Archives mensuelles : mai 2020

Déconfinement et Solidarité N°2

Samedi 16 mai 2020, sixième jour de déconfinement….
Bonjour à toutes et tous nos retraités !

ENCORE DES CAFOUILLAGES ET DE PLUS EN PLUS DE CRAPULERIES
Lorsqu’on regarde un journal télévisé, ou qu’on écoute la radio, on est souvent pris entre deux réactions contradictoires : celle de s’indigner, de hurler de colère, et celle, moins stressante, de se rouler par terre d’hilarité tant nos politiques, les grands groupes industriels, (leurs maîtres) ou les journalistes suffisants (leurs laquais) nous font nous tordre de rire, tant le cafouillage général de la crise sanitaire donne lieu à, suivant votre humeur, une franche rigolade ou des ricanements sarcastiques.
Car les cafouillages continuent. Ordres, contre-ordres, désordres, la litanie des mesures de ceux qui gouvernent à vue continue. Dernier rectificatif, celui édité par le Conseil Constitutionnel concernant la limitation à 10 personnes dans les lieux privés, qui est retoquée. Pourquoi, comment, nul ne le sait vraiment. Il faut dire que pour trouver des habitations où l’on puisse se réunir à plus de 10 en respectant les gestes-barrière et autres mesures de distanciation, il faut au moins posséder une grande villa, voire un manoir. C’est dire la conception de la vie ancrée dans l’esprit de ces nantis grassement payés par le contribuable pour veiller entre sieste et apéro à la conformité constitutionnelle des ordonnances.
De même le cafouillage, qui vire à la passe d’armes, entre le Ministre de la Santé et la Maire de Paris sur la réouverture des plages et le refus de celle des parcs et jardins, prêterait à sourire, si la santé physique et mentale de milliers de citoyens n’était affectée par des mesures contradictoires où la logique a eu mal parfois à faire sens. Certes, il est plus facile de permettre aux promeneurs de s’ébattre sur des grandes plages bretonnes ou normandes (mais attention : pas pour bronzer ou pique-niquer) que de laisser les citadins s’agglutiner dans des espaces verts mesurés. Pourtant il y aurait des solutions pour limiter les entrées ou surveiller les comportements par exemple, mais évidemment cela induit la présence de personnel (gardiens, employés municipaux, voire forces de police) qui ne sont pas inextensibles, surtout quand le gouvernement a méthodiquement sabré dans les effectifs. Quoi qu’il en soit, il faudra vite trouver des solutions si on veut éviter que, les beaux jours et la chaleur venant, les Parisiens et autre citadins craquent, au risque de comportements dangereux dans les lieux restés ouverts, comme on a pu le voir le long des canaux par exemple. Une chose est sûre, le gouvernement reste plus motivé pour s’affranchir, ou du moins assouplir, les règles sanitaires lorsqu’il s’agit de prendre les transports en commun afin d’aller engraisser les patrons, que pour laisser une certaine souplesse afin que les gens respirent. D’autant que certains édiles, aidés par des polices municipales zélées, n’hésitent pas à en rajouter dans l’interprétation des textes pour interdire selon leurs lubies les plaisirs anodins de la vie, profitant du flou national pour assouvir leurs abus de pouvoir.
En ce qui concerne les mesures de priorité aux travailleurs dans les transports de la vie quotidienne aux heures de pointe, autre cafouillage, autre flou toujours pas résolu. Les heures de pointe édictées (6h30-9h30 et 16h19h) s’appliquent-elles aussi les samedis, dimanches et jours fériés, au risque de priver les Franciliens de moments de détente chez les amis ou en forêt ? Cette question pertinente n’a à l’heure où nous écrivons toujours pas reçu de réponse claire, signe de l’amateurisme et du manque de rigueur des pouvoirs publics.
Plus inquiétant, le cafouillage semble régner au sein des « experts » du corps médical, des épidémiologistes et autres virologues, chacun y allant de sa petite musique, au risque de dérouter le citoyen lambda et le faire douter, voire paniquer. Certes, ce virus d’un genre nouveau reste difficile à appréhender, et ses réactions sont pour le moins protéiformes et surprenantes, mais de grâce, arrêtez de colporter des scénarios de l’extrême, allant du plus rassurant au plus mortifère, dont personne n’est au fond sûr de la probabilité, à moins d’user de la bonne vieille boule de cristal. Entre ceux qui affirment que le virus va rapidement mourir de sa belle mort (et comme on souhaite qu’ils aient raison !), ceux qui pensent qu’il y aura des périodes de flux et de reflux, et ceux qui prédisent une apocalypse avec une deuxième vague pire que celle d’Hiroshige, on ne s’y retrouve plus. Sans compter l’OMS, qui, après avoir dans un premier temps minimisé l’ampleur de la pandémie, la déclare aujourd’hui endémique, pitié ! Le jour où les uns et les autres parleront de ce dont ils sont sûrs et qu’ils connaissent bien, il faudra prévoir des bandes musicales sur les ondes pour meubler les vides !
Mais surtout il faut une bonne dose de stoïcisme pour écouter les informations sans tomber d’apoplexie quand on entend les coups bas et autres crapuleries dont certains profiteurs de la crise se prévalent de plus en plus. En voici un petit florilège (liste non exhaustive):
-des logiciels-espions sont en cours d’élaboration pour surveiller les examens à distance pour les étudiants. Ces logiciels détectent la présence de personnes dans une pièce, et tout autre bruit qui prouveraient que le candidat se fait souffler les réponses. Hallucinant ! Et n’oublions pas que nos dirigeants phosphorent toujours sur l’application Stop-Covid, qui, outre son côté intrusif et délateur, reste aujourd‘hui illégal et liberticide, sans compter son coût exorbitant. La sécurité sanitaire ne doit pas passer avant les libertés fondamentales !
-Le problème du plastique, qui devait trouver un embryon de solution en 2021, avec la fin programmée des usages uniques, est remis en avant par la prolifération des gants, masques, gels, blouses, plexiglas de protection, conditionnements alimentaires, couverts jetables induits par la pandémie. C’est l’occasion rêvée pour les lobbies concernés d’avancer leurs pions et de demander un moratoire sur les mesures environnementales.
-Les grandes banques françaises profitent de l’attention focalisée sur la pandémie pour investir discrètement sur les exploitations pétrolières et les gaz de schiste. Le fric avant tout, jusqu’au bout !
-le laboratoire français SANOFI annonce qu’en cas de découverte d’un vaccin contre la Covid-19 les Etats-Unis seraient servis en premier, car ce sont eux qui ont craché au bassinet pour les recherches. Le PDG a dû rétropédaler devant le tollé justifié suite à cette déclaration honteuse, alors que Sanofi n’hésite pas à encaisser des crédits d’impôt faramineux en France au nom des aides à la recherche. Dans le même temps les hôpitaux américains licencient parce que suite à la pandémie ils ne procèdent plus à des opérations juteuses. Les hôpitaux privés, les laboratoires pharmaceutiques sont des charognards qui s’enrichissent sur le dos des malades et de la détresse humaine.
-La distanciation physique ne concernera pas les avions, qui ne pourraient plus faire de gros bénéfices tout en cassant le prix des billets avec du dumping social si l’on appliquait la mesure du siège vide sur deux, ce que l’on exige par contre de la SNCF sans lui apporter les aides financières auxquelles l’aérien a droit. La haine anti-ferroviaire et anti-cheminots est bien ancrée dans le psychisme ultra-libéral de ce gouvernement.
-Notre bon Empereur saura récompenser dignement les glorieux serviteurs de la santé publique en leur consacrant le 14 juillet et leur attribuant collectivement la Légion d’Honneur. Ca ne mange pas de pain, contrairement à l’augmentation des salaires, la réouverture de lits, ou l’arrêt des restructurations
-Quant aux salariés en général, ils ont bien compris que ce seront les sacrifiés de la crise : augmentation prévue du temps de travail, pertes de salaires, et maintenant, la proposition de l’infâme Pénicaud de transférer des congés vers les soignants ! On croit rêver! Ce seront aux travailleurs de s’entraider pendant que les nantis continueront leurs petites affaires sans rien débourser ! Et qu’on ne s’y méprenne pas, les retraités seront mis à contribution par la hausse des contributions, voire par des ponctions sur leur pension.
Mais ce n’est pas de charité dont les Français auront besoin, mais de justice sociale et d’une juste contribution de chacun à l’effort à la mesure de ses moyens, surtout de la part ces plus aisés qui profitent de tout, de la misère, de la précarité qu’ils ont organisées, et maintenant de la crise sanitaire, pour sabrer encore un peu plus les acquis sociaux et les revenus pour leur seul profit, en enrobant le tout au nom de la solidarité. Crapules, voleurs, profiteurs ! Nous ne vous laisserons pas faire !

En PJ deux articles de Médiapart : Le tsunami social qui vient. Travailler plus, ou le retour de la guerre sociale.
On arrête tout, on réfléchit : 57 minutes de bonheur… :
https://www.facebook.com/Pierre.Carles.Officiel/videos/674399406680909/

Le slam de Narcisse : https://youtu.be/DkbTJVSlwbo
Quelques sourires en pj.

