. Actuellement, la Grèce sert de terrain d’expérience afin de tester jusqu’où les
financiers peuvent  aller pour saigner la grande majorité de la population d’un pays pendant qu’une minorité continue d’accaparer avantages et  privilèges. Le Portugal et l’Espagne sont sur la même voie. Et les citoyens des autres pays d’Europe sont progressivement préparés psychologiquement à subir les mêmes sacrifices.  
Le gouvernement français se met donc clairement au service des financiers ; il abandonne toute idée de souveraineté politique comme le signal en a déjà été donné récemment par la confirmation de la signature du traité Merkel-Sarkozy. Dans l’histoire de notre pays, ce n’est pas la première fois qu’une majorité de la classe politique abandonne sa souveraineté pour se rallier à la puissance dominante. Et ce ne sera donc pas non plus la première fois que la résistance ne pourra venir que de la population elle-même. Dans cette démarche, l’action convergente des organisations syndicales, ou, tout au moins, de certaines d’entre elles, ne
peut qu’être un élément décisif.