La TVA « sociale », aujourd’hui, ce serait aussi un plan de rigueur supplémentaire

Communiqué de l’Union Nationale Interprofessionnelle des Retraités Solidaires 

Le 05/01/2012

Nicolas Sarkozy vient de relancer l’idée d’une TVA « sociale », en habillant cette fois sa proposition d’un souci de sauvegarde de l’emploi en France. La démonstration est maintenant présentée par quelques ministres : les cotisations sociales patronales seraient supprimées (en totalité ou en partie), ce qui réduirait le « coût du travail », les entreprises qui produisent en France répercuteraient cette baisse de leurs cotisations sociales par une baisse de leurs prix de vente hors taxes, la TVA augmentée s’appliquerait sur un prix abaissé pour les biens et services produits en France, et sur le prix d’importation pour ce qui viendrait de l’étranger (y compris les pays du reste de l’Union européenne, qui sont considérés comme territoires d’importation / exportation au plan de la TVA). Et le surplus de TVA qui rentrerait dans les caisses du Trésor public serait affecté, en compensation des cotisations patronales supprimées, à financer la Sécurité sociale.
      Ca paraît limpide, mais c’est une somme de mensonges : dès lors qu’il n’y a plus de contrôle des prix en France, rien n’oblige les entreprises à baisser leurs prix quand leurs cotisations ou leurs taxes baissent (en 2009, les restaurateurs ont très peu répercuté sur leurs prix de vente la baisse de la TVA de 19,6% à 5,5%, malgré l’ampleur de la réduction). Ce qui est plus certain, c’est que la baisse des cotisations patronales fera donc un surplus de bénéfices pour les entreprises (dont elles décideront librement de l’usage, investir, distribuer des dividendes, spéculer, etc). Et ce qui est certain aussi, c’est que la hausse de la TVA, qui s’appliquera cette fois sur tous les biens et services, produits en France ou venant de l’étranger, conduira à une augmentation générale des prix. Et cette hausse générale des prix sera subie par tous les consommateurs en France. Et les personnes qui disposent de faibles revenus, et qui déjà dépensent chaque mois la totalité de ces faibles revenus, supporteront donc une ponction de pouvoir d’achat sur la totalité de leurs revenus. Les pauvres seront encore plus pauvres.    
      Les économistes et les « experts » qui officient le plus souvent dans les médias, savent tout ceci. Et ils savent que, même si les entreprises répercutaient la baisse des cotisations patronales sur leurs prix, ce serait bien insuffisant pour que le « coût du travail » en France soit plus bas que celui en vigueur actuellement en Chine. Ils savent aussi que le « coût du capital » (ce qui est versé aux actionnaires) ponctionne beaucoup trop de richesses qui vont ensuite vers la spéculation financière plutôt que d’aller vers la consommation de biens et de services, et vers l’activité économique.
      La mise en place aujourd’hui en France, d’une TVA dite « sociale » conduisant à augmenter très sensiblement les taux de TVA, ce serait surtout l’application d’un nouveau plan de rigueur pour rassurer encore les marchés financiers. Le FMI, la BCE, les agences de notation, ont lancé des injonctions aux gouvernements grec, italien, espagnol, portugais, etc, de baisser les salaires et les retraites, de privatiser encore, et d’augmenter la TVA. C’est toujours une mesure qui figure dans le panel des orientations des idéologues libéraux. Et ces gouvernements s’exécutent.  
      L’Union Nationale Interprofessionnelle des Retraités Solidaires (UNIRS) a pu constater que depuis des décennies les gouvernements, de fait, ont maintenu un taux de chômage important, en se refusant toujours à un partage réel du temps de travail. Ce taux de chômage élevé sert ensuite à affaiblir les salariés sur le marché du travail, et est donc un élément essentiel pour perpétuer le partage inégalitaire des richesses produites. Et l’existence d’un chômage de masse est ensuite une aubaine dans les promesses électorales. C’est aujourd’hui ce qui nous est donné à voir, une nouvelle fois.   

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