Confinement et Solidarité N°21

Vendredi 1er mai 2020, quarante-septième jour de confinement.
Bonjour à toutes et tous nos retraités !
Voila la deuxième partie du texte consacré au Chemin de Fer, la première partie ayant fait l’objet de la note “Confinement et solidarité N°19 :
LE CHEMIN DE FER, ÉLÉMENT VITAL DU MONDE D’APRÈS, 2ème partie
Dans la première partie nous avions fait un rapide tour d‘horizon de l’état du transport public ferroviaire. Nous allons maintenant nous pencher sur notre pauvre réseau national.
La création de la SNCF début 1938 avait soulevé beaucoup d’espoirs pour les cheminots français, lassés des mesquineries et de la course au profit des 5 grandes compagnies privées (plus l’État dans l’Ouest et l’AL en alsace-Moselle qui étaient déjà dans le giron public). Certes la nationalisation avait eu pour corolaire la suppression de plusieurs milliers de kilomètres de petites lignes, mais en même temps les décrets de coordination encadraient et régulaient la concurrence routière. Mais près le traumatisme de la 2è guerre mondiale le déclin du réseau reprenait avec l’essor sans précédent de la voiture individuelle et l’envol du transport aérien. Le réseau secondaire devait se réduire encore avec une grosse vague de suppressions de lignes en 1969/71. Pour autant personne ne remettait en question da notion d’entreprise nationale intégrée de la SNCF, toujours fière de son slogan « le service public au service du public » même s’il ne s’appliquait déjà plus qu’aux axes les moins déficitaires. La technique classique connaissait des grands succès, avec la prolifération d’itinéraires électrifiés sous le courant alternatif monophasé. Un premier rapide, le Capitole, s’élançait à 200 Km/h en pointe dès 1967. La coopération inter-réseaux était la norme au niveau européen, avec les TEE et autres grands express sillonnant l’Europe entière, chose impossible aujourd’hui. Le trafic marchandises était florissant jusqu’au coup d’arrêt de la crise pétrolière des années 70. L’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981 mettait provisoirement un coup d’arrêt à la casse des petites lignes, avec même la réouverture plutôt symbolique de 4 d’entre elles. L’inauguration la même année du TGV remettait la SNCF sur les rails de la modernité et du savoir-faire.
Hélas l’emprise de plus en plus pressante de l’idéologie néo-libérale, la mainmise agressive de l’Union Européenne sur toutes nos normes de vie et de fonctionnement allaient très rapidement précipiter la SNCF vers un abyme dans lequel elle se trouve aujourd’hui bien engluée. De plan fret en plan fret, de plan Véron en plan véreux, le trafic de ce qu’on n’osait plus appeler les marchandises touchait chaque année le fond du fond. Qui aurait osé affirmer en 1970, alors que les grands triages français triaient plus de 4000 wagons par jour, que des buissons pousseraient aujourd’hui sur ceux de Villeneuve, de St Jory ou de Sotteville ? Qui aurait pu prédire que les règles simples de tarification au kilomètre voleraient en éclat sous les coups de boutoir du yield management et de la loi d’airain du libéralisme implacable ? Qui aurait pu s’imaginer que la marche forcée vers le réseau noyau reprendrait sa course folle, privant, faute d’entretien et de volonté politique, des pans entiers du territoire de toute desserte ferroviaire comme en Auvergne par exemple, au point qu’il est aujourd’hui impossible de se rendre dans des stations thermales réputées (Vittel, Le Mont-Dore, Luchon…) ou de traverser commodément la France d’Est ou Ouest (Lyon-Bordeaux) sans passer obligatoirement par Paris au tarif fort ? Et surtout, qui aurait pu prévoir que la collaboration entre les divers réseaux européens allait se muer en concurrence féroce, au point que les Italiens et le Français se disputent les sillons sur Marseille-Milan ou Paris-Venise ? Qui aurait énoncé sans peur du ridicule que la SNCF deviendrait un prestataire de transport comme un autre, sans être propriétaire de son propre