Confinement et Solidarité N°11

Jeudi 9 avril 2020, vingt-cinquième jour de confinement.

Bonjour à toutes et tous nos retraités !

Voici bientôt 20 ans que la Liaison Nationale des Retraité-e-s SUD-Rail existe. Elle a été créée pour établir un lien durable et régulier entre tous les retraité-e-s de notre organisation syndicale.

Depuis plus de trois semaines (l’origine du confinement) le Bureau de notre liaison adresse deux à trois fois par semaine à tous les retraité-e-s qui ont une adresse e-mail, une information sur la difficile période que nous vivons. Bien sûr nous aurions aimé l’adresser à l’ensemble de nos adhérents mais les règles du confinement rendent impossible le recours au courrier postal. Ceci étant, internet nous permet tout de même de correspondre avec 800 retraité-e-s environ. Ainsi, pour vous accompagner dans ce confinement, nous vous adressons régulièrement des réflexions, des analyses, des articles de presse, des vidéos d’actualité. Nous y joignons souvent quelques sourires sous forme de dessins et petits films humoristiques.

Nous souhaiterions connaitre votre avis sur cette note d’information que nous avons appelé “Confinement et solidarité”. Correspond-elle à vos attentes ? Devons nous la poursuivre ? Comment l’améliorer ? Nous comptons sur vous pour nous faire remonter MASSIVEMENT toutes vos critiques positives ou négatives. Nous attendons avec impatience vos réponses qui nous permettront de l’améliorer ! Merci à toutes celles et ceux qui prendront le temps de nous répondre.

UNE CRISE MULTIFORME

Les media parlent à l’envi de « crise » du coronavirus. En fait il y a plusieurs crises imbriquées, l’apparition de ce sinistre virus n’étant que la première résultante de plusieurs facettes d’une crise globale, systémique, universelle, et uniquement liée à la folie humaine.

Tout d’abord, nous assistons bien à une crise écologique sans précédent, sur laquelle nous nous sommes déjà exprimés. Que ce soit dans le Lien, ou dans ces petites notes censées nous éclairer sur bien des aspects de cette catastrophe, nous avons stigmatisé les attaques sans précédent que subit la planète et son biotope : pollutions (air, sols, eau), déforestation, pesticides, perte de biodiversité, accroissement incontrôlable des températures suite à l’émission exponentielle des gaz à effet de serre, surpopulation dans des mégapoles monstrueuses ou les oasis des quartiers riches ne cachent pas la misère et la promiscuité d’immenses bidonvilles, surtout dans les pays du tiers-monde,…Tout ce contexte explosif a fait que des virus passent la barrière de espèces, et sont de véritables bombes à retardement, dont la première vient d’exploser sous nos yeux hagards. Et si nous ne changeons pas immédiatement de cap, ce genre de phénomènes sanitaires pourrait très vite devenir récurrent.

Mais il s’agit également d’une crise économique. La mondialisation, paravent du capitalisme financier le plus sauvage, a enfin montré aux incrédules qu’il menait l‘humanité droit dans le mur. Le confinement de la moitié de la population mondiale, l’arrêt forcé de nombreuses branches de l’économie ont démontré de manière soudaine et brutale que cela fait des décennies qu’on fait fausse route. Errare humanum est, perseverre diabolicum. Cette crise sera-t-elle enfin l’occasion de démonter qu’un autre monde est possible, en produisant sobrement et localement pour nos propres besoins essentiels ? Est-il concevable que nous risquions de manquer de curare, indispensable aux anesthésies, parce qu’il vient essentiellement, au nom du moindre coût, de Chine ou d’Inde ? C’est par notre action qu’il conviendra d’infléchir les tendances mortifères du libéralisme global.

Qui dit crise économique dit évidemment crise politique, et ce sont bien les dogmes ultra-libéraux qui s’écroulent, foulés au pied, même si c’est provisoire et insincère, par ceux mêmes qui ne juraient que par eux. Souvenez-vous, il y a trois mois, on nous jurait les yeux dans les yeux qu’il était impossible d’infléchir la doxa économique, que la main invisible du marché régulait le monde pour le plus grand bonheur de tous, qui était irresponsable de déroger aux sacro-saintes règles d’orthodoxie budgétaire, que ceux qui voulaient des limites et des règles au libre-échange étaient au mieux des utopistes, au pire des fascistes,… et patatras ! Un micro-organisme invisible vient de manière ultravisible de démonter qu’on peut faire tout le contraire de ce qu’on professait doctement jusqu’alors: les états retrouvent l’utilité de la planche à billets, des crédits, des services régaliens, bref ils se remettent eux-aussi d’une très longue maladie qui les condamnait à notre mort mentale au profit des seules multinationales monstrueuses. Faisons simplement en sorte qu’au sortir de la maladie il n’y ait pas une rechute brutale des anciens errements !

