Elargir le mouvement

Le mouvement unitaire et interprofessionnel, privé et public qui débute appartient à chacun d’entre nous, que nous soyons étudiants, chômeurs, retraitès  ou salariés, syndiqué ou non.  Il est donc important de participer aux Assemblées générales interprofessionnelles pour décider, ensemble, des suites.

Nous sommes entrés dans une nouvelle phase du conflit. La période d’élargissement et de durcissement de la contestation qui s’annonce fait souffler un vent de panique dans le gouvernement. Un gouvernement qui tente par tous les moyens de minimiser l’impact des grèves en mettant en place une stratégie de communication la plus simple qui soit, nier l’évidence : Il y n’y a aucun problème d’alimentation des stations en carburant, il n’y a pratiquement pas eu de manifestants ce week-end et en ce qui concerne  les grévistes, il suffit de ne pas en parler. Mais la réalité est toute différente et la grève qui s’est installée dans de nombreux secteurs, soutenue très majoritairement par la population ne permet plus au gouvernement de créer l’illusion. C’est donc un bras de fer qui commence cette semaine, dans lequel notre engagement dans la lutte et notre détermination à la gagner seront décisifs. L’heure est à généralisation des grèves à l’ensemble des secteurs d’activité

 

 

Au niveau national :

 SNCF : Les syndicaux de cheminots annoncent un renforcement du mouvement de grève dès dimanche soir.

Routiers : La CFDT Transports a appelé  les salariés du secteur à “maintenir et amplifier les mouvements de mobilisations nationales contre la réforme”, en organisant notamment des blocages sur les routes et les sites pétroliers. Des opérations-escargot et des barrages filtrants ont déjà eu lieu jeudi au nord de Limoges, dans le Pas-de-Calais ou encore au Puy-en-Velay. Sur la région le syndicat FO transport du Dunkerquois a appelé à la grève et prévoit des blocages dès lundi. L’union Solidaires Transports a annoncé dans l’après-midi qu’elle se joignait à cet appel de la CFDT. La CGT appelle également les salariés du secteur.

Les grèves dans les raffineries créent la panique au gouvernement :

Plusieurs centaines de stations services sont fermées ou affectées par la grève et leur nombre ne cesse de croitre d’heure en heure. Les 12 raffineries sont en grève et 10 sont à l’arrêt complet. Les blocages des dépôts se poursuivent et le terminal pétrolier de Fos est entré dans son 21ème jour de grève, bloquant en rade, 61 navires dont 47 pétroliers.

 A la raffinerie du puy et au dépôt de la CIM au Havre le gouvernement se lance dans des tentatives désespérées pour briser les grèves.

A la CIM au Havre, ce dimanche matin, alors que 95% des ouvriers sont en grèves avec piquet, la direction a débarquée un groupe de cadres par la mer pour relancer l’expédition de gazole vers Roissy. Le directeur du site affirme ne pas avoir décidé cette expédition, le préfet prétend ne pas être informé. Pourtant un courrier émanant du cabinet de Borloo commande la réouverture de l’approvisionnement de Roissy “par tous les moyens”. Les derniers ouvriers au travail ont rejoint la grève.

La sécurité du site n’est plus assurée par les grévistes. Le gazole envoyé dans le pipe-line  de Roissy n’a pas été échantillonné. Cette intervention des cadres, quelle que soit leur compétence dans leur domaine normal et statutaire de travail, met clairement en danger la sécurité du site (plus grosse zone Seveso II de France) et la sécurité des avions. Les grévistes du Havre invitent les passagers des appareils passant par Roissy à prendre connaissance de cette information.

Une première déclaration émanant des syndicats du port affirmait que si la gendarmerie n’évacuait pas la zone immédiatement le port serait bloqué. Ce n’est évidemment pas à la mesure de la situation mais les dockers se sont déplacé plus nombreux que d’habitude pour soutenir le rassemblement devant la raffinerie de Normandie qui craignait une intervention policière. La gendarmerie étant également présente devant la raffinerie de Gonfreville, la solidarité s’est immédiatement organisée et 200 militants dans l’unité syndicale se sont retrouvés pour soutenir les camarades en lutte. Dans ces 2 entreprises l’action se poursuit et se renforce. L’occupation continue sous pression des forces de l’ordre et du gouvernement.

 

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