Confinement et Solidarité N°23

Lundi 4 mai 2020, cinquantième jour de confinement.
Bonjour à toutes et tous nos retraités !
HISTOIRES DE MASQUES
Les masques, encore et toujours les masques ! Mais quand donc finira ce feuilleton sordide ? Depuis le début de la crise le gouvernement s’est planté et a menti sur ce sujet crucial. Que de chemin parcouru depuis les premières déclarations péremptoires des ministres balayant l’usage des masques pour le grand public d’un revers de main méprisant, jusqu’à l’hystérie collective qui semble gagner les mêmes contempteurs d’hier. Les médias complaisants se sont saisis d’un sujet porteur qui fait de l’audience et alimentent cette excitation malsaine. Après avoir relayé l’inutilité de ces petits bouts de tissu, puis proclamé leur impérieuse nécessité, c’est ensuite leur manque criant qui a fait le buzz. Et voici que maintenant, c’est le soupçon de stocks cachés, notamment par la grande distribution, qui fait s’exciter la sphère médiatique. Encore quelques jours et on parlera des surplus que nos pauvres pharmaciens et patrons de supermarché auront du mal à écouler, suscitant la baisse historique du cours du masque ! On croit rêver devant tant d’inconstance, d’amateurisme, de revirements. Mais en même temps on a bien l’impression que l’on se fout ouvertement de la gueule du citoyen lambda. Le comble de l’obscène est atteint quand on voit les pharmaciens, du haut de leur tiroir-caisse, s’indigner du fait que les grandes surfaces puissent proposer à la vente les dits masques, privant les clones modernes du digne Monsieur Homais d’une source de revenus qui nous rappelle que les pharmaciens, ce sont surtout des commerçants. Mais enfin, un peu de décence, on parle de sauver des vies, de combattre une pandémie, pas de se disputer des parts de marché ! On comprend mieux la pertinence de la formule « querelle d’apothicaire » ! On comprend aussi l’écœurement des personnels de santé qui ont eu jusqu’à présent beaucoup de mal à se procurer des masques réellement protecteurs, eux qui sont aux premières lignes dans leur combat contre la pandémie.
C’est que la frénésie à doter de toute urgence les Françaises et les Français de masques, fussent-ils en papier mâché, s’explique surtout par la volonté patronale et gouvernementale de remettre le plus vite possible un maximum de travailleurs au boulot, pour sauver ce qui peut l’être d’une économie chancelante. Et comme ils savent tous bien que pour ce faire les prolétaires devront comme avant s’entasser vaille que vaille dans des trains, métros, tramways et bus bondés, il fallait instamment trouver un semblant de parade à la légitime inquiétude de celles et ceux que l’on va envoyer prendre des risques pour le seul profit des possédants. D’où l’idée lumineuse, et sur le fond pertinente, d’exiger le port obligatoire du masque dans les transports en commun, mais en laissant jusqu’à présent les gens se démerder pour s’en procurer, quitte à faire des queues avec les risques sanitaires que cela comporte pour se procurer coûte que coûte le précieux sésame.
Oui, coûte que coûte, car nos crânes d’œuf oublient de se préoccuper du prix des nouveaux EPI (éléments individuels de protection) que la SNCF avait au moins la décence de fournir gratuitement à son personnel. Grande victoire de la fameuse et fumeuse secrétaire d’état Pannier-Nullachier qui claironne que les masques chirurgicaux à usage unique seront plafonnés à 95 cents d’euros pièce, alors que ceux en tissus lavable seront en tarif libre, avec toutes les dérives que cela ne manquera pas d’entrainer. Mais ce sinistre personnage hors-sol oublie que, pour une famille avec des enfants scolarisés, il faudra un stock conséquent de masques (plusieurs par jour et par personne) pour aller qui au boulot, qui à l’école, qui en courses. Bref c’est un budget de dizaines, voire de centaines d’euros qui sera nécessaire à bien des familles pour avoir, non pas le droit, mais l’obligation d’aller enrichir leurs patrons et les supermarchés. Peu de politiques exigent clairement la prise en charge complète par l’Etat des masques, et donc leur gratuité, tout en organisant leur distribution comme cela se passe dans les pays civilisés voisins. Donc, en résumant, il faudra payer pour se procurer un outil rendu subitement indispensable, mais encore se démerder pour s’en procurer, tout en risquant une amende en cas de manque ou de refus d’en porter un.