A bientôt pour d’autres réflexions. N’hésitez pas à faire partager les vôtres sur notre boîte mail. Vous pouvez retrouver toutes nos informations sur le blog de la Liaison Nationale des Retraité-e-s : http://www.retraitesudrail.org/
Bon courage à toutes et tous et surtout prenez soin de vous et de vos proches. En ces temps difficiles, déconfinés… ou pas, le mot Solidarité prend toute sa valeur !
Le Bureau de la Liaison Nationale des Retraité-e-s SUD-Rail.

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«Travailler plus» ou le retour de la guerre sociale

12 mai 2020 Par Romaric Godin

À peine le confinement est-il levé, progressivement, que les élites économiques lancent déjà l’offensive contre les 35 heures, leur vieille obsession. Mais cette demande est moins fondée sur le plan économique que dans l’optique d’une attaque généralisée à venir contre le monde du travail.

Les 35 heures sont déjà dans le collimateur. Alors que le confinement est « progressivement levé », la cohorte d’instituts néolibéraux divers n’a pas tardé à lancer une vaste offensive contre la réduction du temps de travail. Après l’Institut Montaigne le jeudi 7 mai, c’est l’Ifrap, un des fers de lance du néolibéralisme en France, qui, ce week-end, a fait la même proposition : lever les 35 heures pour permettre la « reconstruction de l’économie ». Immédiatement, sur France Inter, le chef de file des députés Les Républicains (LR), Christian Jacob, y est allé de son couplet sur le « carcan des 35 heures ».

Les chaînes de télévision en continu et de nombreux autres médias ont rapidement emboîté le pas et n’ont cessé de poser cette fausse question : « Faut-il travailler plus pour sauver l’économie ? » Le ton avait été donné par le gouvernement lui-même, qui avait profité de l’état d’urgence sanitaire pour rallonger la durée maximale du temps de travail de 48 à 60 heures par semaine.

L’usine Flins de Renault. © Reuters

Comme d’habitude, cette offensive s’appuie sur une apparence de « bon sens » : pour que l’économie reparte, il faut produire plus, et pour produire plus, il faut travailler plus. Élémentaire. Et pourtant, tout dans ces propositions semble très largement à côté de la plaque.

Pour le saisir, il faut d’abord refaire le point sur la situation économique actuelle. Le confinement a empêché physiquement une grande partie de la consommation et de la production. L’État a assuré le maintien d’une large part des revenus perdus, mais l’hypothèse d’une reprise rapide n’est plus envisagée désormais, pour plusieurs raisons : la persistance de l’épidémie, qui contraint la consommation, les pertes de revenus induites par le chômage partiel et l’absence de chiffre d’affaires, l’incertitude radicale quant à l’avenir de cette épidémie et de l’emploi, qui paralyse les dépenses d’avenir.

L’impact en termes de PIB pour la France est encore largement incertain. Le gouvernement prévoit un recul de 8 % sur 2020, mais il y a fort à parier que le bilan sera encore plus négatif in fine.

Pour « relancer la machine » plus rapidement, nos instituts se concentrent classiquement sur l’offre productive. En permettant à chaque entreprise de faire travailler davantage – et gratuitement – les salariés, ils espèrent dynamiser la production à moindre coût et donc améliorer la rentabilité des entreprises, et partant leur capacité future à embaucher et à investir. Mais cette recette, qui ressort à chaque crise, ne prend guère en compte la situation réelle de l’économie française.

Certes, cette crise a la spécificité d’être une crise conjuguée de l’offre et de la demande. Mais la crise de l’offre n’est en aucun cas liée à une sous-capacité structurelle à produire, comme cela peut être le cas après une guerre où la structure productive a été dégradée et modifiée. Dans le cas actuel, la structure productive a été « congelée », il n’y a pas eu de destruction de capital physique, les usines, les bureaux et les magasins demeurent disponibles, et la production n’a été que modérément réorientée vers les besoins sanitaires. Cela signifie que lorsque la demande va repartir, l’offre pourra suivre.

Certes, il peut y avoir quelques retards, liés à la mise aux nouvelles normes des locaux ou à la perturbation des chaînes de valeur internationales, les États déconfinant à des rythmes différents. Mais on voit mal comment l’augmentation du temps de travail pourrait répondre à ces difficultés temporaires.

En réalité, le vrai défi du moment va plutôt être de retrouver un niveau de dépenses proche de l’avant-crise (lequel était déjà peu satisfaisant). En effet, les ménages vont devoir faire face au risque du chômage et encaisser les pertes de revenus du confinement. Ils vont devoir également prendre en compte le risque sanitaire et la menace d’un reconfinement. Dans ces conditions, l’heure ne saurait être à la consommation mais bien plutôt au maintien d’une certaine épargne de précaution. Dès lors, l’offre risque moins d’être confrontée à une sous-capacité, qui supposerait effectivement de travailler davantage pour augmenter la production, qu’à une surcapacité face à une demande prudente.

Dans ce cas, alors, la levée des 35 heures peut être la pire idée qui soit. En effet, le risque principal portant sur l’emploi est bien que les entreprises ajustent leur offre sur ce niveau faible de dépenses et, partant, licencient massivement. Or, précisément, le rallongement du temps de travail facilitera encore ce mouvement. Il sera possible de réduire les emplois encore plus fortement en faisant porter une charge de travail supplémentaire à ceux qui restent. L’impact sur l’emploi de telles mesures serait dramatique et contribuerait à déprimer encore la demande, directement par l’augmentation du chômage et indirectement par la crainte de ce dernier.

Dans ce cas, l’augmentation du temps de travail ne contribuerait pas à augmenter la production, bien au contraire. Elle permettrait, dans le meilleur des cas, de maintenir la productivité des entreprises. Mais ce serait là un équilibre très précaire, car devant la dépression de la demande et la persistance du risque sanitaire, le risque d’un ajustement permanent vers le bas ne saurait être écarté. Le bénéfice dégagé par cette mesure pourrait donc être réduit. Et comme les perspectives de croissance sont faibles, il n’irait de toute façon pas dans l’investissement mais bien plutôt sur les marchés financiers ou dans les paradis fiscaux.

Pourquoi, d’ailleurs, faudrait-il investir alors qu’il sera facile de faire travailler davantage et gratuitement son personnel ? L’attractivité d’un investissement coûteux pour augmenter une productivité que l’on peut ajuster aussi aisément sera d’autant plus faible que l’on peut faire travailler ses salariés davantage à moindre coût. Dès lors, le déclenchement du cercle vertueux décrit par nos instituts et fondé sur le seul critère du coût du travail est pour le moins douteux. « Autoriser les employeurs à augmenter fortement les horaires de travail des salariés en poste causera une nouvelle vague de chômage et le seul rattrapage qui aura lieu sera celui des profits et des dividendes, mais uniquement sur un horizon court », résume Guy Démarest, économiste et auteur d’un ouvrage à paraître cette année, La Déflation compétitive (éditions Classiques Garnier) et qui a rédigé ici une analyse sur le sujet.

Une offensive généralisée à venir

À rebours de ces recettes, il semble même que la réduction du temps de travail soit le meilleur moyen de soutenir l’emploi dans l’après-confinement. Guy Démarest explique en effet que « ce n’est que lorsque la durée moyenne effectivement travaillée baisse plus vite que le volume de travail nécessaire à l’activité économique que l’emploi augmente ». Or, dans un contexte où la productivité et la croissance sont structurellement faibles, la création d’emplois ne peut se faire que par une baisse du temps de travail. « L’évolution ultérieure de l’emploi dépendra par conséquent de l’évolution de la durée moyenne travaillée et sans réduction significative, l’emploi croîtra trop lentement et le chômage demeurera élevé », poursuit Guy Démarest.

C’est bien cette donnée que nos instituts font mine d’ignorer en se cachant derrière la vieille doctrine de Jean-Baptiste Say selon laquelle « l’offre crée la demande » et en niant toute forme de ralentissement structurel du capitalisme. Ces vieilles recettes réchauffées sous couvert d’urgence ne sauraient freiner la poussée attendue du chômage. Mais elles trahissent une forme « d’effet d’aubaine » pour des élites économiques françaises qui, depuis le début du siècle, sont obsédées par cette question de la réduction du temps de travail et des 35 heures. Car cette loi de 1998 a été perçue comme une défaite par le camp néolibéral, qui n’a eu de cesse, depuis, de la rogner, de créer des exceptions et d’en réduire la portée. Non qu’elle ait marqué une victoire unilatérale des salariés, bien loin de là, mais elle représentait un compromis entre le capital et le travail qui était inacceptable pour les tenants de la compétitivité et de l’adaptation à la mondialisation.

La crise actuelle offre donc au capital une occasion d’en finir définitivement et de remporter une victoire éclatante sur le travail. De ce point de vue, une des propositions de l’Institut Montaigne est très éloquente : elle propose de rémunérer les heures supplémentaires travaillées sous forme non plus de salaire mais de participation aux bénéfices. Autrement dit, ce travail ne serait plus payé comme un moyen de production, mais uniquement en fonction de la rentabilité du capital. Ce serait une défaite pour le travail, dont la spécificité serait niée : il ne serait pas davantage qu’un apport équivalent à celui du capital. Cela ne signifie dès lors rien d’autre que la soumission complète du travail en tant que tel, puisqu’on voit mal des salariés devenus pareils à des actionnaires contester à ces derniers le partage de la valeur ajoutée.

