Accident de Brétigny

2013 - 7 - 15 - Après Bretigny-couleur- Copie

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Après le dramatique accident de Brétigny, des questions doivent être posées

L’état actuel du réseau ferroviaire est dangereux pour la sécurité

Les alertes auprès des « responsables » n’ont pas manqué. SUD-Rail, mais aussi d’autres organisations syndicales, ont cité de multiples exemples en Conseil d’Administration, en Comité Central d’Entreprise, en Comité National d’Hygiène, Sécurité et Conditions de Travail. Les équipes syndicales locales ne cessent de faire de même. Plusieurs études institutionnelles ont confirmé le caractère alarmant de cette situation.
Pourtant, quelques jours avant l’accident de Brétigny, le Président de la SNCF soutenait son « plan stratégique Vision 2020 » qui prévoit d’accroître encore la productivité des cheminot-es chargé-es de la maintenance des infrastructures !
Les « responsables », et notamment le Président de la SNCF, vont-ils en tirer les conclusions utiles ?

  •   Reconnaître leurs responsabilités dans la dégradation globale de l’état de sécurité du réseau ferroviaire.
  • Suspendre toutes les restructurations qui dégradent considérablement les conditions de travail et qui, par exemple, ne permettent plus aux cheminot-es de travailler correctement.

La fédération SUD-Rail exige que ces « responsables » assument leurs responsabilités.

Exploitation et infrastructure ferroviaires sont totalement liées
Or, depuis la casse de la SNCF par la création de RFF en 1997 jusqu’en 2012, tous les « responsables » ont affirmé le contraire. L’actuel Président de la SNCF, notamment, était l’un des principaux défenseurs de la séparation entre Gestion de l’Infrastructure et Exploitation Ferroviaire. La fédération SUD-Rail a combattu ce choix dès l’origine en expliquant que, pour un mode de transport guidé comme le chemin de fer, cette organisation est dangereuse pour la sécurité des circulations.
Depuis vendredi soir, tous ces « responsables », à commencer par le Président de la SNCF, ne parlent que d’infrastructure ferroviaire pour expliquer le très grave accident d’exploitation ferroviaire qui vient de se produire…
Les « responsables », et notamment le Président de la SNCF, vont-ils en tirer les conclusions utiles ?

  • Cesser d’expliquer que la prochaine Loi ferroviaire doit instituer 3 entreprises, alors qu’il faut un service public ferroviaire unifié, rassemblant dans la même entreprise la Gestion de l’Infrastructure et l’Exploitation Ferroviaire.
  •   Arrêter immédiatement l’éclatement par activités orchestré par la direction SNCF et mettre en place une Direction transverse forte, commune aux services d’exploitation ferroviaire et de gestion de l’infrastructure.

La fédération SUD-Rail exige que ces « responsables » assument leurs responsabilités.
La gestion du personnel a des conséquences sur la sécurité
Les « responsables », dont le Président de la SNCF, ont supprimé des milliers d’emplois de cheminot-es à l’Equipement particulièrement dans le collège exécution. Dans le même temps, le travail de nuit et des week-ends est devenu la règle dans cette filière. Les parcours à entretenir par chaque équipe se sont allongés alors que les moyens humains pour assurer la surveillance diminuaient. La sous-traitance s’est généralisée avec les problèmes de formation que cela entraîne. Les pressions dites « managériales » se multiplient auprès des cheminot-es de tous collèges.
Or, travailler sous la menace perpétuelle de « l’objectif non rempli » amène à différer certaines tâches au profit de celles « qui se voient ». Faire intervenir des entreprises privées à la place des cheminot-es formé-es, affaiblit la sécurité de tous. Le contrôle total d’une éclisse suppose qu’elle soit démontée, brossée, graissée : sur une ligne où les trains circulent à 150 km/h, ce qui nécessite une interruption totale temporaire du trafic…
Ces « responsables », et notamment le Président de la SNCF, vont-ils en tirer les conclusions utiles ?

  • En finir avec les suppressions d’emplois, la sous-traitance, la flexibilité, …
  • Donner aux collectifs de travail les moyens d’accomplir leurs tâches, en respectant leur autonomie et en ne les soumettant pas à des pressions hiérarchiques stupides et dangereuses.

