Confinement et Solidarité N13

Mardi 14 avril 2020, trentième jour de confinement.

Bonjour à toutes et tous nos retraités !

IL FAUT VRAIMENT QUE TOUT CHANGE !

Et voilà ! Le confinement est prolongé jusqu’au 11 mai. Cette année nous ne pourrons pas descendre dans la rue pour le 1er mai crier notre colère. Mais ce ne sera que partie remise, car l’après-confinement, envisagé avec circonspection par notre Empereur, sera le signal de départ de la crise sociale.

Parodiant « le Guépard » beaucoup de patrons pensent qu’il faudra que « tout change pour que rien ne change ». Mais dans leur esprit obsédé par le lucre, tout change signifie que les indécents avantages sociaux (RTT, 5è semaine de congés, 35h) dont bénéficient indûment à leurs yeux les travailleurs de notre pays devront être remis en cause pour le plus grand bénéfice du « rien ne change », à savoir la poursuite du profit effréné sur le dos des salariés. Honte au pantin président du MEDEF, le sieur Geoffroy Roux de Bézieux (prout prout !) dont les propos sont bien plus grotesques que son nom à particule qui sent l’ancien régime. Oui, celui auquel les Français, il y a plus de deux cents ans, ont mis fin, certes avec violence, mais pour permettre l’émergence de principes républicains si malmenés aujourd’hui. Honte également à la CFDT des Pays de Loire, dont la secrétaire ose cosigner avec le patron du Medef régional un texte appelant les salariés à se retrousser les manches pour faire redémarrer la machine économique, comme si de rien n’était. Thorez est dépassé ! Certes cet appel se pare de précautions oratoires pour « assurer des conditions sanitaires optimales », mais c’est bien, écrivent Le Medef et la CFDT, pour « maintenir l’activité et préserver emploi et entreprises ». Et de poursuivre : « il est essentiel que dans l’avenir le plus proche possible la vie économique et sociale de la Nation durement impactée par cette crise sanitaire puisse être progressivement restaurée. Il en va de l’avenir de notre pays, de notre région, de nos entreprises et de ses emplois. C’est pourquoi la CFDT et le MEDEF poursuivront bien évidemment cette collaboration pour travailler aux conditions de la reprise économique dans le cadre d’une conférence sociale ». Collaboration, le mot est lâché. En revanche, pas une allusion sur la nécessité de changer nos conceptions et nos visions pour que cette crise serve de leçon et nous permette de repartir de l’avant sur d’autres bases que la satanée « croissance » dont le syndicat de collaboration de classe se fait le chantre avec son interlocuteur privilégié. Ces gens-là sont au syndicalisme ce que le vinaigre est au St Emilion ou au Vosne-Romanée ! Honte à eux, nos ennemis de classe, qui sont en l’occurrence les ennemis de la santé publique en même temps que les apologues d’un système nocif en fin de course, et sont bien identifiés.

La détermination flagrante d’un tel manifeste à faire repartir la machine comme si rien ne devait nous interroger sur notre modèle de société est hélas partagée par bien des politiques, des économistes, des financiers, avec la servilité toujours intacte d‘une partie des médias. En miroir, l’allocution hier soir du président Macron semblait plus éthérée, plus floue, plus ambigüe. C’est le discours d’un monarque fragilisé, qui sait qu’il marche sur des œufs, qui veut sauver l’ancien monde économique, mais qui a conscience qu’il doit avancer masqué. Encore le syndrome du Guépard de Lampedusa : il faut que tout change (le discours, allant jusqu’à battre sa coulpe) pour que rien ne change (la société capitaliste). Ne nous laissons pas emberlificoter par cette tentative de contrition qui cache une bonne dose d’hypocrisie. Les actes passés, les discours de campagne électorale permanente ne doivent pas émousser notre méfiance. Il parle de trouver des vaccins, mais qui a systématiquement sabré les crédits de la recherche épidémiologique depuis des années ? Il assure les petites entreprises et leurs salariés menacés par le chômage de la solidarité nationale, mais se garde bien d’évoquer l’épuration de la dette, le recours à la taxation des dividendes, le retour de l’ISF, pour renflouer les caisses de l’Etat afin qu’il puisse financer cette solidarité. De plus, pas un mot sur les sujets qui fâchent, comme la réforme des retraites ou de l’assurance-chômage, vaguement en suspens, mais dont nous exigeons l’abrogation pure et simple. Et son vague mea culpa sur la gestion désastreuse de la crise ne nous dit toujours pas quand et comment seront distribués les masques, tests et gels indispensables à une reprise a minima de l’activité économique. Et ne parlons pas de son allusion pour le moins malheureuse aux « jours heureux » émanant du programme du Conseil National de la Résistance, alors que se profilent plutôt débâcle économique, perte massive de pouvoir d’achat, faillites des petites entreprises et chômage en hausse.