Tout ceci est indigne d’une société évoluée dont nous nous targuons de représenter un des meilleurs exemples. Cette mascarade démontre bien que notre vernis civilisationnel est bien ténu, et la fragilité de notre civilisation hypersophistiquée est patente à la moindre crise imprévue. Cela prouve aussi l’inanité de notre personnel politique, surtout depuis que certains ont élu un banquier à la tête de la Nation. Et patatras ! Au premier coup de boutoir du destin, l’édifice que tous croyaient solide s‘écroule, laissant à l’état de ruines l’opulence et la facilité que tous pensaient immanentes. Celui qui se drapait dans la toge jupitérienne trop grande pour lui se retrouve tout nu, se révélant inapte à sa fonction, réduit au rôle de manager de la République, comme un vulgaire gérant de supérette uniquement soucieux de son chiffre d’affaires. Quant aux godillots de service que ce piètre président a placé aux postes clés de l’Etat, ils se couvrent soit de ridicule, comme l’indigente porte-parole dont on ne sait pas si elle a enfin appris à se servir d’un masque, soit d’opprobre comme le pitoyable Gilles Legendre, président du groupe La-République-En-Déroute à l’Assemblée Nationale. Cet aboyeur n’a pas craint d’affirmer qu’ « il ne voyait pas l’utilité d’un vote » après le débat sur le déconfinemnt. Pourquoi voter en effet, et pourquoi se fatiguer à faire vivre une démocratie, que de temps perdu (et le temps c’est de l’argent), alors qu’il suffît simplement au Patron de se proclamer Empereur et de dissoudre le Parlement et d’embastiller les opposants ! Napoléon III, dit Napoléon le Petit, l’a bien fait, Emmanuel 1er le minus n’a aucune raison de se gêner !
Bien sûr nous n’en sommes pas (encore) là, mais, les syndicalistes, les politiques d’opposition et les vrais intellectuels, ceux qui ne se répandent pas sur BFMTV, n’en tirent pas moins le signal d’alarme. La toxicité systémique d’une société aux mains d’intérêts privés est grande, et grande peut être la tentation des puissants d’utiliser l’opportunité d’une crise sans précédent pour distiller sournoisement leur poison autoritaire et étendre leur emprise en étouffant petit à petit nos libertés.
Une fois la situation revenue à un semblant de normalité, il nous faudra très rapidement nous interroger sur le bilan exécrable de ces malfaisants et de la pertinence de les laisser encore agir. La confiance est morte, leurs discours éculés et hypocrites, contredits par leurs actes, n’abusent plus grand monde. Alors, quand la faillite et l’incompétence de ceux censés nous gouverner et nous protéger est à ce point criante devra se poser la pertinente question de leur légitimité et de leur maintien aux commandes de l’Etat.
Dernière minute : on entend de plus en plus une petite musique sur un éventuel report de la date du 11 mai si le nombre de malades remonte, ou si du relâchement se manifeste dans le confinement. On dirait un maître d’école morigénant des élèves indisciplinés. Jusqu’à quand nos dirigeants traiteront ils les citoyens comme des enfants ou des débiles mentaux en les menaçant d’heures de colle supplémentaires s’ils ne sont pas sages ?

Voici un entretien avec Valérie Bugault, docteur en droit à la Sorbonne qui nous explique comment le système économique mondial est contrôlé par quelques personnes : https://www.youtube.com/watch?v=gKSC2AOnTg0&authuser=0
Voici un entretien écrit avec la sociologue Monique Pinçon-Charlot sur Là-bas si j’y suis. Pour elle, ce que nous vivons en ce moment, “c’est la première secousse d’un séisme qui va avoir des répliques très nombreuses” :
https://la-bas.org/la-bas-magazine/textes-a-l-appui/monique-pincon-charlot-c-est-la-premiere-secousse-d-un-seisme-plus-profond
Voici en pj un type d’attestation version “Vieux Fourneaux” !

A bientôt pour d’autres réflexions. N’hésitez pas à faire partager les vôtres sur notre boîte mail. Vous pouvez retrouver toutes nos informations sur le blog de la Liaison Nationale des Retraité-e-s : http://www.retraitesudrail.org/
Bon courage à toutes et tous et surtout prenez soin de vous et de vos proches. En ces temps difficiles, le mot Solidarité prend toute sa valeur !
Le Bureau de la Liaison Nationale des Retraité-e-s SUD-RaIMG-20200502-WA0003

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