Archives mensuelles : avril 2020

Confinement et Solidarité N°20

Mercredi 29 avril 2020, quarante-cinquième jour de confinement.

Bonjour à toutes et tous nos retraités !

EST-CE AINSI QUE LES HOMMES DEVRONT VIVRE ?

Rappelez-vous quand vous étiez en activité, combien il était difficile dans un tract ou un journal syndical de dire du bien du patron et de la politique de l’entreprise, tant celle-ci allait à l’encontre des cheminots et des usagers. Eh bien avec la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement, c’est un peu la même chose. On a beau se creuser la tête, il nous est impossible de nous extasier devant les prises de décision de nos dirigeants, tant celles-ci- semblent floues, contradictoires, suscitant une méfiance légitime. Car tout le monde a bien conscience qu’au-delà des vraies difficultés de la situation actuelle, la politique de déconfinement est essentiellement guidée par l’impérieuse nécessité (aux yeux de nos gouvernants) de faire repartir la machine économique, même si c’est au détriment de la santé publique.

Si les annonces du premier ministre mardi ont pu paraître marquées du sceau d’une certaine prudence, les faits contredisent le discours de précaution sanitaire, et le diktat des lobbies économiques régit en sous-main les prises de décision. Comment sinon expliquer la réouverture, avant même la date du 11 mai, de certaines chaines de production automobile (Toyota à Valenciennes, puis Renault à Flins), entrainant des craintes justifiées du personnel en chaîne de montage quant aux mesures de distanciation impossibles. La préoccupation première des Français n’est sûrement pas d’acheter une nouvelle voiture ces temps-ci ! Idem pour les aides financières décidées sans discernement ni contrepartie environnementale pour l’aviation. Air-France veut relancer les lignes inutiles à courte distance telles Paris-Bordeaux ou Marseille, lors que le TGV relie ses villes quasiment dans le même temps (si on tient compte des délais d’accès aux aéroports puis à l’embarquement) pour une empreinte écologique bien moindre. Quel pire symbole peut-on donner du monde d’après, si ce n’est que certains veulent que tout continue comme avant…dans le plus mauvais des mondes possibles !

Au fait on a annoncé des aides substantielles pour le secteur aérien et automobile, mais rien sur la SNCF, sans parler du secteur hospitalier. On voit où sont les priorités !

Il en est de même pour le redémarrage en catimini de grands projets inutiles, comme ceux du Lyon-Turin ou de la desserte rapide (pour ceux qui auront les moyens de la payer) de l’aéroport Charles-de-Gaulle, en vue bien évidemment des jeux olympiques de 2024, alors que même Guy Drut émet des réserves sur la pertinence de cette manifestation indécente en ces temps de crise économique, sociale et écologique, s’attirant les foudres du CIO. L’occasion ne serait-elle pas de s’interroger sincèrement sur la pertinence de tous ces projets qui ne servent qu’à enrichir les grands groupes sans aucune pertinence réelle pour les populations ?

Et pendant que la confusion ne faiblit pas, les turpitudes continuent. Dernier scandale en date, les propos racistes et l’agression caractérisée commise par des ripoux (on n’ose pas les qualifier de policiers tant ils avilissent leur fonction) de l’Ile St Denis, en banlieue nord, couvertes par le commissaire du coin apparemment coutumier du fait, et qui rappelle les heures abjectes des ratonades de Charonne. Ces agissements sont indignes de notre République et de ceux censés protéger les citoyens et faire respecter les lois, et la condamnation verbale du sinistre de l’intérieur ne suffira pas à éteindre notre dégout et notre colère !

Le gouvernement contrôle-t-il ses troupes en déroute ? La secrétaire d’état Agnès Pannier-Runacher a enfin autorisé la production de masques à Plaintel (Côtes d’Armor) après avoir écarté quelques jours avant toute réouverture de l’usine. Bravo pour la compétence et la constance dans l’irresponsabilité ! Il faut dire que la donzelle n’en n’est pas à son coup d’essai, ayant publiquement déclaré au début de la pandémie qu’il y avait des affaires à faire ». Plus bête que Sibeth, mais bien en phase avec la mentalité vénale de ce gouvernement

Dans le même registre, sur les 10 000 respirateurs « Osiris »fabriqués en urgence par Air-Liquide, 8 500 ne seraient pas adaptés, et donc inutilisables. Et ce gouvernement de branques, il est adapté à la situation ?

On croit rêver quand le chef de ces amateurs annonce sans pouffer que dans le métro il y aura un siège sur deux en service et des marquages au sol dans les stations pour respecter les distances barrière. Ce personnage a-t-il une fois dans sa vie pris le métro pour s’apercevoir de l’inanité de ses propositions ? A l’heure de pointe, ce sera hélas la bousculade comme avant, avec tous les risques que cela comporte. A moins que pour éviter le rush les travailleurs soient « invités » à décaler leurs horaires de travail. Nous, anciens cheminots, les prises de service à minuit on connaît, mais là, ça ne va pas le faire !

Difficile aussi d’imaginer une reprise sereine des cours tant les conditions seront fluctuantes et aléatoires, entre les classes, les jours, les endroits. Mais là aussi on constate que ce seront les petites classes qui seront rouvertes en premier. Rien ne le justifie médicalement, mais les élèves plus âgés peuvent s’auto-garder, alors que c’est plus compliqué pour les petits, rendant difficile le retour des parents au boulot. Preuve est faite des motivations profondes de nos gouvernants !

Dernière trouvaille de nos technocrates ; des départements en rouge et en vert pour différencier ceux qui seront ou non autorisés à déconfiner dès le 11 mai. Peut-être les autorités joueront-elles les numéros des départements à la roulette, mais le jeu sera pipé : dans tous les cas ce sera rouge, impairs et manques. Après le rouge et le noir, ne manquez pas le feuilleton du printemps 2020 : le rouge et le vert. De quoi rire jaune !

Bref on l’aura compris rien n’est réglé ni acquis, d’autant que la situation sanitaire reste toujours fluctuante. Les allemands l’ont appris à leurs dépens, avec une tentative précoce de déconfinement qui a aussitôt fait repartir à la hausse le nombre de contaminations. Reconnaissons qu’une telle situation n’est pas facile à appréhender, mais quand en plus on y ajoute une bonne dose d’incompétence et d’amateurisme, ainsi que des arrières pensées visant à privilégier la relance économique au détriment des règles sanitaires, on a tout lieu d’être inquiets et dubitatifs sur l’après 11 mai. Une chose est sûre. Nos vies valent mieux que leurs profits, et c’est cette maxime que les travailleurs comme les retraités devront garder en mémoire avant tout déplacement. Les droits de retrait vont pleuvoir comme à Gravelotte, en attendant d’autres signes tangibles du malaise général.

Lien vers une lettre ouverte au Premier Ministre et ministre de la santé :
https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/280420/nous-devons-savoir-lettre-ouverte-edouard-philippe-et-olivier-veran

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En pj : résumé des mesures annoncées par le Premier Ministre.

Peut-on toujours commander sans risque une pizza ? Réponse dans la vidéo jointe.

Quelques sourires en images…
A bientôt pour d’autres réflexions. N’hésitez pas à faire partager les vôtres sur notre boîte mail. Bon courage à toutes et tous et surtout prenez soin de vous et de vos proches. En ces temps difficiles, le mot Solidarité prend toute sa valeur !

Le Bureau de la Liaison Nationale des Retraité-e-s SUD-Rail.

Confinement et Solidarité N°19

Lundi 27 avril 2020, quarante-troisième jour de confinement.
Bonjour à toutes et tous nos retraités !
Nous avons adopté un rythme de parution de trois par semaine pour cette note. En attendant les mesures prises par le gouvernement concernant le déconfinement qui seront annoncées demain par le Premier Ministre, nous vous proposons aujourd’hui la première partie d’une réflexion sur l’avenir du chemin de fer.

