Voyage au Burkina Faso (du 14 au 22 février 2014)

Rédactrice Anne

 Le pays des hommes intègres

 

Vendredi 14 février

Départ de l’aéroport de Paris RCG de la délégation cheminote accompagnée de Daniel Boule : Michel Valadier, Eric Marchiando, Georges (dit Jojo) Larrieu, Rémi Florenty, Henri Duclut et Anne Rasse (instit retraitée)

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Arrivée à Ouagadougou, capitale et plus grande ville du pays avec une population de plus d’un million d’habitants. C’est la saison sèche, il fera chaud et le vent de poussière (l’harmattan) soufflera sûrement. Nous sommes accueillis par Elise et Philippe Ilboudo (Burkinabés et membres de l’association de Jumelage) et par Gilles et Marie Renée Leloup et Claudine Rocher (membres de l’association de Jumelage). Ils nous conduisent au « Moringa » centre d’hébergement et de conférences, pas loin de chez eux et où nous passerons la nuit.

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Samedi 15 février

Petit déjeuner chez Elise et Philippe où l’on retrouve Gilles, Marie Renée et Claudine qui seront avec nous pendant tout le séjour et de Madi (Burkinabé ami de la famille Ilboudo)

Perso 342Après un tour en ville afin de prendre des francs CFA et un repas (riz, choux, viande) chez Elise et Philippe, nous partons pour Koaré, un village de 2000 habitants à l’est de Ouagadougou, à 15 kms de Fada N’Gourma. Un bus avec chauffeur  (Cyril) a été loué pour l’occasion et payé par notre délégation. Jacqueline et Virginie qui sont chargées de l’intendance et des repas sur place nous accompagnent également. Nous partons donc à 10 personnes pour un voyage de 4 heures sous un soleil torride, il fait 38°.

On emprunte une route goudronnée (N4) qui passe par Koupéla jusqu’à Fada N’Gourma puis la R 10 vers le sud et les derniers Kms se font sur une piste en terre rouge. Fada se situe à220Kms de Ouagadougou.

Perso 188Arrivée à la nuit tombante à Koaré (il fait nuit vers 18h). Nous sommes accueillis par des dizaines de motos phares allumés et klaxons qui nous escortent jusqu’à notre lieu d’hébergement dans le village. A notre descente de bus nous sommes acclamés par les habitants qui nous font une haie d’honneur digne d’un chef d’état, nous serrons les mains d’enfants, d’hommes et de femmes, heureux de nous voir et qui nous souhaitent une « bonne arrivée ». Nous nous installons dans les quatre pièces vides d’un bâtiment en dur (qui était destiné aux enseignants qui ne l’occupent pas) sur des matelas à même le sol.  Nous sommes ensuite invités à danser avec les gens du village au rythme des tambours et allons saluer le chef qui est présent.

Coucher vers 22h30 après avoir mangé, bu de la Brakina (bière du Burkina) palabré au clair de lune et serré encore des mains.

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Dimanche 16 février

Nous sommes réveillés vers 6h30 par le braiement des ânes qui circulent librement et les vautours qui viennent se poser sur les toits en tôle. Douche à l’extérieur avec un seau d’eau dans des sortes de cabines en dur sans toit puis petit déjeuner au « café » du village (café en poudre, lait concentré sucré, thé en sachet et baguettes de pain) où les gens viennent déposer aussi leur batterie de téléphone afin de la recharger. Echanges avec certains qui parlent un peu français notamment Moussa le propriétaire du café et serrage de mains.Visite du village où les chèvres, moutons, cochons, poules, ânes et zébus vivent en liberté. On découvre au cours de notre avancée à travers le village, des femmes qui vendent des beignets, un tas de coton impressionnant, entouré de grillage qui fait la fierté de son propriétaire, un récupérateur d’eau, des manguiers dont les fruits ne sont pas encore murs, des femmes qui cuisinent, des enfants qui viennent nous serrer les mains.Perso 189

Puis nous nous retrouvons à palabrer sous l’arbre près de notre campement. Le député du coin vient nous rendre visite et surtout se montrer. On goute au dolo (bière locale qui ressemble un peu au cidre) servi dans une calebasse qui passe de mains en mains.