réseau, et abandonnerait toutes les prestations qui faisaient sa renommée, telles les voitures-restaurant, les trains de nuit, le transport du courrier, des automobiles accompagnées ?Qui aurait pu prédire que ce véritable travail de casse aurait pour ultime conséquence, après le pitoyable épisode RFF, la mort programmée de notre SNCF éclatée en cinq sociétés anonymes, avec perte de milliers d’emplois à la clé, ainsi que celle du statut et des acquis des cheminots qui semblaient indéboulonnables ? Qui aurait pu envisager que les dessertes ferroviaires seraient soumises au plus offrant, quand elles ne sont pas purement et simplement supprimées, et les personnels ballotés entre plusieurs compagnies sans aucune garantie de la sécurité de l’emploi ? Qui aurait pu s’imaginer que même les lignes de métro de la RATP seraient soumises à appel d’offres pour déterminer leur exploitant ?
Face à ce massacre, les cheminots et les usagers ont bien tenté de lutter, mais les forces étaient par trop inégales, surtout que TOUS les gouvernements successifs, même ceux dits de pseudo-« gauche » ont persévéré dans cette voie abjecte.
Alors, aujourd’hui une crise sanitaire sans précédent rebat violemment toutes les cartes. Ce doit être pour nous, cheminots actifs du public et du privé, retraités, usagers et citoyens d’exiger l’arrêt de cette démolition et le retour aux valeurs et aux errements qui ont fait la grandeur et l’efficacité de notre service public ferroviaire. Ensemble exigeons un moratoire sur la suppression des lignes et des dessertes, la réouverture des lignes pertinentes, l’embauche massive de personnels au statut, la réouverture des gares et des guichets. Exigeons un véritable plan Marshall pour l’avenir du trafic fret seul à même d’évier les catastrophes écologiques à venir. Stoppons les hauts fonctionnaires européens dans leur folie de considérer les réseaux ferrés européens comme des entreprises concurrentielles destinées à rapporter du fric à leurs actionnaires. Rétablissons des prestations de haut confort (voitures lits, restaurants) pour des dessertes européennes de qualité à des tarifs conventionnés. Au nom de la survie de l’Humanité (car nous en sommes là, répétons-le) stoppons le tout routier et le tout aérien sur notre continent, au profit (dans le bon sens du terme) du seul moyen de transport économique, écologique, sécuritaire et pertinent, le Rail. Ce sera notre fierté à nous cheminots et anciens cheminots d’avoir renversé non pas la vapeur, mais la tendance suicidaire dans laquelle une Europe dévoyée et vide de sens aura tenté de nous enfermer. Pour les transports comme dans tous les autres domaines, profitons de cette indispensable remise à plat de nos modèles de société pour nous libérer de nos chaînes !

Aujourd’hui, 1er Mai 2020, triste Fête des Travailleurs. En l’absence de défilés, voici quelques cris de colère en images :
1er mai 2020
En pièce jointe, une petite vidéo tournée sur le marché de Montluel dans l’Ain.
La dernière provocation (insulte) de Macron, voir article de Médiapart en pj.
Et puis préparons activement demain, mobilisons-nous contre ces incapables qui nous gouvernent : Bas les Masques !
https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/300420/bas-les-masques-un-appel-de-soignant-e-s-pour-construire-un-mouvement-populaire

Allez voici quelques sourires en images pour garder le moral en pj.
Et on finit en chanson, à donf avec les Fatals Picards :

A bientôt pour d’autres réflexions. N’hésitez pas à faire partager les vôtres sur notre boîte mail. Vous pouvez retrouver toutes nos informations sur le blog de la Liaison Nationale des Retraité-e-s : http://www.retraitesudrail.org/
Bon courage à toutes et tous et surtout prenez soin de vous et de vos proches. En ces temps difficiles, le mot Solidarité prend toute sa valeur !
Le Bureau de la Liaison Nationale des Retraité-e-s SUD-Rail.IMG-20200430-WA0007IMG-20200430-WA0014IMG-20200430-WA0015

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