Ces propositions apparaissent donc comme le symptôme de cette « Restauration du capital » à venir où, après avoir été maintenu sous respirateur artificiel par l’État pendant près de deux mois et demi, le capital va exiger une soumission complète du travail à ses intérêts au nom de « l’emploi ». Cette stratégie pourra prendre des aspects « progressistes », s’accompagnant de plans de relance keynésiens ou de « relocalisations » ponctuelles, comme la Restauration de 1815 avait donné des gages de sa « modernité » pour assurer sa politique réactionnaire. Au reste, le patronat européen réclame à grands cris des plans de relance ambitieux, comme le révèlent ce 12 mai Les Échos, mais ce soutien public à la demande s’accompagnera d’une stabilité de la fiscalité sur le capital et d’une soumission croissante du travail.

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Cette stratégie néokeynésienne est une variante connue du néolibéralisme. Elle s’appuie sur l’idée que l’État doit intervenir, en cas de choc exogène, pour rétablir la rentabilité du capital et la « normalité » du fonctionnement des marchés. Mais cette intervention a un double aspect. D’un côté, il s’agit de relever le niveau de la demande globale pour favoriser l’emploi des capacités de production, et, de l’autre, il faut favoriser les « réformes structurelles » pour améliorer l’allocation des capitaux et faciliter les « équilibres de marché ». Autrement dit, dans cette vision, relance budgétaire et soumission du travail vont de pair. Sans compter que cette relance finit toujours par être payée in fine par la population, puisque toute fiscalité du capital est nuisible.

Cette Restauration du capital devrait donc bien s’accompagner d’une réduction de la protection sociale et de la protection de l’emploi, au nom même des créations d’emplois. Le débat en son sein pourrait donc prendre un tour inquiétant, entre ceux qui souhaitent augmenter le temps de travail et ceux qui souhaitent le fractionner en favorisant la précarité et le temps partiel, sur le modèle allemand d’une réduction subie du travail, dirigée selon les intérêts du capital. Dans les deux cas, la situation des salariés ne pourrait cependant que se détériorer. Dans le premier cas, on l’a vu, par l’augmentation du chômage et, dans le second, par la détérioration des conditions de travail et de vie.

Il est même fort envisageable qu’une synthèse de ces deux visions finisse par s’imposer au nom de « l’emploi » : l’augmentation légale du temps de travail permettrait d’améliorer la rentabilité, tandis que la précarisation assurerait à la fois un taux de chômage faible en apparence et une baisse du coût du travail. Ceux qui se retrouveraient sur le bord de la route en raison de l’augmentation du temps de travail en seraient réduits à accepter des emplois précaires pour survivre, faisant baisser les exigences salariales durablement, ce qui est le seul salut du capital en période de stagnation séculaire.

Pour cela, il faudrait cependant une assurance-chômage plus stricte et moins généreuse, ce qui est à portée en France, où le gouvernement n’a que « suspendu » la réforme de l’assurance-chômage.

Tout prendrait alors sens : le capital, soutenu inconditionnellement par l’État, soumettrait entièrement le travail à sa propre logique. Le chantage à l’emploi et l’usage d’un « bon sens » de pacotille seraient les deux armes à la disposition de cette offensive dans l’opinion. Ces « propositions » sur les 35 heures annoncent donc une exacerbation de la guerre sociale, reprenant très clairement celle qui avait cours avant l’épidémie de coronavirus dans notre pays. Si le monde du travail n’est pas capable d’y répondre, il sera le grand perdant de la crise à venir.

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Déconfinement et Solidarité N°1

Bonjour à toutes et tous nos retraités !
Et nous voici repartis plus motivés que jamais pour affronter ce déconfinement. Sans plus attendre voici le N°1 de ce bulletin d’information qui vous sera adressé 2 fois par semaine et plus si l’actu l’exige.

CAFOUILLAGES ET CRAPULERIES
Lundi 11 mai 2020, premier jour du déconfinement…Et, comme il fallait s’y attendre, déjà des cafouillages. Certains ne sont pas spécialement dus à l’incurie gouvernementale, comme le mauvais temps qui s’est abattu sur tout l’hexagone, alors que durant les deux mois de confinement il avait fait un soleil radieux quasiment tous les jours. Cette météo déplorable n’est assurément pas le fait du gouvernement, et heureusement, car si celui-ci avait le pouvoir de commander au temps qu’il fait, cela ferait longtemps qu’il serait privatisé, et il faudrait payer pour se dorer au soleil, alors qu’il vaserait comme vache qui pisse sur les pauvres. Notons que cela est quelque part déjà un peu le cas, car le réchauffement climatique et son cortège de phénomènes météo erratiques sont bien dus aux mauvais choix économique qui depuis des décennies perturbent les climats, et contre les conséquences desquels seuls les plus fortunés, ceux-là même responsables du processus, ont le pouvoir de se prémunir. Voir par exemple l’option de bien des milliardaires de faire construire des bunkers sécurisés dans des zones paradisiaques hors d’atteinte de la montée des eaux, en Nouvelle-Zélande par exemple, laissant le prolétariat s’entasser dans des villes tentaculaires et polluées. Et si la Macronie ne commande toujours pas aux précipitations, eux qui en font tellement preuve dans le déconfinement, il n’empêche que le cafouillage du lundi matin sur la ligne 13 du métro parisien et la ligne B du RER sont significatifs. En effet, une inondation consécutive aux forts orages de la nuit est responsable d’un trafic chaotique sur la 13, tandis que des chutes de branches sur les caténaires bloquaient celui du RER B. D’où des cohues et entassements de voyageurs dans de rares rames bondées, ce qui laisse bien mal augurer du respect de la distanciation sanitaire au moindre pépin. Or tous ceux celles et ceux qui pratiquent les transports en commun tous les jours et par tous les temps, ce qui n’est pas le cas de nos ministres, décideurs et autres éditocrates, savent d’expérience que ce genre d’impedimenta survient tous les jours : intempéries, signaux d’alarme, pannes de matériel, actes de malveillance, accidents de personnes…voilà le lot quotidien de ceux qui pour des salaires de misère font marcher la machine, au risque actuellement de contracter le virus.
Cafouillage également, la non-promulgation à temps de la loi d’urgence sanitaire, car le conseil constitutionnel n’a pu se réunir à temps pour en débattre. Pourquoi ? Le réveil n’a pas sonné, ou l’express venant de Deauville ou de la Baule était en retard ? Quoi qu’il en soit cela fait mauvais genre et témoigne de l’état d’amateurisme et d’agitation stérile de nos dirigeants.
Autre cafouillage qui prête à sourire, et qui prouve la bêtise et l’état « hors-sol » dans lequel se trouvent nos ministres, la sortie de…non non, pas de Sibeth, pour une fois (mais ne vous inquiétez-pas, elle travaille déjà à sa prochaine élucubration en secret !), mais du secrétaire d’état aux transports, le sieur Djebarri, lequel s’était déjà illustré par sa haine et son mépris des cheminots et traminots en lutte à l’hiver dernier. Questionné sur de possibles embouteillages suite à l’usage immodéré de la voiture pour aller au boulot, ce génie des carpettes a péremptoirement déclaré qu’il suffisait de favoriser le covoiturage. Oups ! Ce bon serviteur de l’Empereur s’est trompé d’épisode : cet élément de langage était idoine lors de la prise en otage des gentils usagers par les méchants grévistes il y a quelque mois, mais là cette saillie mérite un bonnet d’âne. A cinq dans une voiture, bonjour le respect des distances. Certains méritent un masque d’or pour mieux fermer leur grande gueule.
Cafouillage aussi à l’usine Renault de Sandouville, près du Havre, où la CGT a obtenu du tribunal la re-fermeture du site. La polémique fait rage, car il semblerait que ce ne soit pas pour des motifs de non-respect des mesures prophylactiques, mais plutôt sur un vice de procédure. Cela a entrainé l’ire disproportionnée du syndicat maison-félon, celui dont le boss est le bon Berger, avec en retour une satire homophobe de la CGT très malvenue et inadmissible. Bref l’état du syndicalisme dans notre pays, et surtout de leurs dirigeants, nous laisse dubitatifs sur leur capacité à construire une réponse efficace face à la mise au pas des salariés. D‘autant que les réactions de ceux-ci sont parfois contradictoires, écartelés qu’ils sont entre l’impérieuse nécessité de gagner leur vie et la mise en danger concomitante de leur santé, véritable aporie aggravée par l’insistance frénétique de nos « élites » à faire redémarrer coûte que coûte la machine économique. Cela démontre que les capitalistes ont bien manœuvré depuis des années pour l’asservissement consenti des travailleurs, peu enclins à se libérer de leur joug, comme les évènements de l’hiver dernier l’ont prouvé (même si évidemment certains sauvent l’honneur par leur conscience et leur détermination). Mais cette fois-ci, vu l’ampleur des attaques, la réaction ne pourra qu’être d’ampleur. Des signes encourageants de rassemblements, de manifestations, en respectant les consignes sanitaires, montrent que ça frémit doucement mais sûrement !
Cafouillage encore dans la distribution des masques, toujours chichement proposés mais parfois vendus à prix d’or. A Paris, une distribution gratuite a dû être stoppée car les masques offerts étaient très peu pratiques d’utilisation, devant se nouer dans le cou, avec du matériel de piètre qualité. Comme quoi entre les effets d’annonce, les bonnes volontés, et les résultats concrets, il y a souvent un gouffre…
Cafouillage enfin dans les annonces sur Air-France. Le Ministre du Travail et des Coups de Menton dans le Vide, Bruno le Maire avait claironné que les aides octroyées au champion du kérosène (sept milliards d’euros tout de même, c’est un peu plus que la pension moyenne d‘un retraité de la SNCF !!!) devaient avoir comme contrepartie le respect des normes écologiques et la fermeture des liaisons intérieures facilement atteintes en TGV. Pour la première condition nous croyons savoir que la compagnie teste actuellement le réacteur à eau chaude ou l’hélice aux algues. Mais dans le même temps elle annonce la réouverture de liaisons intérieures indispensables au départ de Paris sur Bordeaux, Brest et Montpellier, villes proposant des dessertes fréquentes et comparables en temps en TGV quand on prend en compte les délais d’acheminement et d’embarquement dans les aéroports. Là aussi, chacun se répartit les rôles : le discours écolo pour le ministre bien propre sur lui, et la réalité du business as usual qui commence à reprendre comme si de rien n’était…
…Si ce n’est qu’une seule chose est vraiment en train de changer dans notre pays : c’est l’arsenal répressif croissant et la mise en coupe réglée des libertés publiques au prétexte de la lutte sanitaire. Les manifestants avaient depuis longtemps eu un avant-goût amer et douloureux des méthodes musclées du maintien de l’ordre par des forces policières de plus en plus violentes. Mais ce n’était qu’un début. Partout dans l’espace publique le bleu des uniformes devient la couleur dominante. Que ce soit dans les trains et les gares pour contrôler les ausweis de déplacement, que ce soit partout pour s’assurer que les honnêtes citoyens restent bien dans les clous, c’est l’heure bleue assurée. Et gare à la rébellion : comme aurait dit le regretté Christophe, en cas d’insoumission aux diktats de ces robocops, c’est vite les maux bleus qu’ils font chanter à coup de matraque, et, pour le récipiendaire de ces voies de faits pseudo-légales, c’est une distribution de vrai bleus, genre ticket gratuit pour l’Horion-express. A ce niveau-là, ce n’est plus du cafouillage de quelques brebis galeuses, mais bien de la crapulerie en bande organisée, et couverte en haut-lieu.
Cette haine du peuple, des petits, des sans-grades, mais aussi des seniors, suinte sous la plume de bien des éditorialistes pontifiants, tels Christophe Barbier, qui n’a de rouge que son écharpe. Ce charmant personnage vient de s’illustrer en faisant les comptes sordides de ce que coûtent à l’économie les mesures de confinement pour le seul bénéfice de quelques personnes âgées improductives. Ou comme l’éditorialiste de l’Opinion (torchon ultra-libéral et ultraréactionnaire) osant s’interroger : « fallait-il faire tout ça pour sauver des vieux blancs malades ? » Passons sur la couleur de peau des populations incriminées, totalement hors-sujet, et sur la pauvreté du vocabulaire et des concepts maniés par ces écrivaillons, qui ne parlent que de coûts, de profits, de bénéfices. Leur âme est vouée à la bourse, leur plume à la bouse ! A ce niveau de mépris des personnes âgées qu’ils seront eux-mêmes bientôt (mais placés dans des mouroirs de luxe car leur portefeuille est bien plus fourni que leur altruisme), ce n’est plus de crapulerie, mais d’ignominie, d’obscénité criminelle dont il faut parler ! Et nous ne pouvons qu’approuver la lettre adressée par des retraités Solidaires au Président de la République et au premier Ministre pour s’indigner de tels comportements, que nos seigneurs et maîtres instillent et approuvent. Même si on sait que la missive est déjà au fond de la corbeille du bureau du troisième sous-secrétaire de l’Elysée, il faut communiquer notre colère. Des fourches et des piques, voilà ce que tous ces gens méritent !

