Communiqué de la Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité

Alors que depuis plusieurs jours les urgentistes alertent sur la situation de tension extrême des services d’urgences et de réanimation des hôpitaux de la Région Parisienne, qu’aujourd’hui le Président de Samu de France lance une alerte rouge sur toute la France, et que des drames récents viennent de toucher douloureusement plusieurs familles successivement, Mme Bachelot continue à nier toute responsabilité politique. Elle diligente une enquête, afin de rejeter une fois encore les responsabilités sur les seuls personnels hospitaliers, ou sur des dysfonctionnements techniques, alors que le problème est global.

Faut-il lui rappeler la longue liste de services partiellement ou intégralement fermés cette année encore, des urgences de Concarneau, Chamonix, Lézignan, des maternités de Saint-Agrève, Clamecy, Lannemezan, Châtillon sur seine, des lits de chirurgie un peu partout en France, des dizaines de lits d’hospitalisations en médecine, rééducation, gériatrie y compris en Ile de France, des centaines d’emplois supprimés dans les hôpitaux ?
Faut-il lui rappeler que les restructurations autoritaires et réductrices, pratiquement toujours dans le même sens d’une centralisation incohérente et contraire aux besoins réels des populations concernées, se poursuivent .  Valréas, Champagnole, Ivry, Juvisy, Lourdes, Carhaix encore… et des dizaines d’autres localités subissent et vont subir pressions et réductions.

Toutes ces restructurations sont dans la droite ligne des orientations données par N Sarkozy dans ses discours sur l’hôpital. Un hôpital géré comme une entreprise, travaillant à flux tendu et sous critères de « rentabilité »,  soumis à des contraintes budgétaires délétères !
Adieu la politique de santé prioritairement humaniste et solidaire !!!

La Coordination Nationale dénonce cette politique qui  conduit à la dégradation de notre système de soins, limite l’accès aux soins, crée des fractures sanitaires et sociales (Cf. la baisse partout constatée des consultations), des déserts sanitaires dans de nombreuses régions, et  remet en cause, de fait, qualité et sécurité des soins. Cette politique va être aggravée  en 2009 avec  le projet de loi Hôpital Patient Santé Territoire.
La Coordination nationale en demande purement, logiquement et simplement le rejet.
La situation est trop grave pour continuer à mener une politique désastreuse dont les dégâts ont trop rarement été analysés !!!

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