Tarnac : ne pas se taire devant l’arbitraire !

Il y a un mois, des politiciens et des ministres occupaient l’espace médiatique à longueur de journées, pour nous annoncer qu’un groupe terroriste avait été démasqué dans un village de Corrèze avec des « ramifications » à Rouen et à Paris. Des noms étaient cités, des jeunes étaient arrêtés à l’issue d’une occupation militaire de ce village.
Ainsi, une dizaine de jeunes, pris en filature depuis des mois par la direction anti-terroriste aurait mené une demi-douzaine d’opérations de sabotage sur les différentes Lignes ferroviaires à Grande Vitesse, la même nuit … Suivis depuis des mois, ils avaient été perdus de vue par la direction anti-terroriste, durant quelques heures, le temps d’effectuer ces opérations … avant d’être retrouvé à Tarnac…
Dès ces annonces gouvernementales, la fédération des syndicats SUD-Rail avait émis de sérieux doutes sur cette « trop jolie histoire ».
Aujourd’hui, nous constatons que la plupart des jeunes arrêtés, lors du vaste déploiement militaropolicier, a été relâché (sept sur neuf) ; non, sans avoir subi de nombreux  interrogatoires, dans le cadre de gardes à vue prolongées, par l’application des mesures d’exception de la loi anti-terroriste.
Poser des crochets métalliques pour arracher des caténaires, ne nous semble pas une forme d’action judicieuse ; pour autant, on peut s’interroger sur le qualificatif de « terrorisme » qui a d’emblée été utilisé. Il ne faut pas banaliser certains termes : « terrorisme », « pris en otages », …
Il y a plus grave encore : au-delà du qualificatif, … rien ne permet d’imputer ces faits à ce groupe jeté en pâture aux média le 11 novembre !
Deux jeunes étudiants, Julien et Yldune, sont toujours en prison. Aucun élément matériel ne pèse sur eux et c’est à l’accusation de faire la preuve d’une éventuelle culpabilité et non pas aux accusés de prouver leur innocence. Que devient la présomption d’innocence ? Si ce n’est une perte du droit, commun. Ceux qui s’acharnent pour tenter de ne pas perdre la face après une opération de « communication », qui se dégonfle de jour en jour, en sont à leur reprocher leurs lectures, leurs idées, leurs modes de vies !
On peut ne pas aimer leurs lectures, on peut ne pas aimer leurs idées, leurs visions de la société.
Mais, est-ce normal d’être en prison, pour des lectures, pour des idées ?
Les lectures, les idées, … est-ce du terrorisme ?
Avec les habitant-e-s de Tarnac, avec tous les membres des comités de soutien qui se sont créés, la fédération des syndicats SUD-Rail demande la libération immédiate de Julien et Yldune, emprisonnés depuis 5 semaines.
Puisque les pouvoirs publics sont sensibles au maintien en bon état du réseau ferroviaire (et c’est une bonne chose en soi !) la fédération des syndicats SUD-Rail demande que cela soit un souci quotidien, et pas seulement médiatique : il faut donner les moyens d’entretenir, rénover, surveiller l’ensemble des infrastructures utiles au transport ferroviaire. Cela doit s’exercer au sein d’une entreprise unique de service public ferroviaire, la SNCF.

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