Confinement et Solidarité N°20

Mercredi 29 avril 2020, quarante-cinquième jour de confinement.

Bonjour à toutes et tous nos retraités !

EST-CE AINSI QUE LES HOMMES DEVRONT VIVRE ?

Rappelez-vous quand vous étiez en activité, combien il était difficile dans un tract ou un journal syndical de dire du bien du patron et de la politique de l’entreprise, tant celle-ci allait à l’encontre des cheminots et des usagers. Eh bien avec la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement, c’est un peu la même chose. On a beau se creuser la tête, il nous est impossible de nous extasier devant les prises de décision de nos dirigeants, tant celles-ci- semblent floues, contradictoires, suscitant une méfiance légitime. Car tout le monde a bien conscience qu’au-delà des vraies difficultés de la situation actuelle, la politique de déconfinement est essentiellement guidée par l’impérieuse nécessité (aux yeux de nos gouvernants) de faire repartir la machine économique, même si c’est au détriment de la santé publique.

Si les annonces du premier ministre mardi ont pu paraître marquées du sceau d’une certaine prudence, les faits contredisent le discours de précaution sanitaire, et le diktat des lobbies économiques régit en sous-main les prises de décision. Comment sinon expliquer la réouverture, avant même la date du 11 mai, de certaines chaines de production automobile (Toyota à Valenciennes, puis Renault à Flins), entrainant des craintes justifiées du personnel en chaîne de montage quant aux mesures de distanciation impossibles. La préoccupation première des Français n’est sûrement pas d’acheter une nouvelle voiture ces temps-ci ! Idem pour les aides financières décidées sans discernement ni contrepartie environnementale pour l’aviation. Air-France veut relancer les lignes inutiles à courte distance telles Paris-Bordeaux ou Marseille, lors que le TGV relie ses villes quasiment dans le même temps (si on tient compte des délais d’accès aux aéroports puis à l’embarquement) pour une empreinte écologique bien moindre. Quel pire symbole peut-on donner du monde d’après, si ce n’est que certains veulent que tout continue comme avant…dans le plus mauvais des mondes possibles !

Au fait on a annoncé des aides substantielles pour le secteur aérien et automobile, mais rien sur la SNCF, sans parler du secteur hospitalier. On voit où sont les priorités !

Il en est de même pour le redémarrage en catimini de grands projets inutiles, comme ceux du Lyon-Turin ou de la desserte rapide (pour ceux qui auront les moyens de la payer) de l’aéroport Charles-de-Gaulle, en vue bien évidemment des jeux olympiques de 2024, alors que même Guy Drut émet des réserves sur la pertinence de cette manifestation indécente en ces temps de crise économique, sociale et écologique, s’attirant les foudres du CIO. L’occasion ne serait-elle pas de s’interroger sincèrement sur la pertinence de tous ces projets qui ne servent qu’à enrichir les grands groupes sans aucune pertinence réelle pour les populations ?

Et pendant que la confusion ne faiblit pas, les turpitudes continuent. Dernier scandale en date, les propos racistes et l’agression caractérisée commise par des ripoux (on n’ose pas les qualifier de policiers tant ils avilissent leur fonction) de l’Ile St Denis, en banlieue nord, couvertes par le commissaire du coin apparemment coutumier du fait, et qui rappelle les heures abjectes des ratonades de Charonne. Ces agissements sont indignes de notre République et de ceux censés protéger les citoyens et faire respecter les lois, et la condamnation verbale du sinistre de l’intérieur ne suffira pas à éteindre notre dégout et notre colère !

Le gouvernement contrôle-t-il ses troupes en déroute ? La secrétaire d’état Agnès Pannier-Runacher a enfin autorisé la production de masques à Plaintel (Côtes d’Armor) après avoir écarté quelques jours avant toute réouverture de l’usine. Bravo pour la compétence et la constance dans l’irresponsabilité ! Il faut dire que la donzelle n’en n’est pas à son coup d’essai, ayant publiquement déclaré au début de la pandémie qu’il y avait des affaires à faire ». Plus bête que Sibeth, mais bien en phase avec la mentalité vénale de ce gouvernement

Dans le même registre, sur les 10 000 respirateurs « Osiris »fabriqués en urgence par Air-Liquide, 8 500 ne seraient pas adaptés, et donc inutilisables. Et ce gouvernement de branques, il est adapté à la situation ?

On croit rêver quand le chef de ces amateurs annonce sans pouffer que dans le métro il y aura un siège sur deux en service et des marquages au sol dans les stations pour respecter les distances barrière. Ce personnage a-t-il une fois dans sa vie pris le métro pour s’apercevoir de l’inanité de ses propositions ? A l’heure de pointe, ce sera hélas la bousculade comme avant, avec tous les risques que cela comporte. A moins que pour éviter le rush les travailleurs soient « invités » à décaler leurs horaires de travail. Nous, anciens cheminots, les prises de service à minuit on connaît, mais là, ça ne va pas le faire !

Difficile aussi d’imaginer une reprise sereine des cours tant les conditions seront fluctuantes et aléatoires, entre les classes, les jours, les endroits. Mais là aussi on constate que ce seront les petites classes qui seront rouvertes en premier. Rien ne le justifie médicalement, mais les élèves plus âgés peuvent s’auto-garder, alors que c’est plus compliqué pour les petits, rendant difficile le retour des parents au boulot. Preuve est faite des motivations profondes de nos gouvernants !

Dernière trouvaille de nos technocrates ; des départements en rouge et en vert pour différencier ceux qui seront ou non autorisés à déconfiner dès le 11 mai. Peut-être les autorités joueront-elles les numéros des départements à la roulette, mais le jeu sera pipé : dans tous les cas ce sera rouge, impairs et manques. Après le rouge et le noir, ne manquez pas le feuilleton du printemps 2020 : le rouge et le vert. De quoi rire jaune !

Bref on l’aura compris rien n’est réglé ni acquis, d’autant que la situation sanitaire reste toujours fluctuante. Les allemands l’ont appris à leurs dépens, avec une tentative précoce de déconfinement qui a aussitôt fait repartir à la hausse le nombre de contaminations. Reconnaissons qu’une telle situation n’est pas facile à appréhender, mais quand en plus on y ajoute une bonne dose d’incompétence et d’amateurisme, ainsi que des arrières pensées visant à privilégier la relance économique au détriment des règles sanitaires, on a tout lieu d’être inquiets et dubitatifs sur l’après 11 mai. Une chose est sûre. Nos vies valent mieux que leurs profits, et c’est cette maxime que les travailleurs comme les retraités devront garder en mémoire avant tout déplacement. Les droits de retrait vont pleuvoir comme à Gravelotte, en attendant d’autres signes tangibles du malaise général.

Lien vers une lettre ouverte au Premier Ministre et ministre de la santé :
https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/280420/nous-devons-savoir-lettre-ouverte-edouard-philippe-et-olivier-veran

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En pj : résumé des mesures annoncées par le Premier Ministre.

Peut-on toujours commander sans risque une pizza ? Réponse dans la vidéo jointe.

Quelques sourires en images…
A bientôt pour d’autres réflexions. N’hésitez pas à faire partager les vôtres sur notre boîte mail. Bon courage à toutes et tous et surtout prenez soin de vous et de vos proches. En ces temps difficiles, le mot Solidarité prend toute sa valeur !

Le Bureau de la Liaison Nationale des Retraité-e-s SUD-Rail.

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