Rapport d’activité 2009

Rapport d’activité pour l’assemblée générale de l’UNIRS du 22 avril 2009.

Ce rapport d’activité s’organisera en trois séquences :

– un rappel du contexte économique, social et syndical dans lequel nous avons vécu depuis notre dernière AG du 9 avril 2008 et sur lequel nous avons essayé d’intervenir, en tant qu’UNIRS, et, plus largement, collectivement, dans notre Union syndicale Solidaires ; – un regard sur nos activités et nos initiatives, sur notre fonctionnement et notre développement en tant qu’Union nationale Interprofessionnelle des Retraités Solidaires, également depuis le 9 avril 2008 ; – et des échanges et interventions de la part de toutes les délégations présentes, fédérations, syndicats, et Solidaires locaux, pour débattre de ce contexte, des analyses que nous en faisons, des actions que nous avons pu développer, et aussi des pratiques et des initiatives des uns et des autres pour développer le syndicalisme des retraités et faire en sorte qu’il participe plus à la vie syndicale globale et à l’action revendicative.

Le contexte économique, social et syndical.

Lors de l’assemblée générale du 9 avril 2008 Denis Deray, qui était à cette tribune, faisait le constat de la remise en cause de nombre d’acquis du monde ouvrier et d’acquis de l’ensemble de la société : réformes sans concertation, exploitation maximale du travail et explosion des profits, mises en cause de l’emploi, régression sociale et sanitaire, baisse du pouvoir d’achat de la majorité de la population, etc.

Au cours des douze derniers mois la situation a continué de se détériorer, en France, en Europe et dans le monde, pour une majorité des populations. Partout, les inégalités sociales s’accentuent ; partout une minorité accapare les pouvoirs, les privilèges, les honneurs, les avantages et les profits ; partout l’idéologie libérale est à l’œuvre qui continue de mentir effrontément en prétendant que la prééminence, partout, du « marché » et de la concurrence sans réglementations conduit à l’équilibre optimum.

C’est pourtant cette idéologie et son application concrète qui marquent et dominent les politiques de la plupart des gouvernements depuis plusieurs dizaines d’années sur les cinq continents.

Pour améliorer et renforcer les pouvoirs et les rapports de force des détenteurs de capitaux par rapport à celles et ceux qui vendent leurs forces de travail, ils n’ont eu de cesse de faciliter la liberté de circulation et d’établissement des capitaux sur la planète, sans contrôle ni réglementations, pendant qu’ils mettaient en concurrence les travailleurs, leurs salaires, leurs conditions de travail et d’emploi et leurs protections sociales et leurs droits.

Le maintien d’un taux de chômage élevé fait partie de cette politique, et le gouvernement français, au cours de la période, a encore accentué cette orientation : recul de l’âge de départ en retraite (on nous habitue aux 70 ans), heures supplémentaires fiscalement et socialement favorisées pour les employeurs (on fait travailler plus une partie de ceux qui ont un emploi pour en maintenir d’autres au chômage), suppressions d’emplois systématiques dans les administrations et les services publics par non remplacement de départs en retraite (ce qui entraîne le maintien de nombreux jeunes hors du travail).

Tout ceci se traduit par une constante accentuation des inégalités économiques et sociales au profit d’une faible minorité de la population dans la plupart des pays. Pendant que cette minorité d’accapareurs peut afficher sans complexes ses revenus, ses richesses, ses fortunes et son luxe au quotidien, la vie est de plus en plus difficile pour des couches de plus en plus nombreuses de la population.

Là encore, le gouvernement français a été exemplaire au cours de la dernière période : mesures favorables à la rémunération des actionnaires, rémunérations toujours basées sur la valeur des actions, privilèges accrus pour les placements financiers, plafonnement de la taxation des très hauts revenus, des fortunes et des successions (paquet fiscal et bouclier fiscal par exemple). Et, pendant le même temps : blocage des salaires, des retraites et des minima sociaux. Il y a un lien très direct entre les chèques de plusieurs centaines de milliers d’euros adressés à certains riches contribuables et les blocages des rémunérations des fonctionnaires, la casse des services publics et les suppressions d’emplois qui y sont faites. De même il y a un lien très direct entre les très fortes rémunérations des « managers » (bonus, stock options, parachutes dorés, etc.), entre les superprofits des entreprises du CAC 40, entre l’augmentation de certains dividendes et des licenciements, des plans sociaux, de la précarité généralisée.

