NOUVELLE REFORME DES RETRAITES

19 mars : La colère s’amplifie !

La journée du 19 mars a été encore plus forte que celle du 29 janvier. Près de trois millions de manifestants dans toute la France avec plus de 200 défilés. Ceux qui attendaient une décrue de la mobilisation doivent déchanter. Le président de la république espérait, avec son « sommet social » et les mesurettes qui en sont sorties, que la colère des salariés se dégonflerait. Le Medef, qui a dénoncé les grèves et les manifestations, l’espérait aussi. Ils en sont pour leur frais !
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Malgré cette mobilisation, le gouvernement fait la sourde oreille comme l’a fait le Premier Ministre François Fillon au journal télévisé de 20 heures ce soir. Il faut le forcer à entendre la colère qui monte et les urgences sociales qui s’expriment. L’enjeu aujourd’hui est de savoir qui paiera la crise actuelle. Sera-t-elle payée par celles et ceux qui n’en sont absolument pas responsables, les salariés, les chômeurs et les retraités ? Ou le sera-t-elle par ceux qui se sont enrichis ces dernières décennies en exploitant toujours plus les salariés et qui sont les fautifs de la situation actuelle ? Le gouvernement et le patronat ont déjà répondu, le premier en multipliant les cadeaux au second qui licencie à tour de bras pour maintenir ses profits.

Dans cette situation, il faut s’appuyer sur la dynamique de cette journée pour amplifier encore le rapport de forces et imposer au gouvernement et au patronat de vraies mesures en matière d’emploi, de salaire, de minima sociaux, de services publics, de protection sociale, de réduction des inégalités à travers une autre fiscalité.

Face aux urgences sociales et à la nécessité d’imposer des politiques alternatives, pour l’Union syndicale Solidaires, la question de la construction d’un mouvement d’ensemble, d’un mouvement de grève générale interprofessionnelle est posée.

D’ores et déjà, il est indispensable que l’intersyndicale propose un nouveau rendez-vous interprofessionnel avant la fin du mois.

L’Union syndicale Solidaires appelle les salariés à développer les mobilisations partout dans les entreprises et la fonction publique, et dans les départements, à construire les convergences et la solidarité autour des entreprises en lutte.

Journée d’action interprofessionnelle le 19 mars

Communiqué commun des organisations syndicales
CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO, FSU, SOLIDAIRES, UNSA

site_atocollant_ensemble_19_marsL’intervention télévisée du Président de la République a été marquée par la force de la mobilisation du 29 janvier. Cependant les organisations syndicales CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNSA considèrent que les réponses apportées jusqu’à présent restent loin des attentes et des exigences portées par la mobilisation du 29 janvier et leur déclaration intersyndicale du 5 janvier.

L’annonce d’une réunion des partenaires sociaux le 18 février avec la formulation d’un certain nombre de pistes constitue un élément important. Mais malgré un changement de ton le président de la république maintient pour l’essentiel ses orientations en matière de politique économique et sociale. Les organisations syndicales attendent de la réunion du 18 février que le gouvernement apporte des réponses concrètes et engage les discussions nécessaires à l’ensemble des revendications de la déclaration intersyndicale. Elles attendent également que le patronat prenne ses responsabilités.

C’est pourquoi les organisations syndicales estiment indispensable de maintenir la pression dans l’unité d’action. Elles appellent à poursuivre les actions engagées dans les secteurs professionnels et les entreprises et à prendre toutes les initiatives pour construire les mobilisations nécessaires.

Elles décident d’une nouvelle journée d’action interprofessionnelle le 19 mars. Elles se retrouveront le 23 février pour évaluer les résultats de la réunion du 18 février et préciser le sens, le contenu et les modalités de cette journée sur la base de leur déclaration intersyndicale du 5 janvier :
• Donner la priorité au maintien des emplois dans un contexte de crise économique.
• Améliorer le pouvoir d’achat, réduire les inégalités dans les politiques salariales.
• Orienter la relance économique vers l’emploi et le pouvoir d’achat.
• Préserver et améliorer les garanties collectives.
• Réglementer la sphère financière internationale.

Nous ne paierons pas leur crise : Imposons nos exigences

Changer de logique !

sans_titre-16-52168La crise financière s’est transformée en crise économique mondiale et la récession est là. L’activité économique dans le monde se contracte fortement et les licenciements se multiplient dans tous les pays. Des millions de gens sont brusquement plongés dans la pauvreté, perdent leur logement et voient leur conditions de vie se dégrader fortement.

Si de réelles mesures pour la combattre ne sont pas prises, cette crise n’est pas prête de se terminer. Une spirale récessive risque de se développer : la baisse globale du niveau de vie réduit la demande solvable aux entreprises qui, de plus, pour maintenir leurs profits, l’anticipent, réduisent leurs investissements et licencient leurs salariés, aggravant ainsi la situation. Dans ces circonstances, la crise financière risque de rebondir, aggravant encore la crise économique.

Cette crise n’est pas simplement le produit du comportement cynique et cupide de quelques acteurs de la finance. La financiarisation de l’économie trouve son origine dans une baisse continue de la part de la richesse produite revenant aux salariés, dix points en un quart de siècle dans les pays développés.

L’explosion des profits financiers des entreprises et des dividendes versés aux actionnaires a créé les conditions de la financiarisation de l’économie. La déréglementation des marchés financiers, avec la liberté totale de circulation des capitaux et le développement des paradis fiscaux, a permis à la crise de s’étendre au monde entier. Lire la suite »

Travailler tue en toute impunité : pour combien de temps encore ?

Le constat est sans appel : le travail rend malade et tue tous secteurs et toutes catégories professionnelles confondues. Le nombre officiel des maladies professionnelles reconnues a explosé : 13 658 en 1996, 52979 en 2005. Le nombre d’accidents du travail graves et mortels reste très élevé : 537 décès en 2006, soit 13% de plus en un an. Ces chiffres officiels sont – on le sait – grandement sous-estimés en raison notamment d’une importante sous-déclaration. Les suicides directement liés au travail sont estimés à 400 par an, pour la plupart non reconnus comme accidents du travail. Plusieurs millions de salariés sont exposés, sans aucune protection, à des produits connus pour être cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction, contribuant ainsi grandement aux inégalités sociales face au cancer : un ouvrier a dix fois plus de risque de mourir du cancer avant 65 ans qu’un cadre supérieur.

> Cette situation ne tombe pas du ciel : elle est le résultat de politiques d’entreprises, tant privées que publiques, pour lesquelles les coûts sociaux doivent être toujours plus compressés. Ces politiques ont privilégié et généralisé la sous-traitance, et intensifié le travail comme jamais depuis de nombreuses  décennies. Et l’inspection du travail comme la médecine du travail n’ont toujours pas les moyens d’assurer leurs missions.
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