Appel à la grève à la SNCF sur Paris-Est à partir du 18 mai :
http://www.leparisien.fr/info-paris-ile-de-france-oise/transports/sncf-quatre-syndicats-appellent-a-la-greve-a-paris-est-le-lundi-18-12-05-2020-8315526.php?utm_campaign=facebook_partage&utm_medium=social
Le communiqué à la presse et la Note N°69 des Retraité-e-s Solidaires en pj
Les actualités cinématographiques, acte 11 : https://youtu.be/-tHaaitcPAo
De la musique et des sourires : https://youtu.be/9OVM2WshZh0

A bientôt pour d’autres réflexions. N’hésitez pas à faire partager les vôtres sur notre boîte mail. Vous pouvez retrouver toutes nos informations sur le blog de la Liaison Nationale des Retraité-e-s : http://www.retraitesudrail.org/

Bon courage à toutes et tous et surtout prenez soin de vous et de vos proches. En ces temps difficiles, déconfinés… ou pas, le mot Solidarité prend toute sa valeur !
Le Bureau de la Liaison Nationale des Retraité-e-s SUD-Rail.Les Français parlent aux FrançaisIMG-20200510-WA000120 05 11 Communique UNIRS 20 05 11 Communique UNIRSIMG-20200510-WA0000IMG-20200513-WA0000untitled untitledIMG-20200512-WA0001

Confinement et Solidarité N°25

Samedi 9 mai 2020, cinquante-cinquième jour de confinement.

Bonjour à toutes et tous nos retraités !
Voici le vingt-cinquième numéro de “Confinement et solidarité” qui sera le dernier de la série puisque nous voici au bout de ce tunnel de 56 jours durant lesquels nous étions confinés. C’est donc la lumière qui commence à poindre, ce tunnel n’était donc pas bouché ? Espérons que la sortie ne soit pas obstruée d’une grille qui laisserait passer le jour mais nous stopperait dans nos libertés. Quoi qu’il en soit, sachez que dès le début de la semaine prochaine nous repartirons avec une nouvelle série qui vous accompagnera tout au long du Déconfinement ! En fait comme nous en avons le devoir nous poursuivrons le lien que nous devons à tous nos retraité-e-s. Malheureusement, seuls à ce jour, sont informés celles et ceux qui peuvent accéder à l’informatique car pour l’instant il nous est impossible d’adresser des courriers postaux à l’adresse de tous les adhérents. Mais ne perdons pas espoir car ce jour viendra bientôt et la Liaison Nationale des Retraité-e-s SUD-Rail prépare minutieusement le prochain journal “Le Lien” qui reviendra bien évidemment sur cette triste période que chacun de nous a vécue. En attendant voici votre dernier billet de “Déconfinement et solidarité”.

