Confinement et Solidarité N°15

Samedi 18avril 2020, trente-quatrième jour de conifement.

Bonjour à toutes et tous nos retraités !

Les jours heureux…. Gonflé le mec d’oser employer la formule du Conseil National de la Résistance, lui qui n’aura eu de cesse, comme ses prédécesseurs, de détruire méthodiquement les acquis du dit CNR : sécurité sociale, nationalisation des services essentiels, règles d’équité et d’égalité entre les citoyens, démocratie sociale… Il oublie de dire, engoncé qu’il est dans ses schémas de pensée néo-libéraux, que pour qu’il y ait des jours heureux il faut qu’il y ait un libre consentement d’une population éclairée à un projet de société qui ne laisse personne au bord du chemin, qui distribue les biens matériels à chacun selon ses besoins, qui prenne soin de la santé des citoyens, en particulier des aînés, qui permette par une éducation ouverte et égalitaire à toutes et à tous d’acquérir les connaissances mais surtout les moyens de la réflexion pour s’exprimer et choisir collectivement le modèle de société qui convienne à la grande majorité. Sans quoi le droit de vote dévoyé ne sert plus qu’à élire au rabais des pantins désarticulés et dénués de toute vision du monde. Ce qui est le cas depuis trop longtemps, chez nous comme dans les autres pays, au point que beaucoup d’entre nous se détournent d’une démocratie galvaudée, vidée de son sens. La dernière troïka au pouvoir (le petit excité tout sec, la grande chiffe molle et maintenant le banquier flamboyant) sont les tristes représentants d’une histoire dite par un idiot, pleine de bruit et de fureur, qui ne signifie rien (Shakespeare, Macbeth, acte 5, scène 5).

Oui pour qu’il advienne enfin des jours heureux il faut tout remettre à plat. Ce n’est hélas pas le chemin que prennent (et tentent de nous faire accepter par la force et par la peur) nos pseudo-dirigeants, qui ne tremblent que pour la survie de la machine économique, au détriment de la santé des humains. Comment interpréter autrement cette frénésie à peine voilée à faire reprendre une vie « normale » à tous nos concitoyens dès le 11 mai, alors que nos connaissances sur ce satané virus sont toujours aussi parcellaires, les vaccins inexistants, le corps médical circonspect et divisé quant aux remèdes, si ce n’est, faute de mieux, la poursuite sous une forme ou une autre des mesures de distanciation. Encore faudrait-il pour que celles-ci soient efficaces des tests fiables, et surtout des masques de protection, dont nos crânes d’œuf ont péremptoirement affirmé il y peu qu’ils ne servaient à rien, pour faire ensuite machine arrière toute sans crainte du ridicule. A l’heure actuelle, les pharmaciens n’ont pas le droit d’en vendre aux particuliers, quand bien même ils en auraient. Alors, faut-il rendre les cours de couture obligatoires sur Internet pour que chacun puisse en fabriquer ? Ces masques en rade, quelle mascarade, pourrait titrer le Canard. C’est surtout le signe évident de l’incurie, de l’impéritie de ceux qui prétendent guider la Nation, et qui n’ont en fait que les yeux rivés sur les cours de la Bourse.

Le débat sur le ratio bénéfices/risques entre la santé humaine et celle de l’économie, entre le nombre de morts physiques et le nombre de morts d’entreprises, est un débat faussé. En temps de guerre sanitaire, et nous y sommes, l’économie ne doit rien diriger, mais être au service du politique sans regimber. Les règles idiotes édictées par des organismes qui ne représentent qu’eux-mêmes (comme les multinationales ou une Union Européenne en état de mort cérébrale) doivent être abolies. L’argent, dans les cas graves, on sait où en trouver. On peut même en créer, car, contrairement aux virus, il s’agit d’un concept purement virtuel, même s’il se révèle plus nocif pour l’humanité que la peste et le choléra réunis. Tous les efforts doivent tendre à l’éradication du fléau, en protégeant les populations, et l’intendance suivra.

Or c’est tout le contraire que la plupart de nos gouvernements veulent nous imposer. Ils désirent tellement le retour à la vie d’avant, tremblent tellement pour leurs profits, que cela leur fait perdre tout discernement Comment interpréter autrement cette folie, qui en a surpris beaucoup, que constitue la décision aberrante de renvoyer séance tenante les élèves en cours dès le 11 mai, sans aucune garantie que l’épidémie aura été réellement contenue, si ce n’est pour débarrasser les parents du fardeau des enfants confinés, pour aller massivement relancer l’outil économique ? Quant aux seniors, ce n’est pas pour leur santé que certains désirent les cloîtrer jusqu’à la fin des temps. C’est pour que ces improductifs débarrassent le plancher et n’encombrent pas inutilement les transports en commun et les magasins pour faire place nette, à défaut d’aseptisée, à ceux qui sacrifieront leur santé au Moloch, au Veau d’Or, au sacro-saint Profit. Et pour être bien sûr que les esclaves ne se révolteront pas, outre une pommade verbeuse distillée ad nauseam par les médias complaisants, le bâton est prêt à frapper. Les ordonnances permettent bien des dérives, comme la mise à pied récente d’un inspecteur du travail qui avait eu l’outrecuidance de sanctionner une entreprise qui ne protégeait pas assez ses employés. Le ministère du travail, sous la houlette de la sinistre Pénicaud, vient de mettre fin aux contrôles inopinés des Inspecteurs du travail qui ne pourront plus intervenir sans l’aval de leur hiérarchie. Vous avez dit justice sociale ?