LE CHEMIN DE FER, ELEMENT VITAL DU MONDE D’APRES
Beaucoup s’expriment actuellement sur ce que devra être le monde d’après la crise du coronavirus, et nous avons déjà survolé le sujet dans de précédentes notes, sur l’aspect économique, social, politique de la société nouvelle à laquelle nous aspirons. En un mot comme en cent : stop au libéralisme, à l’hégémonie de la finance, à la mondialisation, aux délocalisations, à la rentabilité à tout prix, à la concurrence effrénée de tout contre tout et de tous contre tous. Nous exigeons tous la fin du vieux monde avec la prise en compte de l’humain d’bord ainsi que la préservation de notre planète.
Et le chemin de fer dans tout ça ? Pour nous anciens cheminots et toujours syndicalistes, le sujet est primordial. Le rôle que devra jouer dans tous les pays du monde le rail de demain est crucial. Ce sera un maillon essentiel de la nouvelle conception des échanges et du transport, car de tous les moyens de transport il est et restera le plus écologique, le plus économique, le plus pertinent, le plus efficace…et le plus sûr.
Encore faut-il le préserver, le conforter dans son rôle, au lieu de le massacrer méthodiquement comme l’ont fait depuis des décennies nos dirigeants et financiers à l’échelle de la planète. Pourquoi tant de haine? Parce qu’il est par essence un moyen de transport collectif, avec des structures calquées sur un modèle étatique, avec des personnels bien formés travaillant avec rigueur mais aussi conscients de leur place dans la société et de leur force sociale, donc peu enclins à accepter le dumping social, et dans tous les pays les luttes des cheminots ont été et sont toujours de grands moments des luttes sociales. Bref, c’est tout ce que détestent les capitalistes, qui ne jurent que par la division du travail, la concurrence systématisée, l’appât du gain immédiat et de la rentabilité maximale, et exhalent à tout propos leur mépris du service public. C’est pour cela que les Etats-Unis ont méthodiquement détruit leurs services ferroviaires de voyageurs. Il n’en reste actuellement qu’une portion congrue nationalisée (Amtrak) sur un réseau squelettique et mal entretenu, sur lequel les énormes trains de marchandises (le trafic se porte bien mieux que chez nous) circulent sous le régime de la concurrence libre. Hormis l’Amtrak, qui ne transporte que les touristes et les nostalgiques, le rail aux USA a toujours fonctionné suivant la règle des réseaux privés, où la rentabilité reste le maître mot. C’est en partie la raison pour laquelle les épigones de la mentalité ultra-capitaliste américaine que sont les pays anglo-saxons (Grande Bretagne, Irlande en premier lieu, mais aussi Canda, Pays-Bas, suède, pour n’en citer que quelques-uns) ont suivi la tendance avec zèle. Le Royaume Uni a d’abord élagué depuis les années soixante son réseau, puis l’a dogmatiquement privatisé et l’a vendu à l’encan, avec comme conséquence première une dégradation très nette du service et des tarifs, et une série de catastrophes meurtrières dans les années 80, tellement scandaleuse que les politiques ont été obligés de renationaliser l’infrastructure. Le réseau irlandais n’est plus que l’ombre de lui-même. Quant à la Suède, elle a été précurseur en Europe de la privatisation à grande échelle de son réseau, à tel point que l’opérateur historique n’est plus qu’une compagnie parmi tant d’autres. C’est ce modèle économique que l’Europe libérale a hélas réussi à imposer à grands pas avec comme credo : l’affaiblissement des réseaux nationaux (et du statut des cheminots) la concurrence libre et non faussée sur des grands axes rentables et la suppression de toutes les petites lignes déficitaires à leur yeux, la séparation des infrastructures et des exploitations, sur le modèle ces autres transports, ainsi que la privatisation et l’usage de la sous-traitance dans tous les services. Bref cela va à l’encontre de ce qui faisait la spécificité et l’efficacité des réseaux ferroviaires intégrés, avec comme conséquence une perte de trafic tant au niveau voyageurs que marchandises. Souvenez-vous, avant l’Europe de Maastricht, tous les réseaux européens nationaux collaboraient entre eux au lieu de se concurrencer, et on pouvait voyager dans de bonnes conditions à travers toute l’Europe. Qui ne se rappelle avec nostalgie la grande époque des Trans-Europ-Express ou des trains ne nuit aux destinations aussi lointaines qu’Istanbul, Syracuse ou Lisbonne ? Tout cela est bien fini et ne laisse aux voyageurs le choix qu’entre des avions polluants ou des cars dangereux.
Certes il y a eu l’essor de la grande vitesse, mais cela constitue aussi une solution de repli sur les grands axes rentables, et donc la désertification ferroviaire de régions entières, ainsi qu’une distorsion de l’aménagement des territoires et des prix pratiqués pour le « client ».
Dans le reste du monde la situation ferroviaire est contrastée. Beaucoup de pays du tiers-monde n’ont pas eu les moyens de bâtir ni de conserver de grands réseaux. L’exemple typique est l’Afrique sahélienne, où n’ont été construites que des lignes joignant les ports et l’hinterland, au seul profit des colons, puis des grands groupes capitalistes, en permettant le pillage des ressources. Bolloré continue un tel schéma dans ces pays, non pas pour le service des populations, mais pour assouvir ses propres intérêts.
L’Amérique du sud, l’Océanie ont devenus des déserts pour le rail par manque d’investissements et par dogmatisme financier, sans parler du poids des lobbies routiers et de l’aviation. Il existe cependant des contre-exemples de ces tendances lourdes : les deux grades puissances en nombre d’habitants, la Chine et l’Inde, possèdent de magnifiques réseaux ferroviaires bien exploités, avec des entreprises d’état intégrées, où les trains de voyageurs comme de marchandises sont très nombreux, avec de plus de nouvelles lige en construction, et pas seulement pour la grande vitesse, mais aussi pour des besoins régionaux. L’immense réseau russe fonctionne aussi selon ces critères, et la taille immense de ces trois pays n’est en rien un obstacle à l‘utilisation massive du rail par les habitants.
Deux pays capitalistes à taille réduite mais à forte densité de population ont fait le choix de conserver leur réseau ferroviaire en le modernisant jusqu’à en faire un modèle de technologie et d’efficacité, ce sont la Suisse et le Japon. Tous deux offrent une qualité de service exceptionnelle, avec pour le premier la juxtaposition d’un réseau nationalisé (CFF) et de nombreuses compagnies locales privées (mais en fait aux mains des cantons, donc de l’espace public), et pour le Japon une privatisation complète, mais avec une forte notion de service public au vu de la très forte densité de la population et de la géographie tourmentée.
Dans une deuxième partie nous examinerons la situation en France et nous formulerons nos propositions pour un renouveau du rail massacré depuis 40 ans par nos gouvernements successifs à la solde des routiers.
Pour prolonger la réflexion voici en pj un tract fédéral sur la politique des transports de marchandises.
Et puis un article très instructif de la philosophe Barbara Stiegler :
https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/gironde/bordeaux/barbara-stiegler-crise-sanitaire-actuelle-est-pur-produit-du-neoliberalisme-1818004.html

Une vidéo dans laquelle une infirmière crie sa détresse :
https://www.facebook.com/1498839145/posts/10222298275914649/?sfnsn=scwspwa&extid=Y5lC13yhSfHI7HNv&d=w&vh=i
Et enfin un dernier témoignage récent sur les écœurantes méthodes policières : https://twitter.com/T_Bouhafs/status/1254443289484374016?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1254451640645619715&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.francebleu.fr%2Finfos%2Ffaits-divers-justice%2Fseine-saint-denis-l-igpn-saisie-apres-la-diffusion-de-propos-racistes-lors-d-une-interpellation-1587931537
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Le Bureau de la Liaison Nationale des Retraité-e-s SUD-Rail.

Confinement et Solidarité N°18

Samedi 25 avril 2020, quarante-et-unième jour de confinement.

Bonjour à toutes et tous nos retraités !

DROIT DANS LE MUR
Dans la note corona N°17 nous avons joint un article du site « Reporterre » qui explique bien comment le gouvernement, ainsi que certains élus locaux, comptent bien « assouplir » (en clair, bafouer) les normes environnementales, afin de faire repartir la croissance et la consommation. Bref, la conclusion de l’article est que le monde d’après risque fort de ressembler à celui d’avant, mais en pire. On ne peut hélas que souscrire à cette affirmation. Cela induit plusieurs choses :
• Les politiques au pouvoir n’ont toujours rien compris aux enjeux qui nous attendent ;
• Ce sont de véritables criminels qui préfèrent sacrifier la santé des populations et de l’environnement au bénéfice de leurs profits et de ceux de leurs amis ;
• leur incompétence, leur bêtise et leur crapulerie sont sans limites, et ils n’ont rien à foutre de faire crever les plus faibles ;
• le réchauffement climatique est une épée de Damoclès et va continuer sa progression inexorable et donc favoriser de nouvelles pandémies, dont les morts s’ajouteront à ceux des canicules, évènements climatiques extrêmes, famines, pollutions, etc. ;
• En un mot, avec ces irresponsables, si nous ne réagissons pas, nous allons droit dans le mur.
A preuve, les propos et l’attitude scandaleuse et irresponsable du roitelet macron (le clavier refuse de mettre un M majuscule, ce n’est pas un nom propre, ni très reluisant) en visite en Bretagne, sans masque (lui non plus n’a pas été livré ?) dans une « usine » de tomates certifiées bio, mais chauffées sous serre toute l’année. Il n’a rien trouvé de mieux que de dénigrer l’agriculture biologique au profit des gros exploitants industriels pollueurs qui ont empoisonné sols et rivières bretonnes. C’est bien la preuve que son discours de bonimenteur est à géométrie variable, que l’écologie est le cadet de ses soucis, comme le prouvent nombre de meures pises par son gouvernement de larbins : outre l’allègement (dont on doute fort du caractère provisoire) des normes évoquées ci-dessus, citons son refus de limiter l’usage des pesticides, sa collusion avec la frange extrémiste des chasseurs, son mépris de la loi littoral…et la liste est loin d’être exhaustive. Bref, celles et ceux qui doutent encore que ce sale type est un véritable nuisible n’ont toujours rien compris au film.
La situation est donc grave, et une simple réflexion donne toute la mesure du problème. En France, et notamment en région parisienne, une habituellement des plus polluées, la circulation routière et l’activité industrielle est en baisse notable depuis le début du confinement. Pourtant, en étudiant les relevés quotidiens du site Airparif, qui mesure la pollution urbaine, la qualité de l’air n’est pas si bonne que ça. Elle est qualifiée de moyenne, voire certains jours de médiocre. Pourquoi ? Parce que nous sommes sous l’emprise d’un anticyclone très puissant scotché sur l’atlantique nord. Résultat : il ne pleut pas (la sécheresse dans la partie nord du pays va vite devenir inquiétante), le vent est souvent inexistant, et les températures sont anormalement élevées pour la saison. Conséquence : les particules fines et les gaz ne restent pas cloués au sol comme en temps de pluie ou évacués comme lors d’épisodes très venteux et leur nocivité est accrue. Le taux d’ozone est également préoccupant. Bien sûr on peut se réjouir du généreux soleil qui rend le confinement plus acceptable (pour ceux qui ont la chance d’avoir un jardin ou un appartement bien exposé). Mais rappelons que l’année 2019 a été une des dix plus chaudes sur la planète depuis le début des relevés, et que toutes les autres années sauf une se situent dans la décade précédente. Le réchauffement climatique est une réalité de plus en plus flagrante. Donc, même si les émissions de gaz à effet de serre ont effectivement baissé depuis le 15 mars dernier, l’impact est évidemment négligeable vu l’inertie du système. Cela veut dire aussi que si la situation avait été normale, avec la circulation et l’activité habituelles, on aurait vécu un épisode extrêmement préoccupant de pollution. Nous serions quotidiennement en zone rouge, avec une qualité de l’air très mauvaise, et on aurait assisté à la litanie habituelle ses demi-mesures inefficaces, comme la circulation alternée insuffisamment respectée, ou aux recommandations des autorités sanitaires du style : « évitez de faire du sport, personnes fragiles, restez chez-vous ». Ils pourraient jouter sans rire : et abstenez-vous de respirer ». En somme, une autre forme de confinement et pour d’autres causes, mais qui démontre que tout est déréglé dans notre monde sur une très mauvaise pente. Et nous ne pouvons qu’être inquiets pour cet été, qui pourrait voir se produire un ou plusieurs épisodes caniculaires qui année après année tendent à devenir la norme, sans que cela n’émeuve trop les gouvernants, incapables de prendre de mesures courageuses car impopulaires. Là aussi, il ne faut pas sacrifier la machine économique ni éveiller l’opinion publique qu’on s’escrime à abêtir par média interposés et consommation à outrance. Mais quand le dérèglement s’emballera en une entropie généralisée, il sera trop tard !
Nous sommes actuellement au pied du mur, et certains veulent nous y faire foncer droit dessus ! Il y a de quoi être révolté, enragé par l’attitude criminelle de la part de ceux qu’on peut objectivement qualifier sans exagération ni grandiloquence d’assassins de notre Terre !
Hélas, cette légitime colère, ce dégoût justifié envers celles et ceux qui par leurs choix et leur idéologie nocive nous entrainent droit dans le mur n’est malheureusement pas partagée par tous nos concitoyens. La faute en est à l’éducation, à l’information, aux conditions sociales, vaste débat que nous ne pouvons approfondir ici. Mais notre survie dans un environnement vivable ne semble pas être le souci principal de certains de nos édiles ni de leurs administrés, plus préoccupés de savoir s’ils pourront aller sur la plage ou en vacances polluantes à l’autre bout du monde cet été. A preuve, les queues qui se sont formées dès la réouverture (qui était sûrement nécessaire et primordiale) de drives MC Donald (in french in the text). C’est bien la preuve que certains n’ont peur de rien, ni de mourir du coronavirus, ni de périr d’intoxication alimentaire….