Donc sa tentative de nous faire croire à son changement assumé de paradigme : « nous remettre en question, à commencer par moi-même » doit se lire pour ce qu’il est : un exercice de communication destiné à nous endormir.

D’autres politiques se montrent étonnamment plus lucides, comme par exemple Jean-Louis Bourlanges (pourtant pas notre tasse de thé) qui pronostique pour les mois à venir : « le scénario le plus probable est que rien ne change, mais que tout se déglingue sur les trois plans économique, social et géopolitique ».

L’avenir sera ce que nous en ferons, mais nous ne laisserons pas les accaparateurs des richesses recommencer leurs manigances comme avant. Jusqu’à présent, malgré des situations de tensions fortes comme les gilets jaunes ou les manifestations contre les retraites, le mécontentement populaire avait été contenu par le pouvoir à coups de matraque et de gaz lacrymogènes. Il faut dire qu’une majorité de la population était restée passive et s’était sentie peu concernée, engoncée dans un confort illusoire entretenu par nos manipulateurs. Mais cette crise sans précédent pourrait bien changer la donne. La peur du lendemain, la perte des illusions et de la confiance, la précarité accrue qui risque fort de devenir le quotidien des couches sociales défavorisées alors que la « machine » repartira pour le seul bénéfice des puissants, ce cocktail explosif pourrait bien donner le signal de la révolte.

En complément pour ceux qui ne savent pas lire entre les lignes (piqué sur Facebook), résumé du discours de Macron :

“Bon bah c’est tout le monde à la maison jusqu’au 11 mai puis retour au boulot les esclaves. On ne va pas non plus vous payer plus de deux mois pour rien foutre. Vos gosses on les remet à l’école comme ça vous n’avez pas d’excuses. Pour l’enseignement supérieur, pas la peine de revenir jusqu’en été. En vrai, on n’a pas trop besoin de vous puisque vous ne nous pompez pas de fric de toute façon. Pas de restos, pas de théâtre, pas de musées, pas de ciné, rien de rien, vous sortez juste le 11 mai juste pour nous faire de l’argent puis vous rentrez gratuitement chez vous s’il vous plaît. Ah oui ! pas de réouverture des frontières avec les pays non européens jusqu’à nouvel ordre, mais bon les africains on va annuler vos dettes donc faites pas trop chier non plus. Blablabla on reste soudés et le capitalisme vaincra. P.S. : on est en train de réfléchir à mettre en ligne une app pour sonder tous vos faits et gestes mais on en reparle plus tard bb Voilà voilou :-)”

Et pour finir en sourire, des actualités de la musique, des dessins, des vidéos en pièces jointes et en suivant ces liens : https://youtu.be/25MoY4KMow8 https://www.facebook.com/LaPeloch/videos/255509025468969/


A bientôt pour d’autres réflexions. N’hésitez-pas à faire partager les vôtres sur notre boite mail. Bon courage à toutes et tous et surtout prenez soin de vous et de vos proches. En ces temps difficiles le mot Solidarité prend toute sa valeur !

Le Bureau de la Liaison Nationale des Retraité-e-s SUD-Rail

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