La Société d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

L e temps passe et en prenant de l’âge  nous  voyons  quantité  de changements s’effectuer dans la société. Hier, on n’imaginait pas que des trains privés puissent circuler sur les voies qui appartenaient à la SNCF, société intégrée gérant toute la chaine du transport. Les trains circulaient sur toutes les lignes mêmes les plus déficitaires car la notion de rentabilité n’était pas devenue le leitmotiv des dirigeants. Lorsque neige ou gel étaient prévus on mettait des effectifs en plus pour que cela gène le moins possible la circulation des trains.  Il y avait la culture du train qui doit arriver à l’heure.

Toutes les villes de provinces étaient reliées à Paris par un train direct sans changements, parfois de nuit pour les trajets les plus longs.Aujourd’hui, c’est le  temps  qui  compte  à  tel  point  que presque tout le monde « travaille » dans le train. Dans chaque gare il y avait des WC gratuits et un « buffet » où voyageurs et cheminots pouvaient se restaurer ou boire un verre en attendant sa correspondance ou son embauche. Les jours de grands départs on mettait des trains supplémentaires et il y avait de l’ambiance dans les gares : pour beaucoup c’était la joie de partir retrouver sa famille ou ses amis et nous étions satisfaits de participer à ces rapprochements.

Dans le train, on n’était pas gêné par les portables, et dans le compartiment, la conversation s’engageait souvent avec son voisin. On se demandait d’abord où on  allait,  quelle  était  la  raison  de  ce voyage. Parfois cela devenait plus intime. On découvrait des gens sympas nous faisant partager leurs hobbies.  Le billet s’achetait au guichet et non par Internet  ou  à  une  de  ces  affreuses bornes jaunes. Les gares n’étaient pas devenues des centres commerciaux, car aujourd’hui si on ne travaille pas, on est en train d’acheter sinon on considère perdre son temps.

Le RER s’appelait  la  Banlieue  et c’était  déjà  la  galère  comme  aujourd’hui.  Les  omnibus    étaient  mal gérés par la SNCF, bien mal c’est sûr. Maintenant ce sont les régions, qui en profitent pour remplacer les trains par des cars. Et même la SNCF met des bus sur la route pour se concurrencer elle même… On ramassait les wagons isolés dans  les embranchements et on en faisait des trains ce qui évitait bien des camions sur les routes. Puisque les infrastructures existaient on se devait de
les utiliser.

Hier, on ne payait pas les timbres pour écrire à la Sécu. La Caisse d’épargne et la Poste n’étaient pas devenues des banques et dans les banques le guichetier  remplissait  les  bordereaux  alors qu’aujourd’hui,  c’est  au  client  de  le faire.  D’ailleurs, il est difficile de sortir de la banque avec de l’argent. Il faut prévenir  à  l’avance  même  si  votre compte  est  plein.  Hier,  on  pouvait « rouler un patin » sous un lampadaire en étant sûr qu’une caméra n’était pas en train de nous mâter, ce qui n’est plus le  cas  aujourd’hui.  Chacun  de  nos gestes  est  sous  le  regard  de  ces  machins.

Hier, le médecin de famille faisait des visites à domicile où il prenait le temps de boire un café. Aujourd’hui il faut aller faire la queue aux « Urgences », parfois des heures. Et l’Hôpital n’accueillait pas encore quantité de Spécialistes en « consultations privées » avec supplément d’honoraires. « Les études jusqu’à 28 ou 30 ans, faut les rentabiliser disent-ils ».  Pendant ce temps-là, nous  les  ouvriers,  les  employés  on s’amusait peut-être à l’usine, à l’atelier ou au bureau ?

Hier, la cuisine était faite à la maison sur les fourneaux et non dans les usines où  l’on  nous  prépare  une  nourriture surgelée ou en barquette avec tout un tas d’ingrédients qui nous rendent autant malades qu’ils nous nourrissent. GDF (GDF-SUEZ) est devenu une société quasi-privée qui fait d’immenses profits sur notre dos. EDF comme la SNCF cherchent aussi à faire des bénéfices.

Hier, on allait au cinéma du quartier, on voyait du monde et on rêvait des belles histoires qui arrivaient aux héros. Aujourd’hui  dans  beaucoup  de  films  à succès, c’est la violence, les effets spéciaux d’un monde irréel, des émotions fortes à gogo. L’adrénaline a remplacé le romantisme. Hier, on n’avait que 3 chaines de télé. Aujourd’hui avec 25 chaines gratuites, on a du mal à trouver un programme qui nous apporte de la culture, de l’information sérieuse et documentée,  tout  est  dans  ces  mêmes émotions fortes qui nous déstabilisent mais  nous  évitent  de  réfléchir.  La « pub » n’avait pas encore envahi notre quotidien avec ces spots à la télé ou au cinéma, ces affiches lumineuses dans le métro,  ces  séries  de  panneaux  immenses  qui  entourent  la  route  de  la moindre bourgade.

Oui, en 3 ou 4 décennies le monde à bien changé. Nous y avons vu des améliorations comme l’allongement de la vie,  le  développement  de  techniques qui nous facilitent le quotidien. Mais nous y avons perdu en sociabilité, en qualité des relations humaines, en solidarité et fraternité dans les rapports sociaux.

Mais plus encore, ce sont les services publics qui ont dégusté. Les rapports financiers dictent toute la politique sociale. Ces pertes ne sont-elles pas dues au fait que nous nous sommes laissés enfermer par les patrons dans des luttes corporatistes ? Les jeunes générations doivent réfléchir aux raisons qui ont causé tant de reculs et envisager de renouer  avec  ce  qui  avait  permis  des avancées pour améliorer le sort de la plus grande partie de la population : les luttes qui regroupent tous les exploités, l’universalité du combat contre nos ennemis que sont les détenteurs des capitaux et ceux qui les défendent dans les Institutions,  Gouvernements,  Directions des entreprises publiques ou privées, journalistes vendus à leur cause, etc. Pour ce combat bien des retraités sont prêts et disponibles.

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