Pour prolonger la réflexion voici en pièce jointe une analyse “Sévère et réfléchi” de Charlie Hebdo.
Ce lien vous éclairera sur les basses oeuvres de la macronie : https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/toulouse-jeune-femme-placee-garde-vue-banderole-sa-maison-1820434.html

Voici les actualités du ministère de la propagande : Acte 7 : https://fr-fr.facebook.com/LaForgeAuxUtopies/videos/460315168070252/
Acte 8 : https://www.facebook.com/LaForgeAuxUtopies/videos/902077690253353/
La chanson du jour : https://youtu.be/BFOJtRFlY-8
Un hommage à Christophe en pj….
Et quelques images…
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Confinement et Solidarité N°17

Jeudi 23 avril 2020, trente-neuvième jour de conifement.

Bonjour à toutes et tous nos retraités !

LE SENS DES PRIORITES

Dans une crise aussi grave que celle que nous subissons actuellement, la priorité des politiques et des décideurs doit être de tout mettre en œuvre pour éradiquer la pandémie tout en protégeant au mieux possible la population.

Or force est de constater que dans notre pauvre pays c’est loin d’être la préoccupation première de nos dirigeants. C’est évident dans les discours creux de nos gouvernants, comme le démontre la pitoyable prestation des sieurs Philippe et Véran dimanche dernier, pendant laquelle ils ont pontifié et déblatéré pendant plus de deux heures pour ne rien dire, si ce n’est promettre à demain (ce qui veut dire à un horizon lointain, voire aux calendes grecques) l’arrivée des fameux tests et masques, dont la pénurie fait la risée du monde entier. C’est bien la preuve de l’incurie de ceux censés nous protéger. On en rirait si ce n’était aussi grave. Répétons-le à l’envi, celles et ceux qui ont permis la déliquescence de l’hôpital public et qui ont rendu possible ce scandale sanitaire inouï devront répondre de leurs actes.

Le sens des priorités, pour ces sinistres personnages, ce n’est pas de commander en temps et en heure les outils sanitaires en nombre suffisant, mais plutôt de s’assurer du stock des moyens de répression. Les commandes massives passées avant la crise de gaz lacrymogènes ou de LBD (lanceurs de balles de défense), responsables de l’éborgnement de tant de manifestants dans l’impunité la plus complète, démontrent le sens des priorités de ce gouvernement dévoyé. De même l’achat de milliers de drones n’est justifié que par la nécessité, selon ces tristes sires, de surveiller les éventuels mouvements de foule qui pourraient bien faire exploser la situation à la fin du confinement. On peut confiner les corps, mais on ne confinera ni les idées ni la légitime révolte envers ceux qui ont volontairement failli à leur tâche.

En France on n’a pas de masques, donc le pouvoir n’avance même pas masqué. La ligne est claire : retour forcené de la production à tout prix, obligation de consommer à outrance pour rattraper la croissance perdue, cela fût-il au mépris de la santé publique.

Dans notre pays qui marche sur la tête, la priorité n’est pas à produire des médicaments et des vaccins (on en serait de toute manière incapables à court terme, tout l’appareil productif a été délocalisé an Chine ou en Inde !) mais plutôt de relancer la production automobile. Exemple consternant à Onnaing, où Toyota a rappelé ses ouvriers pour relancer la machine, contre l’opposition légitime de la CGT ultra-minoritaire, mais avec la bénédiction enthousiaste du syndicat collaborationniste majoritaire. Bravo, vous avez deviné, il s’agit bien entendu de la CFDT ! Mais soyez rassurés, ces pseudo-syndicalistes se soucient de la santé des travailleurs et sont en train de négocier le nombre de masques. Quand on disait que ce syndicat félon négocie la longueur des chaînes, il faut y ajouter la couleur des masques! Un délégué syndical de cette officine patronale a osé affirmer sans rire que c’était normal de relancer les chaînes car des clients attendaient leurs commandes ! La bagnole, symbole vital dans notre monde de fous, au détriment de la santé publique ! D’autant plus que la phobie légitime de reprendre des transports en commun surchargés dans lesquels les mesures de distanciation s’avéreront impossibles (mais tout le monde aura un masque tricoté par mamie, qui n’arrêta même pas la connerie ambiante) favorisera l’explosion de l’usage de la voiture individuelle dans les grandes villes, avec son cortège d’embouteillages, mais surtout de pollution aux particules fines qui fragilisent l’appareil respiratoire des plus faibles, et donc l’atteinte du virus. Rappelons que la pollution tue non moins de 9 millions de personnes dans le monde chaque année (ainsi que la famine), dans l’indifférence générale. Le cercle vicieux est parfait, et, ça tombe bien, par ordonnance le gouvernement s’affranchit déjà (provisoirement ?) des normes environnementales pour brûler le pétrole qui reste l’alpha et l’oméga de notre civilisation en fin de vie. Le sens des priorités, on vous dit !

Quant à nos anciens, le scandale est encore plus énorme : en EHPAD on en a laissé mourir des milliers. La palme revient au groupe Korian, dont les méthodes de gestion et de traitement, tant du personnel que des pensionnaires, ont souvent été dénoncées dans les média, du moins dans ceux qui s’acquittent encore honorablement de leur mission. Chez Korian, les scandales sanitaires n’ont pas attendu la crise du COVID-19 pour défrayer la chronique : à Lyon début 2017, la grippe tue 13 résidents. En 2019 une intoxication alimentaire à Lherm (Haute-Garonne) envoie ad patres 5 autres victimes. Et bien entendu, le coronavirus, allié aux graves manquements à l’hygiène dont ce groupe est coutumier, a occis pas moins d’une trentaine de résidents à l’EHPAD de Mougins (Alpes-Maritimes). Mis cette fois la coupe est pleine, au point que les familles ont décidé de porter plainte, et la municipalité s’est portée partie civile.

Les personnels ont depuis longtemps dénoncé la maltraitance dont eux-mêmes et les résidents sont victimes. Il faut dire que ce grand groupe, présent dans six pays européens, côté en bourse où il fructifie sur le dos des seniors, est obsédé par le fric. La fin de vie, c’est un business juteux. Tiens tiens, l’actuelle directrice de ces accaparateurs n’est autre que Sylvie Boissard, qui émarge à non moins de 950 000 € annuels pour accélérer la fin de vie de nos pauvres anciens. Cette dame a auparavant sévi à la SNCF en tant que responsable de la « stratégie et du développement » (tout un programme !) où elle a laissé le souvenir de quelqu’un de dur et d’obsédé par l’aspect financier au détriment de l’humain. Ce monstre au cœur froid devra aussi répondre de ses actes devant un tribunal. Si pour tous ces gens-là le sens des priorités est clairement le Dieu-Pognon, il doit être pour nous la mise hors d’état de nuire de ces rapaces que nous ne devons pas hésiter à qualifier de criminels.

Pour prolonger la réflexion :
https://ladepechedelaube.org/spip.php?article5389

Ci-joint, deux articles de journaux :

Le Monde Diplomatique : L’hôpital, le jour d’après…
Repoterre : Le gouvernement permet aux préfets de déroger à des normes environnementales.

Le Covid 19 va nous priver de manifestations lors du Premier mai. Ce n’était pas arrivé depuis la deuxième guerre mondiale. Serge d’Ignazio, est un “Ouvrier/Photographe”. Il a couvert toutes les manifs parisiennes, des Gilets Jaunes aux organisations syndicales. Lors des Infogrèves quotidiennes que nous vous avons envoyées en décembre, janvier et février nous vous y avons souvent joint un lien vers ses reportages de grande qualité. Il nous propose ses talents de photographe en demandant à toutes celles et ceux qui voudront bien, de se mettre en scène sur une photo avec avec une pancarte revendicative. En PJ vous trouverez ses recommandations. Seule contrainte lui envoyer la ou les photos avant le 29 avril à l’adresse suivante : serge.dignazio@free.fr Il se chargera du montage et nous adressera le document final. En attendant vous pouvez toujours consulter ses reportages sur le site suivant : https://www.flickr.com/photos/119524765@N06/albums

Et pour finir, nous vous emmenons en sourire au théâtre, à l’école (voir pj), au cinema avec ce lien : https://www.facebook.com/194273759038/posts/10157461591174039/?sfnsn=scwspwa&extid=036QT0jpwAawGqZk&d=w&vh=e

Et puis quelques images…

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Le Bureau de la Liaison Nationale des Retraité-e-s SUD-Rail

Confinement et Solidarité N°16

Mardi 21 avril 2020, trente-septième jour de conifement.

