Medef : 20 propositions pour privatiser la dépendance!

Le Medef vient de publier ses propositions sur le financement de la dépendance. S’il écarte toute contribution, même minime, des entreprises, son intention est bel et bien de récupérer la majeure partie du magot !

Medef : 20 propositions pour privatiser la dépendance!

 

Slovar les Nouvelles a consacré plusieurs articles sur le financement de la dépendance que notre Président a décidé de mettre en place avant la fin de son mandat. L’UMP envisage d’offrir le magot de la « dépendance » aux assureurs ! et : Financement de la dépendance : les jeux sont (déjà) faits. Vous payerez !

Si nous sommes très loin de la création d’un cinquième risque, promise par le candidat Sarkozy, force est de constater que, mois après mois, le recours à une solution d’assurances privées fait son chemin, pour le plus grand bonheur de la FFSA, une des principales fédérations contributrices du Medef.

Et c’est justement le Medef qui vient de livrer le 12 avril, lors d’une conférence de presse ses solutions : Réforme de la prise en charge de la dépendance – 20 propositions du Medef pour concilier solidarité, innovation et responsabilité – Pour un partenariat public-privé global, publié par Les Échos.

Que propose le Medef ?

Tout en citant abondamment le rapport Vesselle-Marini publié sur le site « 5ème risque » le Medef affirme son opposition virulente à la création d’un cinquième risque : au nom de la compétitivité des entreprises et de l’emploi et de l’état des finances publiques !

En revanche, le Medef propose un système à deux niveaux, dont un socle public de couverture des plus démunis. Tout en précisant qu’il « (…) écarte tout nouveau financement par les entreprises indiquant que le financement de cette couverture relève d’une optimisation des dépenses (…) » et éventuellement en cas de recours à la solidarité nationale de créer un impôts à assiette large de type CSG.

A noter au passage que le Medef rejette l’idée d’instaurer une deuxième journée de solidarité. « Outre les difficultés pratiques de mise en œuvre pour les entreprises, cette proposition conduirait à faire peser à nouveau le financement de la protection sociale sur les revenus du travail et en particulier sur les salariés » (Page 10 du document)

En outre, afin de forcer les gens n’appartenant pas à la catégorie des plus démunis à souscrire une assurance privée, de préférence obligatoire, le Medef propose de réserver l’APA (allocation personnalisée d’autonomie) aux plus modestes, en la liant à des conditions de ressources (Page 16 du document)

Mais tout ceci n’est qu’un verbiage habituel du Medef destiné à masquer ses vraies propositions qui consistent… à mettre la main sur le marché de la dépendance et son magot !

Exemples :

– Faire interdire les subventions dont disposent les associations, évoluant sur le marché des services à la personne ! Arguant, ce qui est faux, que le marché des services à la personne est verrouillé et que les entreprises ne peuvent pas faire jouer la libre concurrence : le Medef demande à l’Etat de libéraliser le marché, dans le cadre d’une « économie régulée » ( Page 14 et 22 du document).

– Ouvrir aux assureurs privés et aux représentants des entreprises de services à la personne, le conseil de la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie des personnes âgées et des personnes handicapées) qui est un établissement, pour l’instant, public.

– Et le gros morceau : restructurer à la baisse les moyens de l’hôpital public. Tout d’abord en supprimant des lits dans les CHU au profit des Ehpad qui, s’il peuvent être publics ou associatifs, peuvent surtout être… privés à but lucratif.

Pour ce faire, le Medef propose de « (…) conduire un plan volontaire de réduction des capacités hospitalières publiques dans un soucis d’optimisation de l’offre de soins (…) » (Page 19 du document) Et donc, de transférer les remboursements de la sécurité sociale vers les cliniques ou hôpitaux privés !

Ce qui signifie, si les parlementaires de l’UMP donnaient satisfaction au Medef, avant l’élection de 2012, sur ses propositions, cela permettrait une formidable main mise du privé sur le marché juteux, de la dépendance !

Mais comme le dit le Medef, en page 4 de son document : « (…) Le marché de la dépendance est le deuxième au monde après les États-Unis avec 5 millions de souscripteurs, plus de 500 millions d’€ collectés (…) » Il est clair qu’avec un coup de main des pouvoirs publics et des élus de la majorité, le titre de champion du monde est à la portée des adhérents du Medef : assureurs, hôpitaux et cliniques privées ou sociétés de services !

Crédit photo
FlickR CC – François Van Zon

Laisser un commentaire