Départ pour Fada N’Gourma où l’on mange d’abord un ragoût d’ignames dans un maquis (restaurant) puis on va voir le marché aux bestiaux qui a lieu tous les dimanches. Ici, zébus, ânes et chèvres sont vendus puis marqués par les propriétaires et parqués pour être ensuite conduits à l’abattoir ou gardés. Il fait très chaud, des morceaux de viande sont grillés et vendus sur place.

 

Puis nous nous retrouvons à palabrer sous l’arbre près de notre campement. Le député du coin vient nous rendre visite et surtout se montrer. On goute au dolo (bière locale qui ressemble un peu au cidre) servi dans une calebasse qui passe de mains en mains.

Départ pour Fada N’Gourma où l’on mange d’abord un ragoût d’ignames dans un maquis (restaurant) puis on va voir le marché aux bestiaux qui a lieu tous les dimanches. Ici, zébus, ânes et chèvres sont vendus puis marqués par les propriétaires et parqués pour être ensuite conduits à l’abattoir ou gardés. Il fait très chaud, des morceaux de viande sont grillés et vendus sur place.

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Direction ensuite vers le marché de Fada. Certains achètent du miel de la région qui en produit et de la crème corporelle à base de karité, très réputée. On trouve de tout sur le marché dans les échoppes parfois à même le sol, pleines de couleurs et de senteurs. Gilles et Philippe commandent des bancs d’écoliers, 2 armoires et un bureau pour la classe qui va être inaugurée.

Retour au village. Après un repas à base de couscous cuisiné par Elise, Virginie et Jacqueline, on se couche vers 22 heures.

 

Lundi 17 février

Lever à 7h30. Les enfants vont à l’école. Ils se rassemblent dehors autour du drapeau, rangés par classe et par taille. Le levé du drapeau se fait avec l’hymne du pays chanté par les enfants qui ont un fort accent burkinabé et pas toujours compréhensible par nous.

Perso 201Petit déjeuner au même café que la veille.

Deux femmes peules (Amssatou et Madina) nous font visiter leur case à la forme arrondie et faite de paille construite en 1 jour. Elles dorment sur des nattes posées sur une sorte de sommier en bois et nous montrent comment elles font le beurre et comment elles le conservent dans des calebasses remplies d’eau.

MyPhoto201403031016_0162Départ pour le dispensaire situé à quelques minutes en voiture. Il est constitué de 2 baraquements en dur avec un matériel plus que rudimentaire, peu de médicaments et une hygiène qui laisse à désirer, un frigidaire à gaz fonctionne néanmoins et permet de conserver les médicaments. Un bâtiment dédié aux soins est dirigé par un infirmier et un aide-infirmier qui dort sur place afin d’intervenir s’il le faut en pleine nuit. Aucun problème grave de santé ne peut être soigné ici ni aucune intervention chirurgicale être faite. Les malades sont dirigés vers Fada. L’autre bâtiment est destiné au suivi des femmes enceintes et à la maternité. La salle d’accouchement est équipée d’un lit simple avec étriers et d’un pèse bébé, pas d’eau courante ni électricité.  Une gynécologue et une infirmière sont présentes, une trentaine d’accouchements sont effectués par mois, les césariennes se font à l’hôpital de Fada.

Visite ensuite de 2 écoles :

Dans le village de Toulen, ce sont 3 classes sous des paillotes et la terre battue au sol qui reçoivent les élèves du CP au CM2. Une subvention avait été donnée pour la construction d’une classe en dur qui n’a jamais vu le jour. Les enfants prennent leur repas sur place, préparé par les femmes du village. Quand la saison des pluies arrive, l’école s’arrête car les classes sont souvent détruites par les intempéries. Les enfants viennent à pieds et certains font même jusqu’à 5 kms. Notre bus les impressionne, ils n’en ont jamais vu.

Dans le village de Bandaoghin, situé sur la commune de Fada, l’école est en dur et a 3 classes elle aussi mais sans toilettes. L’effectif est de 60 élèves par classe, un peu moins au CP.

Nous rentrons par le barrage de Koaré, construit depuis 2 ans. Il permet aux animaux de s’abreuver, mais aussi aux habitants de laver le linge et de cultiver la terre.

