Les cheminots selon Françoise Laborde : privilégiés et collabos

A voir sur  : http://www.acrimed.org/article3016.html et sur http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article8903.

Et lire les très nombreuses réactions.

image001Forte d’une compétence professionnelle à toute épreuve, d’une maîtrise parfaite des questions sociales et d’une vaste culture historique, Françoise Laborde, courageusement, se confie…
…Dans un ouvrage impérissable intitulé Ça va mieux en le disant… [1]. On peut y lire (pp. 95-98), ça :

« Parfois, quand le découragement me saisit, à défaut de mensonges pour m’« évader », je me prends à rêver à la retraite… Oui, oui, moi aussi ! Comme tous ces heureux bénéficiaires des « régimes spéciaux », agents de la SNCF, d’EDF, de Gaz de France, qui, vers cinquante ans, peuvent plier les gaules et attaquer une nouvelle vie à leur guise, farniente ou seconde carrière. (Par parenthèse, je suis toujours fascinée et perplexe en entendant des « jeunes » cheminots de trente-cinq ans expliquer qu’ils ont précisément signé pour partir plus tôt se la couler douce. A leur âge, je pensais à tout sauf à cette échéance qui me paraissait si lointaine !)

Pour défendre cet acquis non négligeable, ils font la grève. Pendant dix jours, en novembre 2007, ils ont paralysé le pays en clamant des mots d’ordre variés. Au choix : pour défendre l’« intérêt du service », les « acquis sociaux », nos « futures retraites », que sais-je encore ? Alors que nous – salariés du privé ou assimilés – cotisons déjà plus longtemps, avec des décotes bien plus substantielles !

Mensonges que tous ces slogans, mensonge que cette pseudo-solidarité : ils défendent leurs avantages ! Ça se comprend, mais pourquoi ne pas le dire ? Car l’intérêt public, le sens du collectif, c’est bien autre chose ! La SNCF se targue d’être un modèle de solidarité sociale, mais nul n’ose rappeler que les trains de la mort qui emmenaient juifs et résistants vers les camps d’extermination n’ont jamais été stoppés par des grévistes et sont toujours arrivés à l’heure, leur prestation payée, rubis sur l’ongle, par les nazis. Sans les trains français, comment la déportation aurait-elle pu avoir lieu ? Les cheminots héros de la Résistance dans La Bataille du rail, voilà une imposture historique extrapolée et véhiculée par les « camarades » après la guerre…

Rappelant cela, je sais que je vais me faire des copains…

Le mensonge d’État ! Comment la France de Vichy aurait-elle pu se montrer si efficace dans sa collaboration sans la police, la magistrature, la fonction publique françaises – et ce qu’on n’appelait pas encore les médias ? Voyez de Gaulle nommant un Jacques Chaban-Delmas, authentique héros de la Résistance, lui, à Bordeaux, nid d’anciens collabos, mais aussi Papon préfet de police, puis ministre, et un René Bousquet, chef de la police sous Vichy, reçu en toute amitié par Mitterrand… Tout cela, dit-on, est bien connu, mais si vite oublié !

Et voici que nos cheminots viennent semer la panique dans l’organisation de la Coupe du monde de rugby à laquelle les amateurs du monde entier souhaitent assister. Ironie du sort : le premier sponsor de la Coupe du monde est précisément la SNCF, dont les trains risquent bien être bloqués !

Heureusement, ils ont eu le bon goût d’attendre que la finale, le 20 octobre, soit passée pour mettre leurs menaces à exécution.

Faut-il commenter ? Pas vraiment… Faut-il censurer cette miraculée de la liberté d’expression ? Certainement pas.

Mais l’on est en droit de se demander – benoîtement, bien sûr – si de telles « opinions », que d’ordinaire on qualifie de « personnelles », mais qui émanent de certains égouts collectifs, affectent ou non la présentation des mobilisations sociales dans le JT de France 2, quand Françoise Laborde le présente. Ne cherchez pas trop longtemps la réponse…

Françoise Laborde, vice-présidente du Press Club de France et membre du Haut-conseil à la coopération internationale (HCCI) – des institutions bien achalandées… – est également chevalier de l’ordre national du Mérite et officier du Mérite agricole. Pour service rendu. Mais à qui ?

H.M.

PS. Nos remerciements au membre de notre association qui a eu l’abnégation non seulement d’acheter (d’occasion) le livre de Madame Laborde, mais surtout de le lire.
PS 2. Un correspondant nous écrit : « Remarquez que Françoise “la moniale”, elle, n’est pas une privilégiée… C’est sans y penser qu’elle prépare sa retraite ! […] Voir le mot de la maîtresse de maison sur chateau-monastere-de-saint-mont et, en cherchant bien lesproducteursgersois. C’est quand même plus classe que la vie d’un retraité SNCF. »

acrimed.org


QUI est Françoise LABORDE :

Voir ici :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7oise_Laborde

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