Bonjour à toutes et tous nos retraités !

LES YEUX POUR PLEURER

La crise sans précédent du coronavirus est un bon révélateur de l’état du Monde. Nous assistons sur notre pauvre planète à des situations et des réactions très contrastées, allant du meilleur au pire, comme dans une pièce de théâtre déjantée avec un scénario erratique et des acteurs soit très professionnels, soit de véritables cabotins, quand ce ne sont pas des parfaits salauds ou des incompétents notoires.

Des exemples ? A tout seigneur tout honneur : les USA montrent que le déclin de l’ex-empire américain est entré en phase terminale. On savait ce pays en pleine déliquescence morale, culturelle et sociale. Mais voir, en pleine pandémie, des citoyens armés jusqu’aux dents manifester (en voiture, centre de l’univers étriqué de l’américain moyen) pour la levée du confinement au nom de la liberté individuelle et du commerce dépasse l’entendement. Bien entendu, ces tarés congénitaux sont soutenus ouvertement par le Grand Taré en Chef, à savoir l’abruti de service Trump, qui croit ainsi marquer des points pour sa possible réélection. Un scénario identique s’observe au Brésil, avec là aussi un fou fascisant pourtant élu démocratiquement. Voilà ce qui arrive quand les puissances de l’argent et des médias serviles manipulent des abrutis qui croient qu’on guérit les épidémies par des prières ou que la Terre est plate comme leur encéphalogramme. C’est à désespérer de l’humanité, même si des opposants courageux sauvent l’honneur et souffrent. Nous le répétons : ces dangereux individus devraient être destitués et traduits en Cour Pénale Internationale sous l’inculpation de crimes contre l’Humanité, car ils mettent par leur bêtise et leur méchanceté leurs populations et les nôtres en danger de mort.

En Chine le coronavirus et les opposants politiques sont sous contrôle étroit avec l‘appui d‘une technologie numérique sophistiquée dont certains ici voudraient bien s’inspirer pour mettre au pas les contestataires. En Europe, des roitelets, tel Victor Orban en Hongrie ou le jumeau rescapé Kaczynski en Pologne, prennent le prétexte de la crise sanitaire pour asseoir encore un peu plus leur pouvoir autocratique, hélas avec le soutien d’une partie non négligeable de la population. Au Royaume-Uni, le convalescent Johnson navigue à vue comme un capitaine de bateau ivre dans son pays en pleine dérive.

D’autres pays montrent un meilleur exemple, avec des résultats parfois surprenants. L’Allemagne sert une fois de plus de modèle, non pas pour une fois comme bonne élève du libéralisme européen, mais pour avoir avec discipline et efficacité contenu l’épidémie. Il faut dire que l’argent coule à flot pour acheter tests et masques et aider l’économie. En Islande, certes avec une population de seulement quelque 360 000 habitants, tous ont été testés au Covid-19. Au Maroc, pourtant un pays moins riche et organisé que ceux de l’union européenne, les petites mains travaillent sans relâche pour fournir à la population les fameux masques. Lesquels ont en libre-service dans des distributeurs automatiques pour un prix modique en Pologne, comme quoi malgré l’autoritarisme du gouvernent quasi-théocratique, cet équipement anodin et pourtant salvateur ne manque pas.

Et pendant ce temps en France la situation vire au grotesque, au ridicule. L’Empereur décide de tout tout seul, après consultation en catimini des fameux experts (faut laisser faire les Spécialistes, chantait Léo Ferré) sans qu’il ne filtre rien de leurs réflexions préalables ni que le Parlement n’ait son mot à dire. Comme cette date miracle du 11 mai, tombée du ciel par la grâce impériale, et qui semble de plus en plus aléatoire vu l’état d’impréparation qui caractérise notre pays. Une fois la parole divine énoncée, les grand prêtres Philippe et Véran servent la messe avec les sempiternelles palinodies de ceux qui ne décident rien, ne savent rien, et psalmodient tout et son contraire au gré du vent. Hormis le retour contrôlé des visites familiales en EHPAD, qui est une bonne nouvelle et une mesure concrète vis-à-vis de nos anciens en perte totale de repères et de soutiens, rien de tangible sur le reste. Tester massivement la population ? On n’a pas assez de produits, donc on dit qu’ils ne sont pas fiables Des maques pour tout le monde ? Après avoir dit qu’ils ne servaient à rien, on veut les imposer comme une solution sine qua non à la levée du confinement et à l’utilisation des transports en commun, et on jure les yeux dans les yeux que des stocks incommensurables seront distribués d’ici la date fatidique du 11 mai. Belle partie de poker menteur, pour l’instant on attend de voir…et on ne voit rien arriver. Toujours l’arrogance, la suffisance des politiques français bien campés sur leur tas de fumier comme de petits coqs, tous ergots dehors (ah ça pour ergoter ils sont champions !). Pendant la crise pétrolière le slogan était : « En France on n’a pas de pétrole mais on a des idées ». Pendant la catastrophe de Tchernobyl, c’était : « Ne craignez rien le nuage s’est arrêté aux frontières ». Et maintenant, le slogan soporifique devient : « Tous les Français seront équipés de masques de protection ». Quand ? Comment ? Questions triviales pour nos grands manitous à l’incompétence crasse. En France, on a surtout de la gueule, et au final il nous reste les yeux pour pleurer.

Alors que faire ? Certes viendra l’heure des comptes et l’arène politique, une fois la pandémie derrière nous, ressemblera plus à OK Corral qu’à une docte assemblée de sages. Mais cela ne suffira pas à foutre dehors ces arrogants, ces incompétents, ces salopards, d’autant que la tentation autoritaire du macroncosme au pouvoir sera conforté par les arguments prophylactiques, tels le traçage et la surveillance informatisés des populations. On dit que les salles de spectacles et les bars et restaurants seront les derniers à être rouverts. Mais la dernière liberté que nous aurons du mal à recouvrer sera bel et bien celle de manifester dans la rue, toujours au prétexte des mesures sanitaires. Déjà, pour la première fois depuis la fin de la deuxième guerre mondiale il n’y aura pas de manifestations pour le 1er mai, ce qui doit bien arranger certains. Et pourtant il faudra très rapidement redescendre dans la rue crier notre colère et notre dégoût. Alors pourquoi ne pas imaginer de grands défilés où les mesures de distanciation de 2 mètres seraient respectées, ce qui faciliterait le comptage des manifestants et remplirait démesurément les parcours ? Les manifestants pourraient avancer masqués, avec les masques aux couleurs de leurs organisations syndicales. Des masques verts pour SUD-Rail ou roses pour Solidaires, ça aurait plus de gueule que les sempiternels autocollants que les CRS forcent à retirer quand on quitte le parcours. Là ils ne pourraient nous y obliger, de même pour les masques noirs des « Black Blocs » qui auraient pour une fois une justification. En plus, ces outils de protection bucco-nasaux seraient bien utiles pour se protéger des gaz lacrymogènes, spécialité bien française de toute manifestation qui se respecte depuis quelques années. Et n’oublions pas le gel hydro alcoolique à s’enduire les mains avant de brandir les pancartes, banderoles et autres drapeaux. Les renseignements généraux pourraient efficacement prendre la température collective des manifestations, d’autant plus qu’elles risquent vu la hargne d’être fiévreuses ! Bref dans ce domaine particulier comme dans d’autres il nous faut, comme l’ânonne notre Premier Sinistre, apprendre à vivre avec le virus et adapter nos comportements. Chiche !

En pièces jointes nous vous proposons un texte de l’historienne Ludivine Bantigny qui suggère bien des voies pour construire notre monde d’après confinement. Malgré sa longueur ce texte incite à la réflexion et fait partie des rares écrits dans la période, porteurs d’espoirs. A lire et à faire lire.

Voici deux vidéos d’Eric Tricot militant à SUD-Santé, infirmier anesthésiste à l’hôpital Henri Mondor à Créteil : https://www.facebook.com/100005844258130/videos/1401320646739397/UzpfSTIzNDU2OTgxOTIzMjc1MTQ6MjY4NTQwMjU4ODM1NzA3MQ/
https://www.facebook.com/100005844258130/videos/1396316910573104/UzpfSTIzNDU2OTgxOTIzMjc1MTQ6MjY4MDExNDYwMjIxOTIwMw/

Voici en pj le journal de la section SUD-Santé des hôpitaux de Saint-Maurice dans le Val de Marne. Ils vous expliquent leur quotidien.

Ci-joint la plainte déposée par 4 organisations syndicales auprès de l’Organisation Internationale du Travail à Genève suite aux entraves du gouvernement français vis à vis d’inspecteurs du travail.

Et pour finir, quelques sourires en images et chanson… https://vimeo.com/407272513

A bientôt pour d’autres réflexions. N’hésitez-pas à faire partager les vôtres sur notre boite mail. Bon courage à toutes et tous et surtout prenez soin de vous et de vos proches. En ces temps difficiles le mot Solidarité prend toute sa valeur !

Le Bureau de la Liaison Nationale des Retraité-e-s SUD-Rail

Confinement et Solidarité N°15

Samedi 18avril 2020, trente-quatrième jour de conifement.

Bonjour à toutes et tous nos retraités !

