Les pesticides ont une incidence sur le QI des enfants

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Une nouvelle étude suggère que les pesticides pourraient avoir une incidence sur la santé et le développement des enfants. Des chercheurs de l’École de santé publique de l’Université de Californie à Berkeley et de l’Université de Montréal ont mis en évidence une association entre l’exposition prénatale aux pesticides organophosphorés – largement utilisés sur les plantes comestibles – et un quotient intellectuel inférieur chez les enfants à l’âge de 7 ans. L’auteur principale, Maryse Bouchard, a participé à titre de chercheuse postdoctorale à cette étude dirigée par Brenda Eskenazi de l’Université de Californie à Berkeley.

Les chercheurs ont découvert que les enfants dont la mère avait des niveaux dans le 20% plus élevé de métabolites urinaires de pesticides organophosphorés – indicateur de l’exposition prénatale – présentaient un déficit de 7 points de QI en comparaison avec les enfants dont la mère était peu exposée.

“ Ces associations sont importantes, surtout lorsqu’on examine ceci à l’échelle de la population “, a déclaré la Maryse Bouchard, aujourd’hui chercheuse au CHU Sainte-Justine et affiliée au département de santé environnementale et santé au travail de l’Université de Montréal. “ Cette différence pourrait signifier, en moyenne, plus d’enfants avec des difficulté d’apprentissage, et moins d’enfants très doués. “

L’étude de l’Université de Californie à Berkeley fait partie d’un trio d’articles indiquant un lien entre l’exposition aux pesticides et le développement intellectuel publié en ligne le 21 avril dans Environmental Health Perspectives. Les deux autres études, l’une effectuée au Centre médical Mont Sinaï et l’autre à l’Université Colombia, ont examiné les populations urbaines de la ville de New York, alors que celle de Berkeley s’intéressait aux enfants vivant à Salinas, une communauté agricole du comté de Monterey, en Californie.

Les études effectuées à New York ont elles aussi examiné l’exposition prénatale aux pesticides et le QI des enfants de 7 ans. Comme les chercheurs de l’Université de Californie, les scientifiques du Centre Mont Sinaï ont utilisé des échantillons de métabolites de pesticides prélevés dans l’urine maternelle, alors que ceux de l’Université Colombia ont examiné les concentrations d’un pesticide spécifique, le chlorpyrifos, dans le sang du cordon ombilical.

“ Il est inhabituel d’observer autant de cohérence entre les résultats d’études populationnelles. Ceci indique une grande robustesse dans les conclusions qu’il est possible de tirer de ces études”, a déclaré Maryse Bouchard. “ Les enfants ayant fait l’objet de l’étude vont maintenant à l’école; il est possible d’évaluer leur fonction cognitive avec une meilleure validité qu’à un plus jeune âge. “

“Ces découvertes sont vraisemblablement applicables à la population en général “, a souligné madame Bouchard. “En outre, les deux autres études publiées s’étant déroulées à New York, cela indique que le lien entre exposition aux pesticides et QI n’est pas limité aux personnes vivant dans des communautés agricoles. “

L’Institut américain des sciences de la santé environnementale, l’Agence de protection environnementale et l’Institut américain de santé et sécurité au travail ont contribué au financement de ces travaux.
Source: Université de Montréal

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