Confinement et Solidarité N°9

Dimanche 5 avril avril 2020, vingt-et-unième jour de confinement.

Bonjour à toutes et tous nos retraités !
LIBERTE EGALITE FRATERNITE : UNE DEVISE MALMENEE

Cette petite chronique a été écrite sur les bases de l’intervention de François Sureau sur France-Inter ce matin 1er avril. En voilà encore un qui a tout compris et qui dénonce avec pertinence les dérives autocratiques de notre Manu 1er.

Notre fière devise républicaine ne se porte pas bien depuis le tournant libéral de nos pseudo-démocraties: le libéralisme effréné fait des ravages, l’égalité n’est plus qu’un souvenir de l’époque où par exemple l’écart des salaires ne dépassait pas le rapport de 1 à 20. La liberté d’ouvrir sa gueule ou de manifester, de faire grève, s’est réduite chaque jour au rythme des lacrymos et des coups de matraques. Quant à la fraternité, le règne du chacun pour soi et démerdez-vous l’avait rangé depuis longtemps aux oubliettes.

Mais la crise sanitaire actuelle, et son corollaire l’état d’urgence du même nom, induisant l’application sans débat parlementaire d’ordonnances édictées en haut lieu a de quoi nous inquiéter pour l’avenir de notre démocratie. Certes nous ne nions pas qu’une situation exceptionnelle requière des mesures exceptionnelles, et le nécessaire confinement en est une. Mais ce ne doit pas servir de prétexte à restreindre sournoisement nos libertés individuelles et collectives, comme le démontre le précédent récent de l’état d’urgence antiterroriste, dont les mesures d‘exception, une fois le dit état d’urgence levé, sont restes gravées dans le marbre de lois ordinaires restreignant nos libertés. Un signe inquiétant est montré par la suspension des réunions du Conseil Constitutionnel jusqu’à la fin juin, au nom de la nécessaire distanciation. En quoi les magistrats devraient-ils être plus protégés que les caissières ou les livreurs, se demande à juste titre François Sureau sur les ondes.

Liberté, tu es bien malmenée. Au prétexte de repérer, une fois la période de confinement levée, les citoyens malades ou porteurs du virus, on envisage de tester le « geotracking », ou en bon français le suivi des déplacements par géo satellisation des téléphones portables. On peut aussi imaginer comme en Chine l’utilisation de pastilles de couleur verte (individu sain) ou rouge (individu contaminé) pour soi-disant rassurer et sécuriser les populations, la production de ce mouchard coloré pouvant autoriser ou interdire l’accès aux lieux collectifs. Orwell, réveille-toi, 1984 est derrière toi !

On peut aussi s’interroger sur la possibilité d’autoriser ou non les manifestations ou les rassemblements, signes d’une démocratie en bonne santé, qui ne manqueront pas de vouloir s’organiser pour vilipender la gestion calamiteuse de la crise par nos gouvernants ou les mesures financières dont on peut craindre qu’elles germeront dans l’esprit pervers des mêmes gouvernants pour faire payer la crise aux travailleurs et retraités, tels que la diminution des salaires ou de pensions, ou l’augmentation de la CSG par exemple. Gageons que les mesures de distanciation dans les supermarchés seront levées bien avant l’autorisation de se regrouper dans la rue ou dans des meetings, et ce bien sûr au nom de la prophylaxie, alors qu’il s’agira de favoriser la consommation et de prévenir la contestation.

Egalité, tu n’es plus qu’un nom vde de sens au fronton de notre République : le confinement accentue encore les inégalités sociales, entre ceux qui télétravaillent ou donnent des leçons de morale depuis chez eux, comme certains journalistes, alors que caissières de supermarché, livreurs, éboueurs, cheminots, routiers, et bien entendu le corps médical prennent des risques accrus sans moyens de protection suffisants pour continuer à nous nourrir ou nous soigner. La distorsion scolaire est aussi criante : gosses de riches qui ont tous les moyens techniques de continuer à étudier et à s’instruire, alors que les enfants des plus démunis, privés d’informatique, de soutien et d’espace, décrochent encore plus.

Et toi, fraternité, tu n’existes carrément plus, à l’heure où tout contact humain physique est perçu comme source de danger mortel. A preuve, les réactions scandaleuses vis-à-vis de certains membres du corps médical, priés de déménager e leur résidence pour ne pas contaminer les autres !
Bien entendu tout n’est pas si noir, et dans le même temps de formidables réactions de solidarité, de courage, d’abnégation démontrent qu’en cas de crise come en temps de guerre, il y a des salauds, des profiteurs, des lâches, mais aussi des héros ordinaires qui font encore espérer en la grandeur et la dignité de l’Homme.

Ce lien renvoie vers le résumé d’un article de l’économiste Thomas Coutrot : “Le travail ou la vie. Contester la subordination pour stopper l’épidémie :https://www.frustrationmagazine.fr/le-travail-ou-la-vie-contester-la-subordination-pour-stopper-lepidemie/

Et pour finir en sourire : https://youtu.be/qD2JaMRq7W4

A bientôt pour d’autres réflexions. N’hésitez-pas à faire partager les vôtres sur notre boite mail et surtout, bon courage à tous et surtout prenez soin de vous et de vos proches. En ces temps difficiles le mot Solidarité prend toute sa valeur !

Liaison Nationale des Retraité-e-s SUD-Rail

Laisser un commentaire