Les jours heureux…. Gonflé le mec d’oser employer la formule du Conseil National de la Résistance, lui qui n’aura eu de cesse, comme ses prédécesseurs, de détruire méthodiquement les acquis du dit CNR : sécurité sociale, nationalisation des services essentiels, règles d’équité et d’égalité entre les citoyens, démocratie sociale… Il oublie de dire, engoncé qu’il est dans ses schémas de pensée néo-libéraux, que pour qu’il y ait des jours heureux il faut qu’il y ait un libre consentement d’une population éclairée à un projet de société qui ne laisse personne au bord du chemin, qui distribue les biens matériels à chacun selon ses besoins, qui prenne soin de la santé des citoyens, en particulier des aînés, qui permette par une éducation ouverte et égalitaire à toutes et à tous d’acquérir les connaissances mais surtout les moyens de la réflexion pour s’exprimer et choisir collectivement le modèle de société qui convienne à la grande majorité. Sans quoi le droit de vote dévoyé ne sert plus qu’à élire au rabais des pantins désarticulés et dénués de toute vision du monde. Ce qui est le cas depuis trop longtemps, chez nous comme dans les autres pays, au point que beaucoup d’entre nous se détournent d’une démocratie galvaudée, vidée de son sens. La dernière troïka au pouvoir (le petit excité tout sec, la grande chiffe molle et maintenant le banquier flamboyant) sont les tristes représentants d’une histoire dite par un idiot, pleine de bruit et de fureur, qui ne signifie rien (Shakespeare, Macbeth, acte 5, scène 5).

Oui pour qu’il advienne enfin des jours heureux il faut tout remettre à plat. Ce n’est hélas pas le chemin que prennent (et tentent de nous faire accepter par la force et par la peur) nos pseudo-dirigeants, qui ne tremblent que pour la survie de la machine économique, au détriment de la santé des humains. Comment interpréter autrement cette frénésie à peine voilée à faire reprendre une vie « normale » à tous nos concitoyens dès le 11 mai, alors que nos connaissances sur ce satané virus sont toujours aussi parcellaires, les vaccins inexistants, le corps médical circonspect et divisé quant aux remèdes, si ce n’est, faute de mieux, la poursuite sous une forme ou une autre des mesures de distanciation. Encore faudrait-il pour que celles-ci soient efficaces des tests fiables, et surtout des masques de protection, dont nos crânes d’œuf ont péremptoirement affirmé il y peu qu’ils ne servaient à rien, pour faire ensuite machine arrière toute sans crainte du ridicule. A l’heure actuelle, les pharmaciens n’ont pas le droit d’en vendre aux particuliers, quand bien même ils en auraient. Alors, faut-il rendre les cours de couture obligatoires sur Internet pour que chacun puisse en fabriquer ? Ces masques en rade, quelle mascarade, pourrait titrer le Canard. C’est surtout le signe évident de l’incurie, de l’impéritie de ceux qui prétendent guider la Nation, et qui n’ont en fait que les yeux rivés sur les cours de la Bourse.

Le débat sur le ratio bénéfices/risques entre la santé humaine et celle de l’économie, entre le nombre de morts physiques et le nombre de morts d’entreprises, est un débat faussé. En temps de guerre sanitaire, et nous y sommes, l’économie ne doit rien diriger, mais être au service du politique sans regimber. Les règles idiotes édictées par des organismes qui ne représentent qu’eux-mêmes (comme les multinationales ou une Union Européenne en état de mort cérébrale) doivent être abolies. L’argent, dans les cas graves, on sait où en trouver. On peut même en créer, car, contrairement aux virus, il s’agit d’un concept purement virtuel, même s’il se révèle plus nocif pour l’humanité que la peste et le choléra réunis. Tous les efforts doivent tendre à l’éradication du fléau, en protégeant les populations, et l’intendance suivra.

Or c’est tout le contraire que la plupart de nos gouvernements veulent nous imposer. Ils désirent tellement le retour à la vie d’avant, tremblent tellement pour leurs profits, que cela leur fait perdre tout discernement Comment interpréter autrement cette folie, qui en a surpris beaucoup, que constitue la décision aberrante de renvoyer séance tenante les élèves en cours dès le 11 mai, sans aucune garantie que l’épidémie aura été réellement contenue, si ce n’est pour débarrasser les parents du fardeau des enfants confinés, pour aller massivement relancer l’outil économique ? Quant aux seniors, ce n’est pas pour leur santé que certains désirent les cloîtrer jusqu’à la fin des temps. C’est pour que ces improductifs débarrassent le plancher et n’encombrent pas inutilement les transports en commun et les magasins pour faire place nette, à défaut d’aseptisée, à ceux qui sacrifieront leur santé au Moloch, au Veau d’Or, au sacro-saint Profit. Et pour être bien sûr que les esclaves ne se révolteront pas, outre une pommade verbeuse distillée ad nauseam par les médias complaisants, le bâton est prêt à frapper. Les ordonnances permettent bien des dérives, comme la mise à pied récente d’un inspecteur du travail qui avait eu l’outrecuidance de sanctionner une entreprise qui ne protégeait pas assez ses employés. Le ministère du travail, sous la houlette de la sinistre Pénicaud, vient de mettre fin aux contrôles inopinés des Inspecteurs du travail qui ne pourront plus intervenir sans l’aval de leur hiérarchie. Vous avez dit justice sociale ?

Beaucoup de signaux nous laissent à penser que le monde d’après sera furieusement ressemblant à celui d’avant. Le sauvetage du trafic aérien devrait se faire à coup de milliards d’euros sans qu’aucun dirigeant ne se soucie de l’impact carbone du trafic aérien et de l’utilité de polluer la planète pour poursuivre une mondialisation suicidaire. N’oublions pas que pendant la crise du corona, la crise climatique ne faiblit pas, vu l’inertie des systèmes. Bonne nouvelle, il semble que les flammes aient décidé d’épargner les restes de la centrale de Tchernobyl, sans quoi un épandage de fumées radioactives aurait pu rajouter une couche à la situation environnementale déjà tendue. Espérons aussi que le confinement sera terminé, ou du moins allégé, avant la probable canicule de l’été prochain, qui ne devrait surprendre que les naïfs. En attendant, la saison reste propice aux épandages massifs de pesticides ultra-nocifs, vecteur aggravant par les particules fines de ces produits de la propagation du virus. Par ailleurs les préfets peuvent désormais, toujours grâce aux ordonnances, déroger aux normes environnementales, et soyons- sûrs qu’ils ne se priveront pas de le faire pour sacrifier à la Relance. Eh oui, quand on touche du doigt la mort comme aujourd’hui, la peur remet à sa juste place l’économie toute puissante, mais ce répit risque de n’être que provisoire. Or la catastrophe climatique en cours, qui, rappelons-le, a largement favorisé et favorisera demain encore plus les pandémies incontrôlables, reste aux yeux des béotiens et des autruches que nous sommes encore bien lointaine, alors que ses signaux se propagent à grands pas. Quand on mettra le doigt sur le résultat de notre folie, il sera lors trop tard. Mais tant que la Bourse ne s’écroule pas…

Pour terminer sur une petite note d‘humour grinçante, ne comptons pas trop sur l’Armée pour nous secourir. Plus de 1000 marins de notre grand porte-avion le Charles de Gaulle sont infectés par le Covid-19. Rassurez-vous, il y a eu du pognon pour tester tout l’équipage, contrairement aux soignants. Ah elle est belle l’armée française, ils ne sont pas prêts de gagner la guerre bactériologique ! Pour le bénéfice des générations futures (si elles existent) édifions d’urgence un mur des cons où pourraient se bousculer la cohorte de tous nos pantins politiques, médiatiques, économiques, qui ont un avis sur tout sur la crise, et surtout un avis, qui est qu’il faut relancer coûte que coûte la Machine. Ce mur des cons devra être très haut et se situer impérativement sur une très longue avenue, sans quoi il n’y aura jamais assez de place pour y faire figurer tous ceux qui se foutent de notre gueule !

Dernière minute : Devant le tollé général justifié par cette mesure scandaleusement discriminatoire, l’Empereur vient d’annoncer l’abandon de la poursuite du confinement pour les personnes âgées après le 11 mai. Cela aurait été de toute manière inapplicable vu que beaucoup d’anciens occupent des places actives dans la société (bénévoles, associations, hautes personnalités, etc.). Le petit doigt nous dit qu’il y a une probabilité non négligeable qu’il en soit de même pour la réouverture des écoles, mesure vilipendée par bien des élus locaux et des enseignants, sans compter l’opposition de nombreux parents d’élèves. Avec une bande de branquignols à la tête de l’Etat, qui changent d’avis comme de chemise et qui ne savent pas où ils vont, tout reste possible…

En pj voici deux articles des Echos où vous constaterez que les intérêts des patrons ne sont pas ceux des travailleurs (mais ça on le sait depuis longtemps), ils en ont rien à faire du risque sanitaire !

Et pour finir, quelques sourires en pièces jointes.

A bientôt pour d’autres réflexions. N’hésitez-pas à faire partager les vôtres sur notre boite mail. Bon courage à toutes et tous et surtout prenez soin de vous et de vos proches. En ces temps difficiles le mot Solidarité prend toute sa valeur !

Le Bureau de la Liaison Nationale des Retraité-e-s SUD-Rail

Confinement et Solidarité N°14

Jeudi 16 avril 2020, trente-deuxième jour de confinement.

Bonjour à toutes et tous nos retraités !

UN VIRUS PEUT EN CACHER UN AUTRE

En ces temps de pandémie, un virus tout aussi insidieux est en train d‘être distillé subrepticement dans la tête des Français : c’est celui de l’automatisation à outrance de nos vies.
Rappelez-vous, pour celles et ceux qui aviez participé à notre session décentralisée d’Etretat en 2017, l’association « écran total » nous avait alerté sur les dangers de l’information à outrance de nos vies, avec un joli slogan « faut pas pucer Mémé dans les ordis ». Ils dénonçaient l’emprise grandissante des moyens informatiques dans notre vie courante ou professionnelles, dans nos démarches administratives ou culturelles : payer ses impôts, réserver une place de théâtre, de concert, s’inscrire à l’université, recevoir son bulletin de salaire ou de pension, etc. Les exemples ne manquaient déjà pas de l’intrusion excessive de ce que nos anciens appelaient la cybernétique, allant jusqu’à forcer les éleveurs à gérer leur cheptel par code-barres, bref à chercher des puces jusque dans la toison des ovins et des caprins !

