Confinement et Solidarité N°17

Jeudi 23 avril 2020, trente-neuvième jour de conifement.

Bonjour à toutes et tous nos retraités !

LE SENS DES PRIORITES

Dans une crise aussi grave que celle que nous subissons actuellement, la priorité des politiques et des décideurs doit être de tout mettre en œuvre pour éradiquer la pandémie tout en protégeant au mieux possible la population.

Or force est de constater que dans notre pauvre pays c’est loin d’être la préoccupation première de nos dirigeants. C’est évident dans les discours creux de nos gouvernants, comme le démontre la pitoyable prestation des sieurs Philippe et Véran dimanche dernier, pendant laquelle ils ont pontifié et déblatéré pendant plus de deux heures pour ne rien dire, si ce n’est promettre à demain (ce qui veut dire à un horizon lointain, voire aux calendes grecques) l’arrivée des fameux tests et masques, dont la pénurie fait la risée du monde entier. C’est bien la preuve de l’incurie de ceux censés nous protéger. On en rirait si ce n’était aussi grave. Répétons-le à l’envi, celles et ceux qui ont permis la déliquescence de l’hôpital public et qui ont rendu possible ce scandale sanitaire inouï devront répondre de leurs actes.

Le sens des priorités, pour ces sinistres personnages, ce n’est pas de commander en temps et en heure les outils sanitaires en nombre suffisant, mais plutôt de s’assurer du stock des moyens de répression. Les commandes massives passées avant la crise de gaz lacrymogènes ou de LBD (lanceurs de balles de défense), responsables de l’éborgnement de tant de manifestants dans l’impunité la plus complète, démontrent le sens des priorités de ce gouvernement dévoyé. De même l’achat de milliers de drones n’est justifié que par la nécessité, selon ces tristes sires, de surveiller les éventuels mouvements de foule qui pourraient bien faire exploser la situation à la fin du confinement. On peut confiner les corps, mais on ne confinera ni les idées ni la légitime révolte envers ceux qui ont volontairement failli à leur tâche.

En France on n’a pas de masques, donc le pouvoir n’avance même pas masqué. La ligne est claire : retour forcené de la production à tout prix, obligation de consommer à outrance pour rattraper la croissance perdue, cela fût-il au mépris de la santé publique.

Dans notre pays qui marche sur la tête, la priorité n’est pas à produire des médicaments et des vaccins (on en serait de toute manière incapables à court terme, tout l’appareil productif a été délocalisé an Chine ou en Inde !) mais plutôt de relancer la production automobile. Exemple consternant à Onnaing, où Toyota a rappelé ses ouvriers pour relancer la machine, contre l’opposition légitime de la CGT ultra-minoritaire, mais avec la bénédiction enthousiaste du syndicat collaborationniste majoritaire. Bravo, vous avez deviné, il s’agit bien entendu de la CFDT ! Mais soyez rassurés, ces pseudo-syndicalistes se soucient de la santé des travailleurs et sont en train de négocier le nombre de masques. Quand on disait que ce syndicat félon négocie la longueur des chaînes, il faut y ajouter la couleur des masques! Un délégué syndical de cette officine patronale a osé affirmer sans rire que c’était normal de relancer les chaînes car des clients attendaient leurs commandes ! La bagnole, symbole vital dans notre monde de fous, au détriment de la santé publique ! D’autant plus que la phobie légitime de reprendre des transports en commun surchargés dans lesquels les mesures de distanciation s’avéreront impossibles (mais tout le monde aura un masque tricoté par mamie, qui n’arrêta même pas la connerie ambiante) favorisera l’explosion de l’usage de la voiture individuelle dans les grandes villes, avec son cortège d’embouteillages, mais surtout de pollution aux particules fines qui fragilisent l’appareil respiratoire des plus faibles, et donc l’atteinte du virus. Rappelons que la pollution tue non moins de 9 millions de personnes dans le monde chaque année (ainsi que la famine), dans l’indifférence générale. Le cercle vicieux est parfait, et, ça tombe bien, par ordonnance le gouvernement s’affranchit déjà (provisoirement ?) des normes environnementales pour brûler le pétrole qui reste l’alpha et l’oméga de notre civilisation en fin de vie. Le sens des priorités, on vous dit !