LES SEPT ERREURS ET LES VIEILLES CANAILLES
Du bon usage du déconfinement…pour ne pas être trop déconfits ! Eh bien, il sera difficile de s’y retrouver et d’éviter une certaine confusion qui nous étreint à l’annonce des mesures proposées jeudi par le gouvernement. Passons sur la différence de traitement entre les zones rouges et vertes, notamment au niveau de l’accès aux parcs et jardins. A Paris la situation va devenir problématique, avec des rues de plus en plus encombrées de piétons pressés et stressés, de vélos, de patinettes, de voitures à touche-touche. Le masque sera bientôt plus utile contre les particules fines que contre le virus. La Maire de Paris pousse bien à une réouverture contrôlée des espaces verts, mais la décision reviendra au Préfet de Police aux ordres du Gouvernement. Et quand on sait que c’est le berger Lallement, son sadisme va lui faire plutôt montrer les crocs !
Mais le véritable problème sera bien entendu celui des transports urbains et de banlieue. Dernière trouvaille pour tenter de limiter l’affluence, une attestation de l’employeur sera obligatoire pour monter dans les rames aux heures de pointe. Quand on sait que sur certaines lignes de métro et de RER c’est toujours l’heure de pointe, ça promet. Et quid des retraités qui devront emprunter les rames pour un rendez-vous médical ou personnel ? Bref le déconfinement c’est la fin des attestations dérogatoires, mais il faudra une nouvelle attestation dérogatoire pour déroger de manière dérogatoire aux nouvelles règles encore plus inapplicables que les précédentes. En revanche, les choses sont claires quant aux finalités profondes qui motivent nos dirigeants : trains supplémentaires ce week-end pour ramener à Paris les confinés de province, créneaux horaires réservés dans les transports du quotidien dès lundi prochain, il faut que les esclaves aillent enrichir leurs maîtres et donc leur faire place nette !
A part ça, les directives gouvernementales sont d’une clarté limpide que n’aurait pas reniée les regrettés Coluche ou Desproges ! C’est que cette bande de falabracs continuent dans leur gestion hasardeuse de la crise. Depuis le début de la pandémie, ce ne sont pas moins de sept erreurs fondamentales qu’ont commises l’Empereur et son gouvernement d’amateurs incompétents:
1°/ Ils ont minimisé depuis le début l’ampleur et la gravité de la crise, et tardé à prendre des mesures de sécurité sanitaires.
2°/ Ils ont menti sur les masques pour cacher la pénurie qu’ils ont eux-mêmes provoquée.
3°/ Ils ont maintenu contre vents et marées (et contre l’avis du corps médical) les élections municipales du 15 mars, avec les conséquences qu’on connaît.
4°/ Ils rouvrent les écoles dans le seul but de garderie alors que l’année scolaire est quoi qu’il en soit foutue, contre l’avis là aussi des médecins, des professeurs et des élus.
5°/ Ils instaurent un déconfinement erratique dans le seul but de relancer la machine économique sans évaluer les risques d’un rebond de l’épidémie.
6°/ Ils gouvernent de manière autoritaire comme ils l’ont toujours fait, sans tenir compte des avis contraires aux leurs, en méprisant l’opposition et les corps intermédiaires, dont les organisations syndicales.
7°/ Et surtout, surtout ils persévèrent dans leur dogme économique ultra-libéral mortifère, qui plus que jamais nous amène dans le mur.
Bref, comme beaucoup le redoutent, le monde d’après risque de ressembler furieusement à celui d’avant, mais en pire, avec notamment un recul sans précédent des libertés individuelles et des acquis sociaux, tout en favorisant ainsi la venue de nouvelles pandémies. Un petit détail en passant : 57 départements sont en zone rouge, non pas pour le COVID 19, mais pour la présence avérée du moustique-tigre, vecteur de joyeusetés telles la dengue, le chikungunya ou le virus Zika. Il ne manquerait plus que cela se télescope cet été avec une canicule et le rebond de la pandémie. Le pire n’est jamais sûr, mais au train où vont les choses…
Mais la préoccupation première de notre caste honnie est ailleurs : le business, et le fric. Il n’est qu’à écouter les bandits de l’Institut Montaigne pour s’en convaincre. Cet institut, créé par le sinistre Bébéar, des assurances Axa (un philanthrope) est dirigé sur des bases ultra-libérales par le sieur De Castries, toujours d’Axa, autre bienfaiteur de l’Humanité. Ces sympathiques personnages proclament haut et fort que pour redresser le pays (traduire : restaurer leurs bénéfices) il faudra travailler plus sans gagner mieux (traduire : en gagnant moins). Chapeau les artistes ! Et bien entendu ces olibrius ont l’oreille de l’Empereur obsédé lui aussi par les cours de la bourse.
Et qui trouve-t-on dans le comité directeur de cette assemblée de névrosés du pognon, d’obsédés du chiffre d’affaire ? Trois personnages bien connus des cheminots, car ils ont sévi à la SNCF, détruisant méthodiquement le service public ferroviaire et le statut des agents pour transformer le rail français en vaste terrain de Monopoly. Il s‘agit des citoyens Guillaume Pépy, Mireille Faugère et David Azéma, patrons de choc qui affichent ici ouvertement leur mépris des travailleurs et leur haine de l’Etat-Nation en étant membres de cette secte nocive d’adorateurs du Veau d’Or. Et bien entendu ils ne se privent pas de vomir leurs imprécations dans les médias que leurs amis possèdent ou contrôlent. Ajoutons pour faire bonne figure (non membres de ce think tank de m…. mais issus du sérail) les noms de Florence Parly, ministre des ventes d’armes, et de Sophie Boissart, dont nous avons déjà évoqué la gestion controversée du groupe Korian, toutes deux anciennes cadres dirigeantes de la SNCF, et on comprendra que sous l’ère Pépy l’entreprise ferroviaire est devenue une usine à placer et recycler des vieilles canailles qui se foutent ouvertement de l’intérêt général. Ces peu reluisants personnages sont en train de rebondir sur la crise sanitaire pour faire avaler des mesures sociales rétrogrades qui, si nous les laissons faire, vont faire revenir notre pays aux heures sombres de l’exploitation du prolétariat au XIXè siècle. Honte à eux, honte aux dirigeants qui ont osé affubler leur officine de basses œuvres du nom glorieux de Michel de Montaigne, preuve que ces gens-là ne respectent rien, si ce n’est leur portefeuille. Ce ne sont ni le respect, ni la pudeur ni l’éthique qui les étouffent. En retour, qu’ils trouvent ici l’expression de notre dégoût et de notre mépris pour ces malfaiteurs?

L’holocauste écologique et sa finalité pour la bourgeoisie, expliqués par Monique Pinçon-Charlot :

En pj une série d’articles de Médiapart.

Voici un très beau texte en musique :

Les actualités cinématographiques Acte 10 :
https://www.facebook.com/LaPeloch/videos/2552146685026492/?__so__=permalink&__rv__=related_videos

Et en pj quelques sourires en vidéo et dessins.

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Confinement et Solidarité N°24

 

Mercredi 6 mai 2020, cinquante-deuxième jour de confinement.

Bonjour à toutes et tous nos retraités !

EXCLUSIF !!!

LE PLAN DE DECONFINEMENT DU GOUVERNEMENT

Par un heureux hasard, nous avons réussi à nous procurer la dernière mouture du plan de déconfinement concocté par le gouvernement sous l’égide de son chef, le génial Edouard Philippe, dit « Poivre et Sel »., et approuvé sans regimber par les godillots de la République en Marche Arrière. En effet, alors que nous passions sous les fenêtres de l’hôtel Matignon, au premier étage la porte-parole de la bonne parole, l’inénarrable Sibeth N’Diaye officiait, et l’ouverture inconsidéré de son grand clapet a fait qu’une liasse de notes estampillée « Confidentiel Défonce » s’est envolée sous l’effet de l’appel d’air de celle qui n’en manque pas, et a atterri sous nos pieds. Nous vous livrons in extenso le produit des élucubrations de notre Etat-Major de la Prophylaxie Intellectuelle.

TRAVAIL : le but premier du déconfinemnt est bien de remettre tous les fainéants au boulot. Pour rattraper le temps perdu et le manque de production, la semaine de travail sera portée à 60 heures par semaine, soit 6 jours à 10 heures travaillées, le dimanche devant être réservé à la messe. De même, les jours fériés seront jusqu’en 2022 réduits à ceux indispensables au salut des âmes : Noël, Pâques, l’Ascension et l’Assomption. Le premier mai consacrera véritablement le travail, et les salariés devront travailler double ce jour-là sans être payés. Afin de faire baisser les chiffres du chômage, les travailleurs détectés positifs au COVID 19 seront immédiatement licenciés sans indemnités et sans rentrer dans les statistiques. L’âge de départ à la retraite sera relevé à 70 ans, et les pensions de retraites seront intégralement prises en charge par l’Armée du Salut et les Restaus du Cœur.

TRANSPORTS : Pour concentrer nos efforts sur l’acheminement des citoyens sur les sites de production tout en économisant nos moyens, seuls les métros et trains de banlieue des grandes villes seront remis en circulation, avec un  siège sur deux. Pour respecter la distanciation, les barres de maintien seront enlevées, la station debout punie d’une amende (sauf aux abords des gares et stations pour entrer et sortir des rames). Pour garantir qu’un seul siège sur deux soit occupé, le siège contigu sera équipé de clous pointes en haut, et les fakirs seront donc interdits de transport (le journal du même nom sera par l’occasion également interdit). Les lignes desservant les plages et lieux de villégiature seront déferrées, ce qui ne devrait pas occasionner beaucoup de boulot, vu que l’essentiel a déjà été fait avant la crise. Quant aux avions, ils seront réservés aux hommes d’affaires et leurs frais de transport pris en compte par la collectivité au nom du redressement national.

ECOLES : Chacun se démerdera comme il pourra, parents, profs, maires, personnels techniques, l’essentiel étant que les mômes soient hors des pattes des parents afin que ceux-ci puissent se consacrer en toute sérénité à la production de tous les biens inutiles qui font le charme de notre société évoluée. Les programmes seront allégés, de toute manière la Nation n’a aucun besoin d’intellectuels ni de gens instruits et cultivés, ils sont le ferment de la contestation.

VACANCES : Vu les mesures ci-dessus, il est hors de question de rouvrir les plages, et les 10 jours annuels de congés maintenus devront intégralement être pris sur le lieu de résidence. Néanmoins, pour les cadres dirigeants, des dérogations pourront avoir lieu, avec une carte d’accès payants aux sentiers pédestres ou aux littoraux, avec tickets d’appel et limitation de la durée des randonnées ou des baignades. Evidemment, les compagnies de CRS étant intégralement occupées à mater les contrevenants que de telles mesures ne manqueront pas d’occasionner, il n’y aura aucun secours possible et les activités de plein air devront se faire sous l’entière responsabilité et aux risques et périls des vacanciers.