Mais aujourd’hui, dans les dramatiques circonstances que nous vivons l’occasion est trop belle, pour nos docteurs Folamour version 2.0 qui s’imaginent nous cornaquer comme un troupeau bêtifiant, d’aller plus loin, beaucoup plus loin, dans l’informatisation XXL des moindres actes de nos vies, en bafouant allégrement les notions de liberté individuelle, de confidentialité des données, de liberté de circuler et d’agir à sa guise (dans le respect des lois bien entendu), bref de tout ce qui fait de nous des citoyens à part entière jaloux à juste titre de préserver notre libre arbitre.
Ça a commencé par la généralisation du télétravail, certes avec des arguments convaincants quant à la protection sanitaire que celui-ci assure (plus de contact physique, de déplacements en transports en commun,…). Mais il y a un risque qu’après le confinement le pli soit pris, et que de plus en plus d’entreprises y aient systématiquement recours, au détriment du contact et de la convivialité entre salariés. Au bénéfice du flicage patronal aussi, avec contrôle strict des heures de travail, de l’assiduité, de la productivité. Vers quelle société allons-nous si la norme devient de communiquer, d’acheter, de voter, d’effectuer des démarches administratives, voire judiciaires uniquement par informatique ? A quand des procès sur WhatsApp (quel nom barbare !). ? Même Mélenchon s’y met, proposant une « manif en ligne !!! » pour s’opposer aux dérives autoritaires bien réelles du gouvernement au prétexte de la prophylaxie. Attention à ne pas tomber dans le panneau de la société virtuelle.
De même, les fameux achats en ligne, certes aujourd’hui bien pratiques pour commander du papier ou des cartouches d’encre quand on est en panne et confinés, ne remplaceront jamais le contact avec un vendeur qui conseille dans un commerce physique. Si nous n’y prenons pas garde, ce genre de mauvaises habitudes va réduire les échanges humains et le tissu social comme peau de chagrin, pour le seul bénéfice de grandes plateformes de livraison en ligne, qui, au demeurant, oublient toujours de payer leurs impôts !

N’oublions pas non plus que bien des citoyens n’ont pas le moyens financiers de posséder chez eux des moyens techniques haut de gamme (ordinateur, tablette, smartphone, imprimante, et quoi d’autre encore) alors que certains y sont rétifs par nature, ce qui reste leur droit, ou éprouvent des difficultés à se servir avec aisance d‘outils complexes et qui évoluent très vite. Pensons à nos anciens qui risquent de se retrouver encore plus coupés (on n’ose pas dire déconnectés !) d’un monde qu’ils ne comprennent plus. Mais peut-être est-ce en filigrane l’objectif de certains transhumanistes qui rêvent d’une société idéale qui ressemblerait fort à celle de 1984 d’Orwell ou du meilleur des mondes d’Huxley, visionnaires en leur temps, et qui seraient effarés de voir à quel point leurs dystopies sont devenues la réalité augmentée d’aujourd’hui.

Passons sur les possibilités offertes aux grandes entreprises de connaître nos goûts, nos idées, nos envies, et d’ainsi, par des offres alléchantes, d’orienter de plus en plus de manière sournoise nos achats, voire nos opinions. Déjà, le prétexte sanitaire, allié à celui d’un risque de rupture d’encre et de papier, permet à nos gouvernants de nous proposer sournoisement la possibilité d’éditer les autorisations dérogatoires de déplacement informatisées sur nos smartphones. Le tout agrémenté d’un « code QR » (oui, ce graphique codé sous forme de carré noir et blanc peut-être imaginé par Soulages un lendemain de cuite) qui permet de tracer, de suivre, en toute innocence bien entendu, vos déplacements. Puisque c’est pour votre bien, on vous dit ! La déclaration, main sur le cœur, du Sinistre de l’Intérieur, jurant que les données ne seront pas conservées, nous fait rire jaune. Gageons que cet outil, transformé et amélioré en véritable « traçage numérique » sera un des instruments privilégiés pour autoriser individuellement le déconfinement. Et tant pis à celui qui refuserait de s‘y soumettre, il pourrait rapidement voir ses voisins faire la fête dans la rue cloîtré depuis chez lui comme un résistant de la dernière heure, rétif au progrès qui libère l’Homme. Et bien sûr, la généralisation de la 5G, avec ses ondes si nocives que même les météorologues s‘inquiètent pour la fiabilité de leurs observations, sera présentée comme la panacée qui permettra au moindre hameau (qui aura perdu depuis longtemps sa gare, sa poste, son marché et son café) d’être béatement connecté à l’univers du bonheur virtuel et des désirs commerciaux assouvis.

Ce côté pervers du flicage informatique, certains en ont bien compris toutes les possibilités. Par exemple, à Nice, le patelin Estrosi, désireux de vérifier que des « Parisiens » n’occupent pas illégalement leurs résidences secondaires que les amis de

Confinement et Solidarité N13

Mardi 14 avril 2020, trentième jour de confinement.

Bonjour à toutes et tous nos retraités !

IL FAUT VRAIMENT QUE TOUT CHANGE !

Et voilà ! Le confinement est prolongé jusqu’au 11 mai. Cette année nous ne pourrons pas descendre dans la rue pour le 1er mai crier notre colère. Mais ce ne sera que partie remise, car l’après-confinement, envisagé avec circonspection par notre Empereur, sera le signal de départ de la crise sociale.

Parodiant « le Guépard » beaucoup de patrons pensent qu’il faudra que « tout change pour que rien ne change ». Mais dans leur esprit obsédé par le lucre, tout change signifie que les indécents avantages sociaux (RTT, 5è semaine de congés, 35h) dont bénéficient indûment à leurs yeux les travailleurs de notre pays devront être remis en cause pour le plus grand bénéfice du « rien ne change », à savoir la poursuite du profit effréné sur le dos des salariés. Honte au pantin président du MEDEF, le sieur Geoffroy Roux de Bézieux (prout prout !) dont les propos sont bien plus grotesques que son nom à particule qui sent l’ancien régime. Oui, celui auquel les Français, il y a plus de deux cents ans, ont mis fin, certes avec violence, mais pour permettre l’émergence de principes républicains si malmenés aujourd’hui. Honte également à la CFDT des Pays de Loire, dont la secrétaire ose cosigner avec le patron du Medef régional un texte appelant les salariés à se retrousser les manches pour faire redémarrer la machine économique, comme si de rien n’était. Thorez est dépassé ! Certes cet appel se pare de précautions oratoires pour « assurer des conditions sanitaires optimales », mais c’est bien, écrivent Le Medef et la CFDT, pour « maintenir l’activité et préserver emploi et entreprises ». Et de poursuivre : « il est essentiel que dans l’avenir le plus proche possible la vie économique et sociale de la Nation durement impactée par cette crise sanitaire puisse être progressivement restaurée. Il en va de l’avenir de notre pays, de notre région, de nos entreprises et de ses emplois. C’est pourquoi la CFDT et le MEDEF poursuivront bien évidemment cette collaboration pour travailler aux conditions de la reprise économique dans le cadre d’une conférence sociale ». Collaboration, le mot est lâché. En revanche, pas une allusion sur la nécessité de changer nos conceptions et nos visions pour que cette crise serve de leçon et nous permette de repartir de l’avant sur d’autres bases que la satanée « croissance » dont le syndicat de collaboration de classe se fait le chantre avec son interlocuteur privilégié. Ces gens-là sont au syndicalisme ce que le vinaigre est au St Emilion ou au Vosne-Romanée ! Honte à eux, nos ennemis de classe, qui sont en l’occurrence les ennemis de la santé publique en même temps que les apologues d’un système nocif en fin de course, et sont bien identifiés.

La détermination flagrante d’un tel manifeste à faire repartir la machine comme si rien ne devait nous interroger sur notre modèle de société est hélas partagée par bien des politiques, des économistes, des financiers, avec la servilité toujours intacte d‘une partie des médias. En miroir, l’allocution hier soir du président Macron semblait plus éthérée, plus floue, plus ambigüe. C’est le discours d’un monarque fragilisé, qui sait qu’il marche sur des œufs, qui veut sauver l’ancien monde économique, mais qui a conscience qu’il doit avancer masqué. Encore le syndrome du Guépard de Lampedusa : il faut que tout change (le discours, allant jusqu’à battre sa coulpe) pour que rien ne change (la société capitaliste). Ne nous laissons pas emberlificoter par cette tentative de contrition qui cache une bonne dose d’hypocrisie. Les actes passés, les discours de campagne électorale permanente ne doivent pas émousser notre méfiance. Il parle de trouver des vaccins, mais qui a systématiquement sabré les crédits de la recherche épidémiologique depuis des années ? Il assure les petites entreprises et leurs salariés menacés par le chômage de la solidarité nationale, mais se garde bien d’évoquer l’épuration de la dette, le recours à la taxation des dividendes, le retour de l’ISF, pour renflouer les caisses de l’Etat afin qu’il puisse financer cette solidarité. De plus, pas un mot sur les sujets qui fâchent, comme la réforme des retraites ou de l’assurance-chômage, vaguement en suspens, mais dont nous exigeons l’abrogation pure et simple. Et son vague mea culpa sur la gestion désastreuse de la crise ne nous dit toujours pas quand et comment seront distribués les masques, tests et gels indispensables à une reprise a minima de l’activité économique. Et ne parlons pas de son allusion pour le moins malheureuse aux « jours heureux » émanant du programme du Conseil National de la Résistance, alors que se profilent plutôt débâcle économique, perte massive de pouvoir d’achat, faillites des petites entreprises et chômage en hausse.

Donc sa tentative de nous faire croire à son changement assumé de paradigme : « nous remettre en question, à commencer par moi-même » doit se lire pour ce qu’il est : un exercice de communication destiné à nous endormir.

D’autres politiques se montrent étonnamment plus lucides, comme par exemple Jean-Louis Bourlanges (pourtant pas notre tasse de thé) qui pronostique pour les mois à venir : « le scénario le plus probable est que rien ne change, mais que tout se déglingue sur les trois plans économique, social et géopolitique ».

