Chômeurs, mal-logés et précaires seront dans la rue le 1er décembre

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Une manifestation des chômeurs et précaires aura lieu le 1er décembre à Paris, à l’appel des associations et collectifs de chômeurs et précaires, de Stalingrad à Place de Clichy. « Aujourd’hui, la proportion de chômeurs non indemnisés n’a jamais été aussi élevée pendant que l’on subventionne les entreprises avec des milliards de dégrèvements et de cadeaux fiscaux », alerte le collectif Les CAFards. Basta ! relaie leur appel.

Ce rendez-vous du premier samedi de décembre est organisé depuis la fin des années 90. A l’époque déjà, la gauche était aux manettes. Des mobilisations successives exigeant l’indemnisation de tous les chômeurs, une hausse de 1 500 Frs des minima sociaux et l’ouverture du droit au RMI aux moins de 25 ans, avaient culminé lors de l’hiver 1997/98, avec des occupations d’ASSEDIC, d’ANPE, de mairies, de CAF, de centres d’action sociale municipaux et d’autres locaux partout en France.

Le gouvernement avait alors concédé la création d’un « fonds d’urgence sociale » [1] avant d’envoyer partout la police expulser les occupants. Devançant les surenchères travaillistes de Sarkozy [2], le premier ministre de l’époque, Lionel Jospin, avait osé déclaré : « Je préfère une société de travail à l’assistance »… [3]

Aujourd’hui, la proportion de chômeurs non indemnisés n’a jamais été aussi élevée (seuls 41% des chômeurs reçoivent une alloc’ de Pôle emploi), pendant que l’on subventionne les entreprises avec des milliards de dégrèvements et de cadeaux fiscaux, au nom de la « compétitivité », Hollande annonce que l’austérité sera mise en œuvre par les collectivités territoriales, et, déjà, des présidents socialistes de conseils généraux se vantent de supprimer le RSA à des centaines de personnes, comme en Ariège

Formatés par la haute école de commerce, défenseurs acharnée de l’économie, c’est-à-dire de la politique du capital, nos dirigeants préfèrent financer des grands projets à la fois inutiles et nuisibles, tel l’aéroport de Notre Dame des Landes, rendre plus « productifs » les outils d’un contrôle social destiné à nous enfermer dans la concurrence [4] et à clore l’horizon que de subordonner leur action aux besoins et aux aspirations de la population.

Bien que cette manifestation du 1er décembre, devenue « traditionnelle », fasse principalement figure de rituel mémoriel un peu vide, désincarné, cette échéance reste pour les vaincus que nous sommes, comme le montre chaque jour, un moment qui témoigne de l’existence d’une dissension face à la barbarie inégalitaire qu’implique la domination de l’argent roi. Un jour, à nouveau, c’est sur la tête des rois que nous marcherons.

En solidarité avec le « Collectif des mal logés acharnés », soyons nombreux à participer à la MANIFESTATION de CHÔMEURS et PRÉCAIRES du 1er Décembre.

Rendez-vous Samedi à 14h, à la rotonde de Stalingrad, M° Jaurès ou Stalingrad. Amenons pancartes, musique, casseroles, tracteurs…

Les CAFards, collectif de chômeuses et précaires

Source : Cip-Idf

Notes

[1] La création de ce fonds d’urgence avait permis de constater que des centaines de milliers de pauvres qui en faisaient la demande étaient totalement inconnus des services sociaux, pour un aperçu de cette réalité aujourd’hui : Économie du non-recours : 1 650 000 pauvres boudent le RSA.

[2] Abjecte sarkophagie travailliste : « Le travail, c’est la liberté, le plein emploi est possible »

[3] Voir un tract de l’époque : À gauche poubelle, précaires rebelles.

[4] Contre « Pôle emploi 2015 », des deux côtés du guichet

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