Beaucoup de signaux nous laissent à penser que le monde d’après sera furieusement ressemblant à celui d’avant. Le sauvetage du trafic aérien devrait se faire à coup de milliards d’euros sans qu’aucun dirigeant ne se soucie de l’impact carbone du trafic aérien et de l’utilité de polluer la planète pour poursuivre une mondialisation suicidaire. N’oublions pas que pendant la crise du corona, la crise climatique ne faiblit pas, vu l’inertie des systèmes. Bonne nouvelle, il semble que les flammes aient décidé d’épargner les restes de la centrale de Tchernobyl, sans quoi un épandage de fumées radioactives aurait pu rajouter une couche à la situation environnementale déjà tendue. Espérons aussi que le confinement sera terminé, ou du moins allégé, avant la probable canicule de l’été prochain, qui ne devrait surprendre que les naïfs. En attendant, la saison reste propice aux épandages massifs de pesticides ultra-nocifs, vecteur aggravant par les particules fines de ces produits de la propagation du virus. Par ailleurs les préfets peuvent désormais, toujours grâce aux ordonnances, déroger aux normes environnementales, et soyons- sûrs qu’ils ne se priveront pas de le faire pour sacrifier à la Relance. Eh oui, quand on touche du doigt la mort comme aujourd’hui, la peur remet à sa juste place l’économie toute puissante, mais ce répit risque de n’être que provisoire. Or la catastrophe climatique en cours, qui, rappelons-le, a largement favorisé et favorisera demain encore plus les pandémies incontrôlables, reste aux yeux des béotiens et des autruches que nous sommes encore bien lointaine, alors que ses signaux se propagent à grands pas. Quand on mettra le doigt sur le résultat de notre folie, il sera lors trop tard. Mais tant que la Bourse ne s’écroule pas…

Pour terminer sur une petite note d‘humour grinçante, ne comptons pas trop sur l’Armée pour nous secourir. Plus de 1000 marins de notre grand porte-avion le Charles de Gaulle sont infectés par le Covid-19. Rassurez-vous, il y a eu du pognon pour tester tout l’équipage, contrairement aux soignants. Ah elle est belle l’armée française, ils ne sont pas prêts de gagner la guerre bactériologique ! Pour le bénéfice des générations futures (si elles existent) édifions d’urgence un mur des cons où pourraient se bousculer la cohorte de tous nos pantins politiques, médiatiques, économiques, qui ont un avis sur tout sur la crise, et surtout un avis, qui est qu’il faut relancer coûte que coûte la Machine. Ce mur des cons devra être très haut et se situer impérativement sur une très longue avenue, sans quoi il n’y aura jamais assez de place pour y faire figurer tous ceux qui se foutent de notre gueule !

Dernière minute : Devant le tollé général justifié par cette mesure scandaleusement discriminatoire, l’Empereur vient d’annoncer l’abandon de la poursuite du confinement pour les personnes âgées après le 11 mai. Cela aurait été de toute manière inapplicable vu que beaucoup d’anciens occupent des places actives dans la société (bénévoles, associations, hautes personnalités, etc.). Le petit doigt nous dit qu’il y a une probabilité non négligeable qu’il en soit de même pour la réouverture des écoles, mesure vilipendée par bien des élus locaux et des enseignants, sans compter l’opposition de nombreux parents d’élèves. Avec une bande de branquignols à la tête de l’Etat, qui changent d’avis comme de chemise et qui ne savent pas où ils vont, tout reste possible…

En pj voici deux articles des Echos où vous constaterez que les intérêts des patrons ne sont pas ceux des travailleurs (mais ça on le sait depuis longtemps), ils en ont rien à faire du risque sanitaire !

Et pour finir, quelques sourires en pièces jointes.

A bientôt pour d’autres réflexions. N’hésitez-pas à faire partager les vôtres sur notre boite mail. Bon courage à toutes et tous et surtout prenez soin de vous et de vos proches. En ces temps difficiles le mot Solidarité prend toute sa valeur !

Le Bureau de la Liaison Nationale des Retraité-e-s SUD-Rail

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