Confinement et Solidarité N°12

Samedi 11 avril 2020, vingt-septième jour de confinement.

Bonjour à toutes et tous nos retraités !

FAISONS UN RÊVE

Cette dure période de confinement doit pour nous syndicalistes être l’occasion de nous poser et de réfléchir sérieusement au monde d’après, pour éviter qu’il ne ressemble comme deux gouttes d’eau à celui d’avant. On sait par des déclarations péremptoires dans les médias toujours complaisants que nos grands financiers et leurs larbins politiques (qui font semblant de décider alors que ce sont les premiers qui mènent la danse) souhaitent que tout continue comme avant, avec le retour de la compétitivité, de la concurrence de tous contre tous, de l’exploitation à outrance des ressources que notre pauvre planète n’arrive plus à fournir à une humanité en surchauffe qui fonce droit dans le mur.

Pour éviter le pire, c’est-à-dire une crise qui n’aura servi à rien, sinon à engendrer celles d’près, osons enfin prendre le contrepied de leur modèle de société à bout de souffle.

Voici donc quelques pistes de réflexion à débattre, à faire fructifier, pour convaincre les citoyens de leur impérieuse nécessité, afin de les imposer, par la force du nombre s’il le faut, à nos élites dévoyées.

Bien entendu, c’est le mode de production capitaliste par essence qu’il faut arrêter. Cela passera par la renationalisation des grands secteurs indispensables à nos besoins primordiaux, à savoir la santé, (halte au secteur privé au sein de l’hôpital public, ainsi qu’au pouvoir exorbitant des multinationales pharmaceutiques), les transports, la distribution de l’énergie et de l’eau. Mention spéciale doit être faite aux banques, qui ne sont plus au service du citoyen, mais qui spéculent sur l’exploitation des ressources du tiers monde jusqu’à épuisement, et qui gonflent artificiellement les différentes bulles boursières jusqu’au prochain krach. Nationalisons les banques de dépôt et fermons les officines spéculatives. Retournons au slogan « les banques je les ferme, les banquiers je les enferme ».

Cela veut dire qu’il faudra relocaliser nos moyens de production, tout en les dimensionnant aux seuls besoins de l’épanouissement normal de l’homme, sans créer de besoins artificiels qu’induit la consommation à outrance. A SUD-Rail nous nous sommes fait depuis longtemps les chantres des circuits courts, du bio dans une agriculture raisonnée et raisonnable. Cela induit que les schémas mentaux dépassés de l FNSEA devront faire place à une agriculture de subsistance qui n’épuise pas les sols, ne les empoisonne pas par l’abus de pesticides. Cela est valable également pour la pêche. Pendant le confinement les stocks de poissons se reconstituent peu à peu. A nous de les gérer avec parcimonie pour ne pas retomber dans les méfaits de la pêche industrielle qui racle les océans.

En tant qu’anciens cheminots, redisons haut et fort que le rail reste le transport le plus écologique pour les voyageurs comme pour les marchandises, même si le mode de production de l’énergie nécessaire reste problématique, notamment à cause des centrales nucléaires. Pour autant, nous devrons imposer non seulement un moratoire sur la suppression des lignes rurales, mais aussi leurs réouvertures là où elles étaient pertinentes. Cela ne pourra se faire qu’à travers une société nationale intégrée, comme c’était le cas partout en Europe avant la folie libérale qui a tout détruit depuis des décennies. Nous exigerons donc le retour partout en Europe à des compagnies nationales d’état, coopérant entre elles, et donc à la fin des compagnies privées qui n’engendrent que dumping social et baisse de qualité du service et de la sécurité, contrairement à ce qu’affirment nos politiques vendus aux lobbies routiers.

Et pour lutter efficacement contre le réchauffement climatique, qui, rappelons-le, sera à terme bien plus meurtrier que la crise sanitaire actuelle tout en favorisant leur multiplication, il faudra porter un coup d’arrêt au tourisme de masse et au transport aérien. Celui-ci devra être réservé aux déplacements urgents et aux vols intercontinentaux, ce qui induit la remise en route de trains de nuit à l’échelle des continents, sûrs, confortables, rapide et efficaces. Rappelons-nous, il n’y pas si longtemps, on pouvait traverser l’Europe entière avec des trains directs à moindre coût et avec une empreinte écologique correcte. Ne serait-ce qu’au départ de Pris, on pouvait se rendre d’une traite à Lisbonne, Copenhague, İstanbul ou Moscou (la seule destination subsistante actuellement). Cela reste également valable sur les autres continents : les USA avaient le plus long réseau ferroviaire au monde, et on pouvait aller partout en train. Certes cela reste moins rapide que l’avion (quoique les pauvres se déplacent le plus en bus lents, polluants et dangereux), mais il faut savoir ce que l’on veut et mesurer notre rapport au temps. Désire-t-on se déplacer le plus vite possible vers la mort par asphyxie de soi comme de la planète, ou pouvoir continuer à jouir paisiblement du bonheur d’une Terre préservée en maîtrisant notre frénésie de consommation et de vitesse ? N’oublions jamais que contrairement à la crise du coronavirus, meurtrière certes mais réversible, le dérèglement climatique risque d’être irréversible et d’entrainer rapidement l’effondrement complet et définitif de nos civilisations soi-disant avancées. La croissance éternelle sur une planète finie et aux ressources épuisables est un leurre dangereux à très court terme.

Que cette catastrophe sanitaire soit enfin l’occasion d’en prendre conscience et de de bouleverser en bien nos modes de vie et de consommations suicidaires. Faisons en sorte que ce rêve devienne une réalité concrète, en combattant sans relâche ceux qui voudront nous faire reprendre les mauvais chemins. Et alors quelque part on pourra remercier ce sale petit virus d’avoir décillé à temps les yeux d’une humanité jusqu’à présent sourde et aveugle aux dangers qui la guettent.

Pour prolonger la réflexion voici en pièce jointe celle d’un retraité SUD-Rail du syndicat de Paris-Est.

Vers un pistage massif … voir l’article de Médiapart en pièce jointe.

Méfions-nous des “informations” rabâchées à longueur de journée par les médias. Ce lien vous renvoi vers un communiqué d’ACRIMED sur le sujet. Profitez-en pour visiter leur site, ils ont un sens très critique des médias :
https://www.acrimed.org/Au-nom-du-pluralisme-taisez-vous

Ce lien vous amène à une petite vidéo sur le confinement et la répression : https://www.facebook.com/100001317798949/posts/2832768046777094/?sfnsn=scwspwa&d=w&vh=i&extid=1ZxcvvqHwwZKlWzZ&d=w&vh=i

Et pour finir des sourires, de la musique, des dessins, des vidéos en pièces jointes et en suivant ces liens : https://www.youtube.com/watch?v=rEjvRktXeis&feature=youtu.be https://www.youtube.com/watch?v=Zs6owPWjMDI

A bientôt pour d’autres réflexions. N’hésitez-pas à faire partager les vôtres sur notre boite mail. Bon courage à toutes et tous et surtout prenez soin de vous et de vos proches. En ces temps difficiles le mot Solidarité prend toute sa valeur !

Le Bureau de la Liaison Nationale des Retraité-e-s SUD-Rail

Laisser un commentaire