SPECTACLES :  Considérant les risques sanitaires, les cinémas et théâtres resteront fermés. De toute manière, l’activité et les déclarations des différents ministres donnent déjà l’occasion à la populace de se distraire et de se rouler par terre de rigolade. Seuls les concerts de grande musique classique seront maintenus, avec billets à prix d’or, et en excluant les instruments à vent, dangereux par les postillons qu’ils émettent, et difficiles de surcroit à jouer avec un masque. Il en sera de même pour les chanteurs d’opéra et les acteurs de théâtre qui devront opérer à bouche fermée, ou avec le langage des signes. Pour obvier tous ces inconvénients, la porte-parole du gouvernement s’engage à produire gratuitement des récitals de pipeau et de mandoline quotidiens.

CAFES ET RESTAURANTS : Ils ne pourront rouvrir qu’à la condition d’offrir uniquement des tables individuelles espacées d’au moins deux mètres, et uniquement à l’air libre ou en terrasse, y compris les jours de pluie. Toute la vaisselle devra être en carton ou en plastique jetable, après tout les océans sont là pour les recycler. Le port du masque restant obligatoire, prévoir l’usage de pailles pour boire et seules les compotes, soupes et purées seront disponibles à la restauration, afin de limiter l’éjection de salive et de postillons dus à la mastication. Un comité d’études scientifique sous la direction du Professeur Mac Donald’s étudiera la possibilité de servir sous conditions du steak haché et des frites molles pour les gamins.

SANTE : Afin de renflouer les caisses de l’État, le prix des masques sera relevé à 10 € le jetable, et jusqu’à 50 € pour celui en tissu, à l’unité cela va sans dire. Le conditionnement ne sera possible que dans des boîtes d’au moins 500 unités, pour renflouer les apothicaires. Le prix du gel hydro alcoolique est fixé à 90 € le litre, et les amendes pour manquement à ces mesures sanitaires obligatoires sera porté à 350 €. Par ailleurs, la moitié des sites de production de masques, gels, tests et autres produits pharmaceutiques seront transformés pour la fabrication de casques et matraques de CRS, ainsi que de gaz lacrymogène.

PERSONNES AGEES : En conformité avec le dogme de l’obsolescence programmée, les personnes à la retraite, quel que soit leur âge, seront considérées comme des bouches inutiles à nourrir et placées sous la protection du groupe Korian, dont le siège central sera déplacé au Père Lachaise.

APPLICATION DE TRACAGE DU COVID 19

Tout citoyen devra obligatoirement être en possession de deux téléphones portables, l’un pour son usage personnel, l’autre devant impérativement être activé en permanence avec l’application de traçage électronique du COVID-19, dont les données serviront également au flicage des dissidents et à des applications commerciales bonnes pour la reprise, donc pour l’emploi.

ELECTIONS : Celles-ci seront suspendues le temps que la situation revienne à la normale, et les partis politiques provisoirement interdits, sauf ceux approuvant et véhiculant la bonne parole gouvernementale. En attendant des jours meilleurs, qui ne devront pas survenir trop rapidement afin que notre pays retrouve toute sa compétitivité, un gouvernement resserré d‘union nationale sera mis en place sous l’égide du Premier Ministre. Le président du MEDEF sera nommé Ministre du travail, et remplacera Mme Pénicaud retournant chez Danone car elle pédale très bien dans le yaourt. Monsieur Benalla sera nommé secrétaire d’état au maintien de l’ordre et sera chargé de surveiller le Ministre de l’Intérieur afin qu’il ne dise pas trop de conneries. La concierge du Ministère de la Santé remplacera au pied levé et sans difficulté l’actuel titulaire du poste, aussi brillant que sa prédécesseure (ou prédessessrisse si vous préférez) .Le Ministre des affaires étrangères, Monsieur Le Hi Han,  sera chargé de négocier avec les démocrates des grandes puissances, à savoir MM. Trump, Bolsonaro, Kim Jong Un, Orban, Poutine, Xi Jin Ping, El Assad et tant d’autres, comme Messieurs Daladier et Chamberlain avaient si bien su le faire il n’y a pas si longtemps. Bien entendu, les ministères de la justice, de l’environnement et de la culture sont suspendus, à moins que cela n’ait déjà été le cas avant la pandémie.

La durée de ces ordonnances (non remboursées par la sécu) sera indexée sur la courbe du CAC 40.

NOTA : En cas de la survenue d’une deuxième vague, voire de tsunami, de nouvelles ordonnances seront prises depuis l’Arche de Noé par le nouveau gouvernement provisoire, conseillé par les technocrates de la promotion Félix Eboué (de secours).

Fait à Paris, non pas le 1er avril, mais le 6 mai.
Signé depuis son bureau éjectable : le Premier Sinistre.

 

Voici un appel du comédien Vincent Lindon : 
http://www.mediapart.fr/journal/france/060520/un-appel-de-vincent-lindon-comment-ce-pays-si-riche?utm_source=global&utm_medium=social&utm_campaign=SharingApp&xtor=CS3-5

Ci-joint une vidéo d’un médecin en colère sur le flicage qui se prépare.

 

Quelques sourires en pj.

 

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Le Bureau de la Liaison Nationale des Retraité-e-s SUD-Rail.

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Confinement et Solidarité N°23

Lundi 4 mai 2020, cinquantième jour de confinement.
Bonjour à toutes et tous nos retraités !
HISTOIRES DE MASQUES
Les masques, encore et toujours les masques ! Mais quand donc finira ce feuilleton sordide ? Depuis le début de la crise le gouvernement s’est planté et a menti sur ce sujet crucial. Que de chemin parcouru depuis les premières déclarations péremptoires des ministres balayant l’usage des masques pour le grand public d’un revers de main méprisant, jusqu’à l’hystérie collective qui semble gagner les mêmes contempteurs d’hier. Les médias complaisants se sont saisis d’un sujet porteur qui fait de l’audience et alimentent cette excitation malsaine. Après avoir relayé l’inutilité de ces petits bouts de tissu, puis proclamé leur impérieuse nécessité, c’est ensuite leur manque criant qui a fait le buzz. Et voici que maintenant, c’est le soupçon de stocks cachés, notamment par la grande distribution, qui fait s’exciter la sphère médiatique. Encore quelques jours et on parlera des surplus que nos pauvres pharmaciens et patrons de supermarché auront du mal à écouler, suscitant la baisse historique du cours du masque ! On croit rêver devant tant d’inconstance, d’amateurisme, de revirements. Mais en même temps on a bien l’impression que l’on se fout ouvertement de la gueule du citoyen lambda. Le comble de l’obscène est atteint quand on voit les pharmaciens, du haut de leur tiroir-caisse, s’indigner du fait que les grandes surfaces puissent proposer à la vente les dits masques, privant les clones modernes du digne Monsieur Homais d’une source de revenus qui nous rappelle que les pharmaciens, ce sont surtout des commerçants. Mais enfin, un peu de décence, on parle de sauver des vies, de combattre une pandémie, pas de se disputer des parts de marché ! On comprend mieux la pertinence de la formule « querelle d’apothicaire » ! On comprend aussi l’écœurement des personnels de santé qui ont eu jusqu’à présent beaucoup de mal à se procurer des masques réellement protecteurs, eux qui sont aux premières lignes dans leur combat contre la pandémie.
C’est que la frénésie à doter de toute urgence les Françaises et les Français de masques, fussent-ils en papier mâché, s’explique surtout par la volonté patronale et gouvernementale de remettre le plus vite possible un maximum de travailleurs au boulot, pour sauver ce qui peut l’être d’une économie chancelante. Et comme ils savent tous bien que pour ce faire les prolétaires devront comme avant s’entasser vaille que vaille dans des trains, métros, tramways et bus bondés, il fallait instamment trouver un semblant de parade à la légitime inquiétude de celles et ceux que l’on va envoyer prendre des risques pour le seul profit des possédants. D’où l’idée lumineuse, et sur le fond pertinente, d’exiger le port obligatoire du masque dans les transports en commun, mais en laissant jusqu’à présent les gens se démerder pour s’en procurer, quitte à faire des queues avec les risques sanitaires que cela comporte pour se procurer coûte que coûte le précieux sésame.
Oui, coûte que coûte, car nos crânes d’œuf oublient de se préoccuper du prix des nouveaux EPI (éléments individuels de protection) que la SNCF avait au moins la décence de fournir gratuitement à son personnel. Grande victoire de la fameuse et fumeuse secrétaire d’état Pannier-Nullachier qui claironne que les masques chirurgicaux à usage unique seront plafonnés à 95 cents d’euros pièce, alors que ceux en tissus lavable seront en tarif libre, avec toutes les dérives que cela ne manquera pas d’entrainer. Mais ce sinistre personnage hors-sol oublie que, pour une famille avec des enfants scolarisés, il faudra un stock conséquent de masques (plusieurs par jour et par personne) pour aller qui au boulot, qui à l’école, qui en courses. Bref c’est un budget de dizaines, voire de centaines d’euros qui sera nécessaire à bien des familles pour avoir, non pas le droit, mais l’obligation d’aller enrichir leurs patrons et les supermarchés. Peu de politiques exigent clairement la prise en charge complète par l’Etat des masques, et donc leur gratuité, tout en organisant leur distribution comme cela se passe dans les pays civilisés voisins. Donc, en résumant, il faudra payer pour se procurer un outil rendu subitement indispensable, mais encore se démerder pour s’en procurer, tout en risquant une amende en cas de manque ou de refus d’en porter un.
Tout ceci est indigne d’une société évoluée dont nous nous targuons de représenter un des meilleurs exemples. Cette mascarade démontre bien que notre vernis civilisationnel est bien ténu, et la fragilité de notre civilisation hypersophistiquée est patente à la moindre crise imprévue. Cela prouve aussi l’inanité de notre personnel politique, surtout depuis que certains ont élu un banquier à la tête de la Nation. Et patatras ! Au premier coup de boutoir du destin, l’édifice que tous croyaient solide s‘écroule, laissant à l’état de ruines l’opulence et la facilité que tous pensaient immanentes. Celui qui se drapait dans la toge jupitérienne trop grande pour lui se retrouve tout nu, se révélant inapte à sa fonction, réduit au rôle de manager de la République, comme un vulgaire gérant de supérette uniquement soucieux de son chiffre d’affaires. Quant aux godillots de service que ce piètre président a placé aux postes clés de l’Etat, ils se couvrent soit de ridicule, comme l’indigente porte-parole dont on ne sait pas si elle a enfin appris à se servir d’un masque, soit d’opprobre comme le pitoyable Gilles Legendre, président du groupe La-République-En-Déroute à l’Assemblée Nationale. Cet aboyeur n’a pas craint d’affirmer qu’ « il ne voyait pas l’utilité d’un vote » après le débat sur le déconfinemnt. Pourquoi voter en effet, et pourquoi se fatiguer à faire vivre une démocratie, que de temps perdu (et le temps c’est de l’argent), alors qu’il suffît simplement au Patron de se proclamer Empereur et de dissoudre le Parlement et d’embastiller les opposants ! Napoléon III, dit Napoléon le Petit, l’a bien fait, Emmanuel 1er le minus n’a aucune raison de se gêner !
Bien sûr nous n’en sommes pas (encore) là, mais, les syndicalistes, les politiques d’opposition et les vrais intellectuels, ceux qui ne se répandent pas sur BFMTV, n’en tirent pas moins le signal d’alarme. La toxicité systémique d’une société aux mains d’intérêts privés est grande, et grande peut être la tentation des puissants d’utiliser l’opportunité d’une crise sans précédent pour distiller sournoisement leur poison autoritaire et étendre leur emprise en étouffant petit à petit nos libertés.
Une fois la situation revenue à un semblant de normalité, il nous faudra très rapidement nous interroger sur le bilan exécrable de ces malfaisants et de la pertinence de les laisser encore agir. La confiance est morte, leurs discours éculés et hypocrites, contredits par leurs actes, n’abusent plus grand monde. Alors, quand la faillite et l’incompétence de ceux censés nous gouverner et nous protéger est à ce point criante devra se poser la pertinente question de leur légitimité et de leur maintien aux commandes de l’Etat.
Dernière minute : on entend de plus en plus une petite musique sur un éventuel report de la date du 11 mai si le nombre de malades remonte, ou si du relâchement se manifeste dans le confinement. On dirait un maître d’école morigénant des élèves indisciplinés. Jusqu’à quand nos dirigeants traiteront ils les citoyens comme des enfants ou des débiles mentaux en les menaçant d’heures de colle supplémentaires s’ils ne sont pas sages ?