Retour à Koaré et repas (poulet sauce, haricots verts et pommes de terres)

Après-midi : lessive : un grand moment avec tous les enfants autour de nous !!!

Puis démonstration par les femmes du village de leurs activités quotidiennes :

–          filage du coton

–          cuisson de haricots blancs enveloppés dans des feuilles de maïs

–          cuisson du petit mil

–          démonstration de labour à l’aide d’une charrue (hommes)

 

Le soir, les femmes peules ainsi que des femmes gourmantchées, accompagnées de Théophile, le directeur de l’école, nous font gouter différents plats traditionnels.

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Mardi 18 février

Lever 6h30. Petit déjeuner au café.

Rencontre avec les enseignants du village pour leurs remettre des manuels scolaires et des fichiers d’élèves.

9h30 : CEREMONIE D’INAUGURATION DE L’ECOLE

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Viennent à la tribune à tour de rôle faire un discours : Sa Majesté Yabilma (chef du village), Elise (à qui le député avait signifié de ne pas intervenir puisque « femme »), Gilles et Eric (représentants de Sud Rail) et le recteur d’académie. Les discours sont traduits en gourmantché et entrecoupés par des prestations (danses et chants). Un cadeau est offert à chacun d’entre nous, des sacoches en cuir pour les hommes et des pagnes pour les femmes.

Repas avec les «  huiles » dans la salle de classe encore vide mais pas d’échange, seul le recteur d’académie inscrit un message au tableau, immortalisant cette journée.Perso 302

Départ pour Ouagadougou vers 14 heures avec un arrêt pour laisser Pam chez lui (ami Burkinabé de Philippe et Gilles qui a suivi les travaux de construction de la classe). Il nous offre une chèvre à faire griller, on la met sur la galerie avec le mouton et la chèvre déjà installés et donnés aussi en cadeau par les habitants de Koaré.

Arrivée vers 18 heures, on retrouve le Moringa et repas chez Elise et Philippe avec notamment des alocos (bananes plantains coupées en rondelles et frites)

 

Mercredi 19 février

Lever à 8 heures, les copains sont déjà au bistro du coin à siroter un café. On prend le petit-déjeuner chez Elise et Philippe.

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Philippe nous fait choisir un tissu dans lequel sera taillé une chemise pour les hommes et un ensemble pour les femmes. Nous nous arrêtons chez le tailleur avant de nous rendre à Nioko pour visiter une école et apporter des romans d’enfant pour la bibliothèque. C’est une école importante par son nombre de classes et de bâtiments. Les classes sont très chargées (jusqu’à 100 élèves parfois) les CP1 ont un effectif de 84 élèves alors qu’ils ne savent pas encore parler français et pour certains ne sont jamais allés à l’école maternelle.

Repas dans un maquis Togolais où l’on mange du foutou (igname pilé) avec de la sauce ou du couscous avec des légumes.

Des amis de Gilles qui sont aussi artistes viennent nous présenter leur artisanat : colliers, bracelets, bogolans (bandes de tissus peintes et cousues ensemble). Madi offre à chacun d’entre nous un bracelet.Perso 229

Balade à travers les ruelles de Nioko où Gilles nous présente un vannier qui confectionne des paniers, puis on rencontre des hommes qui fabriquent des parpaings et d’autres qui moulent des briques en terre rouge, jusqu’à la maison de Gilles et Marie-Renée. Leur maison faite de 2 pièces sans cuisine est simple, les wc et la douche sont à l’extérieur, une partie est habitée par un étudiant qui fait office de gardien. On prend un thé maison à l’ombre des manguiers.

Retour à Ouagadougou pour visiter le centre artisanal. Différents artistes y fabriquent et y vendent leurs productions. Un sculpteur nous explique comment sont fabriqués ses bronzes : la forme est réalisée dans un premier temps en cire d’abeille puis recouverte d’argile. Une fois sèche, l’argile est mise sur le feu afin de faire fondre la cire et couler à sa place le bronze. Quand le bronze a durci, l’argile qui l’entourait est cassée laissant alors apparaitre la sculpture qui est limée plusieurs fois et passée à la toile émeri.