Pour l’Union syndicale Solidaires, c’est bien dans cette accentuation énorme des inégalités qu’il faut principalement chercher les causes de la crise financière et bancaire commencée aux Etats-Unis en été 2007 : les profits accumulés par une minorité ont constitué des masses financières énormes disponibles pour participer aux casinos financiers ouverts sur la planète, sans contrôle, sans réglementation, et souvent sans taxation.

Pour faire encore plus de profits, les propriétaires de ces fonds, les banques et les financiers à leur service ont multiplié les innovations financières et les prises de risques, souvent en utilisant les fonds des autres. Des opérations spéculatives ont été engagées dans plusieurs secteurs, et particulièrement dans l’immobilier aux Etats-Unis et en Espagne. Pendant que des fonds spéculatifs achetaient et achetaient encore des particuliers s’endettaient et s’endettaient encore faute de revenus suffisants. On connaît la suite : des successions de faillites, des banques en grandes difficultés, le système bancaire et financier mondial plus ou moins paralysé, et les principaux Etats qui mettent à disposition des milliards de dollars, d’euros, de livres sterling, etc., alors qu’ils se déclaraient au bord du gouffre budgétaire quelques semaines auparavant ! ! Une première réunion du G20 les 14 et 15 novembre 2008 à Washington et une seconde réunion du G20 le 2 avril à Londres. Entre temps quelques chefs de gouvernement, dont celui de la France, ont beaucoup gesticulé contre la finance dérégulée, contre les paradis fiscaux, contre les patrons voyous, contre les traders fous, contre les banquiers voraces … mais sans prendre jamais une quelconque mesure concrète, une réglementation, une loi pour stopper tout ça, pour l’empêcher, pour l’interdire. Et c’est à peu près ce qui a été l’attitude des « 20 » à Londres : des déclarations de quelques intentions … et des milliards ouverts aux institutions financières internationales (dont le FMI) largement responsables de la situation actuelle. Ceux qui sont à l’origine de la crise, ceux qui ont mis en place les déréglementations et les dérégulations, ceux qui ont laissé filer la finance sont maintenant ceux quoi nous promettent de nous sortir du marasme !

Nous en sommes là aujourd’hui. Et c’est peu dire que le mouvement syndical et social n’est pas à la hauteur de la situation, en France, en Europe et dans le monde. Certes des mobilisations se développent. En France, les huit organisations syndicales, dont Solidaires, ont participé aux actions et manifestations du 29 janvier, du 19 mars, et appellent à un Premier mai unitaire. Des conflits durs éclatent dans quelques entreprises et dans quelques secteurs, avec parfois quelques contacts rapprochés entre dirigeants et dirigés. Quelques manifestations ont eu lieu dans un certain nombre de villes, dans un certain nombre de pays, autour de la réunion du G20. Mais tout ceci reste inadapté à l’ampleur des attaques que subissent les populations, à l’ampleur des violences portées aux travailleurs et à leurs familles : licenciements, précarisation de la vie au quotidien, difficultés pour vivre, pour se loger, se nourrir, se soigner, casse continue des services publics et des outils de solidarité, et étalage dans le même temps du luxe et du gâchis. Violences policières et répressions pour certains, laxisme pour les délits financiers ; défense par tous les moyens du droit de propriété et des privilèges de la minorité même contre le droit de vivre des couches sociales les plus fragilisées.

Activités et initiatives de l’UNIRS depuis l’AG du 9 avril 2008.

Lors de l’Assemblée générale du 9 avril 2008, un Conseil d’administration de l’UNIRS a été élu qui s’est réuni pour la première fois le 14 mai 2008.

Il s’est agit tout d’abord de désigner un Bureau, à l’intérieur de ce Conseil d’administration. Puis de désigner un Président, un Trésorier et un Secrétaire. Compte tenu de la décision de Denis Deray, de Sud Rail, d’arrêter d’être Président de l’UNIRS, l’accord s’est fait sur Gérard Gourguechon (SNUI) Président, Gérard Pertué (Sud Cam) Trésorier, et Jean Piot (Solidaires UDIRS Essonne) Secrétaire. Le reste du Bureau étant composé de Odette Scherrer (SNABF Solidaires), Jacques Furlan (SNJ), Franklin Etienne (Solidaires Douanes), Martine Chevillard (Doubs) et Claudine Thébaud (Loire Atlantique) .

Ce même 14 mai, nous avons aussi décidé d’un autre fonctionnement du Conseil d’administration et du Bureau, suite à l’expérience de l’année précédente au cours de laquelle nous voulions faire des réunions du bureau mensuelles et des réunions du CA trimestrielles et pour lesquelles il y avait à chaque fois très peu de présents. Nous avons donc décidé de confondre les réunions du Bureau et du CA et de faire ces réunions toutes les 6/7 semaines.