Voici un entretien avec Valérie Bugault, docteur en droit à la Sorbonne qui nous explique comment le système économique mondial est contrôlé par quelques personnes : https://www.youtube.com/watch?v=gKSC2AOnTg0&authuser=0
Voici un entretien écrit avec la sociologue Monique Pinçon-Charlot sur Là-bas si j’y suis. Pour elle, ce que nous vivons en ce moment, “c’est la première secousse d’un séisme qui va avoir des répliques très nombreuses” :
https://la-bas.org/la-bas-magazine/textes-a-l-appui/monique-pincon-charlot-c-est-la-premiere-secousse-d-un-seisme-plus-profond
Voici en pj un type d’attestation version “Vieux Fourneaux” !

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Confinement et Solidarité N°22

Samedi 2 mai 2020, quarante-huitième jour de confinement.
Bonjour à toutes et tous nos retraités !
DE LA CONSTANCE DES COULEURS…
Alors que jour après jour nous nous rapprochons tout doucement de la date fatidique du 11 mai, partagés entre espoir et appréhension bien légitime, les jours se suivent et se ressemblent. Il y a une douce constance dans le rythme indolent des journées, bercés que nous sommes par la douce mélopée des oiseaux qui ne connaissent pas le Covid. Mais une autre constance ronronne également à nos oreilles, c’est celle des bévues et boulettes de notre cher gouvernement.
Après la saga des masques, sur laquelle il est inutile de revenir, même si le feuilleton n’en n’est sûrement pas à son épisode final, voici la nouvelle carte de France, coloriée, barbouillée plutôt, par nos coloristes qui n’ont pas la patte d’un Monet ou d’un Turner, mais qui ont immédiatement enrichi leur palette. Après nous avoir annoncé une carte des départements bi-chrome en rouge et vert, voici que s‘ajoute déjà, comme un vulgaire feu tricolore, l’orange dont la seule fonction est de signifier que ce n’est ni rouge, ni vert. Avertissement ! diraient les cheminots, parlant du jaune du block automatique lumineux, qui lui, a une fonction bien précise. Par contre, ici, pas de notion bien déterminée de cette nouvelle couleur, qui, de toute manière, est amenée à mûrir (ou à verdir) au gré du doigt mouillé dont nos technocrates ont érigé la méthode empirique en dogme.
Souhaitons que nos grands fonctionnaires inspirés ne soient pas daltoniens dans le choix des couleurs, ce qui rendrait, au choix, nos édiles départementaux rouges de colère ou verts de honte. J’en jaunis à l’idée, ajouterait un rockeur célèbre. On peut cependant douter de l’acuité visuelle de nos génies des carpettes quant au chromatisme. Ils n’auraient sûrement pas été bons aux tests de sécurité à la SNCF, puisque déjà, 24 heures seulement après la première édition de cette carte à colorier, 3 départements indûment badigeonnés de carmin (Lot, Cher et Haute-Corse) se sont vus, suite à la réaction courroucée des élus, passer à voie libre. C’est une nouvelle sorte de « green-washing » à laquelle on aurait tort de donner trop d’importance. En effet, au regard des critères flous d’attribution des couleurs, de la situation fluctuante des données, de la versatilité de nos têtes pensantes, rien ne signifie grand-chose et tout peut encore changer d’ici la date-butoir du 11 mai, à moins que d’ici là d’autres couleurs fassent leur apparition sur le nuancier de ces peintres du dimanche. De toute manière, des goûts et des couleurs…
Une autre constante de notre beau pays, c’est celle que la Vème République apporte dans la répression policière, au nom d’un état d’urgence permanent consubstantiel à notre cinquième République. Comme nous le rappelle le journaliste Johann Chapoutot dans « Libé », la constitution de 1958, taillée pour les habits d’un général 2 étoiles, en plein état d’urgence lié à la guerre d’Algérie, donnait au Président un pouvoir exorbitant qu’aucune autre démocratie occidentale n’aurait osé instaurer, réduisant le parlement à un rôle croupion, la police d’Etat ayant déjà tout pouvoir pour surveiller et punir. Rappelez-vous les haut faits d’armes de Ministres de l’Intérieur taillés pour ce rôle répressif, tels Marcellin, Pasqua ou maintenant le guignol de Forcalquier. La France est un pays de flics, chantait Renaud. Après les lois d’urgence initiées au nom de la lutte anti-terroriste, et qui font depuis partie de l’arsenal répressif du droit commun, voici que le providentiel état d’urgence sanitaire offre l’occasion (et surtout l’immunité) à nos rois de la matraque et du gaz lacrymo, quand ce n’est pas de la gâchette, d’assouvir leurs pulsions sadiques sur l’échine des Français. Les flics verbalisent à cœur-joie, font du chiffre à outrance, et les amendes pour non-respect du confinement ou défaut d’attestation pleuvent comme jamais. Rassurez-vous, après le 11 mai, les as du chiffre d’affaire auront bien d’autres prétextes pour continuer leurs exactions. N’oublions pas que pour se déplacer à plus de 100 Km il faudra toujours un Ausweiss, pour prendre un train de grande ligne aussi, et les gardiens de ces lignes de démarcation d’un nouveau style auront l’occasion d’exercer tous leurs talents, faisant dire aux vraies démocraties effarées qu’en France, les rapports entre les citoyens et leur police n’ont jamais été aussi dégradés. Mais puisqu’on vous dit que c’est pour notre bien…
Enfin, dernier exemple de constance de notre Etat-Major pour aujourd’hui, celle de l’ambivalence de l’Empereur et de ses sbires, avec la dichotomie de ses déclarations totalement opposées à ses actes. Le spécialiste du « en même temps », du « ni droite ni gauche » a encore frappé fort à l’occasion du 1er mai. Ne craignant pour une fois, pour cause d’un confinement décidément bien opportun, la colère de la rue (ce n’est que partie remise), il a avec son aplomb et son cynisme habituels rendu un vibrant hommage aux travailleurs et louangé les symboles vertueux du 1er mai. Bien entendu, pas un mot pour concrétiser ses belles et creuses paroles, comme aurait été par exemple l’annonce de la création de postes dans le secteur hospitalier, l’augmentation des salaires, l’abandon des réformes controversées…Non, Monsieur Macron, le 1er mai n’est pas une cérémonie pétainiste à la gloire du travail, mais la fête des travailleurs en lutte pour leurs droits, et leurs cris de révolte contre votre politique inique ne sont pas des « chamailleries » !
On reste estomaqué devant un tel culot de la part de celui qui, un an auparavant jour pour jour avait envoyé les CRS charger avec une violence sidérante les paisibles manifestants de cette journée symbolique, née rappelons-le dans le sang de la répression des luttes syndicales. Encore un peu, il aurait l’outrecuidance de passer pour un gauchiste de la vingt-cinquième heure, retranché dans son palais, engoncé dans ses certitudes et sa vision d’un monde qui est en train de lui échapper. Ces propos sont une véritable provocation gratuite qui ne devra pas rester sans réponse, et, une fois passée la crise sanitaire, nous lui montrerons de quel bois nous nous chauffons. La carte de France sera alors rouge écarlate !
Ci-joint le communiqué de Solidaires du 1er mai.
Les actualités cinématographiques de ce soir sont consacréesPourquoi le gouvernement s’attaque-t-il au droit de grève