L’avenir sera ce que nous en ferons, mais nous ne laisserons pas les accaparateurs des richesses recommencer leurs manigances comme avant. Jusqu’à présent, malgré des situations de tensions fortes comme les gilets jaunes ou les manifestations contre les retraites, le mécontentement populaire avait été contenu par le pouvoir à coups de matraque et de gaz lacrymogènes. Il faut dire qu’une majorité de la population était restée passive et s’était sentie peu concernée, engoncée dans un confort illusoire entretenu par nos manipulateurs. Mais cette crise sans précédent pourrait bien changer la donne. La peur du lendemain, la perte des illusions et de la confiance, la précarité accrue qui risque fort de devenir le quotidien des couches sociales défavorisées alors que la « machine » repartira pour le seul bénéfice des puissants, ce cocktail explosif pourrait bien donner le signal de la révolte.

En complément pour ceux qui ne savent pas lire entre les lignes (piqué sur Facebook), résumé du discours de Macron :

“Bon bah c’est tout le monde à la maison jusqu’au 11 mai puis retour au boulot les esclaves. On ne va pas non plus vous payer plus de deux mois pour rien foutre. Vos gosses on les remet à l’école comme ça vous n’avez pas d’excuses. Pour l’enseignement supérieur, pas la peine de revenir jusqu’en été. En vrai, on n’a pas trop besoin de vous puisque vous ne nous pompez pas de fric de toute façon. Pas de restos, pas de théâtre, pas de musées, pas de ciné, rien de rien, vous sortez juste le 11 mai juste pour nous faire de l’argent puis vous rentrez gratuitement chez vous s’il vous plaît. Ah oui ! pas de réouverture des frontières avec les pays non européens jusqu’à nouvel ordre, mais bon les africains on va annuler vos dettes donc faites pas trop chier non plus. Blablabla on reste soudés et le capitalisme vaincra. P.S. : on est en train de réfléchir à mettre en ligne une app pour sonder tous vos faits et gestes mais on en reparle plus tard bb Voilà voilou :-)”

Et pour finir en sourire, des actualités de la musique, des dessins, des vidéos en pièces jointes et en suivant ces liens : https://youtu.be/25MoY4KMow8 https://www.facebook.com/LaPeloch/videos/255509025468969/


A bientôt pour d’autres réflexions. N’hésitez-pas à faire partager les vôtres sur notre boite mail. Bon courage à toutes et tous et surtout prenez soin de vous et de vos proches. En ces temps difficiles le mot Solidarité prend toute sa valeur !

Le Bureau de la Liaison Nationale des Retraité-e-s SUD-Rail

Confinement et Solidarité N°12

Samedi 11 avril 2020, vingt-septième jour de confinement.

Bonjour à toutes et tous nos retraités !

FAISONS UN RÊVE

Cette dure période de confinement doit pour nous syndicalistes être l’occasion de nous poser et de réfléchir sérieusement au monde d’après, pour éviter qu’il ne ressemble comme deux gouttes d’eau à celui d’avant. On sait par des déclarations péremptoires dans les médias toujours complaisants que nos grands financiers et leurs larbins politiques (qui font semblant de décider alors que ce sont les premiers qui mènent la danse) souhaitent que tout continue comme avant, avec le retour de la compétitivité, de la concurrence de tous contre tous, de l’exploitation à outrance des ressources que notre pauvre planète n’arrive plus à fournir à une humanité en surchauffe qui fonce droit dans le mur.

Pour éviter le pire, c’est-à-dire une crise qui n’aura servi à rien, sinon à engendrer celles d’près, osons enfin prendre le contrepied de leur modèle de société à bout de souffle.

Voici donc quelques pistes de réflexion à débattre, à faire fructifier, pour convaincre les citoyens de leur impérieuse nécessité, afin de les imposer, par la force du nombre s’il le faut, à nos élites dévoyées.

Bien entendu, c’est le mode de production capitaliste par essence qu’il faut arrêter. Cela passera par la renationalisation des grands secteurs indispensables à nos besoins primordiaux, à savoir la santé, (halte au secteur privé au sein de l’hôpital public, ainsi qu’au pouvoir exorbitant des multinationales pharmaceutiques), les transports, la distribution de l’énergie et de l’eau. Mention spéciale doit être faite aux banques, qui ne sont plus au service du citoyen, mais qui spéculent sur l’exploitation des ressources du tiers monde jusqu’à épuisement, et qui gonflent artificiellement les différentes bulles boursières jusqu’au prochain krach. Nationalisons les banques de dépôt et fermons les officines spéculatives. Retournons au slogan « les banques je les ferme, les banquiers je les enferme ».

Cela veut dire qu’il faudra relocaliser nos moyens de production, tout en les dimensionnant aux seuls besoins de l’épanouissement normal de l’homme, sans créer de besoins artificiels qu’induit la consommation à outrance. A SUD-Rail nous nous sommes fait depuis longtemps les chantres des circuits courts, du bio dans une agriculture raisonnée et raisonnable. Cela induit que les schémas mentaux dépassés de l FNSEA devront faire place à une agriculture de subsistance qui n’épuise pas les sols, ne les empoisonne pas par l’abus de pesticides. Cela est valable également pour la pêche. Pendant le confinement les stocks de poissons se reconstituent peu à peu. A nous de les gérer avec parcimonie pour ne pas retomber dans les méfaits de la pêche industrielle qui racle les océans.

En tant qu’anciens cheminots, redisons haut et fort que le rail reste le transport le plus écologique pour les voyageurs comme pour les marchandises, même si le mode de production de l’énergie nécessaire reste problématique, notamment à cause des centrales nucléaires. Pour autant, nous devrons imposer non seulement un moratoire sur la suppression des lignes rurales, mais aussi leurs réouvertures là où elles étaient pertinentes. Cela ne pourra se faire qu’à travers une société nationale intégrée, comme c’était le cas partout en Europe avant la folie libérale qui a tout détruit depuis des décennies. Nous exigerons donc le retour partout en Europe à des compagnies nationales d’état, coopérant entre elles, et donc à la fin des compagnies privées qui n’engendrent que dumping social et baisse de qualité du service et de la sécurité, contrairement à ce qu’affirment nos politiques vendus aux lobbies routiers.

Et pour lutter efficacement contre le réchauffement climatique, qui, rappelons-le, sera à terme bien plus meurtrier que la crise sanitaire actuelle tout en favorisant leur multiplication, il faudra porter un coup d’arrêt au tourisme de masse et au transport aérien. Celui-ci devra être réservé aux déplacements urgents et aux vols intercontinentaux, ce qui induit la remise en route de trains de nuit à l’échelle des continents, sûrs, confortables, rapide et efficaces. Rappelons-nous, il n’y pas si longtemps, on pouvait traverser l’Europe entière avec des trains directs à moindre coût et avec une empreinte écologique correcte. Ne serait-ce qu’au départ de Pris, on pouvait se rendre d’une traite à Lisbonne, Copenhague, İstanbul ou Moscou (la seule destination subsistante actuellement). Cela reste également valable sur les autres continents : les USA avaient le plus long réseau ferroviaire au monde, et on pouvait aller partout en train. Certes cela reste moins rapide que l’avion (quoique les pauvres se déplacent le plus en bus lents, polluants et dangereux), mais il faut savoir ce que l’on veut et mesurer notre rapport au temps. Désire-t-on se déplacer le plus vite possible vers la mort par asphyxie de soi comme de la planète, ou pouvoir continuer à jouir paisiblement du bonheur d’une Terre préservée en maîtrisant notre frénésie de consommation et de vitesse ? N’oublions jamais que contrairement à la crise du coronavirus, meurtrière certes mais réversible, le dérèglement climatique risque d’être irréversible et d’entrainer rapidement l’effondrement complet et définitif de nos civilisations soi-disant avancées. La croissance éternelle sur une planète finie et aux ressources épuisables est un leurre dangereux à très court terme.

Que cette catastrophe sanitaire soit enfin l’occasion d’en prendre conscience et de de bouleverser en bien nos modes de vie et de consommations suicidaires. Faisons en sorte que ce rêve devienne une réalité concrète, en combattant sans relâche ceux qui voudront nous faire reprendre les mauvais chemins. Et alors quelque part on pourra remercier ce sale petit virus d’avoir décillé à temps les yeux d’une humanité jusqu’à présent sourde et aveugle aux dangers qui la guettent.

Pour prolonger la réflexion voici en pièce jointe celle d’un retraité SUD-Rail du syndicat de Paris-Est.

Vers un pistage massif … voir l’article de Médiapart en pièce jointe.

Méfions-nous des “informations” rabâchées à longueur de journée par les médias. Ce lien vous renvoi vers un communiqué d’ACRIMED sur le sujet. Profitez-en pour visiter leur site, ils ont un sens très critique des médias :
https://www.acrimed.org/Au-nom-du-pluralisme-taisez-vous

Ce lien vous amène à une petite vidéo sur le confinement et la répression : https://www.facebook.com/100001317798949/posts/2832768046777094/?sfnsn=scwspwa&d=w&vh=i&extid=1ZxcvvqHwwZKlWzZ&d=w&vh=i

Et pour finir des sourires, de la musique, des dessins, des vidéos en pièces jointes et en suivant ces liens : https://www.youtube.com/watch?v=rEjvRktXeis&feature=youtu.be https://www.youtube.com/watch?v=Zs6owPWjMDI

A bientôt pour d’autres réflexions. N’hésitez-pas à faire partager les vôtres sur notre boite mail. Bon courage à toutes et tous et surtout prenez soin de vous et de vos proches. En ces temps difficiles le mot Solidarité prend toute sa valeur !

Le Bureau de la Liaison Nationale des Retraité-e-s SUD-Rail

Confinement et Solidarité N°11

Jeudi 9 avril 2020, vingt-cinquième jour de confinement.

Bonjour à toutes et tous nos retraités !