Philippe nous propose ensuite un tour dans les beaux quartiers où sont les ambassades et le palais du président Blaise Compaoré, palais coupé du peuple car isolé et inaccessible.

Copieux repas chez Elise et Philippe (poisson, sauce tomate, riz, alocos, tô,  plat national avec sauce pâte arachide et bien sûr de la Brakina).

 

Jeudi 20 février

Lever 6h15, petit déjeuner chez Elise et Philippe.

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Départ pour Bobo-Dioulasso deuxième plus grande ville du pays, capitale économique, située à 365 kms au sud ouest de Ouagadougou. On prend  la seule ligne de train du pays, exploitée par Sitarail, qui relie Ouagadougou  à Abidjan. Il y a trois trains de passagers par semaine et environ deux trains de marchandises par jour.

On fait plusieurs arrêts dans des gares isolées (Koudougou, Siby, Bereba, Dorossiamenso) d’où semblent surgir de nulle part femmes et enfants qui viennent nous vendre des fruits, des légumes, des beignets, boissons et autres plantes, conserves, vêtements ou chaussures même. Philippe achète des sardines et du pain qui feront notre repas.

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7 heures étaient prévues pour le voyage nous en mettrons 9 à cause d’un accident sur la voie. Le train a heurté un zébu qui, avec sa corne, a endommagé le flexible d’arrivée des freins qu’il a fallu changer. Le temps de la réparation, tout le monde est descendu sur la voie, les hommes d’abord pour aller pisser suivis par les femmes ensuite qui se cachent derrière les maigres buissons.

Arrivée à 18 heures à Bobo Dioulasso ! La gare est un bâtiment de type soudanais, d’une très belle architecture. On est content de prendre des douches avant d’aller manger dans un maquis pour 2,50 €/personne.

 

Vendredi 21 février

Lever 7h15. Petit déjeuner tous ensemble.

Visite, avec un guide que connait Gilles, de la grande mosquée qui se trouve dans la vieille ville. Cette mosquée, elle aussi de type soudanais, est très belle avec ses deux minarets. Elle a été construite en 1880 avec du banco (briques de terre crue) et ses pieux de bois apparents utilisés aussi pour les réparations lui donnent un aspect particulier. Seuls les hommes prient à l’intérieur, éclairés par des puits de lumière recouverts la nuit, les femmes sont sous des abris en tôle à l’extérieur.

Perso 218Perso 222Visite de la vieille ville durant laquelle le guide nous raconte l’histoire du pays avec ses 65 ethnies, ses coutumes, ses cohabitations pacifiques entre musulmans et catholiques,  l’importance de l’école coranique pour laquelle les jeunes doivent mendier afin de payer leur instruction et les nombreuses associations qui luttent contre la drogue, le sida, la mendicité…..La visite est orientée sur les artistes locaux afin qu’on achète des objets.

On se retrouve ensuite dans un troquet où nous sommes assaillis par des vendeurs de toutes sortes qui ne nous lâchent pas tant qu’on n’a pas acheté quelque chose.

L’après-midi, rencontre avec les cheminots de Sitarail, visite du musée qui retrace la construction du chemin de fer et des ateliers.

Rencontre avec le syndicat cheminot OSTRA à leur QG.

 

Samedi 22 février

Départ à 10 heures pour Ouagadougou dans un car confortable et moderne, climatisé et équipé de télévision. L’arrivée est prévue à 16h30.

Arrêt de 10 mn à Houndé où une foule de femmes portant des marchandises sur la tête entoure le bus et nous attend nous pressant d’acheter. Chacun se procure alors des bananes, du pain, cacahuètes, beignets, boissons en guise de déjeuner.

Arrivée à Ouaga comme prévu et festin d’adieu chez Elise et Philippe arrosé de Brakina et agrémenté d’un mouton grillé entier en plus des alocos, du poisson, des pommes de terre et autres mets délicieux.

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Départ pour l’aéroport et pincement de cœur, accompagnés de nos hôtes.  On embarque à 1 heure du matin le dimanche 23 février, escale de 5 heures à Alger, arrivée à Paris CDG à 13 heures où nous accueille Michel Jacquin.

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