La fédération SUD-Rail exige que ces « responsables » assument leurs responsabilités.
Cheminot-es et usagers attendent des réponses
La Fédération SUD-Rail s’incline devant les victimes, adresse ses condoléances aux proches de celles et ceux qui ont perdu la vie et nos pensées vont aussi aux nombreuses personnes blessées.
Ce que SUD-Rail écrivait une semaine avant l’accident de Brétigny
Dans la « Lettre économique » de la Fédération SUD-Rail de juillet 2013, un article est consacré au rapport annuel 2012 de la SNCF intitulé « Sécurité de l’exploitation sur le réseau ferré national » :
Le rapport annuel 2012 a fait l’objet d’interventions des représentant-es SUD-Rail, tant au Comité Central d’Entreprise qu’au Conseil d’Administration. Les indicateurs fournis par la direction SNCF ne reposent que sur des éléments quantitatifs insuffisants à révéler le réel niveau de sécurité. Ils cachent, mal, la fragilisation du niveau de sécurité.
La direction SNCF favorise l’existence d’une compétition entre les directeurs d’établissement, notamment en ce qui concerne les coûts de gestion ; de ce fait, la précision de la collecte des informations relatives à la sécurité est sujette à caution. Cependant, le rapport fait apparaître la baisse de la qualité des procédures, l’augmentation des incidents de signalisation des passages à niveau et la hausse du nombre d’événements critiques liés à des incidents de chantiers. A ce propos, la responsabilité des dirigeant-es SNCF, et des responsables qui les couvrent dans les ministères, est engagée : ils et elles ne cessent de développer la sous-traitance et, sous prétexte de productivité, créent des situations de travail dangereuses. Chaque année, des travailleurs/ses du rail, cheminot-es de la SNCF ou hors-statut d’entreprises privées, paient cette politique de leur vie ! [Malheureusement, en 2013, il faudra ajouter la mort d’usagers…]
La gestion par activités et la verticalisation de l’entreprise SNCF contribuent très fortement à la fragilisation du système. Sous l’effet des restructurations incessantes, et des suppressions d’effectifs, des décalages se sont installés entre les règles prescrites et la réalité du travail. Ceci génère nécessairement des ajustements par les collectifs qui adaptent leurs comportements en conséquence et adoptent des règles non écrites et des pratiques potentiellement dangereuses. Les seules réponses sont préventives et transverses ; c’est l’inverse de la politique poursuivie au sein de la SNCF.
La sécurité des agents et des circulations repose toujours sur les conditions dans lesquelles l’entreprise place les agents pour l’application des règles de sécurité. L’administrateur SUD-Rail a alerté l’ensemble du Conseil d’Administration sur les risques du projet de « simplification des normes et standards de sécurité » tel qu’il est connu aujourd’hui. De nouvelles modifications des prescriptions réglementaires risquent d’engendrer de nouvelles pertes de repères pour les salarié-es.
Les vautours…
La Fédération SUD-Rail tient a faire part de l’indignation de nombreux/ses cheminot-es et usagers devant le spectacle de tous ces « responsables politiques » et autres spécialistes de tout et de rien, qui ont défilé devant les caméras depuis vendredi soir, donnant leur avis sur un accident dont ils et elles ne savaient rien, s’empressant de justifier leurs décisions passées.
Quel contraste entre cette indécence médiatique et le travail des équipes de secours et des cheminot-es de tous services qui, une fois encore, montrent ce qu’est le service public et la solidarité du
corps social cheminot.
Arrêtez la « com. », maintenant il faut du concret !
Les « responsables », en premier lieu le Président de la SNCF, communiquent beaucoup, diffusent « les éléments de langage » à répéter, multiplient les points de presse. Alors que les différentes enquêtes étaient à peine commencées, ils avaient déjà trouvé la cause … Ca suffit !
Les directions de la SNCF et de RFF ainsi que les Pouvoirs publics doivent donner en temps réel toutes les informations aux organisations syndicales de cheminot-es. Nous demandons la tenue d’une réunion tripartite État/SNCF et RFF/Organisations syndicales très rapidement. Les membres des CHSCT concernés doivent disposer de tous les éléments et moyens nécessaires pourmener l’enquête.
Les équipes SUD-Rail ont interpellé la direction SNCF, à de multiples niveaux : Direction Générale mais aussi Directions de l’Infra, de la Traction, etc. La transparence ne doit pas être un slogan publicitaire, mais une réalité !
Et maintenant

  •   Il faut répondre aux questions de fonds (l’état actuel du réseau, la séparation infra/exploitation ferroviaires, la gestion du personnel, …).

 Les « responsables » doivent tirer les conséquences de ce désastre.

  •   Tous les moyens doivent être mis en oeuvre pour mener les enquêtes, y compris celles des CHSCT.

Le 15 juillet 2013

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