La crise sociale est une évidence : pendant que les riches fuient le désastre et se réfugient derrière leurs ordinateurs dans leurs résidences secondaires, les travailleurs des services essentiels sont en première ligne sans armes, comme les liquidateurs de Tchernobyl. Les applaudissements de 20h au personnel soignant (qu’il faudrait étendre à l’ensemble de celles et ceux qui prennent des risques pour que toute la population se nourrisse, de déplace et subvienne tant bien que mal aux besoins primordiaux) ne coûte rien, contrairement aux médicaments, masques et aux salaires qu’il faudrait tout de suite augmenter définitivement. Faut-il sauver les citoyens, les entreprises ou les capitaux ? Poser la question c’est y répondre. Là aussi il est temps de changer de paradigme.

Enfin cette crise est essentiellement sociétale : l’apparition de ce virus est bien la conséquence directe de nos choix civilisationnels aberrants et impossibles à poursuivre. Quand on entend les vilains corbeaux de la finance croasser « croissance croissance », quand on voit les dirigeants des grandes compagnies aériennes trépigner d’impatience pour faire repartir la folie consumériste des voyages inutiles, quand on entend le responsable de l’agence régionale de santé de Nancy oser affirmer qu’après la crise le plan d’économies des hôpitaux de son secteur reprendra (il prévoit d’ici 2025 la suppression de 5987 personnels et de 174 lits !!!), on se dit que certains n’ont rien compris, ne comprendront jamais rien, et que ce sont des nuisibles, des parasites sociaux, des criminels qu’il faut définitivement mettre hors d’état de nuire. Mais ce ne sera ps suffisant : il faudra changer fondamentalement nos modes de vie, limiter le transport aérien aux services intercontinentaux, redévelopper le chemin de fer, en finir avec la consommation à outrance et le tourisme de masse si ne voulons pas la mort à court terme de notre planète (ou du moins de son espèce la plus invasive). N’oublions pas que la pollution atmosphérique tue environ 10 fois plus que le coronavirus. Le COVID-19 nous aura volé notre printemps, ne laissons pas le réchauffement climatique nous voler définitivement la vie !

Le confinement doit aussi nous amener à nous interroger sur la souffrance animale, et sur notre place sur cette planète malmenée par nos choix scandaleux.

Et pendant ce temps…la triste équipe de clowns que l’on appelle le Gouvernement nous montre chaque jour le spectacle désolant de son incurie qui frise des sommets, avec un savant cocktail de bêtise, d’incompétence, de mauvaise foi, de mensonges. N’en jetez plus ! Laissons pour conclure la parole à Ollivier POURRIOL , philosophe et essayiste, dans le Nouvel Observateur, qui s’en prend à juste titre au Ministre de l’intérieur et du Confinement, au préfet de police de Paris (dit l’aboyeur ou le Berger Lallement) et à la porte-parole de cette bande de nocifs, la si-bien nommée Sibeth. Vilipendant leurs ordonnances qui sont autant d’ordres et de contre-ordres dans le désordre de leurs cerveaux malades – pas du virus, mais du capitalisme dont on meurt ou reste idiot – : « Par édit public, il est permis aux membres du gouvernement d’être fiers de leur action, au Ministre de l’Intérieur d’insulter les vivants, au Préfet de Police d’insulter les mourants, à leur porte-parole d’insulter l’intelligence, à tous d’être des vilains, et à Monsieur Macron de promener son chien ». Il fait allusion aux propos scandaleux et délirants de Castaner traitant d’abrutis ceux qui fuient Paris, à Lallement qui dit que c’est le non-respect du confinement qui mène les gens en réanimation, et à la bla-bla-teuse de service de justifier le non-recours aux masques car ils sont difficiles d’utilisation ! Qu’ils disparaissent tous dans les latrines de l’Histoire, sauf le chien s‘il mord son maître !

Voici en pièces jointes :

Рune r̩flexion sur la p̩riode actuelle transmise par un retrait̩ SUD-Rail du syndicat de Limoges,

– deux articles du Monde Diplomatique du mois d’avril : au cÅ“ur de la tourmente, l’industrie pharmaceutique s’enrichit sans vergogne : 20%, 200%, 232%, 1 370%…. les actions des labos explosent. On le savait déjà mais ça fait encore plus mal en pleine pandémie. Quelle indécence !
Heureusement Macron va s’adresser au peuple lundi. Rappelons nous simplement ce que disait un de ses prédécesseurs en 2008 : “Une certaine idée de la mondialisation s’achève avec la fin d’un capitalisme financier qui avait imposé sa logique à toute l’économie et avait contribué à la pervertir. (…) L’idée que les marchés ont toujours raison était une idée folle.”

Suivez ce lien vers une vidéo édifiante…. sur les méthodes des forces de l’ordre :
https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=125590462394650&id=105848497702180?sfnsn=scwspwa&d=w&vh=e&extid=Ex6m8NrdQhG0XSx8&d=w&vh=e

Suivez ce lien vers une chanson que même Brassens aurait validée : https://www.facebook.com/100008414978289/posts/2372006136423196/?d=n

Et pour finir en sourire ci-joint quelques dessins.

A bientôt pour d’autres réflexions. N’hésitez-pas à faire partager les vôtres sur notre boite mail. Bon courage à toutes et tous et surtout prenez soin de vous et de vos proches. En ces temps difficiles le mot Solidarité prend toute sa valeur !

Le Bureau de la Liaison Nationale des Retraité-e-s SUD-Rail

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