Enfin, lors de cette première réunion faisant suite à l’Assemblée générale, nous avons fixé un programme de travail pour 2008/20009 à partir des discussions de cette AG :

– continuer de travailler sur le revendicatif, en liaison avec les fédérations et syndicats membres et les Solidaires locaux ;

– faire connaître l’UNIRS par les autres OS de retraités et par les autorités politiques et administratives, au niveau national et dans les régions et département ;

– faire le point sur la façon dont les fédérations et les syndicats membres, de même que les Solidaires locaux, organisent les retraités ;

– mettre en place une information sur l’UNIRS à l’intérieur de Solidaires ;

– mettre à la disposition des retraités de Solidaires du matériel spécifique « retraités / UNIRS » : drapeaux, badges, autocollants, banderoles, etc. ;

– finaliser le règlement intérieur de l’UNIRS.

Aujourd’hui, nous devons faire le bilan de ce qui a pu être fait au cours de la période 2008/2009, et de ce qui n’a pas été fait malgré les engagements pris.

En ce qui concerne nos réunions communes CA et Bureau : elles ont été assez régulières (10 septembre 2008, 12 novembre 2008, 14 janvier 2009, 11 mars 2009) ; avec un nombre de présents satisfaisant (entre 11 et 17 personnes, dont un camarade de Sud Santé sociaux, une camarade de Sud Anpe, et un camarade de Meurthe et Moselle).

En ce qui concerne la continuité du travail sur le dossier revendicatif : il faut reconnaître que nous avons souvent mis cette question à l’ordre du jour de nos réunions, mais rien de sérieux n’a vraiment été entrepris pour poursuivre le travail qui avait déjà été bien engagé lors de notre dernière AG, grâce aussi au volontarisme de Denis Deray. Cette année, notre assemblée générale devrait débattre des priorités revendicatives de l’UNIRS pour 2009/2010 et décider des points sur lesquels il nous faudrait travailler plus particulièrement.

En ce qui concerne « l’exportation » de l’UNIRS, nous avons commencé à le faire, par quelques communiqués de presse, notamment avant les manifestations unitaires « retraités » de 2008, et avant les grandes journées unitaires interprofessionnelles de 2009. Nous avons fait quelques courriers aux autres organisations syndicales de retraités en complément de leurs appels nationaux unitaires en sollicitant d’être invités à la prochaine réunion. Pour le moment, ceci est resté sans effets. Il nous faudra certainement continuer ces courriers, mais surtout être mieux présents collectivement dans les manifestations pour que certains de ces camarades nous prennent en considération. Les interventions ultérieures des camarades venant des régions et des départements nous confirmeront tout à l’heure que la situation est parfois meilleure localement, tant vis-à-vis des autres OS qu’à l’égard des autorités politiques et administratives.

Sur l’organisation des retraités dans les fédérations et syndicats membres et dans les Solidaires locaux, quelques progrès ont été constatés dans la période, et nous avons eu même le plaisir d’être conviés par Sud Caisses d’Epargne et en Haute-Normandie pour l’organisation de leurs retraités. Les interventions qui vont suivre vont venir compléter ce petit bilan. Il faut aussi constater que des fédérations importantes de Solidaires n’ont toujours pas réellement entrepris d’organiser leurs camarades adhérents qui partent en retraite pour les maintenir dans le syndicalisme et pour bénéficier de leur expérience et aussi de leurs disponibilités éventuelles.

Pour la mise en place d’une information « retraités et UNIRS » dans Solidaires, nous avons fait quelques légers progrès, mais l’essentiel reste à faire.

Nous avons maintenant un peu de « matériel » spécifique « UNIRS » : la trésorerie nationale de Solidaires a financé l’achat de 500 drapeaux « retraités – retraitées » Solidaires. Et nos premiers drapeaux ont déjà circulé lors des manifestations du 29 janvier et du 19 mars. Enfin, le Conseil d’administration et le Bureau ont pu retravailler sur les projets de règlement intérieur complémentaire aux Statuts de l’UNIRS. C’est un prochain point de l’ordre du jour de cette AG.

Ce rapport d’activité doit se compléter par les interventions des fédérations et syndicats membres et des Solidaires locaux et par celle de notre Trésorier national.

C’est la suite de notre ordre du jour.

Gérard Gourguechon

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