Quant à nos anciens, le scandale est encore plus énorme : en EHPAD on en a laissé mourir des milliers. La palme revient au groupe Korian, dont les méthodes de gestion et de traitement, tant du personnel que des pensionnaires, ont souvent été dénoncées dans les média, du moins dans ceux qui s’acquittent encore honorablement de leur mission. Chez Korian, les scandales sanitaires n’ont pas attendu la crise du COVID-19 pour défrayer la chronique : à Lyon début 2017, la grippe tue 13 résidents. En 2019 une intoxication alimentaire à Lherm (Haute-Garonne) envoie ad patres 5 autres victimes. Et bien entendu, le coronavirus, allié aux graves manquements à l’hygiène dont ce groupe est coutumier, a occis pas moins d’une trentaine de résidents à l’EHPAD de Mougins (Alpes-Maritimes). Mis cette fois la coupe est pleine, au point que les familles ont décidé de porter plainte, et la municipalité s’est portée partie civile.

Les personnels ont depuis longtemps dénoncé la maltraitance dont eux-mêmes et les résidents sont victimes. Il faut dire que ce grand groupe, présent dans six pays européens, côté en bourse où il fructifie sur le dos des seniors, est obsédé par le fric. La fin de vie, c’est un business juteux. Tiens tiens, l’actuelle directrice de ces accaparateurs n’est autre que Sylvie Boissard, qui émarge à non moins de 950 000 € annuels pour accélérer la fin de vie de nos pauvres anciens. Cette dame a auparavant sévi à la SNCF en tant que responsable de la « stratégie et du développement » (tout un programme !) où elle a laissé le souvenir de quelqu’un de dur et d’obsédé par l’aspect financier au détriment de l’humain. Ce monstre au cœur froid devra aussi répondre de ses actes devant un tribunal. Si pour tous ces gens-là le sens des priorités est clairement le Dieu-Pognon, il doit être pour nous la mise hors d’état de nuire de ces rapaces que nous ne devons pas hésiter à qualifier de criminels.

Pour prolonger la réflexion :
https://ladepechedelaube.org/spip.php?article5389

Ci-joint, deux articles de journaux :

Le Monde Diplomatique : L’hôpital, le jour d’après…
Repoterre : Le gouvernement permet aux préfets de déroger à des normes environnementales.

Le Covid 19 va nous priver de manifestations lors du Premier mai. Ce n’était pas arrivé depuis la deuxième guerre mondiale. Serge d’Ignazio, est un “Ouvrier/Photographe”. Il a couvert toutes les manifs parisiennes, des Gilets Jaunes aux organisations syndicales. Lors des Infogrèves quotidiennes que nous vous avons envoyées en décembre, janvier et février nous vous y avons souvent joint un lien vers ses reportages de grande qualité. Il nous propose ses talents de photographe en demandant à toutes celles et ceux qui voudront bien, de se mettre en scène sur une photo avec avec une pancarte revendicative. En PJ vous trouverez ses recommandations. Seule contrainte lui envoyer la ou les photos avant le 29 avril à l’adresse suivante : serge.dignazio@free.fr Il se chargera du montage et nous adressera le document final. En attendant vous pouvez toujours consulter ses reportages sur le site suivant : https://www.flickr.com/photos/119524765@N06/albums

Et pour finir, nous vous emmenons en sourire au théâtre, à l’école (voir pj), au cinema avec ce lien : https://www.facebook.com/194273759038/posts/10157461591174039/?sfnsn=scwspwa&extid=036QT0jpwAawGqZk&d=w&vh=e

Et puis quelques images…

A bientôt pour d’autres réflexions. N’hésitez-pas à faire partager les vôtres sur notre boite mail. Bon courage à toutes et tous et surtout prenez soin de vous et de vos proches. En ces temps difficiles le mot Solidarité prend toute sa valeur !

Le Bureau de la Liaison Nationale des Retraité-e-s SUD-Rail

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