Voici bientôt 20 ans que la Liaison Nationale des Retraité-e-s SUD-Rail existe. Elle a été créée pour établir un lien durable et régulier entre tous les retraité-e-s de notre organisation syndicale.

Depuis plus de trois semaines (l’origine du confinement) le Bureau de notre liaison adresse deux à trois fois par semaine à tous les retraité-e-s qui ont une adresse e-mail, une information sur la difficile période que nous vivons. Bien sûr nous aurions aimé l’adresser à l’ensemble de nos adhérents mais les règles du confinement rendent impossible le recours au courrier postal. Ceci étant, internet nous permet tout de même de correspondre avec 800 retraité-e-s environ. Ainsi, pour vous accompagner dans ce confinement, nous vous adressons régulièrement des réflexions, des analyses, des articles de presse, des vidéos d’actualité. Nous y joignons souvent quelques sourires sous forme de dessins et petits films humoristiques.

Nous souhaiterions connaitre votre avis sur cette note d’information que nous avons appelé “Confinement et solidarité”. Correspond-elle à vos attentes ? Devons nous la poursuivre ? Comment l’améliorer ? Nous comptons sur vous pour nous faire remonter MASSIVEMENT toutes vos critiques positives ou négatives. Nous attendons avec impatience vos réponses qui nous permettront de l’améliorer ! Merci à toutes celles et ceux qui prendront le temps de nous répondre.

UNE CRISE MULTIFORME

Les media parlent à l’envi de « crise » du coronavirus. En fait il y a plusieurs crises imbriquées, l’apparition de ce sinistre virus n’étant que la première résultante de plusieurs facettes d’une crise globale, systémique, universelle, et uniquement liée à la folie humaine.

Tout d’abord, nous assistons bien à une crise écologique sans précédent, sur laquelle nous nous sommes déjà exprimés. Que ce soit dans le Lien, ou dans ces petites notes censées nous éclairer sur bien des aspects de cette catastrophe, nous avons stigmatisé les attaques sans précédent que subit la planète et son biotope : pollutions (air, sols, eau), déforestation, pesticides, perte de biodiversité, accroissement incontrôlable des températures suite à l’émission exponentielle des gaz à effet de serre, surpopulation dans des mégapoles monstrueuses ou les oasis des quartiers riches ne cachent pas la misère et la promiscuité d’immenses bidonvilles, surtout dans les pays du tiers-monde,…Tout ce contexte explosif a fait que des virus passent la barrière de espèces, et sont de véritables bombes à retardement, dont la première vient d’exploser sous nos yeux hagards. Et si nous ne changeons pas immédiatement de cap, ce genre de phénomènes sanitaires pourrait très vite devenir récurrent.

Mais il s’agit également d’une crise économique. La mondialisation, paravent du capitalisme financier le plus sauvage, a enfin montré aux incrédules qu’il menait l‘humanité droit dans le mur. Le confinement de la moitié de la population mondiale, l’arrêt forcé de nombreuses branches de l’économie ont démontré de manière soudaine et brutale que cela fait des décennies qu’on fait fausse route. Errare humanum est, perseverre diabolicum. Cette crise sera-t-elle enfin l’occasion de démonter qu’un autre monde est possible, en produisant sobrement et localement pour nos propres besoins essentiels ? Est-il concevable que nous risquions de manquer de curare, indispensable aux anesthésies, parce qu’il vient essentiellement, au nom du moindre coût, de Chine ou d’Inde ? C’est par notre action qu’il conviendra d’infléchir les tendances mortifères du libéralisme global.

Qui dit crise économique dit évidemment crise politique, et ce sont bien les dogmes ultra-libéraux qui s’écroulent, foulés au pied, même si c’est provisoire et insincère, par ceux mêmes qui ne juraient que par eux. Souvenez-vous, il y a trois mois, on nous jurait les yeux dans les yeux qu’il était impossible d’infléchir la doxa économique, que la main invisible du marché régulait le monde pour le plus grand bonheur de tous, qui était irresponsable de déroger aux sacro-saintes règles d’orthodoxie budgétaire, que ceux qui voulaient des limites et des règles au libre-échange étaient au mieux des utopistes, au pire des fascistes,… et patatras ! Un micro-organisme invisible vient de manière ultravisible de démonter qu’on peut faire tout le contraire de ce qu’on professait doctement jusqu’alors: les états retrouvent l’utilité de la planche à billets, des crédits, des services régaliens, bref ils se remettent eux-aussi d’une très longue maladie qui les condamnait à notre mort mentale au profit des seules multinationales monstrueuses. Faisons simplement en sorte qu’au sortir de la maladie il n’y ait pas une rechute brutale des anciens errements !

La crise sociale est une évidence : pendant que les riches fuient le désastre et se réfugient derrière leurs ordinateurs dans leurs résidences secondaires, les travailleurs des services essentiels sont en première ligne sans armes, comme les liquidateurs de Tchernobyl. Les applaudissements de 20h au personnel soignant (qu’il faudrait étendre à l’ensemble de celles et ceux qui prennent des risques pour que toute la population se nourrisse, de déplace et subvienne tant bien que mal aux besoins primordiaux) ne coûte rien, contrairement aux médicaments, masques et aux salaires qu’il faudrait tout de suite augmenter définitivement. Faut-il sauver les citoyens, les entreprises ou les capitaux ? Poser la question c’est y répondre. Là aussi il est temps de changer de paradigme.

Enfin cette crise est essentiellement sociétale : l’apparition de ce virus est bien la conséquence directe de nos choix civilisationnels aberrants et impossibles à poursuivre. Quand on entend les vilains corbeaux de la finance croasser « croissance croissance », quand on voit les dirigeants des grandes compagnies aériennes trépigner d’impatience pour faire repartir la folie consumériste des voyages inutiles, quand on entend le responsable de l’agence régionale de santé de Nancy oser affirmer qu’après la crise le plan d’économies des hôpitaux de son secteur reprendra (il prévoit d’ici 2025 la suppression de 5987 personnels et de 174 lits !!!), on se dit que certains n’ont rien compris, ne comprendront jamais rien, et que ce sont des nuisibles, des parasites sociaux, des criminels qu’il faut définitivement mettre hors d’état de nuire. Mais ce ne sera ps suffisant : il faudra changer fondamentalement nos modes de vie, limiter le transport aérien aux services intercontinentaux, redévelopper le chemin de fer, en finir avec la consommation à outrance et le tourisme de masse si ne voulons pas la mort à court terme de notre planète (ou du moins de son espèce la plus invasive). N’oublions pas que la pollution atmosphérique tue environ 10 fois plus que le coronavirus. Le COVID-19 nous aura volé notre printemps, ne laissons pas le réchauffement climatique nous voler définitivement la vie !

Le confinement doit aussi nous amener à nous interroger sur la souffrance animale, et sur notre place sur cette planète malmenée par nos choix scandaleux.

Et pendant ce temps…la triste équipe de clowns que l’on appelle le Gouvernement nous montre chaque jour le spectacle désolant de son incurie qui frise des sommets, avec un savant cocktail de bêtise, d’incompétence, de mauvaise foi, de mensonges. N’en jetez plus ! Laissons pour conclure la parole à Ollivier POURRIOL , philosophe et essayiste, dans le Nouvel Observateur, qui s’en prend à juste titre au Ministre de l’intérieur et du Confinement, au préfet de police de Paris (dit l’aboyeur ou le Berger Lallement) et à la porte-parole de cette bande de nocifs, la si-bien nommée Sibeth. Vilipendant leurs ordonnances qui sont autant d’ordres et de contre-ordres dans le désordre de leurs cerveaux malades – pas du virus, mais du capitalisme dont on meurt ou reste idiot – : « Par édit public, il est permis aux membres du gouvernement d’être fiers de leur action, au Ministre de l’Intérieur d’insulter les vivants, au Préfet de Police d’insulter les mourants, à leur porte-parole d’insulter l’intelligence, à tous d’être des vilains, et à Monsieur Macron de promener son chien ». Il fait allusion aux propos scandaleux et délirants de Castaner traitant d’abrutis ceux qui fuient Paris, à Lallement qui dit que c’est le non-respect du confinement qui mène les gens en réanimation, et à la bla-bla-teuse de service de justifier le non-recours aux masques car ils sont difficiles d’utilisation ! Qu’ils disparaissent tous dans les latrines de l’Histoire, sauf le chien s‘il mord son maître !

Voici en pièces jointes :

Рune r̩flexion sur la p̩riode actuelle transmise par un retrait̩ SUD-Rail du syndicat de Limoges,

– deux articles du Monde Diplomatique du mois d’avril : au cÅ“ur de la tourmente, l’industrie pharmaceutique s’enrichit sans vergogne : 20%, 200%, 232%, 1 370%…. les actions des labos explosent. On le savait déjà mais ça fait encore plus mal en pleine pandémie. Quelle indécence !
Heureusement Macron va s’adresser au peuple lundi. Rappelons nous simplement ce que disait un de ses prédécesseurs en 2008 : “Une certaine idée de la mondialisation s’achève avec la fin d’un capitalisme financier qui avait imposé sa logique à toute l’économie et avait contribué à la pervertir. (…) L’idée que les marchés ont toujours raison était une idée folle.”

Suivez ce lien vers une vidéo édifiante…. sur les méthodes des forces de l’ordre :
https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=125590462394650&id=105848497702180?sfnsn=scwspwa&d=w&vh=e&extid=Ex6m8NrdQhG0XSx8&d=w&vh=e

Suivez ce lien vers une chanson que même Brassens aurait validée : https://www.facebook.com/100008414978289/posts/2372006136423196/?d=n

Et pour finir en sourire ci-joint quelques dessins.

A bientôt pour d’autres réflexions. N’hésitez-pas à faire partager les vôtres sur notre boite mail. Bon courage à toutes et tous et surtout prenez soin de vous et de vos proches. En ces temps difficiles le mot Solidarité prend toute sa valeur !

Le Bureau de la Liaison Nationale des Retraité-e-s SUD-Rail