Confinement et Solidarité N°21

Vendredi 1er mai 2020, quarante-septième jour de confinement.
Bonjour à toutes et tous nos retraités !
Voila la deuxième partie du texte consacré au Chemin de Fer, la première partie ayant fait l’objet de la note “Confinement et solidarité N°19 :
LE CHEMIN DE FER, ÉLÉMENT VITAL DU MONDE D’APRÈS, 2ème partie
Dans la première partie nous avions fait un rapide tour d‘horizon de l’état du transport public ferroviaire. Nous allons maintenant nous pencher sur notre pauvre réseau national.
La création de la SNCF début 1938 avait soulevé beaucoup d’espoirs pour les cheminots français, lassés des mesquineries et de la course au profit des 5 grandes compagnies privées (plus l’État dans l’Ouest et l’AL en alsace-Moselle qui étaient déjà dans le giron public). Certes la nationalisation avait eu pour corolaire la suppression de plusieurs milliers de kilomètres de petites lignes, mais en même temps les décrets de coordination encadraient et régulaient la concurrence routière. Mais près le traumatisme de la 2è guerre mondiale le déclin du réseau reprenait avec l’essor sans précédent de la voiture individuelle et l’envol du transport aérien. Le réseau secondaire devait se réduire encore avec une grosse vague de suppressions de lignes en 1969/71. Pour autant personne ne remettait en question da notion d’entreprise nationale intégrée de la SNCF, toujours fière de son slogan « le service public au service du public » même s’il ne s’appliquait déjà plus qu’aux axes les moins déficitaires. La technique classique connaissait des grands succès, avec la prolifération d’itinéraires électrifiés sous le courant alternatif monophasé. Un premier rapide, le Capitole, s’élançait à 200 Km/h en pointe dès 1967. La coopération inter-réseaux était la norme au niveau européen, avec les TEE et autres grands express sillonnant l’Europe entière, chose impossible aujourd’hui. Le trafic marchandises était florissant jusqu’au coup d’arrêt de la crise pétrolière des années 70. L’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981 mettait provisoirement un coup d’arrêt à la casse des petites lignes, avec même la réouverture plutôt symbolique de 4 d’entre elles. L’inauguration la même année du TGV remettait la SNCF sur les rails de la modernité et du savoir-faire.
Hélas l’emprise de plus en plus pressante de l’idéologie néo-libérale, la mainmise agressive de l’Union Européenne sur toutes nos normes de vie et de fonctionnement allaient très rapidement précipiter la SNCF vers un abyme dans lequel elle se trouve aujourd’hui bien engluée. De plan fret en plan fret, de plan Véron en plan véreux, le trafic de ce qu’on n’osait plus appeler les marchandises touchait chaque année le fond du fond. Qui aurait osé affirmer en 1970, alors que les grands triages français triaient plus de 4000 wagons par jour, que des buissons pousseraient aujourd’hui sur ceux de Villeneuve, de St Jory ou de Sotteville ? Qui aurait pu prédire que les règles simples de tarification au kilomètre voleraient en éclat sous les coups de boutoir du yield management et de la loi d’airain du libéralisme implacable ? Qui aurait pu s’imaginer que la marche forcée vers le réseau noyau reprendrait sa course folle, privant, faute d’entretien et de volonté politique, des pans entiers du territoire de toute desserte ferroviaire comme en Auvergne par exemple, au point qu’il est aujourd’hui impossible de se rendre dans des stations thermales réputées (Vittel, Le Mont-Dore, Luchon…) ou de traverser commodément la France d’Est ou Ouest (Lyon-Bordeaux) sans passer obligatoirement par Paris au tarif fort ? Et surtout, qui aurait pu prévoir que la collaboration entre les divers réseaux européens allait se muer en concurrence féroce, au point que les Italiens et le Français se disputent les sillons sur Marseille-Milan ou Paris-Venise ? Qui aurait énoncé sans peur du ridicule que la SNCF deviendrait un prestataire de transport comme un autre, sans être propriétaire de son propre réseau, et abandonnerait toutes les prestations qui faisaient sa renommée, telles les voitures-restaurant, les trains de nuit, le transport du courrier, des automobiles accompagnées ?Qui aurait pu prédire que ce véritable travail de casse aurait pour ultime conséquence, après le pitoyable épisode RFF, la mort programmée de notre SNCF éclatée en cinq sociétés anonymes, avec perte de milliers d’emplois à la clé, ainsi que celle du statut et des acquis des cheminots qui semblaient indéboulonnables ? Qui aurait pu envisager que les dessertes ferroviaires seraient soumises au plus offrant, quand elles ne sont pas purement et simplement supprimées, et les personnels ballotés entre plusieurs compagnies sans aucune garantie de la sécurité de l’emploi ? Qui aurait pu s’imaginer que même les lignes de métro de la RATP seraient soumises à appel d’offres pour déterminer leur exploitant ?
Face à ce massacre, les cheminots et les usagers ont bien tenté de lutter, mais les forces étaient par trop inégales, surtout que TOUS les gouvernements successifs, même ceux dits de pseudo-« gauche » ont persévéré dans cette voie abjecte.
Alors, aujourd’hui une crise sanitaire sans précédent rebat violemment toutes les cartes. Ce doit être pour nous, cheminots actifs du public et du privé, retraités, usagers et citoyens d’exiger l’arrêt de cette démolition et le retour aux valeurs et aux errements qui ont fait la grandeur et l’efficacité de notre service public ferroviaire. Ensemble exigeons un moratoire sur la suppression des lignes et des dessertes, la réouverture des lignes pertinentes, l’embauche massive de personnels au statut, la réouverture des gares et des guichets. Exigeons un véritable plan Marshall pour l’avenir du trafic fret seul à même d’évier les catastrophes écologiques à venir. Stoppons les hauts fonctionnaires européens dans leur folie de considérer les réseaux ferrés européens comme des entreprises concurrentielles destinées à rapporter du fric à leurs actionnaires. Rétablissons des prestations de haut confort (voitures lits, restaurants) pour des dessertes européennes de qualité à des tarifs conventionnés. Au nom de la survie de l’Humanité (car nous en sommes là, répétons-le) stoppons le tout routier et le tout aérien sur notre continent, au profit (dans le bon sens du terme) du seul moyen de transport économique, écologique, sécuritaire et pertinent, le Rail. Ce sera notre fierté à nous cheminots et anciens cheminots d’avoir renversé non pas la vapeur, mais la tendance suicidaire dans laquelle une Europe dévoyée et vide de sens aura tenté de nous enfermer. Pour les transports comme dans tous les autres domaines, profitons de cette indispensable remise à plat de nos modèles de société pour nous libérer de nos chaînes !

Aujourd’hui, 1er Mai 2020, triste Fête des Travailleurs. En l’absence de défilés, voici quelques cris de colère en images :
1er mai 2020
En pièce jointe, une petite vidéo tournée sur le marché de Montluel dans l’Ain.
La dernière provocation (insulte) de Macron, voir article de Médiapart en pj.
Et puis préparons activement demain, mobilisons-nous contre ces incapables qui nous gouvernent : Bas les Masques !
https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/300420/bas-les-masques-un-appel-de-soignant-e-s-pour-construire-un-mouvement-populaire

Allez voici quelques sourires en images pour garder le moral en pj.
Et on finit en chanson, à donf avec les Fatals Picards :

A bientôt pour d’autres réflexions. N’hésitez pas à faire partager les vôtres sur notre boîte mail. Vous pouvez retrouver toutes nos informations sur le blog de la Liaison Nationale des Retraité-e-s : http://www.retraitesudrail.org/
Bon courage à toutes et tous et surtout prenez soin de vous et de vos proches. En ces temps difficiles, le mot Solidarité prend toute sa valeur !
Le Bureau de la Liaison Nationale des Retraité-e-s SUD-Rail.IMG-20200430-WA0007IMG-20200430-WA0014IMG-20200430-WA0015